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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Mardi 30 octobre 2012 | Mise en ligne à 14h10 | Commenter Commentaires (41)

    Converge: All We Love We Leave Behind

    Converge All We Love We Leave Behind

    Un autre trou de ma culture vient d’être inondé aussi rapidement que les rames du métro de New York et les sous-sols de Wall Street l’ont été au cours des dernières heures, soit par cette eau de mer venue de la Frankenstorm. Fluide corrosif comme on le devine. Eau salée de Salem, cette fois, tout près de Boston et au bord de la mer itou, là où les intimidants sorciers du quartette Converge planifient leurs rituels.

    Décidément, après Godspeed et Swans, c’est l’oktoberfest de la saturation.

    Hardcore punk et métal font bon ménage dans le cas qui nous occupe. Métal pour la batterie (Ben Koller), la basse (Nate Newton) et la guitare (Kurt Ballou), hardcore pour le chant (Jacob Bannon) et l’épais brouillard de distorsion (brouillard collectif) qui nappe le tout.

    Deux esthétiques de la violence rock convergent ainsi (…) sur cet impressionnant All We Love We Leave Behind, que nos férus de hard nous ont chaudement recommandé. Avec raison, tout compte fait: cette déferlante nous propulse ailleurs que sur le territoire des clichés.

    Pourquoi donc ? Tentons une explication.

    Généralement, les musiciens hardcore punk restent assez primaires dans leur jeu, c’est-à-dire qu’ils n’acquièrent pas la virtuosité des métalleux , préférant l’expressivité de la chanson et la puissance du texte à l’efficience technique côté musique. Cela étant, leur niveau ne cesse de grimper au fil du temps (Fucked Up est un bon exemple). Je ne m’y connais pas assez pour affirmer que les deux courants se fixent des rendez-vous de plus en plus fréquents, je puis néanmoins souligner que Converge, ne perd pas son âme hardcore malgré les structures ambitieuses émaillant cet album, structure imaginées de toute évidence par des metalheads.

    Cet hybride désamorce ainsi les sparages techniques du métal, trop souvent carrés et prévisibles, et leur opposent une brutalité sonore, ma foi, réjouissante. Très bon album.

    Liens utiles


    Converge, profil Wiki

    Metacritic, moyenne de 88% fondée sur 18 critiques


    Écoute intégrale de l’album sur le site officiel


    • Interresting. Pas un expert, bien sûr, mais il me semble que fin 80s au Québec, il y avait plusieurs groupes qui mélangeaient métal prog et hardcore grungy, de part et d’autre de la frontière: Voivod, Groovy Aadvark, GrimSkunk, pour les plus connus. Qu’est-ce que les experts en pensent?

      Sinon, je pense aussi à At the drivin.

    • Grosso modo, Voivod intégrait le prog au métal, Groovy mêlait hardcore, grunge et prog, Grimskunk hardcore et prog. Je ne suis pas un expert en la matière mais j’ai vu et entendu ces trois bands maintes et maintes fois.

    • Voivod intégrait aussi une dimension punk, peut-être plus sexpistolienne, mais il me semble que cela s’entend. Pas expert, comme je dis.

    • Juste à temps pour l’Halloween! C’est vrai qu’il est très bon, ce Converge (en keb normatif, on dirait « Convarge »). Leur guitariste, Kurt Ballou, a réalisé mon album métal préféré de l’année : De Vermis Mysteriis, de High on Fire (le « mystère du ver » en question est un grimoire figurant dans la mythologie de Cthulhu, imaginée par vous savez qui).

    • Ok, résumons l’affaire.

      L’âge d’or de cette fusion (généralement connu sous le vocable ”crossover”), c’est 85-87. Elle n’a jamais cessé depuis. À ce moment, plusieurs groupes hardcore ont commencé à ajouter du métal è leur son, que ce soit en Angleterre (Discharge, English Dogs, Amebix, Exploited), aux États-Unis (Suicidal tendencies, DRI, Crumbsuckers, Cro-Mags, Corrosion of Conformity, Agnostic Front) et ici (Groovy Aardvark au tout début, Genetic Control). À noter que cette période correspond aussi à la naissance du thrash métal et il n’est pas rare de voir les bands hardcore, crossover et thrash jouer ensemble, alors que quelques années auparavant, le métal et le hardcore étaient deux univers bien distincts.

      Pour plusieurs musiciens hardcore, ça été une façon de cesser de tourner en rond et aussi de faire quelque chose avec le fait qu’au bout de quelques années, ils sont devenus de meilleurs musiciens. Officiellement, c’est l’album de DRI au titre sans équivoque de ”Crossover” qui est l’emblème de tout ça.

      Le son de cette fusion a changé avec le temps, au fur et à mesure que le hardcore et le métal ont évolué.

    • Un des premiers concerts importants de Voivod a été au Vieux port, en 84 (ou 85), avec Unruled, groupe hardcore local. En quelque sorte, c’est la naissance de ce rapprochement dans la scène local. L’intérêt de Voivod pour le hardcore est plus qu’évident sur War and Pain, leur premier album. Ils jouaient aussi une reprise de Dead Kennedys en concert, même à l’époque de Nothingface.

      Ils sont également derrière le No Speed Limit, festival crossover au Spectrum, en 1986 avec aussi Possessed, Nuclear Assault, DRI et Agnostic Front. Il ont rejoué au même endroit l’année suivante avec, en première partie SNFU et Dayglo Abortions, des pointures lourdes du hardcore canadien.

      Le hardcore est fondamental dans le développement du métal. En 1985, Metallica se promenaient en revendiquant bien haut l’influence de Discharge.

    • Ce qu’illustre aujourd’hui une confrérie entre un gars comme Ballou et un groupe métal comme High on Fire.

    • Pas tellement de traces de Black Sabbath chez les jeunes Voivod, sauf le thème de la pièce-titre de War and Pain, calqué sur celui de la pièce « Black Sabbath ».

    • effet,

      Crois-tu que c’est l’imaginaire de plus en plus chargé et complexe de Michel Langevin qui a amené Voivod à tendre vers le prog, à se floydiser, à partir de Dimension Hatröss?

    • En tous cas le grunge c’est hardcore + black sabbath.

    • Hardy, il y a pas un côté lovecraftien à cet univers?

    • L’influence métal la plus évidente des jeunes Voivod, c’est probablement Motorhead et Venom.

      Aussi, entre les groupes que j’ai nommés plus haut et Converge, y a beaucoup de différence. La fusion elle-même a beaucoup évolué. D’ailleurs, on parle plus de ”metalcore” maintenant et ça évoque autre chose que ”crossover”.

      Anyways…

    • L’influence prog est présente dès le départ je pense. Les structures sont relativement complexes et les accords de Piggy sont déjà complètement pétés.

      Probablement que l’intérêt pour le prog a grandit en même temps que leurs capacités techniques, leurs moyens de productions et le trip sci-fi cybernétique de Langevin.

    • La première pièce est pas mal (celle proposée en clip en haut) mais demeure classique et un peu proprette (on s’entend). Le délire, le vrai, débute à la deuxième.

      En prime sur cet album parmi les feedbacks de guitare les plus jouissifs, maîtrisés et brillamment intégrés que j’aie entendu en métal. Pour moi c’est de la musique feel good.

    • Les textes ne sont pas lovecraftiens chez Converge, ils sont plutôt empreints de pragmatisme très sombre. Leur musique s’approche beaucoup de celle que produisent High on Fire ou Mastodon qui, eux, puisent parfois dans l’imaginaire de Lovecraft. C’est l’un des éléments qui permettent encore de distinguer où on se situe, entre le métal et le hardcore : les uns traitent d’Anciens qui surgissent de l’océan, de Stonehenge et de farfadets, les autres de désespoir, de faiblesse, de blessures et de chute.

    • J’adore Kurt Ballou en tant que producteur mais je ne suis pas fan du son de cet album. Selon moi, l’album sera encore meilleur avec un son plus gras et moins “clean”. Jane Doe va toujours demeurer mon album préféré du groupe.

    • Hardy, je parlais de Voivod.

    • J’ai redécouvert Converge il y a un mois, c’est drôle qu’on en parle maintenant. Pour ma part, je peux dire que le son de Converge s’est amolli, mais pour le mieux et faut dire que c’est pas une pente descendante. Jane Doe est plus heavy que You Fail me, mais Everything you love, you leave behind est plus soft que Jane Doe. Y’a pas une recherche du son parfait, juste celui qui est bon pour le moment. C’est Converge qui dicte ce qui va se faire à sa suite. En tout cas…je peux pas vous dire d’où vient le son de Converge, mais je peux vous dire d’où vient tout le son du metalcore qui se fait en ce moment (Everytime I die, Norma Jean, etc.): de Converge!

    • “unholy_ghost : Décidément, Boogie, nous sommes amis…

      boogie : Bien sûr que je suis ton ami Ghost, c’est comme à la garderie ici.

      unholy_ghost: Ce n’est pas ce que je voulais dire…”

      unholy_ghost: Boogie, je suis ton père.

    • C’est quand même pas une blague. 2 jours après avoir vanté les mérites du violoniste classique Maxim Vengerov, ce blogue traite de musique hardcore. 2 univers qui, normalement, devraient être dans des espaces tellement paralèles qu’ils ne seraient même pas être une vue de l’esprit! Quelle pourrait bien être la critique de’un Claude Gingras à l’écoute de cette musique? Aurait-il besoin des partitions pour bien apprécier ce genre aussi?

      À une autre époque, une radio communautaire de Québec m’avait remercié après un essai d’un après-midi sous prétexte que les choix musicaux étaient trop différents d’un 20 minutes à l’autre. Et pourtant, ça ne faisait même pas semblant de se rapprocher de ce quoi on s’expose en fréquantant ce blogue (et je ne parle même pas des commentaires!). Heureux celui qui trouve un gestionnaire sur la même longueur d’ondes que la sienne!

      Quant à Converge, je trouve que c’est, entre autres, une musique parfaite pour être pogné dans le trafic montréalais. Ça défoule assez qu’il est possible d’attendre calmement son tour en se faisant dépasser à gauche et à droite.

      Je serais curieux de connaître les influences des gars. Sur l’une des pièces, le chanteur s’exprime comme le gars de Suicidal Tendancies. Et sur une autre pièce, le riff de guitare me rappelle Morbid Angel. Mais pour le reste, c’est du nouveau pour moi. Efficace.

    • “Ça défoule assez qu’il est possible d’attendre calmement son tour en se faisant dépasser à gauche et à droite.”

      atchoum, conducteur autombile centriste.

      *

      Converge, comme je suis un matheux, on m’avait présenté ce band comme du “mathcore”. Puisque l’occasion se présente, qu’est-ce que les experts ont à dire de ce sous-genre de mathcore?

    • C’est intéressant que tu fasses la critique de cet album. C’est probablement le seul groupe qui est là depuis aussi longtemps et qui réussit à demeurer pertinent sans offrir du remâché. Merci de le faire connaître!

    • « Hardy, je parlais de Voivod. »

      Lovecraft chez Voivod? Non, pas de tentative de transmettre l’indicible chez nos copains de Jonquière. Du moins, pas en s’inspirant de la mythologie de Cthulhu. Ce qui s’en approche le plus, pour moi, c’est l’esprit de l’album Angel Rat et une chanson de l’album The Outer Limits qui s’appelle « Le Pont noir ». Sinon, Voivod donne plutôt dans la sci-fi pur geek : mutations, guerriers post-apocalyptiques, petits amis venus d’ailleurs, schizosphère et infections.

    • « Je serais curieux de connaître les influences des gars »

      Atchoum, en wikipédiant Converge en anglois, on peut lire que leurs influences vont de Black Flag à Depeche Mode.

    • J’haiiiiis Star Wars, bt627 (plus qu’hier, moins que demain).

      Aime cependant beaucoup Roller Trio, en compette pour le Mercury et que je découvre à l’instant. Genre de mathjazz funky groovy, si on veut. Probablement un gros succès au cégep st-laurent. J’aurais trippé solide à 17 ans.

    • Boogie, je suis ton père, Mickey Mouse.

    • En effet, beau mélange de punk boosté au prog metal. On est loin du Dead Kennedys Face to Face, Betrayed, etc.

      C’est facile dans ce genre musical de tomber dans la saturation extrême du dynamique range.
      C’est la cas mais la production sonne pas si mal que ca… y’a pu de room pantoute mais ca sonne, malgré tout, assez bien.

    • Voivoid avait des productions qui respiraient. Dieu que ca sonnait bien leurs trucs.

    • Voivod lancera un nouvel album, « Target Earth », en janvier 2013, avec Jean-Yves « Blacky » Thériault de retour à bord. Programme de rêve : Ils joueront avec Neurosis à Oakland, le 17 novembre…

    • Effectivement, une des grandes limites de ce genre est comment ça sonne dans des speakers dans un salon (99% de la consommation effective de la musique par un quidam).

      C’est du répertoire vraiment très rigolo à écouter en cassette sur un ghetto blaster, mais dans un vrai système de son, ça s’avère souvent plutôt pénible : dynamic range toppé, fréquences ramassées et conflictuelles, etc.)

      D’où le fait que ça survit rarement à un inévitable embourgeoisement… Le seul hard-rock / métal / punko-machin que j’écoute encore c’est chez mon batteur sur son vieux tape deck mono. Et franchement, c’est plutôt chouette comme son. Mais arrivé chez nous, mettons que je me mets Bags Groove.

      Notable exception pour Iron Maiden qui est VRAIMENT trippant à écouter sur du vrai matos… Et le Black Album pressage californien, mais c’est plus du métal, n’est-ce pas ?

      Ado, d’ailleurs, j’écoutais tous mes disques de musique lourdes avec le out du mixer direct dans mon ampli de guitare…

    • Si l’embourgeoisement vient avec l’audiophilie, c’est sûr que le métal ne fera pas long feu. Personnellement, avec une chaîne intermédiaire, je peux faire sonner ça assez bien en bizounant un peu avec la bass et le treble…
      Par contre, le genre est un peu victime de l’idéologie “plus vite, plus fort”. De ce fait, ce qui est considéré comme du métal aujourd’hui est une musique qui est continuellement jouée dans le tapis, à grands coups de double-bass-drums et sans grande dynamique. Amusant en concert, mais effectivement agaçant après quelques pièces, dans mon salon…
      Parlant de Metallica, je suis étonné que leurs albums des années 80 n’aient jamais été remasterisés…

    • Blackened,

      Les 3er premiers ont été remasterisés en vinyle, en album double, au 45 tours. J’ai Kill ‘Em All et Ride the Lightening dans ce format et ça sonne en batinse.

      D’accord pour ton affirmation sur l’idéologie du ”plus vite, plus fort”. Peut importe le niveau de décibel et la vitesse, ça prend aussi une bonne chanson en arrière. Et oui, de la dynamique… mais c’est pas que le métal, c’est un mal généralisé.

    • Metallica < Megadeth

    • Pas vraiment d’accord avec toi, Charkie ; )

      Exodus > Metallica, ça peut se discuter par contre.

    • Merci pour l’info, Effet, tu me donne le goût de me les procurer. Faudra que j’accompagne mon embourgeoisement d’audiophilie!

      Quand même dommage qu’ils aient négligé la plèbe en ne remasterisant pas les CDs…

    • J’ai découvert Converge sur le tard avec No Heroes; dès la première écoute, cet album est devenu un classique pour moi. Perso, j’avais adoré le finale toute en “douceur” de Axe To Fall (”Cruel Bloom” était géniale) et je trouvais que ce disque se rapprochait de leurs origines punks, genre The Saddest Day.

      Après deux écoutes de All We Love, je suis comblé. Il n’y a pas de pièces aussi forte émotivement que Cruel Bloom ni de grande montée épique à la Black Rose/Grim Heart, mais l’exécution technique est à un niveau rarement égalé. La vitesse des riffs dans Sadness Comes Home! La batterie complètement folle!

      Il va me falloir quelques écoutes dans une meilleure ambiance pour bien l’apprécier, mais je sais d’ores et déjà que cet album sera parmi mes favoris de l’année.

      J’étais au show au La Tulipe il y a quelques mois, et je ne peux que me croiser les doigts pour qu’ils reviennent bientôt…

    • @ bt627 : J’avais toujours pensé que Converge faisait plus du Noise, ou de noisecore mettons, mais après avoir vérifié sur RYM, t’as bien raison, c’est plutôt du mathcore, un peu comme dillinger escape plan.

      Peu importe le style, c’est pas mal clair que dans le petit monde du metal “contemporain”, des 10 dernières années disons, Converge a une assez grosse influence et comme dit labski, le son metalcore, c’est eux ! Il nomme Norma Jean, mais je dirais que même un band comme Mastodon a été influencé par Converge, même s’il sonne plus metal que hardcore.

      Je n’ai pas encore écouté cet album, mais je m’attend au mieux, car Axe to Fall était une réussite. Rare sont les bands de nos jours qui peuvent sortir album après album sans décevoir leur fans comme le fait Converge.

      Marrant comment qu’à chaque fois qu’il est question de Metal sur ce blog, il y a toujours quelqu’un pour sortir le band Voivod d’un chapeau. Je sais bien qu’il n’y a pas trop de band québecois de metal, mais je ne vois pas trop Voivod que un point de comparaison universel. Franchement, même si Metallica pourrait être juger comme la référence metal, étant donné sa popularité, difficile de comparer Converge et Metallica. C’est pas mal différent, à mon sens.

    • @effet

      La meilleure oeuvre de Megadeth est «Rust in Peace». Celle de Metallica est le film «Some Kind of Monster» ;)

    • Shit Charkie, ce film m’a autant amusé qu’il m’a attristé. C’est carrément pathétique. Des enfants.

    • @effet

      Ahahaha. effectivement.

      Je n’arrive pas à décider de mon moment préféré. Est-ce le fait que James claque la porte à au moins 5 reprises avant d’aller en désintox. Le manque d’inspiration pas croyable du band en séance de composition, le père de Lars qui lui dit que sa musique est merdique ou le psychologue du groupe qui semble sorti tout droit de Monty Python?

      quoiqu’il en soit, c’est toute une pièce d’anthologie, le Spinal Tap de l’ère de la téléréalité

    • La meilleure performance de Mustaine demeure son apparition dans Some kind of Monsters.

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