
La renaissance de Jimmy Cliff, 64 ans, passe par le retour aux styles de ses grands tubes créés aux débuts de sa longue carrière. Ska, early reggae, roots reggae, soul/R&B, gospel, pop, instrumentation originelle avec orgue et claviers, excellente section rythmique, parfaits ornements guitaristiques, section de cuivres, choeurs. Ce son classique créé au tournant des années 70, on le préfère à toutes les digressions pop que Cliff nous a déjà servies. La voix du sexagénaire est aussi exemplaire: puissante, évocatrice, jubilatoire, juste en tous points, en pleine maîtrise.
De surcroît, une réalisation de l’Américain Tim Armstrong, figure de proue du groupe punk Rancid (grand connaisseur de reggae comme le furent les punks de la grande époque) dont Cliff interprète la chanson Ruby Soho (1995), en plus de reprendre Guns of Brixton de The Clash (1979).
Avec une trentaine d’albums derrière la cravate, l’incontournable reggaeman Jimmy Cliff vit donc cette relance professionnelle orchestrée par Tim Armstrong, beaucoup plus jeune que son client. Cette démarche inter-générationnelle est comparable aux réalisations signées Jack White (Loretta Lynn, Wanda Jackson…), Jeff Tweedy (Mavis Staples) ou Damon Albarn (Bobby Womack)
L’engagement et la conscience du contexte actuel est tangible dans World Upside Down, Children’s Bread, Cry No More ou Rebel Rebel. Cliff y dénonce la tyrannie politique, la calamité écologique, l’hypocrisie religieuse et plus encore. Ainsi, le reggae du vétéran demeure porteur d’une conscience planétaire, bien au-delà des affaires intérieures en Jamaïque, porteur d’un discours critique apparemment libre de toute allégeance. Du gros calibre, assurément.
La sortie récente de l’album Rebirth précède une tournée de Jimmy Cliff dont l’escale montréalaise sera le clou du Festival international reggae de Montréal – prévu du 17 au 19 août sur les Quais du Vieux-Port.
Ceci est d’ailleurs mon dernier billet avant la rentrée de septembre. Le printemps et l’été montréalais ont été très chargés en 2012, et ce n’est pas terminé. Heavy MTL au parc Jean-Drapeau, Orientalys au Vieux-Port et le Festiblues à Ahuntsic ce week-end, Expérience Montréal près des installations olympiques à la fin du mois, Falla 2012 à la Tohu, j’en passe !
Désolé pour le reste du mois d’août, j’ai assez donné depuis le printemps – Elektra + Victo + Kinetik + Mutek + Francos + Suoni + FIJM + Nuits d’Afrique + Piknic Electronik + MEG + Osheaga… ouf ! Je saute donc mon tour pour quelques semaines et je disparais dans la nature.
D’ici là, vous avez beau réagir à ce billet (vos impressions sur le nouveau Jimmy Cliff ? Vos impressions du Festival reggae de MTL ?) ou aux textes précédents !
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