
Présenté à Heavy MTL en juillet dernier, le concert d’Opeth m’avait été chaudement recommandé. Je m’y suis présenté et j’en suis ressorti mi-figue mi-raisin. Plus récemment, on m’a aussi suggéré de passer en revue Heritage, dixième album d’Opeth – paru l’automne dernier.
J’ai accepté de le faire, chose promise chose due. Vu que le groupe scandinave sera de passage au Métropolis le 6 avril prochain, vu que je serai alors à l’extérieur du pays et que les férus de rock dur ou métalleux méritent mieux sur ce blogue, voici ce qui suit… à l’avance.
Opeth est associé au métal mais s’en distingue pour son ouverture au prog, à la musique classique, au folklore ou même au jazz-rock. Heritage réunit tous ces genres et préconise une instrumentation hybride, à la fois hard électrique et acoustique. L’album se présente comme une progression dramatique. Guitares acoustiques, piano, une certaine délicatesse en ouverture et puis on lâche les fauves pour les trois chansons suivantes- The Devil’s Orchard, I Feel The Dark, Slither.
Vient ensuite Nepenthe, qui commence en douceur et qui prend ensuite une direction quasi prog-jazz avec attitude rock. Puis Häxprocess négocie un long virage prog-folk – 6 minutes 57 secondes pour être précis. Famine, la suivante, démarre sur une improvisation à la flûte traversière et d’un tapotement de percussions, d’une série d’accords de piano après quoi un riff de guitare prog soutient la mélodie du chanteur qui nous mène à des considérations plus métalliques en fin de parcours.
The Lines in My Hand, s’annonce comme l’une des plus prévisibles, une des plus binaires au programme et s’ouvre soudainement sur un pont aux mesures composées. La ligne baroque deFolklore est d’abord jouée à la guitare électrique et se s’ouvre ensuite à des considérations plus musclées. Marrow of the Earth, dernière au programme, se termine sur duo de guitare classique/électrique auquel se joint l’orchestre afin de clore le tout.
Que penser de tout ça ?
Les metalheads les plus ouverts d’esprit y voient-ils une réelle avancée chez ce groupe jadis associé au death metal, c’est-à-dire au tournant des années 90 ? Probablement. Partir du métal pour ensuite s’ouvrir à d’autres genres musicaux sans renier ses propositions initiales, voilà une démarche artistique certes honorable.
Vu d’un autre angle, cependant, cette imbrication des genres dans un cadre prog-métal pourrait ne pas s’avérer un procédé compositionnel aussi futé qu’il n’y paraît. La vue de l’esprit l’emporte-t-elle sur le résultat sensible ? Difficile de trancher mais… j’avoue ne pas être convaincu. Quoi qu’on en pense de prime abord, on ne peut qu’encourager de tels efforts.
Liens utiles
Heritage, écoute en flux continu sur Qobuz.com
Opeth, profil wiki
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