
La très douée compositrice Manuella Blackburn s’est taillé une place dans la niche électroacoustique montréalaise, soit dans le cadre du festival Akousma où tant de technoheads se pointant à Mutek devraient en faire autant à ce petit festival présenté en octobre.
Suspicieux quant aux possibles prises de tête pendant un concert d’enceintes acoustiques davantage associé au milieu institutionnel (un leurre en ce qui me concerne), ces férus de musique électronique connaissent probablement Andy Stott. Résidant de Manchester comme Manuella Blackburn, et qui a lancé cet automne son troisième opus, dont il est ici question. Voilà à mon sens l’un des albums technoïdes les plus attractifs de 2012: Luxury Problems. Ça s’écoute d’un trait et ca résiste à plusieurs écoutes – je me passe régulièrement ces huit pièces depuis quelques semaines déjà – désolé du délai mais ça se bouscule au portillon.
Pour ce projet artistique, Andy Stott a travaillé essentiellement avec le rythme et la voix. Il a préconisé des musiques exprimées sur des tempos moyens autour desquels il a omis régulièrement la percussion de synthèse, préférant créer la pulsation avec un jeu varié de séquences texturales. Très intéressant.
La percussion n’y est pas exclue pour autant dans l’ensemble de ce Luxury Problems mais l’usage qu’en fait Andy Stott contourne régulièrement les stéréotypes technoïdes sans en déroger de l’esthétique. Les pistes de voix féminine sont simples, belles, consonantes: y chante Alison Skidmore qui, de toute évidence, maîtrise les techniques de chant lyrique (surtout baroque) sans négliger une voix de corps plus «naturelle», c’est-à-dire plus pop. Voilà, d’ailleurs, qui produit un magnifique contraste avec la carrure du rythme et à la dimension industrielle de cette musique lorsque tel est le cas.
Liens utiles
Profil Andy Stott sur le site du label Modern Love
Lire les commentaires (13) | Commenter cet article

L'utilisation de Facebook sert uniquement à simplifier votre inscription. 




