Alain Brunet

Archive du 16 novembre 2012

Vendredi 16 novembre 2012 | Mise en ligne à 17h00 | Commenter Commentaires (7)

Elizabeth Shepherd: nouvelle force du jazz montréalais

Elizabeth Shepherd Rewind

Dès ses débuts professionnels, c’est-à-dire il y a quatre albums, j’ai toujours aimé la dégaine de cette Elizabeth Shepherd, originaire de l’Ontario et qui a fait naguère des études à McGill pour ensuite choisir d’autres destinations – France et ROC. On rapporte qu’elle a récemment quitté Toronto (pour des raisons évidentes !) et s’est installée de nouveau à Montréal avec conjoint et poupon. On aura donc l’occasion d’observer de plus près son cheminement.

Très bonne nouvelle. Voyons voir pourquoi.

Remarquable sens rythmique au piano, usage brillant du Rhodes et du Wurlitzer, choix harmoniques témoignant d’une connaissance profonde de l’univers jazzistique, solos circonspects et élégants, le tout construit à l’intérieur de ses limites techniques. Voix souple, sensuelle, qui peut aussi être enjouée et même un brin espiègle. Surtout, j’aime son groove presque tributaire de la culture électronique… et qui reste très jazz, pourtant.

Depuis les zerothies, Elizabeth Shepherd est parmi les plus importantes révélations du jazz vocal, bien au-delà de la scène canadienne, du moins en ce qui me concerne. Sa facture est plus intéressante que la presque totalité des chanteuses associées au jazz… généralement confinées à un style vintage de plus en plus ronflant. En revanche, elle est beaucoup plus jazz que des jeunes femmes devenues têtes d’affiches des plus gros festivals de la planète étiquetés jazz.

De manière générale, elle écrit ses chansons, mais une grossesse a modifié provisoirement les paramètres de la compositrice et de la parolière – ce qui implique une plus imposante charge de travail qu’un album de standards jazzifiés. Au menu de Rewind, soit le cinquième opus de sa discographie, on pige dans le Great American Songbook (Love For Sale, Feeling Good, Midnight Sun, Buzzard Song, Born To Be Blue, Prelude To A Kiss, Lonely House) et même dans les répertoire latin (Poinciana et Pourquoi tu vis, version de Porque te vas) et français (Les amoureux des bancs publics).

Pour la suite des choses, je m’attends à ce que cette femme puisse voler encore plus haut.

À Montréal, elle changera peut-être de personnel, actuellement constitué de musiciens aguerris from TO: Colin Kingsmore (surtout) et Mark Kelso, batterie, Scott Kemp, Ross Macintyre (surtout) et Andrew Downing contrebasse, Reg Schwager, guitare, Kevin Turcotte et David Travers-Smith, trompette, Denzal Sinclaire en duo sur un air d’Ellington.

Si je puis me permettre quelques souhaits pour la suite des choses: batterie et basse encore plus en avant dans le mix, nappes d’harmonies (acoustiques, électriques ou électroniques mais d’inspiration technoïde) au-dessus du piano et de la voix auraient un effet probant sur la facture générale de cette artiste excellente.

Qui, au demeurant, se produit ce vendredi à l’Upstairs.

Liens utiles

Elizabeth Shepherd, site officiel

Upstairs – programmation, réservations…

Rewind, profil de l’étiquette True North

Écoute intégrale de Rewind sur Grooveshark

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