Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Lundi 25 juin 2012 | Mise en ligne à 12h49 | Commenter Commentaires (36)

    Chanson francophone d’ici: quelque chose dans l’air ?

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    Puisque le long week-end de la Fête nationale est aussi l’occasion de faire un devoir de mémoire afin de mieux saisir le présent et préparer l’avenir, parlons de cet important volet d’expression française qui nous importe sur ce blogue.

    On a beau maugréer sur le relatif décalage entre la chanson francophone d’Amérique et l’immense corpus anglo-américain, on doit s’incliner devant les signes probants de sa survie et son émancipation. On a beau se lasser de notre pauvreté littéraire à la lecture de tant de textes de chansons d’ici, il se trouve encore des perles en 2012. Admettons que ce blogue a souvent été le véhicule d’une certaine exaspération quant au retard esthétique et aux excès de placidité de notre chanson francophone québécoise… ou d’Amérique.

    Le concentré francofou des derniers jours et les manifestations chansonnières récentes permettent néanmoins de garder espoir. L’éveil citoyen des dernier mois, quoi qu’on pense de ses tenants et aboutissants, semble déjà rejaillir sur notre langue d’expression.

    Y a-t-il lieu de prévoir un nouveau cycle de créativité ?

    Souhaitons-le ardemment. Tout récemment, en tout cas, Philippe B ou le groupe Avec Pas d’Casque (et son parolier Stéphane Lafleur) ont démontré que le souci d’une langue d’ici respectant de hauts standards poétiques était encore possible. À la hauteur des plus grands prédécesseurs ? Peut-être pas encore mais il est permis de garder espoir.

    Poursuivront aussi leur progression les plumes de Pierre Lapointe, Catherine Major, Martin Léon,Yann Perreau, Moran, Tristan Malavoy, Jennifer Salgado, Marie-Jo Thério, Catherine Durand et autres paroliers de talent. On continuera à applaudir l’inspiration d’une langue plus familière, foncièrement régionale ou même dialectale, mais ô combien consonante et qui témoigne d’un sens aigu de la parole: Mara Tremblay, Fred Fortin, Olivier Langevin, Lisa LeBlanc, Radio Radio…

    On ose imaginer que les David Giguère, Chloé Lacasse et autres Salomé Leclerc pourront s’améliorer. Et que la langue française de notre communauté hip hop, la seule qui semble être admise par tant de jeunes qui rejettent notre culture locale, puisse fleurir avec tous ces Manu Militari, Alaclair Ensemble, Samian et beaucoup plus encore. Et… je n’oublie pas Loco Locass, #1 des ventes d’albums québécois à l’heure où ces lignes sont écrites. Ce n’est pas l’effet du hasard. Quelque chose dans l’air ? M’est d’avis que oui mais… ça ne s’inscrit pas encore dans l’imaginaire collectif, sauf exception.

    Cela ne semble toujours pas évident, mais on se souhaite une bien meilleure cohésion avec les francophones d’Europe, des Antilles, d’Afrique ou d’ailleurs. Sans cette cohésion, le français d’Amérique fera tôt ou tard piètre figure dans le grand tourbillon de la mondialisation culturelle. Applaudissons d’ailleurs cette vague d’immigration de jeunes Français et Françaises, tangible dans plusieurs quartiers de Montréal, prêts à vivre le rêve québécois. Dont certains auteurs-compositeurs-interprètes; on pense évidemment à notre Jérôme Minière mais aussi à des moins connus tel Franck Deweare.

    On se souhaite aussi un cycle post-Karkwa, post-Malajube, bref l’émergence de nouveaux groupes d’expression française qui peuvent accoter musicalement leurs collègues anglos qu’on aime tant, qu’ils soient de Montréal, des USA, du ROC, d’Angleterre ou d’ailleurs. Qui seront les prochains ? Qui de tous ces Monogrenade et autre Metagruau pourront vraiment se distinguer et s’imposer parmi les chefs de file ? Nous n’en sommes pas là mais… vite, ça presse.

    Chose certaine, le week-end de la Fête nationale du Québec (et pourquoi pas de la francophonie d’Amérique) est l’occasion de réitérer l’intérêt que porte et portera ce blogue pour la chanson, le rock, le hip hop, et autres pop de création dont la langue d’expression est le français. Ce qui nous distingue sur ce continent, nous qui choisissons d’évoluer quotidiennement en français – ce qui n’empêche en rien les identités multiples.

    À tous et toutes, bonne fin de congé de la St-Jean. Prière de vous exprimer à votre tour !


    • De quelle cohésion parlez-vous? À quel niveau?

      “Cela ne semble toujours pas évident, mais on se souhaite une bien meilleure cohésion avec les francophones d’Europe, des Antilles, d’Afrique ou d’ailleurs. Sans cette cohésion, le français d’Amérique fera tôt ou tard piètre figure dans le grand tourbillon de la mondialisation culturelle.”

    • @joshtwo

      Je parle d’une meilleure circulation de la culture. Le flux de chanson française d’Europe s’est considérablement raréfié en Amérique, c’est idem pour les francophones d’Amérique en Europe francophone – sauf la variété de masse. Ça se passe dans les festivals (Francos, Coup de Coeur, Festival d’été de QC), ça reste très ponctuel. Vraiment pas assez soutenu pour créer une vraie cohésion de la culture francophone internationale. Si nous restons isolés dans notre bulle de quelques millions d’habitants de langue française, nous ne pourrons évoluer comme ça s’est produit à partir de la Révolution Tranquille jusqu’à l’arrivée de l’internet et différents processus de mondialisation culturelle – qui accélèrent sans contredit le cours de l’Histoire.

    • - Peut-être que le flux d’Europe s’est raréfié car cela correspond moins à nos préoccupations musicales ainsi que les thèmes abordés?
      - Peut-être aussi – enfin, dirons certains – la fin de la colonisation culturelle d’ancienne puissance comme la France?

      Je pense que l’évolution de la scène musicale d’ici ne passe pas nécessairement par la francophonie, concept davantage politique que culturel.
      Je ne crois pas non plus que nous restons isolés.
      Au contraire, j’observe une émancipation de groupes et de projets d’ici qui s’intègrent au panorama musical mondial. Tout le contraire d’un complexe d’infériorité qui semblait être légion il y a quelques dizaines d’années.

    • La fin de mon commentaire précédent ne parle pas spécifiquement de la chanson francophone d’ici. Par contre, je crois que la même philosophie doit s’appliquer.

    • On peut voir ça ainsi, joshtwo. D’ailleurs, vous êtes loin d’être le seul à ne pas avoir ces «préoccupations musicales», vous faites partie de la majorité en ce sens . On peut tenter de résumer votre approche par le refus d’un soi-disant colonialisme culturel français (lequel au juste ?), par une vision de la francophonie comme étant un concept politique et non culturel. Permettez-moi d’en douter sérieusement. Pas de littérature française (sauf pour quelques milliers de lecteurs), pas de cinéma français dans nos salles sauf nos douze films d’auteur et nos douze Starbuck annuels, pas d’intérêt pour les différentes déclinaisons de la musique chantée en français hors-Québec ou hors-Amérique, fermeture de fait à la francophonie internationale et ouverture au reste (un reste certes cosmopolite mais dont la base est forcément anglo-américaine puisque nous vivons sur ce continent), et… vous avez une culture francophone d’ici appauvrie à court terme (restons polis…) et vraiment menacée à moyen ou long terme. Peut-être est-ce effectivement notre destinée…

    • Depuis que les disques ne se vendent plus, quel est l’avantage pour un artiste français de promouvoir son oeuvre ici?

      Tourner à la radio ne rapporte rien.

      Quant aux tournées, je peux me tromper, mais je doute de la rentabilité de les faire traverser l’Atlantique pour faire Montréal, Québec et quelques petites salles. À une certaine époque, certains le faisaient (Renaud, Niagara, Cabrel, etc), mais c’est probablement plus parce qu’ils aimaient bien venir ici, que pour l’aspect lucratif.

      Personnellement, ça me désole, parce que j’ai toujours apprécié l’offre de nos cousins, qui ajoutait un peu de diversité.

    • Je suis prêt à écouter un excellent artiste franco n’importe quand (comme du vieux Charlebois ou du vieux Patrick Juvet). Mais je n’écouterai JAMAIS 10 bands médiocres francos juste pour encourager la langue.

      L’équivalent anglo d’artistes francos que Brunet a nommés ici sont dans les listes de Billboard, c’est du mainstream (même le hip hop est une musique très mainstream de nos jours).

    • Je voulais dire “certains artistes francos”. Je pense à Loco Locass, Fred Fortin, Radio Radio, entres autres.

    • En effet : je tremble comme un chihuahua parisien, à l’idée d’assister sur les Plaines au tant attendu duel de voix rauques Hallyday-Lapointe.

      Sans internet ni TV5, la Superfrancofête donnait naissance par césarienne aux grands talents québécois sur la belle bleue francophile. Du temps où régnaient les monstres artistiques, culturels et nécessairement politiques.

      Quant à mon monstre d’exception, qui s’est toutefois vautré dans le marais staracadémicien, je lui laisse chanter ses crocodiles …

      Québec, mort ou vivant.

    • “Peut-être est-ce effectivement notre destinée…” Pour ma part j’ai bien peur que oui. Mais il restera peut-être quelques indestructibles Gaulois pour apprécier la diversité de leur langue, de Barbara Carlotti à Lisa LeBlanc. 2010 et 2011 ont été de très bonnes années pour la production francophone. 2012 ne dérogera pas à la règle. Jusqu’à maintenant on a eu droit à d’excellents albums. Grimoon,Bo, Dominique A. Carlotti, La grande Sophie, Sagot, Les ongles noirs, Donna, Olivier Depardon,Jean-Daniel Botta. Ceux qui choisissent d’être bilingue, Thomas Belhom, Manuel Étienne, Les frères Suchet, Nadj. Et sans oublier le Renyx de Mansfield Tya et l’album de l’année jusqu’à date ARLT et son Feu la figure enregistré à Montréal. Et l’automne s’annonce très chaud. Manuel Kanche, Françoiz Breut, Kilimanjaro, Versari, Mendelson, Biolay, V13, Mama Rosin. Qui va nous parler de tout ça ?

    • @costaudqc

      Je vais continuer à le faire… en autant que faire se peut. J’essaie d’alimenter cet intérêt mais j’observe tellement peu de réactions côté lecteurs et blogueurs que je me laisse tenter par une couverture plus anglo-américaine ou mondiale. Question d’équilibre…
      Question: comment vous procurez-vous vos albums français ? Comme je le fais moi-même en toute légalité, c’est-à-dire sur des plateformes européennes ?

    • Je ne réagis jamais sur votre blogue, mais c’est bien vous, je crois, qui m’avez fait découvert les derniers albums d’Alex Beaupain, Darc, Murat ou Fleurent-Didier, que j’écoute de temps à autre. Persévérez!

    • Bien reçu !

    • Je ne crois pas qu’il y a quelque chose dans l’air, sauf une détérioration, une dégradation accélérée de la chanson québécoise. Je dirais même que la chanson d’ici est en crise existentielle comme se trouve présentement la ville de Montréal et ses étudiants. Textes de chansons faibles, mal écrits, joual abusif, rien pour rendre fiers nos pionniers de la chanson. Musicalement, c’est pire que jamais : Toujours ce crin crin folklorique à la sauce “Mes aïeux” et de l’imitation de hip hop américain. Bref, nous sommes au seuil de la pauvreté créative en musique ! J’ai consulté un top 10 francophone dans votre journal il y a quelques semaines, on retrouvait en top 1 Lisa LeBlanc et les 9 autres positions étaient des albums d’artistes variées faisant des remakes.

      Conclusion, cela me désole à quel point notre musique s’est dégradée. Il n’y a aucun ingénieur de son de talent au Québec, AUCUN !!! C’est toujours les mêmes sonorités, la même finition ou arrangements. Il faut importer du talent américain ou d’ailleurs pour avoir un produit potable. Je suis très sévère dans mon jugement sur la musique d’ici, mais c’est un cri du coeur que je lance. La mondialisation de la chanson nous a contaminés. Il faut se retrousser les manches et réinventer la chanson d’ici avant qu’elle ne disparaisse.

    • Vrai que l’air est peut-être un peu moins électrique qu’en 2005 en ce moment coté franco local. Mais ce que je remarque surtout, c’est l’absence d’intérêt/de couverture des bons artistes locaux. Ils sont là, ils sont peut-être un peu moins nombreux, mais surtout il faut chercher beaucoup plus pour les trouver. Vu la chute des ventes d’albums, plusieurs s’en tiennent à un album ou même un EP bandcamp, et les médias dit “sérieux” ne couvrent pas ce genre de parutions. Mais qui peut vraiment blâmer les artistes de ne pas faire de sorties physiques. Quand même les plus gros noms alterno locaux ne vendent que 1000 ou max 2000 copies, sortir un premier disque est presque une promesse de faillite personnelle.

      Parmi les jeunes groupes qui méritent d’être surveillés, je mentionnerais L’OURS/Jean Bernhari (pour l’ambition de la proposition, malgré certaines maladresses dans l’écriture et l’interprétation, chanson avec Marie Brassard ici : http://vimeo.com/32518516) et Il danse avec les genoux (malgré le nom, héhé – http://ildanseaveclesgenoux.bandcamp.com/

    • La St-Jean version Lepage était intéressante. Des clins d’oeil au passé, des relectures et des invitations à de la musique électro. Un show de la fête nationale sans trop de folk foin et/ou ville ou de rock-rentre-dedans. Mariages réussis.

      J’aimerais bien qu’on nous présente les artistes par leur région d’origine. Que Montréal soit le débouché naturel pour bien sinon la majorité des artistes on est obligé d’en convenir. Mais je souhaiterais apprendre d’où ils viennent. Contrairement à ce qu’on voudrait bien nous rentrer dans la gorge, le Québec n’est pas un bloc monolithique.

      Isabelle Boulay a réussi son discours. Digne, fier… Bravo! Ce genre de texte me laisse d’habitude pas mal froid. Est-ce que quelqu’un sait si elle a déjà enregistré avec Laurence Jalbert? Ces deux voix ensemble, ça pourrait être explosif!

      Quant au sujet en lui-même, je ne sais pas. Ceux qui ont de l’argent, les diffuseurs, sont frileux. Les créateurs n’ont pas une cenne. Ça n’encourage pas l’apparition de nouveaux noms. Qu’en pensent ceux qui couvrent les festivals de la relève? Est-ce qu’on est dans un creux de vague?

    • Je ne connais pas tous les musiciens que vous mentionnez M. Brunet, mais chaque fois
      que je tends l’oreille, que je vois une fille ou un gars avec une guitare… ça sonne toujours pareil, ou presque. N’étant pas du tout fan des mots/poésie en musique ou de la pop, ça me touche très rarement. Je cherche toujours la musique.
      Mais je sais qu’ici, il y a un public pour les mots, la chanson. Peut-être que si les radios étaient plus courageuses, si certains médias étaient plus curieux, et ce, malgré l’offre plus grande que la demande, le public aurait droit à autre chose que Star Ac et des reprises. Pour qu’il y ait renouvellement, faut d’abord que ça tourne, que ça existe publiquement.

    • @suchie

      Sauf exceptions, pas besoin de les nommer, il vous faut définitivement faire une croix sur la radio commerciale et la télé généraliste. Autre croix sur la curiosité des télédiffuseurs et radiodiffuseurs de masse. Oubliez ça pour toujours. L’existence publique de la vraie diversité culturelle, c’est l’internet qui l’assure désormais. Mais… visiblement, on reste encore dans les petites niches. La transition est loin d’être complétée.

    • @alainbrunet
      C’est exactement mon constat depuis longtemps. Je pointais quelques-unes des causes du problème. Et petites niches dans le petit marché du Québec = peu de $$ pour produire, peu de revenus, et vice-versa, ad vomitam. Pas facile.

    • Aie!Aie!Aie!comme dans beaucoup d’autres sphères de notre société moderne (trop) c’est comme si tout se devait d’être ”énormément,extraordinaire,extrêmement et absolu”cette course au maximum toujours finira par nous épuiser surement un jour.
      Nous en sommes a parler de ”décroissance” pour notre survie alors je crois que cela devra aussi transparaître dans notre expression artistique,un peu de simplicité volontaire ne nous ferait pas tort,prenons notre souffle car un élastique trop tendu fini par péter.La balloune de la surconsommation ,même artistique,est assez gonflée je crois,attention qu’elle n’éclate.
      Gilles Ménard

    • Costaudqc m’impressionne souvent avec sa grande connaissance du pop franco actuel. Il est clair que c’est une passion chez lui.

      Je crois que le marché franco est si restraint qu’il ne permet pas beaucoup de support pour des expressions plus “en dessous de la terre (underground)”. Si nous avions un groupe québécois electro-postpunk de talent, il aurait probablement un succès davantage international parmis la scène indie anglo que dans la scène locale (dépendamment si leur musique s’est pointée dans les bons endroits, et çà moi je vais aider si le groupe en vaut la chandelle).

      Au Québec, nous avons perdu des plumes dans les années 80. En fait, la proximité avec New York a permis qu’on soit à l’avant-garde dans la scène de la musique de club, fin-disco et synth-dance,
      mais la scène punk/new wave a été assez ignorée ici, ou sinon traitée sous un angle assez superficiel (Marc Drouin). Nous n’avons pas connu l’équivalent de la scène CBGB, encore moins ce qui se passait en Angleterre et à Los Angeles (on se rappelera que LA avait très influencé les artistes québécois 10 ans plus tôt). En fait, c’est faux, nous avons connu une scène CBGB mais extrêmement obscure. Si obscure, c’est tout comme si rien ne s’était passé.

      La France ont connu de meilleures années 80, avec un courant punk/new wave plus vivant, et plusieurs artistes mainstreams intéressant dans le domaine du synthpop ou du rock (Bashung). Toutefois, il y eu propension en France comme au Québec vers une musique chansonnière qui se voulait “renouvelée”, mais qui au final laissait un goût “suranné” (Bruel et compagnie). Depuis les années 90, la musique indie franco en France comme au Québec reprend souvent les styles anglos avec 5 ans de retard, et la musique mainstream est lamentable (la musique mainstream est aussi lamentable aux USA, il faut dire, mais en UK c’est pas si mal). Si la France se démarque dans les années 90, c’est dans son “neo funk” et ses revisites du disco, qui ont influencé beaucoup son imposante scène hip hop, comme ses importants DJs de club (musique house et compagnie, une scène influente qui subsiste aujourd’hui). Mais les années 2000 ont été comme une continuation des années 90: rien de vraiment nouveau sous le soleil (oui, il y a eu de l’electroclash franco, mais avec retard sur les anglos et allemands). Au Québec on commence à peine à avoir des groupes franco-funk typique de la France des années 90. À part le neo-manouche, les influences arabes et africaines (on oubliera pas non plus l’impact qu’avait eu Gotan Project), c’est difficle de pointer une nouvelle souche (non réléguable à l’émulation “en retard” des anglos, par example les débuts d’un Nu Folk franco) en musique pop franco. Le retour aux 60’s, que ce soit par la très mainstream Coeur De Pirate ou la plus underground Barbara Carlotti, est une voie viable, d’autant plus que comme je l’ai dit ici récemment, les anglos (surtout les brits, en fait) ont un fantasme persistant envers la musique franco de cette époque (comme si pour eux, il n’y avait eu que les 60’s en France). Mais les anglos ont un grand nombre de bands neo-60’s en ce moment.

    • @sultitan

      «L’équivalent anglo d’artistes francos que Brunet a nommés ici sont dans les listes de Billboard, c’est du mainstream (même le hip hop est une musique très mainstream de nos jours).»

      ????

      Je vous suggère de réévaluer votre impression sur le supposé «mainstream» apparenté aux «listes de Billboard» de ma nomenclature keb et acadienne. Si certains des artistes mentionnés dans ce billet ont obtenu un succès d’estime ou même un succès commercial (Pierre Lapointe, Ariane Moffatt et Coeur de Pirate, pour citer des exemples rarissimes), on est quand même loin du mainstream de la FM commerciale ou de la télé grand public, tout autant que des listes de Billboard. Même le hip hop d’Alaclair Ensemble ou Samian n’a que vraiment peu à voir avec Lil’Wayne ! Mais bon, j’ai aussi mes réserves et loin de moi l’idée de faire dans l’exagération positive…

    • Autre dimension importante du paysage francophone d’ici, la petitesse du marché. À raison ou à tort, on a tendance à y voir le paysage musical local comme une famille élargie avec ses mononks kétaines, mamans romantiques, nièces punkettes, papas country-rock, petits cousins DJ, fistons hip hop, filles chanson, fillettes Star-Ac ou beaux-frères métal… dont les artistes préférés peuvent tous se retrouver à Tout le monde en parle. Dans de plus gros marchés, la culture musicale est beaucoup plus fragmentée, alors qu’ici les niches cohabitent de plus près avec le mainstream. Ça comporte des avantages et aussi des inconvénients…

    • Pour quiconque a accès aux chiffres de ventes Soundscan il y constatera que certaines vedettes pop québécoise ne vendent pas beaucoup et sont maintenues en vie “artificiellement” par la télé (talk-show, quiz, etc) et les vieilles accolades du milieu mainstream.

      Pendant ce temps, certain artistes dit de “niche” vendent plus (ou relativement la même chose) que les dites vedettes.

      Ce qu’on voit et ce qu’on entend n’est pas toujours la réalité.

    • De même que des artistes de niches vendent mieux – en tenant compte des ventes mondiales – que des artistes pop juste au Québec. Mais ça, on n’en parle pas. Mais c’est pas vraiment grave, c’est comme ça. Je voulais juste le souligner au moins une fois.

    • De qui parlez-vous ? Intéressant…

    • Pour te territoire du Québec:

      Sir Pathétik, Manu Militari versus certaines vedettes pop…
      Artistes country pré-vague hype (donc pas Mara Tremblay et consoeurs) versus vedettes pop…

      La musique country au Québec est probablement la vrai musique underground, celle qui évolue vraiment en parallèle de tout ou presque.

    • Impact mondiale vente:

      - Jacques Greene
      - Kid Koala (on l’oublie des fois celui-là, mais si Arcade Fire est un band de Mtl, Kid Koala est établi à Mtl bien avant eux)
      - A-Trak (très pop, faut avouer)

      Mention à Lunice signe un projet avec Hudson Mohawke sur Warp très bientôt.

    • Jacques Greene, que j’ai vu quelques fois live, j’aimerais bien voir vos stats.

      Kid Koala, en nombre d’albums ? Hum pas sûr non plus.

      A-Trak, d’accord.

      Vous oubliez Grimes et bien d’autres…

    • Oui, j’en oublie.

      Avez-vous déjà vu les chiffres Soundscan de vente de: Catherine Major, Martin Léon, Yann Perreau, Moran, Tristan Malavoy, Jennifer Salgado, Marie-Jo Thério, Catherine Durand?

      Pas sûr que ces artistes voudraient qu’on les sache.

    • Anyway, l’impact quantitatif est relatif à la taille du marché. Comme vous le soulignez justement, joshtwo, un artiste populaire dans un petit marché peut avoir moins de rayonnement réel qu’un artiste de niche dans un marché mondial. Et cela constitue néanmoins un argument secondaire dans ce billet dont l’objet était de parler de la qualité formelle et non de l’impact quantitatif.

    • ”La musique country au Québec est probablement la vraie musique underground”

      Et c’est une bonne nouvelle ?

      :-P

    • Du rock alternatif “middle of the road”, du “new country”, de l’electro-pop “eurodansifié”, il y en a dans les tops Billboard.

      Le country est fort ici, mais il n’y a pas encore ici de band southern goth (ou country goth, bluesgoth), rien qui s’approche de Blues funeral par Mark Lanegan Band (ou de M. Ward, Micah P. Hinson, et j’en passe), pourtant un style qui persiste depuis bien des années. Les Revenants s’y rapproche subtilement parfois, mais c’est plutôt un band de party.

    • C’est bien de qualité dont il s’agit, parce que si elle y était, je suis pas convaincu qu’un artiste franco serait restraint au marché français. Brigitte Fontaine est très française, ne voyage jamais, et pourtant sa musique s’est fait connaitre chez les anglos. Pas assez pour avoir un marché hors-France, mais assez pour que des producteurs et musiciens anglos veuillent travailler avec elle. Si elle voyageait et faisait un show à New York, je serais pas surpris que contre toutes attentes, le show serait complet.

    • ouf, à vous voir parler on comprend pourquoi l’instrumentale c’est tellement moins de trouble…

    • M. Brunet je me procure ma musique tout comme vous sur les plateformes de téléchargement légale tel que Itunes Musicme Emusic Bandcamp et quand je ne trouve pas j’achète directement de la Fnac ou de Amazon. Et tout ça après des heures de recherche et d’écoute.

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