
Vers les lueurs, dixième album de Dominique A, a été créé au Jet Studio de Bruxelles. Avec formation rock (Sébastien Buffet, Jeff Hallam, Thomas Poli), piano (David Euverte) et quintette à vent. David Euverte a créé des arrangements qui, à mon sens, font ici la différence entre un très bon album et un album excellent. Dominique Brusson et Géraldine Capart ont oeuvré au mix et au mastering.
Voilà un opus ambitieux qui me réjouit d’être francophone. Le verbe y est sculpté selon les plus hauts standards. L’auteur-interprète s’y engage à fond dans la profondeur. Oui, c’est du solide.
Fort probablement, ce qu’on a déjà perçu de Dominique A comme étant un déficit de sensualité le restera pour certains. Je m’inscris en faux contre cette perception systématique du mec français affecté, perception qui camoufle maladroitement la pauvreté intellectuelle ou le manque de raffinement. Bien sûr, cela peut être aussi une simple question de goût mais… attention au mépris de bottine.
On sait que Dominique A a déjà fait trop compliqué. On ne change pas les fondements d’une psyché mais… on peut en faire disparaître les irritants majeurs. C’est vous dire que l’expérience de la vie a fait de ce créateur de chansons un être plus incarné, mieux dans son corps, «moins dans l’autorité» et «plus allégé» (comme il l’a confié aux Inrocks), moins lourd malgré la complexité de son être, les chemins tortueux de de sa pensée et de son hémisphère sensible.
Où en est-il donc ? Loin du soleil. Vers le bleu. Par les lueurs. Rendez-nous la lumière. Voilà autant de titres qui évoquent cette quête de beauté. Quête de ciels éclatants, paysages bucoliques, d’espaces verts, agricoles ou forestiers. Outre l’habitat naturel préservé de l’humain, l’auteur fait ici l’éloge de l’intimité des êtres, refuge d’un monde en perdition où «d’étranges animaux se jettent des collines», où «les marées ont la saveur du métal », où l’on observe au loin ce convoi de fugitifs dont les participants «rêvent de fruits et de baies».
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Vers les lueurs: étiquette Cinq7

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hardy_canyon
30 avril 2012
11h45
Splendide album. Je piste cet homme depuis « La mémoire neuve ». Inspiration et production d’une constance rare. Ne se pointe malheureusement ici que très rarement. Vu au Coup de cœur francophone, maison de la culture Frontenac, vers 1996-1997; est-il revenu depuis?
alainbrunet
30 avril 2012
11h51
Oui, il est revenu il n’y a pas si longtemps. Je l’avais interviewé.
astyanax
30 avril 2012
12h00
«Dominique A est le plus grand chanteur français de sa génération» est une affirmation qui arrive en troisième position dans mon TOP 10 DES ÉVIDENCES DE LA VIE après «Jean Charest est un type profondément malhonnête» (en hausse de six positions par rapport à février 2012) et, en deuxième position, «Manger salé donne soif».
mellow-d
30 avril 2012
12h35
@astyanax
Merci de me faire sourire ce matin!
unholy_ghost
30 avril 2012
13h34
Oui, je l’avais vu aussi à la maison de la culture Frontenac, puis pendant les Francofolies (I think) en première partie de Fred Fortin, avec des abrutis qui ont parlé à 10 pieds de lui pendant qu’il jouait.
On vient de ressortir son premier album, celui avant même La Fossette.
alainbrunet
30 avril 2012
15h38
Le dernier concert à Montréal remonte à juin 2006 dans le cadre des FrancoFolies.
pierrebl
30 avril 2012
17h02
La génération Murat-Miossec-Dom A-Katerine a toujours eu de la difficulté à se bâtir un grand réseau de fans au Qc…et pourtant…que du talent, surtout pour l’écriture des textes. Pour Dominique A, je me souviendrai toujours, et ma conjointe tout autant, quand il a chanté en solo pour nous sa reprise de Je t’ai toujours aimé au Théâtre Petit Champlain en 2006. Un pur moment de bonheur. Sur scène, comme Joseph Arthur, il utilisait ses nombreuses pédales afin de recréer un univers sonore bien à lui (comme si trois musiciens l’entouraient virtuellement). Son travail, tout comme celui de son ex-compagne Françoiz Breut, mérite qu’on s’y attarde davantage!! Quelle voix!
alainbrunet
30 avril 2012
17h28
Ce n’est pas une question de génération, j’en ai bien peur. Les liens avec la chanson de France sont fragiles et ténus depuis les années 70, sauf exception. Aucun changement à l’horizon…
pierrebl
30 avril 2012
18h13
D’accord généralement avec vous M Brunet, mais les 2 générations précédentes, Bashung, Lavilliers, Souchon, Leforestier, Cabrel, voire ensuite Noir Désir, les Rita Mitsoukos et Niagara avaient eu un peu plus de chance. Ces artistes, et corrigez-moi si je me trompes, réussissaient à remplir le Spectrum, tandis que ceux apparus dans les années 90 ont du mal à remplir le Club Soda. Mais bon, on jase là…Le pire, c’est que lorsque j’étais jeune, à la radio, j’entendais les Lama, Sardou, Dassin etc. Aujourd’hui, même la variété française ne perce plus ici….
alainbrunet
30 avril 2012
18h26
Le principal espoir de reprise réside… dans notre jeune communauté française ! Tous ces nouveaux arrivants pourraient créer un effet d’entraînement. On l’observe déjà. En attendant ? Que Dominique A et ses contemporains n’intéressent qu’une poignée de francophiles, c’est quand même gênant.
sultitan
30 avril 2012
19h00
Dominique A je connais depuis les débuts (et l’excellent label Lithium), et je l’ai vu à quelques reprises. Peut-être un peu parce que sa musique sortait du cadre français habituel (”chansonnier”), avec d’importantes influences anglo-saxonnes (comme d’autres artistes du même label). Celà dit, je vais être l’anti-intellectuel non-raffiné de ce blogue parce que cet album….Hmmm.. Je trouve que c’est très potable, pas décevant du tout, mais pas quelque chose que je vais écouter 100 fois. Catégorie “more-of-the-same”. Peut-être un peu ancré dans l”alterno des années 90″ justement, et j’admet que c’est “gros”, beaux arrangements et tout, mais il est normal quand on parle d’un artiste qui a près de 20 ans de carrière de faire face au sentiment d’avoir “fait le tour” (par example, j’aime le dernier Magnetic Fields mais vraiment çà n’invente plus rien). Attention, les fans de Dominique A seront absolument ravi, je dis simplement que pour moi si cet album est le plus grand album franco de 2012 (selon les rumeurs), bien, il y a encore de la place pour l’invention et le rajeunissement, alors, ne vous genez pas, artistes.
sultitan
30 avril 2012
19h09
Bizarre, j’avais l’impression moi que Souchon, Cabrel, étaient des artistes mainstream très médiatisés. Çà rempli pas le club soda? J’y connais rien.
pierrebl
30 avril 2012
22h40
@Sulltitan, vous m’avez mal compris, Souchon et Cabrel (années 70-80) remplissent aisément le Spectrum (en exemple), et Murat, Dom A (années 90) peinent à remplir le Club Soda…Cabrel et Souchon, malgré leur côté mainstream comme vous dites, sont des auteurs avant tout et non des bêtes médiatiques fabriquées de toute pièce.
norvegequebec
1 mai 2012
09h38
Du” more of the same” comme ça, on en prendrait encore et encore.
Magnifique album que je viens d’écouter aller-retour. More of the same please.
Bonne fête aux travailleurs, à ceux qui travaillent, ceux qui ont travaillé et ceux qui travailleront.
sultitan
2 mai 2012
00h19
Vous avez surement raison, norvège, car Dominique A se démarque fortement, d’abord dans la scène franco, et encore. C’est un album assez émotif et je pense que je suis dans une saison moins émotive, plutôt dans l’ironie et le distancié. Cet été je changerai peut-être de cap (surtout avec Beach House qui s’en vient).
costaudqc
2 mai 2012
06h56
Superbe album. À écouter couché sur son divan avec des écouteurs.