Alain Brunet

Archive du 1 mai 2012

Mardi 1 mai 2012 | Mise en ligne à 16h36 | Commenter Commentaires (23)

Yann Tiersen me fait chier mais…

Yann Tiersen Slyline

Récemment mis en vente sous étiquette Anti, son septième album se nomme Skyline. Ce mardi au Métropolis, 20h30, le Français Yann Tiersen en présente la nouvelle matière qu’il a triturée et potassée entre Paris et Ouessant, là où il a installé son labo. On raconte qu’il a travaillé avec le réalisateur Ken Thomas (M83, Sigur Rós, etc.) qui signe le mix de Skyline, qu’il a entre autres convoqué des bardes issus des groupes Efterklang et Syd Matters.

Comme d’hab, Yann Tiersen n’y crée rien de particulier sur les plans mélodique, rythmique ou harmonique. L’originalité de sa recherche se fonde essentiellement sur la texture sonore et dans l’aménagement de l’espace sonore – dans la saturation shoegazeuse des amplis, le chant choral modifé, le filtrage des mélodies vocales, les insertions de repiquages de documents préenregisrés. Dans les prises de son sur le terrain, dans les cris, aboiements et autres hululements. Qui plus est, dans le traitement studio et le mix. On est loin, très loin de la B.O. d’Amélie Poulain et l’on ne s’en plaint pas…

Pour faire court, je dirais que ce fourre-tout aux vertus hypnotiques se présente sous la forme d’une polyphonie bruitiste et texturale qui maintient les repères rythmiques et mélodiques de la culture rock. Assez ingénieux, assez recherché quoique dans la foulée de Mogwai et autres Sigur Ros avec effluves dream pop en prime, enfin ces explorateurs du son dont les connaissances rythmiques, harmoniques et polyphoniques sont plutôt minces.

Et je n’insiste pas sur cette impression: Yann Tiersen est le type le plus imbuvable que j’aie tenté d’interviewer en trois décennies de carrière. Conversation jadis avortée par un caractériel notoire dont je n’ai évidemment pas publié le fragment sans intérêt, et dont je vous épargne les détails. Le spectacle médiatique que constitue le règlement de compte, à d’autres…

Et puisque Yann Tiersen crée de la bonne musique (pas aussi géniale qu’il ne le croit, néanmoins de la bonne musique), il me semble utile de vous en faire un compte-rendu sommaire.

Site officiel

Skyline, écoute intégrale sur MusicMe

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Mardi 1 mai 2012 | Mise en ligne à 12h01 | Commenter Un commentaire

Harvest Breed : plus ça change…

Harvest Breed Everything Changes

Surtout en Amérique du Nord mais aussi au Royaume-Uni et dans le reste de l’Occident, le folk rock a connu son âge d’or durant la période 1965-75. Voix harmonisées, chanteurs habités (et un peu givrés !), électrification partielle du mouvement folk américain des années 50, cette touche hippie, cet arôme de psychédélisme. On pense à The Band, à feu Levon Helm, Robbie Robertson, Neil Young, David Crosby, Graham Nash, Stephen Stills, Arlo Guthrie, Fairport Convention, feu John Martyn, feu Nick Drake, feu Tim Buckley, Loudon Wainwright III ou la famille McGarrigle plus près de chez nous. On en passe, bien évidemment.

Trois décennies plus tard, il se trouve des cohortes de kids encore scotchés à cet âge d’or. Je pense au récent album des Barr Brothers, je pense à celui-ci dont le titre me semble paradoxal: Everything Changes, sous la bannière Harvest Breed. Enfin… les choses changent tout de même un peu car on y perçoit une certaine actualité dans les arrangements de cordes et de vents, respectivement créés par Marc Papillon-Ferland (Eli et Papillon) et Jérôme Dupuis-Cloutier.

Autrefois nommé Jake and the Leprechauns et rebaptisé Harvest Breed (ce qui n’est pas sans lien avec Harvest, classique de Neil Young), ce groupe sherbrookois est constitué de Charles-Antoine Gosselin (voix principale, guitares, clavier, composition), Philippe Custeau (textes, guitares, pedal steel), Maxime Rouleau (piano, guitares, voix), Marco Gosselin (guitares, banjo, voix), Sylvain Lussier (basse), Gabriel Lemieux-Maillé (batterie).

La prise de son a été réalisée par le chevronné Mark Lawson, qui a aussi travaillé auprès d’Arcade Fire dans la Petite Église, studio du fameux groupe situé à Farnham. Cet indie folk rock ne réinvente certes pas la roue mais il s’avère fervent et incarné à n’en point douter, en témoignent ce son et ce mix de très bonne qualité. Les harmonisations vocales y sont fort belles, les guitares (acoustiques + électriques) et autres cordes (banjo, basse) sont pincées et grattées comme il se doit, le piano et l’orgue joués comme il se doit.

Everything Changes vibre bellement comme dans le bon vieux temps…et un tantinet comme aujourd’hui. Plus ça change…

Liens utiles

Harvest Breed, site officiel

Écoute en transit : six titres sur Bandcamp

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