
Sauf son premier album solo et quelques ruades côté Little Willies, Norah Jones m’endort. Enfin c’est ce que je me disais depuis son émergence il y a une décennie. Belle voix, belle gueule, belle rigueur… pop classicisme ronflant. Pop-adulte-boomer-de-qualité sans relief, malgré tout le travail et les millions investis. J’avais aimé son tout premier album et puis vraiment pas grand-chose… jusqu’à l’an dernier.
Daniele Luppi et Brian Burton alias Danger Mouse nous ont alors sorti l’opus Rome en hommage aux bandes originales du cinéma italien. Jack White et Norah Jones en étaient les interprètes, rappelez-vous. Exercice de style sympa et bien torché mais… tout ça exhalait la branchouille, tout ça faisait très tendance, nouveau bcbg, avais-je noté au printemps 2011. Un an plus tard, je constate que l’album fait partie de plusieurs collections et que plusieurs respectables mélomanes en ont une plus haute opinion que la mienne. Me faut-il réévaluer à la hausse ?
La réponse se trouve dans ce qui suit:
À la suite des sessions «italiennes», Danger Mouse a réalisé pour Norah Jones cette douzaine de chansons neuves en plus de participer directement au processus de leur création. Ainsi, il explore avec sa cliente différentes manières de briser des coeurs – sans mauvaise intention ! Ma foi, il a du talent. Quant à la cliente, elle n’a pas changé fondamentalement sa manière de chanter, d’écrire ou de composer, mais… à l’évidence, cette collaboration l’a fait avancer, l’a menée ailleurs.
À l’écoute de Little Broken Hearts s’évapore (en partie, du moins) cette impression de jeune vieux ou de pop exagérément classique. On a enfin le sentiment d’appartenir au présent, sans renier la facture et les références acquises. Les éléments électro y sont bien dosés et rafraîchissent un répertoire qui aurait pu s’enliser dans cette même mayonnaise rétro qu’on déplore pour les albums précédents.
Sans vouloir porter cet album aux nues, j’observe qu’il y a ici une autre occasion de démontrer qu’une bonne chanson pop est aussi tributaire de ses arrangements et de sa réalisation. Que toutes ces dimensions sont intrinsèquement liées.
Little Broken Hearts sera mis en vente officiellement mardi, mais vous pouvez en découvrir la matière intégrale ci-dessous.
Liens utiles
Metacritic, moyenne de 71% fondée sur 6 critiques
Norah Jones, profil wiki
Norah Jones, site officiel
Little Broken Hearts, écoute intégrale de l’album sur le site de The Guardian

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norvegequebec
27 avril 2012
14h00
Norah Jones, Jack White et Brendan Bensom *The raconteurs* obtiennent tous une très bonne note pour leurs albums, qui sortent pratiquement en même temps. Ça mijote dans les marmites de ce groupe de collaborateurs…
imoi
27 avril 2012
17h06
Très bon, c’est agréable d’entendre Norah Jones sur de la bonne musique, enfin, moi aussi depuis le premier, ce qu’elle a fait m’indifférait, au mieux. J’aime bien Happy pills dont le beat me rappelle un peu Brass in pocket et All a dream, par moment, on dirait Angelo Badalamenti (Twin peaks, Wild at heart).
sultitan
27 avril 2012
17h18
Ouashe!! Happy Pills vous fait penser à Badalamenti, imoi, ou le reste de l’album? Danger Mouse peut parfois faire Badalamenti, mais c’est plus simple et accessible en général. Je trouve çà aussi BCBG que jamais, c’est juste que la clientèle BCBG a rajeuni, ce n’est pas la même qu’en 2000.
sultitan
27 avril 2012
17h27
Il y a juste Broken Bells que je trouve bon dans la production récente de Danger Mouse, mais c’est parce que Sparklehorse c’était 100% du Sparklehorse, je n’ai rien senti de Danger Mouse là-dedans. C’est presque “douchey” de sa part d’avoir mis son nom sur la couverture de ce projet là.
bigbands
27 avril 2012
18h55
Bonsoir M.Brunet
Hors-sujet
Je discutais avec parents et amis des animateurs de jazz qui au cours de 50 dernières années nous ont procurés de beaux moments à la radio.
Une d’entre elles Hélène Mathieu animait au début des années 90 une émission vers les midi 30 dans un poste privé local . Je l’adorais
On se demandait ce qui est advenu de cette française d’origine je pense, passionnée du jazz.
Ce nom vous dit quelque chose?
Merci
maladroite
28 avril 2012
01h14
Il y a de bonnes pièces. Mon album préféré de Norah demeure ‘Not To Late’ que j’écoute tous les dimanches matins au petit déjeuner, pour moi un classique.
peloquma
28 avril 2012
08h48
Holy crap, la femme est sexy ! Y’a pas juste Danger Mouse qui l’a re-travaillée je crois.
unholy_ghost
28 avril 2012
15h51
Bigbands, c’est peut-être la même Hélène Matthieu (deux t) qui animait une émission jazz à la radio libre de Montpellier vers 2003. Il faudrait leur écrire.
http://www.divergence-fm.org/-Divers-Jazz-.html
alainbrunet
28 avril 2012
17h24
@bigbands
Oui je me souviens d’elle. Elle était de toutes les conférences de presse et événements locaux concernant le jazz. Elle animait à CINQ FM ou CIBL ou les deux. Faudrait vérifier. Qu’elle soit partie vers Montpellier ne m’étonnerait pas car elle avait un accent du Sud.
yippelaiii
28 avril 2012
23h44
Perso… J’attends le nouvel opus de Melody Gardot. Tellement plus authentique
PS: 1er commentaire… désolé de joindre le party si tardivement!