Alain Brunet

Archive du 6 août 2012

Lundi 6 août 2012 | Mise en ligne à 10h59 | Commenter Commentaires (28)

Osheaga dans une autre dimension

Osheaga vient de passer à une autre dimension, vous n’avez qu’à lire le bilan organisationnel de ma collègue Émilie Côté pour vous en enquérir.

Assurément, on ne retournera pas en arrière.

Lorsqu’on tape des scores de 40 000 entrées payantes par jour, immense marché dont la plus ou moins moitié provient de l’extérieur du Québec (le long week-end ontarien y est pour quelque chose), tout devient différent. À commencer par la nature de la clientèle.

Qui d’autres que les 16-25 ans, c’est-à-dire celles et ceux qui constituent le plus vaste public de la nouvelle musique populaire, vont désormais se masser très majoritairement au pied des scènes d’Osheaga ?

Qui d’autres que les kids iront ainsi faire la fête sous le soleil, la pluie et les étoiles, griller des pétards, boire de la cervoise, faire l’expérience de leur premier grand parc d’attractions pour adultes consentants ? Se bousculer gentiment, parler fort pendant que d’autres essaient d’écouter leur artiste préféré… qui d’autres que les 16-25 ans fonctionnent ainsi ?

Sauf quelques hordes d’éternels adolescents (dont je suis), quelle autre tranche d’âge de mélomanes acceptera de payer 85$ par jour (sans compter l’alcool, la nourriture et les produits dérivés) pour sans cesse migrer d’une scène à l’autre et écouter dans des conditions franchement rock’n'roll ? Je vous le donne en mille. Et j’insiste: je ne parle pas ici des pépés comme moi mais bien des 25 ans et plus.

Pour les ados et très jeunes adultes, l’expérience désormais proposée par Osheaga est une sorte de périple initiatique puisqu’on y repasse en trois jours une forte portion de ce qui fut considéré musicalement branché au cours des derniers dix ans… et qui est devenu grand public. Sauf exception, Osheaga n’est plus (et ne sera probablement plus) un territoire de découverte pour les fans de musique qui continueront à l’être une fois leur folle jeunesse derrière eux.

Le qualificatif «indie», «indépendant» ou parallèle à la variété institutionnelle, ne veut plus dire grand-chose en 2012, on l’a constaté pendant trois jours consécutifs dans une mer de monde. Alors ? Rien de plus normal. Nous n’en sommes pas à notre première intégration de la culture alternative, on observe ce phénomène de standardisation depuis plusieurs décennies. Je me souviens d’un groupe nommé U2 qui n’avait même pas rempli le Club Montréal au début des années 80, ancêtre du regretté Spectrum…

Ainsi, Osheaga a été admis dans la ligue de ces mégafestivals encore étiquetés indies. Tous les Coachella de ce monde, descendants directs de Lollapalooza, et autres Glastonbury. C’est un exploit remarquable pour les promoteurs montréalais, c’est un facteur de réjouissance pour les jeunes et… c’est une page de tournée pour les mélomanes ayant définitivement mis les pieds dans la vie adulte. Aucun problème à l’horizon: Pop Montréal s’en vient à la fin septembre et Expérience Montréal en sera à ses premières armes à la fin de ce mois-ci.

Bonne fin d’été !

Pour lire mes textes de samedi et dimanche, on clique sur les hyperliens sous les photos prises par le collègue Alain Décarie

Portugal.The Man Osheaga 2012

Portugal.The Man

Brand New Jesse Lacey Osheaga

Brand New: les hymnes viscéraux trouvent toujours preneurs

The Jesus and Mary Chain Osheaga 2012

The Jesus and Mary Chain: pas vraiment une visite au Musée

Tame Impala Osheaga 2012

Tame Impala : plus que néo-psychédélique

Santigold osheaga 2012

Santigold: règne de 45 minutes

Bloc Party Osheaga 2012

Bloc Party: d’un seul bloc !

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