
Classifiez ce rock comme vous le voulez, je m’applique à en dépeindre sommairement le maelstrom plutôt que la sous-catégorie: guitares gorgées de distorsion, guitares acoustiques propices au bivouac, cris et hurlements à la lune, expressions à vitesses variables, séquences traversées par les esprits country blues, épisodes de grande réverbération, grooves frénétiques, épais brouillards de sons, étonnants retours au calme.
Ces éléments constitutifs de l’album Open Your Heart, paru cette semaine sous étiquette Sacred Bones, pourraient certes mener nulle part et c’est tout le contraire qui se produit.
Ce n’est pas tant ce bouillon fumant de références (hardcore-punk-garage-shoegaze-country-blues) qui frappe que la manière présenter cette musique aussi tributaire de l’avant-rock américain des années 80 et 90 – je pense entre autres à Hüsker Dü, The Replacements, Sonic Youth. À travers ces sons touffus, solos paroxystiques surgis du garage et servis souvent en tandem, à travers ces voix balancées en meute, il se passe vraiment quelque chose. À travers cette sauvagerie apparente émerge une vraie signature.
Ils sont quatre, vivent à Brooklyn comme des milliers de leurs collègues et aspirants collègues, viennent de lancer leur troisième album dont il est ici question. Pour les fans de rock, leur nouvel opus me semble être un must. Chaque écoute supplémentaire de cet Open Your Heart me convainc davantage de sa pertinence et sa force d’impact.
À voir sur scène le 24 mars prochain au Il Motore.
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