Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Vendredi 9 novembre 2012 | Mise en ligne à 14h12 | Commenter Commentaires (13)

    Keith Kouna: pour le plaisir, pour les bombes

    Keith Kouna Du plaisir et des bombes

    Keith Kouna, qu’on a connu avec le groupe Les Goules (2001-2007), a une voix de rasoir qui peut dévier par le nez. Le rasoir est néanmoins branché sur un courant fort, ne souffre visiblement pas d’une d’alimentation déficiente. Aucune panne à l’horizon !

    À l’album Les années Monsieur, lancé en 2008, Keith Kouna a créé deux autres opus dont l’un n’a pas encore été rendu public. L’autre l’a été cet automne: Du plaisir et des bombes, sous étiquette L-Abe.

    Le mec de Québec (enfin… sa grande région) a le sens de la parole et le verbe incisif. Il a aussi le sens de la formule rapide et efficace. Personnalité farouche et indépendante, ce Keb de talent sait construire une chanson, il sait l’exprimer et se faire bien comprendre dans un français local et de bon aloi.

    Ses rimes consonantes exigent un effort particulier sur la rythmique des mots. À ses chansons punkisantes exécutées dans le tapis, Keith Kouna étoffe son répertoire de ballades rock & folk aux teintes foncées ou même d’un stride pianistique s’il y a lieu de le faire – lorsqu’on peut compter sur le jazzman Vincent Gagnon aux claviers, on en profite. Cynisme souriant, critique acerbe de la cupidité, évocation d’abus militaires ou financiers, chroniques amoureuses (naissance ou agonie), troubles de l’intimité homme-femme, tendres vague-à-l’âme, larmes versées au père disparu.

    Enfin bref la poésie chansonnière d’un adulte lucide, pas du tout crédule, dont l’humour caustique révèle un humain carrément sur ses gardes quant aux mirages que suggère la vie dans nos sociétés dites avancées. Un peu décousu sur le plan stylisique, mais digne d’intérêt pour la qualité des mots et des constructions chansonnières.

    À Montréal, Keith Kouna se produit ce vendredi au Coup de coeur francophone. Ce samedi, il chantera à Joliette.

    Liens utiles

    Dans le cadre du Coup de coeur francophone, Keith Kouna partage le programme des Revenants, ce vendredi au Lion d’Or, 20h30

    Keith Kouna, site officiel


    Keith Kouna, profil wiki

    Écoute intégrale de l’album Du plaisir et des bombes sur Grooveshark


    • Quand on parle de Kouna actuellement, dans le milieu de la musique au Qc, on parle d’un des meilleurs auteurs. Je réécoutais ses 2 albums justement hier et côté plume, il est très fort, ces textes tiennent à la fois de la poésie et du conte. Ses ballades sont poignantes: Napalm, Batiscan! Sur son premier, Labrador est sublime, même si très près de Desjardins. Puis la chanson L’or démontre aussi à quel point il manie avec brio les mots, même quand il ne leurs appose pas de sens précis, un peu comme J-L Murat peut le faire. De plus, en spectacle, c’est une bête de scène qui ne parle pas pour rien dire, et qui sait s’entourer de très bons musiciens. Bref, je suis vendu!

    • St-Augustin-Des-Desmaures, c’est beeeen mieux que Québec.
      Je ne sais pas si je radote mais au début des années 2000, les 3 accords faisaient la première partie des Goules… Disons que le parcours n’a pas été le même par la suite.
      Les Goules, band culte.

    • Ouf! 58 pièces de Nowell pour Sufjan
      http://music.sufjan.com/album/silver-gold

    • Caltore, il n’est pas en train de faire des albums sur 50 états américains çui-là!!

      Kouna cé sua coche, man!

    • Mon crabe de poche sua coche man.

    • KK, ça troue le culte.

    • En déprimeur, le clip de Nöwell de Suzanne Stevens :

      http://www.youtube.com/watch?v=fDDAybCe1uI

    • Lorsqu’il chante doucement, son timbre de voix ressemble à celui d’un jeune Renaud.

    • Un jeune Renaud… 5 ! Blague à part, cet artiste de talent mérite une plus grande reconnaissance.

    • Je ne puis qu’abonder en ce sens. Keith est indéniablement pertinent et a une authentique « reuck’n’reull attitude », pour citer Djeuny. Plus que Tristan Malavoy, disons. ;-) (que j’aime bien, au demeurant)

    • Difficile de ne pas aimer Tristan Malavoy mais… mollesse dans le ton, dans la voix, dans le jeu. Les qualités littéraires de son propos en souffrent, du moins sur scène. ETK cela faisait l’effet d’un anti-climax, jeudi soir au Lion d’Or. Après la performance explosive d’un HK seul à la guitare acoustique, ça sautait aux oreilles.

    • Vous dites… Alexis HK a le showmanship dans la peau. Je n’avais pas retenu grand-chose de sa prestation en première partie d’Higelin, aux Francos 2010, mais cette fois-ci le contexte était idéal. Et sa version brassensienne de Like a Virgin était pissante à mort.

      Tristan a fait ce qu’il a pu, je suis resté jusqu’à la fin dans une salle qui se dégarnissait dangereusement. Avoir été programmateur, j’aurais inversé ce plateau double. Mais bon, très bien épaulé par ses musiciens et la charmante Amylie, il a tout de même sauvé la mise.

    • Il y a des belles choses chez Kouna, images poétiques. Mais, mais, mais, j’ai un peu de mal avec tous ces chanteurs québécois qui oscillent entre la poésie, la vraie, et l’indigence (camouflée opportunément par un second degré). C’est un peu la mauvaise part de l’héritage de Plume. Desjardins, lui, a beau écrire en joual, c’est du Villon.

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