
On pourrait faire durer le plaisir en élaborant davantage sur cette sono mondiale beaucoup plus considérable que ne le laisse paraître la liste qui suit. On pourrait aussi dresser d’autres listes et se pencher sur d’autres genres et sous-catégories. Mais… le temps manque, et l’animateur du blogue doit aussi participer activement à l’animation de sa famille et ses proches.
Alors ? On attend vos listes de créations musicales non anglophones et non francophones, toutes origines confondues. On continue en 2013 !
Bonne et heureuse année à tous nos lecteurs, lectrices, blogueuses et blogueurs !

Lucas Santtana
O Deus Que Devasta Mas Tambem Cura
Diginois Records
On se trouve dans un Brésil d’aujourd’hui, un Brésil libre qui ne s’accroche pas à son patrimoine sans pour autant chercher à se coller bêtement sur la mouvance indie anglo-américaine. Qui rejette la pression du passé, qui ne se sent pas l’obligation de faire dans la samba-bossa-funk et autres variétés prévisibles de musica popular brasileira. Cette musique demeure néanmoins tropicale, lusophone, profondément brésilienne. De surcroît, excellente.

Spoek Mathambo
Father Creeper
Sub Pop
Oui, ç’aurait pu se trouver dans la sélection anglo. Cet artiste sud-africain, citoyen du monde et toujours présent sur sa terre natale, risque de s’y retrouver régulièrement dans les années à venir. On le présente dans la sono mondiale car cette dernière pénètre lentement et sûrement l’imaginaire mondial, y compris l’anglo-américain. Signature Sub Pop, cet afro-futuriste (électro, hip hop, rock, pop, Afrique) est une illustration probante de ce que devient la culture urbaine en Afrique australe.

Curumin
Arrocha
Urban Jungle / Six Degree
D’origine métisse, latine et japonaise (puisque la plus grande communauté d’immigrants japonais se trouve au Brésil), ce natif de Sao Paulo a appris le vocabulaire de la musica popular brasileira (samba, bossa nova, samba funk, etc.) avant de le transgresser. Les couleurs synthpop, reggae/dub ou électro, cette énergie rock sont au service de chansons résolument urbaines, brésiliennes… et souscrivent à une vision universelle de la pop culture.

Jimmy Cliff
Rebirth
Universal
Ce son créé au tournant des années 70, on le préfère à toutes les digressions pop que le sexagénaire nous a balancées dans les creux de sa longue carrière. Inutile d’ajouter qu ce retour au classicisme est plus que bienvenu. La voix est ici exemplaire: puissante, évocatrice, jubilatoire, encadrée par par le réalisateur Tim Armstrong, leader du groupe punk Rancid et fin connaisseur de reggae.
Emel Mathlouti
Kelmti Horra
World Village
Kelmti Horra signifie «ma parole est libre », les chansons de cet album s’inspirent surtout de la noirceur pré-révolutionnaire en Tunisie. Les esthétiques trip hop et dark wave qui y sont préconisées y rappellent davantage les années 90 que la période actuelle, si fertile en nouveaux influx électroniques: cette chanteuse tunisienne (transplantée en France) fonde sa pop sur ce qu’elle a intégré de Portishead, Massive Attack, Dead Can Dance, mouvances auxquelles elle a collé un folk engagé, fort en mélodies. Pour la Tunisie et l’Afrique du Nord, pour le monde, il s’agit d’une avancée convaincante.

Niyaz
Sumud
Six Degrees
Deux de ses membres, le compositeur et multi-instrumentiste Loga Ramin Torkian (kamaam, robab, saaz, djumbush, lafra, guitare, viole) et son épouse, la chanteuse Azam Ali (qui joue aussi la percussion et le santour), vivent désormais à Montréal et y coulent des jours heureux. Le troisième membre est Carmen Rizzo: DJ, programmeur, claviériste, remixeur, réalisateur, il joue un rôle-clé au sein de cette formation transculturelle, née en Californie On connaissait les albums précédents de Niyaz (sans titre en 2005 et Nine Heavens en 2008, étiquette Six Degrees), les projets personnels d’Azam Ali ou de Loga Ramin Torkian. Les applaudissement reprennent de plus belle à l’écoute de Sumud.

Angelo Finaldi
Angelo Finaldi Disoriented Voyage
Artik
De l’Italie du 17e siècle à la Nouvelle France en passant par le centre-ville de Montréal et les banlieues! Voilà ce qui grouille dans la tête d’un créateur assumé. S’y greffe une déferlante de styles musicaux dont le musicien fait usage avec grande maîtrise: funk, pop, jazz, rock, hip hop et autres grooves ouest-africain ou antillais. Angelo Finaldi fut naguère associé à la pop culture, pari de flamboyants musiciens d’origine italienne. Depuis une dizaine d’années, ses propositions ont atteint un niveau encore plus élevé, certes davantage Nino Rota que Gino Vannelli.
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