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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Vendredi 29 juin 2012 | Mise en ligne à 16h02 | Commenter Commentaires (5)

    Le grand luxe à l’Upstairs: Brian Blade, John Cowherd, Joel Miller, Fraser Hollins

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    Pour les ultra-jazzophiles, se retrouver à l’Upstairs jeudi soir, c’était le grand luxe. C’est-à-dire à quelques mètres de Brian Blade, batteur éminent pour sa polyvalence (Daniel Lanois, Joni Mitchell, Wayne Shorter, David Binney, John McLaughlin, etc.), sa technique hallucinante , la singularité de son style, la qualité de son écoute, son raffinement, bref sa musicalité exceptionnelle. Vous comprendrez qu’il figure dans mon top 5 personnel des meilleurs batteurs vivants. Jeudi soir, il était à l’Upstairs, juste pour les plus maniaques. Quel bon coup !

    On doit ce coup à notre Fraser Hollins, contrebassiste émérite qui s’est fait des potes américains lorsqu’il a fait à New York ses études supérieures en musique. Le pianiste John Cowherd, membre du Fellowship de Brian Blade, très bon compositeur au demeurant, était alors le coloc de Fraser Hollins. Visiblement, les liens ne se sont pas rompus car nous avons eu ce superbe cadeau d’intimité jazzistique.

    Ce projet, il faut dire, devait être présenté il y a plusieurs mois. Brian Blade avait dû déclarer forfait pour cause de mortalité (sa bien aimée grand-maman). En gentleman qu’il est, il avait accepté de remettre ça. Visiblement, il a tenu parole car il a pris le traversier de Victoria hier matin pour se rendre à l’aéroport Montréal-Vancouver et atterrir à Montréal en fin d’après-midi. Le vol aurait été retardé, ce qui a donné quelques sueurs froides à ses hôtes. Vous vous doutez bien que Fraser Hollins et le saxophoniste Joel Miller s’étaient rigoureusement préparés à cette venue. Vous vous doutez bien que les feuilles de musique se sont échangées via courriels.

    Résultat, une soirée magnifique dont les fruits méritent d’être exhibés davantage. On imagine parfaitement l’enregistrement de ces pièces originales signées Miller, Cowherd et Hollins, avec le soutien rythmique parfait de Brian Blade. Bien qu’on ait parfois senti une petite gêne du côté des solistes, la plupart des pièces au programme de la seconde partie (près de deux heures !!!) ont été relevées à souhait. Souhaitons à Fraser Hollins de mener encore plus loin cette initiative. D’ici là, on a un autre mets de choix: Brian Blade prend part ce soirau quartette de Wayne Shorter – qui nous en cause dans l’interview qu’il m’a accordée.

    Pour les ultra-fans, voici la liste des pièces au programme:

    Premier concert:

    Percetual (Cowherd)
    For Richard Parker (Hollins)
    Mark Adam Drum (Miller)
    Skyward (Hollins)
    Vyana (Hollins)
    Song for the Underdog (Hollins)
    Drop Off (Miller)
    All’s Well (Hollins)

    Deuxième concert:

    Teeter Totter (Miller)
    Blessings (Cowherd)
    Blaze (Hollins)
    Skyward (Hollins)
    Surrender’s Song (Cowherd)
    Geddily (Hollins)
    On Huayna Picchu (Hollins)
    Drop Off (Miller)

    Liens utiles:


    Fraser Hollins, site officiel

    Joel Miller, site officiel

    Brian Blade, site officiel

    John Cowherd, site officiel


    • Alain, une question que j’ai toujours voulu vous poser. Quand vous présentez le setlist d’une performance jazz de ce type , vous avez de l’aide ou bedon tous ces thèmes vous sont tous familiers?

      Je veux bien pour tout ce qui tourne autour du Great American Songbook, mais les compositions d’un Hollins ou d’un Miller? Et pour le concert de Galliano? Vous avez accès au programme non-officiel ou bien vous utilisez Shazam?

    • Ce n’est jamais pareil. Par exemple, je n’avais aucun setlist pour Richard Galliano jeudi. Celui de l’Upstairs (Brian Blade et cie) m’a été fourni, j’avais déjà pris quelques notes car je connais plutôt bien la musique de Joel Miller, de Fraser Hollins ou même de John Cowherd, mais Fraser me l’a fournie gracieusement. Au show de Janelle Monae, mercredi, aucun setlist… mais j’ai corrigé un ou deux détails de ma recension le lendemain avec setlist.fm… qui ne couvre ni l’Upstairs ni la Maison symphonique. À Radiohead, il y a deux semaines, on nous a fourni un setlist qui a été modifié considérablement en direct. Heureusement, je connais bien mon Radiohead ! Je ne pouvais aucunement me servir de la communauté setlist.fm car ma critique a été écrite en direct pendant le show; notre heure de tombée pour le journal était en même temps que… la fin du concert au Centre Bell. Ça c’est vraiment du sport ! Quant à Shazam, ça fonctionne très mal, le logiciel ne reconnaît que les productions originelles et non les relectures. Je ne m’en sers donc pas. Dernier truc sur la setlist: les titres fournis par la production sont souvent abrégés ou écrits en jargon du band, sans compter les très possibles erreurs de setlist.fm, commises par les fans de la communauté.

    • C’est fort. Je serais plutôt du genre à dire que l’artiste a commencé par la 5 de tel album, suivi de la 2 de tel autre, suivi de When I fall in love si je suis chanceux et qu’il pousse un standard. Apprendre les noms des compos de jazz contemporain, faut le faire quand même.

    • J’ai eu la chance d’assister à la première partie de ce spectacle. Ayant eu l’occasion d’assister à quelques prestations de Brian Blade avec son Fellowship, Shorter ou Joshua Redman, je n’ai pu que constater que ce merveilleux musicien ne pouvait pas offrir, dans ce contexte, sa pleine mesure. Ce genre de rencontre où les musiciens se connaissent peu et découvrent le matériel à jouer, entraine une prestation disons assez sérieuse, qui ne permet pas beaucoup aux musiciens l’occasion de transcender une forme qu’ils ne maitrisent pas suffisamment pour la rendre plus élastique et ludique.

    • Vous savez boogie, je ne suis vraiment pas porté sur l’apprentissage des titres et le par coeur. Il m’importe d’abord et avant tout de bien saisir ce qui me passe entre les oreilles, d’en exprimer un mélange congru de perception sensible et d’analyse sommaire (accessible aux lecteurs). Pour les titres et ce genre de détails secondaires, on dispose d’outils et stratagèmes qui nous permettent de travailler, en plus d’une connaissance empirique qui s’étoffe au fil du temps.

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