Alain Brunet

Archive, octobre 2012

Mercredi 31 octobre 2012 | Mise en ligne à 12h46 | Commenter Commentaires (41)

Macadi Nahhas, superbe chanteuse jordanienne au FMA

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Les amateurs de musiques non occidentales seront ravis d’aller à la rencontre de Macadi Nahhas, invitée à se produire à la 5e Salle de la Place des Arts ce jeudi, dans le cadre du Festival du Monde Arabe. On qualifie la chanteuse jordanienne d’étoile montante de la scène arabe contemporaine, qu’elle fait aussi preuve d’un engagement humaniste dans le contexte d’une zone du monde affligée par maints conflits politiques, religieux ou moraux comme on le sait.

Le voile diaphane de cet organe vocal absorbe toute la lumière disponible et peut mener à de très hautes altitudes. Son timbre et sa tessiture ne sont pas sans rappeler la grande Fairuz. On ne s’étonnera pas que Macadi Nahhas ait collaboré avec le pianiste, compositeur et jazzman oriental Ziad Rahbani, fils de la superdiva libanaise.

Originaire d’Oman, cette superbe interprète puise dans tous les patrimoines de la grande région dont elle est issue : Jordanie, Syrie, Irak, Palestine, Liban. Ce qui n’exclut pas les incursions dans les musiques contemporaines non orientales, Sa maîtrise vocale des grandes traditions et musiques classiques arabes n’exclut pas l’ouverture au jazz moderne et aux musiques afro-latines.

D’où ce rendez-vous fixé sur une scène montréalaise avec l’ensemble québécois OktoEcho, qui orchestre tant de métissages probants entre Occident et Orient. Avis aux intéressés, la pianiste et jazzwoman Marianne Trudel est membre de cet ensemble dirigé par la très allumée compositrice Katia Makdissi-Warren qui s’exécute en différentes configurations. Cette fois, on préconise une formation relativement réduite pour accompagner Macadi Nahhas – comme ce fut le cas il y a deux ans pour la chanteuse syrienne Lena Chamayan.

Voilà un beau risque pour votre soirée de jeudi.

macadi khilkhal

Liens utiles

Festival du Monde Arabe de Montréal

Profil biographique de Macadi Nahhas et albums en écoute intégrale sur Yala FM

Site officiel de l’ensemble OktoEcho

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Mardi 30 octobre 2012 | Mise en ligne à 14h10 | Commenter Commentaires (41)

Converge: All We Love We Leave Behind

Converge All We Love We Leave Behind

Un autre trou de ma culture vient d’être inondé aussi rapidement que les rames du métro de New York et les sous-sols de Wall Street l’ont été au cours des dernières heures, soit par cette eau de mer venue de la Frankenstorm. Fluide corrosif comme on le devine. Eau salée de Salem, cette fois, tout près de Boston et au bord de la mer itou, là où les intimidants sorciers du quartette Converge planifient leurs rituels.

Décidément, après Godspeed et Swans, c’est l’oktoberfest de la saturation.

Hardcore punk et métal font bon ménage dans le cas qui nous occupe. Métal pour la batterie (Ben Koller), la basse (Nate Newton) et la guitare (Kurt Ballou), hardcore pour le chant (Jacob Bannon) et l’épais brouillard de distorsion (brouillard collectif) qui nappe le tout.

Deux esthétiques de la violence rock convergent ainsi (…) sur cet impressionnant All We Love We Leave Behind, que nos férus de hard nous ont chaudement recommandé. Avec raison, tout compte fait: cette déferlante nous propulse ailleurs que sur le territoire des clichés.

Pourquoi donc ? Tentons une explication.

Généralement, les musiciens hardcore punk restent assez primaires dans leur jeu, c’est-à-dire qu’ils n’acquièrent pas la virtuosité des métalleux , préférant l’expressivité de la chanson et la puissance du texte à l’efficience technique côté musique. Cela étant, leur niveau ne cesse de grimper au fil du temps (Fucked Up est un bon exemple). Je ne m’y connais pas assez pour affirmer que les deux courants se fixent des rendez-vous de plus en plus fréquents, je puis néanmoins souligner que Converge, ne perd pas son âme hardcore malgré les structures ambitieuses émaillant cet album, structure imaginées de toute évidence par des metalheads.

Cet hybride désamorce ainsi les sparages techniques du métal, trop souvent carrés et prévisibles, et leur opposent une brutalité sonore, ma foi, réjouissante. Très bon album.

Liens utiles


Converge, profil Wiki

Metacritic, moyenne de 88% fondée sur 18 critiques


Écoute intégrale de l’album sur le site officiel

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Lundi 29 octobre 2012 | Mise en ligne à 11h06 | Commenter Commentaires (216)

Sur le Gala de l’ADISQ et son virage à gauche

ADISQ louis-jose-houde

Après de nombreuses années d’ennui relatif (parfois même absolu) à l’extrême-centre, au centre-droite ou à droite, après six années à ne relever que la performance remarquable son animateur Louis-José Houde, le Gala dominical de l’ADISQ a réussi à investir le centre-gauche et ainsi mettre de l’avant la qualité devant et le divertissement léger derrière.

Contre toute attente ? Pas tout à fait… quelques astres étaient déjà alignés.

Que Coeur de Pirate soit nommée interprète de l’année et reine de notre pop culture en 2012 n’est-il pas un signe probant du virage négocié par l’Académie ? Non. Par le public ! Enfin, par un public jeune et branché qui s’est soudain mis à voter au détriment de ceux qui élisent d’ordinaire les Maxime Landry et autres Kaïn – quoique Marie Mai et sa version de Robyn… Nul ne peut prévoir si la tendance se maintiendra, mais il y a fort à parier que l’année vécue à gauche par une portion congrue de la jeunesse québécoise a contribué à relancer le désir d’une vraie substance chansonnière côté rimes et des musiques populaires moins décalées des courants de pointe à l’échelle occidentale.

Du côté des professionnels avec droit de vote, cette volonté de contenu était aussi tangible, en témoigne la domination de Coeur de Pirate et Lisa LeBlanc mais aussi de Richard Desjardins, Avec pas d’Casque, Fred Pellerin ou même Susie Arioli qui a chanté l’irrésistible Renée Martel. Que Mes Aïeux et Vincent Vallières, récipiendaires de Félix (respectivement groupe et interprète de l’année), passent pour les centristes de la soirée, illustre aussi le virage d’hier soir.

Voilà qui désamorce un tant soit peu cette forte impression de pic-pic à l’Autre Gala de lundi dernier.
On a même réussi à nous faire oublier que le son anglo-québécois est encore occulté à l’ADISQ (seule Susie Arioli invitée dans un numéro de production), que le son allo-québécois (diversifié et foisonnant) est encore incompris par les professionnels de l’industrie keb de la musique, que moult catégories mises de l’avant par l’association de producteurs sont de curieux fourre-tout (adulte contemporain, folk, etc.) pour plusieurs nommés qui n’ont rien à voir avec le style qu’on leur colle… mais qui pourront être mis en valeur malgré tout.

Inutile d’ajouter que les perdants de dimanche sont les FM commerciales, télés généralistes et autres Star Académie. Assurément, on ne versera pas de larmes. Les radios poubelles déverseront-elles des barils de fiel sur les cliques du Plateau et de Saint-Élie-de-Caxton ?

Quoi qu’il en soit, il y a quand même lieu de se réjouir pour une rare fois depuis des lustres.

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