Alain Brunet

Archive, avril 2012

Lundi 30 avril 2012 | Mise en ligne à 11h23 | Commenter Commentaires (16)

Dominique A traversé par les lueurs

Dominique A Vers les lueurs

Vers les lueurs, dixième album de Dominique A, a été créé au Jet Studio de Bruxelles. Avec formation rock (Sébastien Buffet, Jeff Hallam, Thomas Poli), piano (David Euverte) et quintette à vent. David Euverte a créé des arrangements qui, à mon sens, font ici la différence entre un très bon album et un album excellent. Dominique Brusson et Géraldine Capart ont oeuvré au mix et au mastering.

Voilà un opus ambitieux qui me réjouit d’être francophone. Le verbe y est sculpté selon les plus hauts standards. L’auteur-interprète s’y engage à fond dans la profondeur. Oui, c’est du solide.

Fort probablement, ce qu’on a déjà perçu de Dominique A comme étant un déficit de sensualité le restera pour certains. Je m’inscris en faux contre cette perception systématique du mec français affecté, perception qui camoufle maladroitement la pauvreté intellectuelle ou le manque de raffinement. Bien sûr, cela peut être aussi une simple question de goût mais… attention au mépris de bottine.

On sait que Dominique A a déjà fait trop compliqué. On ne change pas les fondements d’une psyché mais… on peut en faire disparaître les irritants majeurs. C’est vous dire que l’expérience de la vie a fait de ce créateur de chansons un être plus incarné, mieux dans son corps, «moins dans l’autorité» et «plus allégé» (comme il l’a confié aux Inrocks), moins lourd malgré la complexité de son être, les chemins tortueux de de sa pensée et de son hémisphère sensible.

Où en est-il donc ? Loin du soleil. Vers le bleu. Par les lueurs. Rendez-nous la lumière. Voilà autant de titres qui évoquent cette quête de beauté. Quête de ciels éclatants, paysages bucoliques, d’espaces verts, agricoles ou forestiers. Outre l’habitat naturel préservé de l’humain, l’auteur fait ici l’éloge de l’intimité des êtres, refuge d’un monde en perdition où «d’étranges animaux se jettent des collines», où «les marées ont la saveur du métal », où l’on observe au loin ce convoi de fugitifs dont les participants «rêvent de fruits et de baies».

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Dominique A, site officiel

Dominique A Facebook

Écouter ou télécharger sur Qobuz.com

Vers les lueurs: étiquette Cinq7

Interview Les Inrocks

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Samedi 28 avril 2012 | Mise en ligne à 17h16 | Commenter Commentaires (12)

Porcelaine: indie hippie ou quelque chose comme ça…

Porcelaine La foire aux animaux

Auteure-compositrice-interprète: Mélanie Scala. Auteur-compositeur, un peu moins interprète: Simon Bédard. Dans la foulée d’Eli et Papillon, on poursuit dans cette tendance tandem. Celui-ci a choisi Porcelaine pour nom de… tandem élargi. Une douzaine de chansons ont été créées par ces oiseaux, avec la participation du claviériste Jean-François de Bellefeuille.

Tendance tandem ? En tout cas, tendance indie hippie, prog, space rock, folk rock québécois. François Lalonde, musicien d’expérience de la scène locale (dans une autre vie, Dédé Traké le nommait affectueusement Frère Lalonde, je ris encore !) a accueilli ces jeunes gens dans son studio et entrepris d’organiser cette Foire aux animaux. L’album sort officiellement le 1er mai, un lancement est prévu le 2, 17h, au Divan Orange.

La fille chante bien, ses textes peuvent toutefois se perdre dans le nouvel-âgisme et le fantastique 101. L’intention poétique me semble néanmoins honnête et les rimes s’avèrent consonantes de manière générale – après tout, Serge Fiori ne faisait guère mieux côté plume, n’est-ce pas ?

Les mélodies sont bien dessinées, les harmonies riches et les arrangements ambitieux. L’instrumentation compte plusieurs couches de guitares acoustiques et électriques (Simon Bédard), flûte traversière (Maude Langevin-Charlebois), basse (David Valentine), batterie et percussions (grand frère Lalonde), et surtout une approche chorale qui m’apparaît comme le trait le plus fort de la facture.

Tout ce qui est joué et chanté ici est solidement joué et chanté. Luxuriant. Foisonnant. Un peu touffu dans le propos, mais tout de même séduisant d’entrée de jeu. D’accord, les animaux de cette foire ne sont pas particulièrement redoutables mais… ne demandent qu’à être câlinés par tous ces enfants fleurs du Québec qui ne cessent de pousser en ce printemps érable. Après tout, j’imagine que cette saison de vaste mobilisation a son pendant flower power comme ce fut le cas à l’époque…

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Album intégral de Porcelaine: écoute en transit sur le site officiel


Porcelaine sur Bandcamp

Porcelaine Facebook

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Vendredi 27 avril 2012 | Mise en ligne à 13h28 | Commenter Commentaires (10)

Norah Jones + Danger Mouse

Norah Jones Little Broken Hearts

Sauf son premier album solo et quelques ruades côté Little Willies, Norah Jones m’endort. Enfin c’est ce que je me disais depuis son émergence il y a une décennie. Belle voix, belle gueule, belle rigueur… pop classicisme ronflant. Pop-adulte-boomer-de-qualité sans relief, malgré tout le travail et les millions investis. J’avais aimé son tout premier album et puis vraiment pas grand-chose… jusqu’à l’an dernier.

Daniele Luppi et Brian Burton alias Danger Mouse nous ont alors sorti l’opus Rome en hommage aux bandes originales du cinéma italien. Jack White et Norah Jones en étaient les interprètes, rappelez-vous. Exercice de style sympa et bien torché mais… tout ça exhalait la branchouille, tout ça faisait très tendance, nouveau bcbg, avais-je noté au printemps 2011. Un an plus tard, je constate que l’album fait partie de plusieurs collections et que plusieurs respectables mélomanes en ont une plus haute opinion que la mienne. Me faut-il réévaluer à la hausse ?

La réponse se trouve dans ce qui suit:

À la suite des sessions «italiennes», Danger Mouse a réalisé pour Norah Jones cette douzaine de chansons neuves en plus de participer directement au processus de leur création. Ainsi, il explore avec sa cliente différentes manières de briser des coeurs – sans mauvaise intention ! Ma foi, il a du talent. Quant à la cliente, elle n’a pas changé fondamentalement sa manière de chanter, d’écrire ou de composer, mais… à l’évidence, cette collaboration l’a fait avancer, l’a menée ailleurs.

À l’écoute de Little Broken Hearts s’évapore (en partie, du moins) cette impression de jeune vieux ou de pop exagérément classique. On a enfin le sentiment d’appartenir au présent, sans renier la facture et les références acquises. Les éléments électro y sont bien dosés et rafraîchissent un répertoire qui aurait pu s’enliser dans cette même mayonnaise rétro qu’on déplore pour les albums précédents.

Sans vouloir porter cet album aux nues, j’observe qu’il y a ici une autre occasion de démontrer qu’une bonne chanson pop est aussi tributaire de ses arrangements et de sa réalisation. Que toutes ces dimensions sont intrinsèquement liées.

Little Broken Hearts sera mis en vente officiellement mardi, mais vous pouvez en découvrir la matière intégrale ci-dessous.

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Metacritic, moyenne de 71% fondée sur 6 critiques

Norah Jones, profil wiki

Norah Jones, site officiel

Little Broken Hearts, écoute intégrale de l’album sur le site de The Guardian

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