
Guerrière ? Hmm… pas sûr que cela résume la démarche. En tout cas, beaucoup moins apprentie que prévu.
L’apprentissage de Fanny Bloom a surtout eu lieu pendant l’expérience de la Patère Rose. Plus artisanal de facture pour ne pas dire alambiqué, ce groupe n’est plus et sa chanteuse a eu sa chance de décoller en solo avec le soutien du label Grosse Boîte. En ce qui la concerne, le destin a été bénéfique.
Ce qu’elle nous soumet ici a été créée de concert avec Étienne Dupuis-Cloutier, frère de Jérôme. Sur le territoire de la nouvelle pop franco, l’Apprentie guerrière (pour reprendre le titre de son premier album) offre un éventail plus concis. Nettement !
Ses connaissances pianistiques ont été mises à profit, on a construit autour de différents claviers et, surtout, on a réussi à dégager de ces sessions de création un son pop qui n’exhale pas le décalage par rapport à l’international comme c’est trop souvent le cas en Amérique francophone.
Qu’on ne s’y méprenne, nous ne sommes pas en territoire visionnaire mais… la fraîcheur et l’inventivité des arrangements, l’usage des références (électro-pop, synth pop, rock organique, etc.), le choix des instruments utilisés, les jeux de voix qui y ont cours, les textures exploitées, la qualité du mix servent des chansons très majoritairement supérieures à ce que Fanny Bloom avait à offrir au sein de la Patère rose. Les textes y sont généralement foncés par le spleen, le regret, la tristesse… En phase idéale avec les neiges fondantes de mars brunies par la pollution, n’est-ce pas ?
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