Alain Brunet

Archive, novembre 2012

Vendredi 30 novembre 2012 | Mise en ligne à 13h32 | Commenter Commentaires (13)

Andy Stott: jardin luxuriant… et technoïde

Andy Stott Luxury Problems

La très douée compositrice Manuella Blackburn s’est taillé une place dans la niche électroacoustique montréalaise, soit dans le cadre du festival Akousma où tant de technoheads se pointant à Mutek devraient en faire autant à ce petit festival présenté en octobre.

Suspicieux quant aux possibles prises de tête pendant un concert d’enceintes acoustiques davantage associé au milieu institutionnel (un leurre en ce qui me concerne), ces férus de musique électronique connaissent probablement Andy Stott. Résidant de Manchester comme Manuella Blackburn, et qui a lancé cet automne son troisième opus, dont il est ici question. Voilà à mon sens l’un des albums technoïdes les plus attractifs de 2012: Luxury Problems. Ça s’écoute d’un trait et ca résiste à plusieurs écoutes – je me passe régulièrement ces huit pièces depuis quelques semaines déjà – désolé du délai mais ça se bouscule au portillon.

Pour ce projet artistique, Andy Stott a travaillé essentiellement avec le rythme et la voix. Il a préconisé des musiques exprimées sur des tempos moyens autour desquels il a omis régulièrement la percussion de synthèse, préférant créer la pulsation avec un jeu varié de séquences texturales. Très intéressant.

La percussion n’y est pas exclue pour autant dans l’ensemble de ce Luxury Problems mais l’usage qu’en fait Andy Stott contourne régulièrement les stéréotypes technoïdes sans en déroger de l’esthétique. Les pistes de voix féminine sont simples, belles, consonantes: y chante Alison Skidmore qui, de toute évidence, maîtrise les techniques de chant lyrique (surtout baroque) sans négliger une voix de corps plus «naturelle», c’est-à-dire plus pop. Voilà, d’ailleurs, qui produit un magnifique contraste avec la carrure du rythme et à la dimension industrielle de cette musique lorsque tel est le cas.

Liens utiles

Andy Stott, profil Wiki

Profil Andy Stott sur le site du label Modern Love


Écoute intégrale de Luxury Problems sur Grooveshark


Metacritic, moyenne de 85% fondée sur 15 critiques

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Jeudi 29 novembre 2012 | Mise en ligne à 9h01 | Commenter Commentaires (40)

Leonard Cohen: le miracle se poursuit

leonard cohen  nov 2012 (Bernard Brault)

Leonard Cohen au Centre Bell / crédit photo: Bernard Brault

Peu avant que Leonard Cohen se produise à la Wilfrid en 2008, il était à remonter une pente abrupte. Émergeait d’un gouffre financier, victime d’une fraude. N’était pas ruiné mais très diminué financièrement. Plafond bas, nuages noirs au-dessus du feutre.

Rappelons en outre que l’artiste avait peu à offrir artistiquement depuis The Future, lancé en… 1992. Ten New Songs (2001) et Dear Heather (2004) furent des albums potables, mais loin derrière ses meilleurs. Réalisation quelconque, presque léthargie artistique.

Cette crise du portefeuille a-t-elle été le déclencheur de cette renaissance célébrée contre toute attente ?

On ne peut établir un lien de cause à effet pour expliquer la vigueur retrouvée du brillant et vénéré songwriter, mais cette précarité relative a sûrement contribué à lui botter le derrière. Old Ideas, son dernier opus, s’est avéré nettement supérieur aux deux précédents, ses concerts récents l’emportent haut la main sur ce qu’il avait offert en 1993 après la sortie de The Future.. Meilleurs musicalement, allumés, plus fins, plus fervents, plus inspirés.

En 2008, ceux ayant eu la chance de le voir et l’entendre sur scène avaient le sentiment de vivre le miracle de la résurrection. Meilleur groupe que jamais, mélange parfait de blues, gospel, country folk, musiques méditerranéennes, ibériques, balkaniques, retraçant les migrations séculaires et aussi modernes du peuple juif dont le Montréalais est issu.

Au Centre Bell cette semaine, Leonard Cohen flotte sur cette même vague avec ceci de différent: l’onde est beaucoup plus forte puisque l’artiste montréalais risque d’attirer une vingtaine de milliers de fans montréalais, sans compter ceux de Québec qui iront l’entendre au Colisée ce week-end. Nous n’en sommes plus à la surprise de 2008, il est néanmoins hors de question de bouder son plaisir.

Malgré le peu de jeunes présents comme on les a remarqués avec bonheur au concert de Neil Young vendredi dernier, ont applaudi Cohen des fans de grandes chansons auxquels s’ajoutent ceux attirés par une réputation qui ne sortiront pas déçus… parce qu’ils auront droit à tous les classiques (Hallelujah, So Long Marianne, I’m Your Man, Famous Blue Raincoat, Suzanne, Tower of Song, Dance Me To The End of Love, etc.) et suffisamment de nouvelles propositions pour rappeler qu’il est en pleine maîtrise de ses moyens (Going Home, Show Me The Place, Anyhow, The Darkness, Come Healing).

On aura observé que le band de Leonard est sensiblement le même qu’on a applaudi au cycle précédent, sauf l’ajout heureux d’un violon à l’orchestration (Hammond B3, basse, contrebasse, batterie, choeur féminin, guitares et autres mandoles), il n’y a vraiment pas lieu de se formaliser du maintien d’une formule gagnante et encore fraîche, pas plus que des redites. Qui se plaindra d’avoir entendu Leonard chanter Hallelujah deux fois sur scène en quatre ans ? Qui se plaindra de la reprise du solo de clavier cheap signé Cohen sur Tower of Song et ses remerciements autodérisoires ?

Mercredi soir au Centre Bell, c’était plutôt l’occasion de s’ébahir: notre hôte de 78 ans affichait une forme phénoménale. Il fallait le voir gambader sur la scène au deuxième cycle de rappels d’un concert plus que généreux. Plus de trois heures sur scène en excluant l’entracte !!!

Saviez-vous qu’il reste encore de très bons billets pour les représentations de jeudi (Centre Bell) et de dimanche (Colisée Pepsi) ? Je ne suis pas du genre à faire de la promo, mais dans le cas qui nous occupe…

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Le compte-rendu d’Alain De Repentigny

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Mercredi 28 novembre 2012 | Mise en ligne à 12h56 | Commenter Commentaires (14)

Black Atlass: distorsion sur la piste électro soul

Black Atlas

Celles et ceux qui assisteront au concert de Plaster, soit ce jeudi au Club Soda, ont intérêt se pointer pour la première partie. Si la tendance se maintient, cet Alex Fleming alias Black Atlass pourrait occuper un siège d’une taille comparable à celui qu’occupe James Blake ou autre vedette de l’électro mâtinée de soul, également issue de la mouvance dubstep.

Voilà un autre enfant de l’internet qu’on imagine pitonner sur l’ordi et tisser sa toile depuis la maternelle. Notions harmoniques acquises, quelques mois ou années de piano derrière la cravate(on l’imagine), talent de mélodiste, passion pour l’informatique et les logiciels spécialisés dans la production musicale, bon goût, écoute attentive de ses prédécesseurs, capacité de créer son propre concept. Résultat de ces recherches adolescentes: fort bien réalisées dans le sous-sol familial, cinq chansons d’Alex Fleming ont fait le tour de la planète internet et suscité l’intérêt de moult professionnels de la musique… jusqu’à la BBC, rapportent ses promoteurs, ce qui n’est pas peu dire.

Cette pop soul fondée sur une lutherie essentiellement numérique (on remarque aussi l’usage de claviers ou de guitares trafiquées) évolue sur le même territoire qu’a déjà investi James Blake, pour ne citer que celui-là. D’autres y voient un cousinage avec The Weeknd et même Frank Ocean mais bon, c’est un peu tiré par les cheveux si vous voulez mon avis.

Il est néanmoins intéressant d’observer que ce jeune homme use généreusement de basses fréquences saturées, sur lesquelles il colle des progressions harmoniques très soul pop et extirpe des mélodies poignantes d’une voix de fausset savamment filtrée. L’ensemble de ces variables produit une facture singulière, fait rarissime pour un artiste à peine sorti de l’adolescence.

Natif de Montréal mais résidant de London, Ontario, depuis l’âge de 6 ans, Black Atlass a déjà fait parler de lui récemment , c’est-à-dire lors d’un spectacle donné le 22 septembre dernier au Belmont dans le cadre de Pop Montréal. On risque fort d’en parler davantage, et ce dans un avenir proche.

Black-Atlass-Alex Fleming

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Écoute intégrale sur Soundcloud

Site officiel, téléchargementgratuit du maxi

Club Soda

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