
Bien au-delà du pénis en érection ornant cette pochette, on peut être vachement secoué par les déflagrations ici suggérées. Les Death Grips répandent la poudre la plus explosive de digital hardcore et de hip hop industriel que l’année 2012 nous aura offerte.
Propos nihilistes, pessimistes, fatalistes, le moins qu’on puisse dire. Ton bien au-dessus de l’idée qu’on se fait de l’agressivité, gracieuseté de MC Ride. Lendemains apocalyptiques, ambiances de messes plus foncées que noires, décadence pornographique dans les gravats d’une civilisation détruite, mutants barricadés dans leurs décombres, paysages de désintégration, mort dans l’âme, hymnes du non-retour, «it’s all suicide», « I got some shit to say just for the fuck of it», «somebody killed me I got that feeling». Irruption de créativité, pourtant.
Cette lave de sons (Zach Hill, batterie, Andy «Flatlander» Morin, machines et claviers) fait son chemin dans les travers de l’esprit, son feu en éclaire les synapses jusqu’à ce qu’on y trouve de la beauté. Paradoxalement, cette expression apparemment issue du mauvais bord de la Force comporte de vrais et riches filons artistiques.
Parmi les plus abrasifs de l’heure (bien que nous ne nous retrouvions pas au top de la violence sonore), ces trois artistes californiens expriment ce que tant d’êtres ressentent aujourd’hui, perchés au bord du précipice. Pour celles et ceux ayant raté la prestation des Death Grips au Club Lambi l’an dernier (je puis en témoigner), c’est un must au Corona ce samedi pour les amateurs de sensations fortes.

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