
Derrière la cravate, le pianiste new-yorkais compte près de cinq dizaines d’albums et plus de cinq décennies d’expérience. Il demeure pourtant un artiste réservé aux jazzophiles avertis, grand professionnel n’ayant eu la chance de transformer un de ses albums en très lucratif Time Out ou Kind Of Blue.
Pianiste néanmoins très fort quoique peu spectaculaire, peu enclin à la vitesse et à l’éclat. Steve Kuhn, en fait, est de ces vieux sages pour qui les oreilles peu curieuses ne retiendront que le style apparent… sans en goûter l’inventivité des phrases, la créativité harmonique, la perfection de la trajectoire, la symbiose avec les collègues, bref la grande maîtrise. La vie est ainsi faite…
Wisteria, son album le plus récent (printemps 2012, étiquette ECM), a été enregistré aux côtés du batteur Joey Baron et du bassiste Steve Swallow. Tout amateur de trio jazzistique s’en délectera car le contenu qui l’anime ne compte pas de pointes irritantes pour les esprits plus conservateurs, et bien assez de substance musicale pour les mélomanes aventureux et exigeants. Quiconque peut y trouver son compte, donc.
Ce jeudi à l’Astral, Steve Kuhn envisage non seulement jouer sa musique originale, des reprises du Great American Songbook ou des compositions récentes de ses musiciens préférés (Carla Bley, par exemple), mais encore prévoit-il improviser sur des musiques de Jean-Sébastien Bach… puisque ce concert s’inscrit dans le cadre du festival montréalais lui étant consacré. On le sait, le fameux compositeur fascine moult jazzmen depuis des lustres, Uri Caine fut d’ailleurs le dernier en lice à avoir jazzifié JSB au Festival Bach.
Au tour de Steve Kuhn ce soir, 19h30, à L’Astral; son trio sera composé du batteur Billy Drummond et du contrebassiste Aidan O’Donnell.
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norvegequebec
6 décembre 2012
17h10
Sublime façon de finir la soirée. Bonne nuit.
boogie
6 décembre 2012
20h02
L’incarnation du bon goût.
jaypee2
7 décembre 2012
07h44
Steve Kuhn est l’un de ces “petits maîtres” qui est toujours là après tant d’années et dont les albums sont toujours des exemples de ce jazz éternel, juste assez créatif, juste assez traditionnel… loin du mainstream “manger mou” et loin des outrances dont on finit par se lasser.
Wisteria est un petit bijou qui, j’ai remarqué, finit souvent dans mon lecteur cd… Ca doit vouloir dire quelque chose…
alainbrunet
7 décembre 2012
10h00
Le concert était d’ailleurs relevé hier soir. Surtout la deuxième partie… où il n’a pas repris Bach. La première fut l’occasion de reprendre des thèmes archi-connus de JSB (et même un détour côté Handel) et de les réharmoniser dans un contexte jazz. J’aurais aimé un peu plus de recherche à ce titre, mais il faut comprendre qu’il s’agissait de la commande d’un seul soir… Le deuxième set fut vraiment supérieur, avec des originales (Chalet, Oceans in the Sky, etc.) et des reprises (La plus que lente L.121 de Claude Debussy , Slow Hot Wind de Henry Mancini, Stella by Starlight de Victor Young, Confirmation de Charlie Parker et plus encore.