Alain Brunet

Archive, août 2012

Samedi 11 août 2012 | Mise en ligne à 9h58 | Commenter Commentaires (34)

Jimmy Cliff… et les vacances

Jimmy Cliff Rebirth

La renaissance de Jimmy Cliff, 64 ans, passe par le retour aux styles de ses grands tubes créés aux débuts de sa longue carrière. Ska, early reggae, roots reggae, soul/R&B, gospel, pop, instrumentation originelle avec orgue et claviers, excellente section rythmique, parfaits ornements guitaristiques, section de cuivres, choeurs. Ce son classique créé au tournant des années 70, on le préfère à toutes les digressions pop que Cliff nous a déjà servies. La voix du sexagénaire est aussi exemplaire: puissante, évocatrice, jubilatoire, juste en tous points, en pleine maîtrise.

De surcroît, une réalisation de l’Américain Tim Armstrong, figure de proue du groupe punk Rancid (grand connaisseur de reggae comme le furent les punks de la grande époque) dont Cliff interprète la chanson Ruby Soho (1995), en plus de reprendre Guns of Brixton de The Clash (1979).

Avec une trentaine d’albums derrière la cravate, l’incontournable reggaeman Jimmy Cliff vit donc cette relance professionnelle orchestrée par Tim Armstrong, beaucoup plus jeune que son client. Cette démarche inter-générationnelle est comparable aux réalisations signées Jack White (Loretta Lynn, Wanda Jackson…), Jeff Tweedy (Mavis Staples) ou Damon Albarn (Bobby Womack)

L’engagement et la conscience du contexte actuel est tangible dans World Upside Down, Children’s Bread, Cry No More ou Rebel Rebel. Cliff y dénonce la tyrannie politique, la calamité écologique, l’hypocrisie religieuse et plus encore. Ainsi, le reggae du vétéran demeure porteur d’une conscience planétaire, bien au-delà des affaires intérieures en Jamaïque, porteur d’un discours critique apparemment libre de toute allégeance. Du gros calibre, assurément.

La sortie récente de l’album Rebirth précède une tournée de Jimmy Cliff dont l’escale montréalaise sera le clou du Festival international reggae de Montréal – prévu du 17 au 19 août sur les Quais du Vieux-Port.

Ceci est d’ailleurs mon dernier billet avant la rentrée de septembre. Le printemps et l’été montréalais ont été très chargés en 2012, et ce n’est pas terminé. Heavy MTL au parc Jean-Drapeau, Orientalys au Vieux-Port et le Festiblues à Ahuntsic ce week-end, Expérience Montréal près des installations olympiques à la fin du mois, Falla 2012 à la Tohu, j’en passe !

Désolé pour le reste du mois d’août, j’ai assez donné depuis le printemps – Elektra + Victo + Kinetik + Mutek + Francos + Suoni + FIJM + Nuits d’Afrique + Piknic Electronik + MEG + Osheaga… ouf ! Je saute donc mon tour pour quelques semaines et je disparais dans la nature.

D’ici là, vous avez beau réagir à ce billet (vos impressions sur le nouveau Jimmy Cliff ? Vos impressions du Festival reggae de MTL ?) ou aux textes précédents !

À +

Liens utiles

Festival international reggae de Montréal

Mon interview avec Jimmy Cliff et les suggestions de Konshens, Tarrus Riley et Pop Caan


Écoute intégrale de l’album sur Grooveshark

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Booklet cover

Le jeune batteur québécois Simon Delage dirige un quartette que forment le saxophoniste Erik Hove, le pianiste Paul Shrofel, le contrebassiste Rick Rosato. Un album a été lancé il y a quelques mois: Cahier, enregistrement autoproduit de neuf compositions signées Simon Delage. Du bon travail de jeune musicien fraîchement sorti du cocon: belles exécutions, bel esprit, belle technique, belle synthèse de jazz moderne. Pour la suite des choses, le jazz personnel nécessite une cuisson lente… il faut laisser les joueurs jouer afin qu’émergent les particules uniques d’une forme apparemment classique.

Voici ce que raconte entre autres sa bio officielle:

« … Initié au piano dès son plus jeune âge par sa grand-mère maternelle, il se tourna vers la batterie à l’âge de
7 ans. En 2003, il entreprit ses études universitaires à l’université McGill en interprétation jazz
avec comme professeur Chris McCann. Au cours de ses études, terminées en 2007 avec mention
de haute distinction, il aura la chance de côtoyer et d’étudier avec des musiciens de renom tels
que Rémi Bolduc, André White, Christine Jensen, Jim Doxas, Joe Sullivan et Jan Jarczyk.

Durant sa carrière, il a aussi étudié avec de grands batteurs reconnus internationalement tels que
Nate Smith, Jim Black et Greg Hutchinson. Ses nombreuses collaborations l’ont amené à jouer
avec plusieurs musiciens locaux tels que Jeff Johnston, André White, François Bourassa, Chet
Doxas, Greg Amirault, Bryan Hurley, Adrian Vedady, Rémi Bolduc, Dave Watts, Jean Beaudet,
Pierre François, Karine Chapdelaine, le Mile-End Jazz Quartet, Jason Stillman, Carlos Jimenez
et bien d’autres.

Au printemps 2012, il a participé au grandement réputé Banff International Workshop in Jazz and
Creative Music dirigé par Dave Douglas et Vijay Iyer. Durant cet atelier il a eu l’opportunité
d’étudier et jouer avec des grands musiciens tels que Luis Perdomo, Matt Brewer, Tyshawn
Sorey, Clarence Penn, Linda Oh, Liberty Ellman, Miles Okazaki, Vijay Iyer, Dave Douglas,
Jonathan Finlayson, Greg Tardy, Josh Roseman et Steve Lehman. »

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Écoute intégrale ou téléchargement de l’album Cahier sur Bandcamp

Chronique du Jazz Times

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jimmy-giuffre

Pourquoi donc le trompettiste Dave Douglas et le bassiste Steve Swallow se joindront-ils aux frères Chet et Jim Doxas, ce jeudi à la Sala Rossa ? Pour créer et jouer dans l’esprit de Jimmy Giuffre.

Voici quelques rappels biographiques tirés de ses profils officiels et wiki :

Né en 1921, mort en 2008, le clarinettiste et saxophoniste texan Jimmy Giuffre fut associé au style West Coast. L’appellation résume une grande variété de lectures californiennes du jazz moderne. Pour l’orchestre de Woody Herman dans lequel jouaient Stan Getz, Zoot Sims et Serge Chaloff, Herbie Stewart remplacé ensuite par Al Cohn, Giuffre avait composé la pièce emblématique Four Brothers que reprit cette mythique section de vents. Originaire de Dallas, il fut aussi marqué par le blues, la country et le Texas swing.

Atteint de la maladie de Parkinson, Jimmy Giuffre a mis fin à ses activités professionnelles en 1996 et s’est éteint une douzaine d’années plus tard.

Son oeuvre est nourrissante à souhait, enfin elle l’est pour quiconque s’intéresse au jazz moderne et contemporain. Tête éminemment chercheuse, Jimmy Giuffre multipliait en petite formation les séances plus expérimentales – dans le contexte de l’époque. Notamment cet excellent trio qu’il avait fondé avec de jeunes musiciens, au tournant des années 60: le pianiste Paul Bley et le bassiste Steve Swallow, qu’on a vu entre autres chez Gary Burton et Carla Bley dont il est l’époux depuis plusieurs années. On connait son jeu très particulier à la basse électrique, sa profondeur harmonique et son sens très raffiné de la mélodie.

Excellente nouvelle pour les jazzophiles, Steve Swallow a accepté l’offre du saxophoniste montréalais Chet Doxas afin de créer un répertoire inédit mais inspiré par l’esthétique de Jimmy Giuffre. Autre pointure recrutée pour le projet, le trompettiste new-yorkais Dave Douglas – Masada de John Zorn, nombreux projets sous sa gouverne, etc.

« Je connais Dave depuis une dizaine d’années et je n’avais jamais rencontré Steve en personne jusqu’à ce que ce projet ne se réalise. Mais je souhaitais travailler avec lui depuis longtemps. Ainsi, Steve, Dave et moi-même avons tous écrits plusieurs compositions dans l’esprit de Jimmy Giuffre. Nous partirons de cette matière », explique Chet Doxas, joint à Woodstock où le quartette répétait avant de faire une petite tournée suivie d’un enregistrement de deux jours à Toronto.

Chet compte-t-il souffler dans la clarinette ?

«Je jouerait surtout du saxophone, en fait. Vous savez, Jimmy Giuffre jouait du saxophone au début de sa carrière et il l’a fait à la fin de sa carrière – beaucoup de sax soprano. La clarinette ? Je ne sais pas encore. Elle n’est pas loin de moi… dans le coffre de ma voiture… »

Le saxophoniste Chet Doxas et le batteur Jim Doxas joignent sur scène le trompettiste Dave Douglas et le bassiste Steve Swallow, ce jeudi à la Sala Rossa.

À la suite de cinq concerts donnés cette semaine, le quatuor canado-américain passera deux jours dans un studio torontois afin d’enregistrer la matière apprivoisée lors de cette mini-tournée.

Pour infos supplémentaires:

Site officiel de Chet Doxas

Sala Rossa

Profil wiki

Nécrologie de Jimmy Giueffre / New York Times

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