Alain Brunet

Archive du 2 mars 2012

Vendredi 2 mars 2012 | Mise en ligne à 18h43 | Commenter Commentaires (38)

Wrecking Ball: Bruuuuuce contre les mauvais… boss

bruce springsteen wreckingball

Le Boss se fâche. Le Boss s’inscrit en faux contre les patrons américains, enfin ceux ayant esquinté le tissu social et contrevenu à la justice économique. Capitalistes sauvages, cowboys de la finance, liquidateurs de l’économie réelle, escrocs cravatés actionnant le boulet de démolition sur le rêve américain.

Le Boss y incarne le chômeur, l’homme à tout faire en quête de boulot, le gréviste méprisé par son employeur, le travailleur immigrant, cette classe moyenne esquintée par la crise financière, cette ville industrielle qui se meurt.

Ainsi, le Boss porte toujours à gauche, crie haut et fort son allégeance originelle. Celle de Woodie Guthrie, Pete Seeger, John Steinbeck et leurs successeurs. On ne s’étonnera pas du titre de son premier single: We Take Care of Our Own. . Ni des 12 autres qui suivent: Easy Money, Shackled and Drawn, Jack of All Trades, Death to My Hometown, This Depression, Wrecking Ball, You’ve Got It, Rocky Ground, Land of Hope and Dreams, We Are Alive, Swallowed Up (In the Belly of the Whale), American Land.

Vous savez comme moi qu’on aurait pu vachement s’emmerder à l’écoute d’un 17 album studio signé Bruuuuuuce – et mis en vente officiellement le mardi 6 mars. À mon grand étonnement, l’impact que produisent ses 13 nouveaux textes (majoritairement écrits en 2011, sauf Wrecking Ball , American Land et Land of Hope and Dream) s’accompagnent d’une fraîcheur orchestrale inattendue.

Réalisé de concert avec Ron Aniello, Wrecking Ball nous propose une synthèse musicale de l’Amérique version Springsteen, évoquant la musique de ses frères chicanos, le gospel et le hip hop de ses frères noirs, les élans celtiques de ses frères irlandais, le violon et le banjo de ses frères appalachiens, l’indie rock assorti de cuivres et anches de ses plus jeunes collègues.

Pour étoffer ses propositions chansonnières, l’auteur-compositeur-interprète a recruté parmi The Sessions Band (avec qui il a fait notamment les Seeger Sessions/ We Shall Overcome en 2006, et au sein de l’E-Street Band (Steven Van Zandt, Max Weinberg, Patti Scialfa, feu Clarence Clemons). De plus, il a invité Tom Morello (Rage Against the Machine) à produire quelques déflagrations, Matt Chamberlain à générer des rythmes baraqués.

Force est d’admettre que cet homme a du souffle.

Liens utiles

Metacritic: moyenne de 85% fondée sur 5 textes


Wrecking Ball, profil wiki

Bruce Springsteen, profil wiki

Bruce Springsteen, site officiel

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