Alain Brunet

Alain Brunet - Auteur
  • Alain Brunet

    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Mercredi 22 février 2012 | Mise en ligne à 11h09 | Commenter Commentaires (60)

    Sylvain Luc: guitariste d’un troisième type

    Sylvain Luc

    Sylvain Luc / crédit photo: Spica

    Puisque nous sommes bien partis dans la guitare depuis cette discussion musclée sur le legs d’Eddie Van Halen, voici un sujet d’actualité qui complète cette trilogie improvisée – franchement, je n’y avais pas songé à l’avance.

    Issu d’une famille de musiciens, indique son profil Wiki, ce Basque de France a d’abord fait des études horizontales en musique: violon, violoncelle au conservatoire de Bayonne tout en étudiant aussi la guitare classique. Puis il est devenu accro de jazz tout en mettant au point un style assez hallucinant merci.

    Et puisque Bayonne ne fait pas vivre son musicien «sérieux», Sylvain Luc a migré vers Paris où ses talents prodigieux ont été repérés par les artistes du jazz et de la musique populaire de qualité.

    Ainsi, il a travaillé avec Al Jarreau, Catherine Lara, Michel Jonasz, Michel Legrand, Francis Lassus, Richard Bona, Steve Gadd, Biréli Lagrène, Elvin Jones, Wynton Marsalis, Stéphane Belmondo, Manu Katché, Michel Portal, Jacky Terrasson, André Ceccarelli, Jean Marc Jafet, Alain Caron, Didier Lockwood, John McLaughlin, Bernard Lubat, Lokua Kanza, Richard Galliano, Dee Dee Bridgewater, Steve Lukather, Billy Cobham, Victor Bailey, Larry Coryell, Al Di Meola, Marcus Miller…

    Il y a deux ans, le festival Jazz en rafale l’a mis en relation avec le guitariste Sylvain Provost. Cet excellent guitariste québécois m’avait confié son admiration pour le collègue français. Il m’avait raconté l’avoir entendu en concert. Un ami guitariste présent à ses côtés en avait eu des sueurs de découragement, au point de quitter la salle haha !

    Et pour cause. Pour reprendre l’expression de Sylvain Provost, Sylvain Luc est effectivement un extra-terrestre, guitariste d’un troisième type ! Combinant techniques de la guitare classique et de la guitare jazz, son approche constitue ni plus ni moins une contribution historique à cet instrument. Ce qui, d’ailleurs, lui a valu en France un DjangodOr dans la catégorie “musicien confirmé”, décerné en 2007. En janvier 2011, l’Académie du jazz en France lui remettait le prix Django Reinhardt. Qui plus est, Sylvain Luc est ambassadeur mondial des guitares Godin depuis 1993.

    Sylvain Luc Organic

    Aux côté du batteur André Ceccarelli et du bassiste/contrebassiste Jean-Marc Jafet, il a été membre du trio Sud, « Victoire de la musique Jazz » en 2003. Récemment, il lançait sous étiquette Dreyfus l’Organic Trio aux côtés d’André Ceccarelli et du claviériste (piano et Rhodes) Thierry Eliez.

    Ce trio se produit au Gesù, jeudi soir. Et samedi à Québec, soit au Palais Montcalm. Avis au guitar heads, la tête va leur tourner s’ils s’y présentent. D’ici là, je vous suggère de visionner ce concert solo sur You Tube – deux heures, une minute, 29 secondes ! Vous aurez tôt fait de constater que ce supravirtuose de la guitare jazz ne fait pas que dans la passe spectaculaire et dans l’ostentation. Lorsque la grande technique sert la musique, nous sommes au paradis.

    Liens utiles

    Mon interview avec Sylvain Luc

    Sylvain Luc, site officiel

    Sylvain Luc, profil Wiki

    Infos sur le concert: Montréal en lumière

    Site Dreyfus

    Organic, écoute en flux continu sur Qobuz


    • @alain brunet
      Oups! Une petite coquille dans votre texte :

      sont approche constitue ni plus ni moins

      OK merci,c’est corrigé / AB

    • Hors-sujet mais pas tant que cela, des participants sur cet autre blogue, ici en France, ont déjà parlé de Sylvain Luc.

      http://jazz.blogs.liberation.fr/

      Je trouve que des échanges intéressants pourraient être faits entre Bruno Pfeiffer et Alain Brunet ou entre des participants du blogue ici présent et celui de Libération. Un échange culturel disons entre La Presse et Libération.

    • Impressionnant
      Par contre, j’ai du mal avec le tone de sa Godin
      Un peu mince et froid.

    • Impressionnant oui, en particulier les passes funky de la troisième pièce du spectacle. Mais faut tout de même aimer ce genre de musique. Moi ça me laisse toujours perplexe.

    • martine120
      Mince et froid par rapport à quoi (guit classique, électrique hollow) ?
      C’est le son d’une guit à cordes de nylon amplifiée.
      Si vous avez trouvé mieux, ça m’intéresse.

    • C’est le plus intéressant des trois “cas”, mais je constate qu’une chose: dans le domaine de la guitare virtuose, personne n’essaie quelque chose de radicalement différent. C’est toujours de jouer dans les plates-bandes des clichés bluesrock, jazz, flamenco, etc. Le guitariste-génie est comme réduit à prouver son talent technique à travers des rêpères très précis.

      Et…Une autre couverture de disque qui discrédite l’intellectualité d’un artiste. Ils ont pas de goûts ces producteurs de “grande musique”. Franchement.

    • sultitan, ces exemples sont collés sur l’actualité, l’objet n’est pas ici de démontrer qu’il soit possible d’être radicalement différent et virtuose à la fois. Vous avez l’air d’y tenir, on y viendra.

      Avoir du goût… Si on vous suit, avoir du goût revient à n’apprécier que de nouvelles formes archi-confidentielles qui tiennent davantage de la recherche fondamentale que de la pérennité. Couloir étroit… J’aime bien ce couloir, remarquez mais il me semble faire partie d’un ensemble beaucoup plus vaste au chapitre de l’idée que je me fais du bon goût. Pour la pochette, cependant, je suis d’accord mais… en France, cette feuille n’a pas exactement la même signification qu’ici.

    • Tsé, c’t'une feuille d’érable trempé dans l’candidato.

    • Çà se boycotte, Montréal En Lumière (lol).

    • “Un ami guitariste présent à ses côtés en avait eu des sueurs de découragement, au point de quitter la salle ”

      En tant que guitariste, on est habituellement découragé d’entendre quelqu’un qui joue ce qu’on aimerais sans doute jouer. Il a beau être virtuose, cette musique ne me branche pas vraiment. En ce qui me concerne il n’y a que d’entendre Danny Gatton (R.I.P.)jouer qui me décourage de jouer.

    • Danny Gatton, dans votre genre de guit, était sans doute l’un des plus grands. Pour le reste, setzer, je ne ressens pas cette «perplexité» lorsque je passe d’un style à l’autre. Ce qui me rend perplexe, au contraire, c’est de ne m’en tenir qu’à un ou quelques styles.

    • pulcinella
      par rapport à mes oreilles da
      La question du mieux ou du pire ne m’intéresse pas

    • @sultitan

      Je ne crois pas. Je pense plutôt que ces artistes ont fait le choix de naviguer dans ces eaux là. Si c’est le jazz qui est votre passion et sans vouloir faire absolument du jazz expérimental ou extrêmement moderne. Il est où le problème ?

      Je ne le connais pas, pour le moment, mais je viens d’orienter ma recherche web et on me cite Claude Lassonde. Que faut-il en penser ?

      http://www.youtube.com/watch?v=nufSWBKTVvg

    • http://www.youtube.com/watch?v=-BXJZwuWQBE

      Intéressant à regarder ?

    • Le musique plus “nouvelle” est confidentielle à Montreal car la ville a décider de miser sur une équipe comme Spectra qui se base sur des valeurs sûres du “bon goût”, ce qui ne veut pas nécessairement dire des goûts populaires, mais des goûts conservateurs, académiques. Si autant d’argent était réservé pour d’autres festivals comme il en est réservé pour Spectra, la nouveauté ne serait pas si confidentielle, comme elle ne l’est pas dans des grands festivals de musique, surtout en Europe (un peu au x USA aussi, comme SXSW).

    • @martine120

      Remarque tout à fait acceptable de prime abord. Un tone assez typique du jazz, somme toute – souvent trop mince à mon goût également… Toutefois, je ne connais pas assez la guitare Godin (électrique à cordes de nylon) pour en savoir la marge de manoeuvre du tone. Ce qui pourrait donner raison à pulcinella.

      @sultitan

      Je crois plutôt qu’il s’agisse d’une feuille de platane trempée dans le Cahors. Et oui, Spectra ne programme que très peu la musique d’avant-garde. Toutefois, certaines musiques programmées par cette organisation sont beaucoup plus nourrissantes et moins conservatrices que vous ne le laissez entendre. Le cas de Sylvain Luc est éloquent en ce sens: ses grandes innovations n’excluent pas les balises connues, un concept que vous n’arrivez vraiment pas à admettre.

    • Alain, Pulcinella
      Je ne cherche pas à avoir raison.
      La qualité du tone dépasse évidemment le choix de l’instrument, la marque de guitare, etc.
      La prise de son est primordiale. Dans ce cas si, on comprend que la guitare est branchée direct.
      Ampli? Console? Peu m’importe. À la fin, c comment ça sonne.

    • D’accord avec vous, martine120. Au finish, il y a lieu de faire une recherche de tone pour tous types de guitare amplifiée. Mais… j’écoute Organic et je perçois un tout autre tone sur certaines pièces – la dixième de l’album, notamment. Allez-y voir sur le stream de qobuz.com !

    • Alain, “Ce qui me rend perplexe, au contraire, c’est de ne m’en tenir qu’à un ou quelques styles.” Personnellement, je ne m’en tiens pas qu’à un style au niveau de l’écoute. Mais quand viens le temps de jouer, excuser l’anglais, but there is only so much I can do. Je n’ai certes pas besoin de vous dire combien d’heure de pratique la guitare représente, même pour un guitariste très moyen comme moi. Alors, d’arriver à jouer, de façon géniale plusieurs style? Faut simplement être surdoué. La musique de Gatton n’est pas si bonne à mon oreille, mais la guitare… Oui. Mais mon point était autre. C’est à dire que moi Sylvain Luc ne me décourage pas de jouer.

    • Au sujet de la sonorité de la guitare, j’ai aussi toujours détesté ce genre de son. Il me semble aussi que la touche est très basse ce qui donne ces buzz, que plusieurs apprécient.

    • Remarquez que, dans son cas, je trouve que ça convient parfaitement à son style de musique.

    • Bien reçu setzer. Anyway, l’anecdote n’avait pas pour objet de décourager les guitaristes ! Mais… je ne vois pas de conflit entre le choix d’un style en tant que joueur et l’appréciation de plusieurs styles en tant que mélomane.

    • Ils auraient du mettre un tigre de platane sur la pochette.

      Sans la feuille, évidemment: il l’aurait mangé.

    • La Acousticaster de Godin est un instrument ‘pratique’ en concert, mais qui n’a jamais été reconnue pour son ‘tone’. Un peu comme une Ovation : on branche pas ça en studio.

      La Acousticaster, à sa sortie, à réglé une fois pour toutes le problème de feedback inhérent aux caisses de résonnances des guitares acoustiques. Un bel exploit de lutherie, made in Quebec en plus. Le hic est que tout sort du micro piézo-électrique, et un piézo, quoi qu’on fasse, ça sonne le cul.

      Django sortait 10x de tone d’une Selmer avec un micro à ruban placé droit devant, mais bon, c’est le ‘progrès’ je suppose. Une guitare à cordes de nylon ça se mike tout de même, c’est juste plus de trouble.

      J’ose croire que Sylvain Luc se sert pas de ça sur ses disques. Live, c’est un compromis acceptable, sans plus. Ces monstres de techniques se foutent pas mal de ce genre de détail en show, c’est pas là que ça se passe. Greg Koch fait ses cliniques sur des guitares à 300 piasses, et on en sort comme deux ronds de flan.

    • Effectivement Alain, la musique n’est pas une religion, on peut aimer plusieurs style sans conflit d’intérêts. Par ailleurs, ce découragement, qu’on éprouve parfois en entendant un guitariste meilleur que soit, est très réel. La réaction pour certains est de se mettre à composer sa propre musique afin de se démarquer.

    • @boulga “Greg Koch fait ses cliniques sur des guitares à 300 piasses, et on en sort comme deux ronds de flan.”

      Un autre qui me décourage parfois de jouer, mais son humour sauve la mise. Par ailleurs, le grand altiste Youri Bashmet, n’amenait pas son alto dans ses master class. Il jouait avec les instruments cheapette des étudiants. Comme ça personne ne pouvait lui reprocher de bien sonner juste à cause de son instrument.

    • “Ils ont pas de goûts ces producteurs de “grande musique”.”

      Virtuosité et bon goût ne sont pas des corollaires, loin s’en faut.

    • Merci, je vais écouter
      Juste pour terminer,
      je soupçonne qu’on privilégie ici un eq des fréquences très flat, pour maximiser un phraser égal.
      Je préfère un son un peu plus rond, avec plus de mid, au risque que ça résonne un peu. C’est tout.

    • «Virtuosité et bon goût ne sont pas des corollaires, loin s’en faut.»

      Dans ce cas-ci, ça se limite à la pochette – quand même plus acceptable que celle de Julie Lamontagne haha !

    • @martine120 “Je préfère un son un peu plus rond, avec plus de mid, au risque que ça résonne un peu.”

      Je ne suis pas certain que dans ce style de jazz on recherche la résonance. Ça deviendrait vite trop flou.

    • Impressionant, mais une coche en dessous de Tommy Emmanuel. En passant Tommy sera au Québec au mois de mai. Ceux qui n’ont jamais vu la bête je vous le recommande chaudement.

    • Je n’affirmerais pas que «c’est une coche en dessous»… Tommy Emmanuel est toute une bête, mais n’évolue pas à l’intérieur des mêmes paramètres. ETK, TE est l’un des plus grands virtuoses de la guitare amplifiée, pas de doutes là-dessus.

    • Ben oui, Ghost, c’est connu que seuls les manchots ont du goût…

      Pour chaque Velvet Underground qui a plus de goût que de technique, on trouve un million de groupoïdes lo-fi manchots absolument tastless par ailleurs.

      La technique et le goût ne sont pas corrélés mathématiquement, mais ce n’est pas une corrélation négative non plus. Au pif, elle doit être dangereusement semblable à ne pas avoir de goût ni de technique…

    • T’as raison Alain ma comparaison était boiteuse. T.E. fait des incursions jazz de temps a autres en jouant des pieces d’inpiration Django R. ll a fait des duos fabuleux lors de sa derniere presence a Montreal en 2010 avec Frank Vignolia (pas méchant celui la non plus). Avis aux chanceux en plus des concerts a Montreal et Quebec en mai, Tommy donne un guitar workshop a Quebec.

    • La seule chose que je dis, Boulga, c’est qu’être virtuose ne donne pas nécessairement et logiquement du goût. Les exemples contraires sont trop nombreux.

    • Mettons la technique. Déjà, la virtuosité sous-entend une transcendance de la technique acquise par l’instrumentiste.

    • Virtuose ou technicien? You decide!:

      http://www.youtube.com/watch?v=sVHVXopRmI8

    • Ok mais j’ai quand même entendu plusieurs fois Sylvain Luc être diffusé sur Espace Musique et comme là je suis allé rapidement sur Qobuz. Et pour moi, c’est de bon goût et les qualificatifs louangeurs qu’il reçoit m’apparaissent mérités.

      Je le connais de nom depuis plusieurs années. Et avec une certaine écoute aussi de ce qu’on m’a diffusé.

      Évidemment que le virtuose a développé une technique exceptionnelle mais moi comme auditeur ce sont les émotions qui me parlent et cette virtuosité peut aider à faire passer des émotions.

      Le même reproche a été fait à Marc-André Hamelin dans les discussions encore un autre que j’ai écouté grâce à la radio. Je ne sais pas ce que les gens ressentent exactement, une froideur chez plusieurs virtuoses et ils les mettent tous dans le même sac ? Bien sûr, les émotions c’est quelque chose de personnel à chacun.

      Un virtuose qui ne veut faire que de l’épate ou des prouesses techniques cela me parle assez peu en général. Sylvain Luc comme Hamelin, je les perçois comme des gens très raffinés alors pour le manque de goût, on repassera.

      C’est un peu comme si les clients du Saint-Hubert (de meilleur goût que McDo) allaient essayer de faire la morale à ceux du Pied de Cochon ou même du Toqué. Bon, j’exagère, juste pour le plaisir…

      Mais quand même…

    • Pour être interprète de musique classique, il faut être virtuose. Pour être compositeur, je ne sais pas, mais j’imagine que les vrais virtuoses n’étaient pas majoritaires. L’état d’esprit pour pousser la virtuosité d’un instrument et cellui pour créer et penser une oeuvre avec goût ne sont pas les mêmes. Dans le jazz, il faut de la virtuosité, même si le niveau de composition semble baisser avec les décennies au contraire de la virtuosité. Dans le rock, virtuosité et composition ne vont pas forcément ensemble. Bonne technique, technique moyenne, oui, mais si on prend n’importe quelle liste des meilleurs albums, peu d’oeuvres sont la création de vrais virtuoses (Hendrix, Led Zep), beaucoup sont le fait de techniques limitées, sinon inexistentes (même si, Boulga, ton goût ne va pas vers ceuz là).

    • @Sultitan

      Les records Guinness cela m’intéresse peu du moins dans le domaine de la musique… Ce n’est pas un sport quoique cela peut être du sport.

      J’ai arrêté le visionnement pour moi, c’est comme un SHOW DE BOUCANE pour voitures et autres affaires du type faire brûler des pneus et autres…

      Mon père est plus fort que le tien ou j’en ai une plus grosse. C’est comme aussi le trip pour les voitures modifiées et très musclées. Écoutez, ceux qui aiment cela, c’est bien correct mais ce n’est pas mon bag !

    • C’est pas si bon que çà, le Toqué.

    • «Dans le jazz, il faut de la virtuosité, même si le niveau de composition semble baisser avec les décennies au contraire de la virtuosité.»

      Le jazz moderne a vécu un âge d’or de 1940 à 1965. Forcément, la suite a été plus lente au chapitre des innovations mais loin d’être statique comme certains le croient. Pendant que s’exprime encore le jazz des années 40-65 (comme on joue de la musique classique où se révèlent chaque année de nouveaux virtuoses), plusieurs excroissances du jazz, bien au-delà du free, proposent des formes vraiment neuves – des compositeurs comme John Zorn, Steve Coleman, Greg Osby, David Binney, John Escreet, Bugge Wesseltoft, Lars Hornveth, Nik Bartsch, Django Bates et tant d’autres préconisent un jazz éloigné du bebop, du jazz modal ou même celui d’Ornette Coleman. Cela dit, ces nouvelles musiques savantes exigent un vocabulaire que seuls des virtuoses peuvent exécuter.

      Dans le rock? La haute technique va du côté hard, prog ou métal, et c’est là qu’on peut percevoir l’avancement des formes instrumentales – mais pas nécessairement du côté de la réalisation, argument essentiel à un grand album rock.

    • Le compositeur ? C’est sûr qu’il n’est pas obligé d’être virtuose mais il peut écrire une oeuvre avec plusieurs passages exigeant le recours à des vrais virtuoses raffinés.

      Le compositeur se doit d’être quand même un bon musicien à mon sens, pas besoin d’être un parfait virtuose.

      Pour les grandes oeuvres du Rock et de la Pop ? Peut-être mais ils avaient d’autres qualités et certains ont développé leur propre technique. Et il y en a même qui ne savent pas lire la musique, juste à l’oreille.

      Et pour revenir à la technique, prenez les violoneux et comparez les aux violonistes. Les violoneux ont ou avaient quand même développer leur propre façon de faire et avec une très bonne maîtrise de leur instrument quoique non enseignée dans les écoles. Un apprentissage sur le tas ou par imitation.

      Il y a toujours un savoir-faire chez les bons et encore plus chez les grands et très grands.

      Et pour revenir à un autre exemple mais un pianiste… Ahmad Jamal si j’ai été séduit c’était pas juste parce qu’on a écrit sur sa grande maîtrise de son instrument. Non, moi c’était pour son âme, sa philosophie qui ressortait dans ses réponses à Alain Brunet et je le vois encore dans le blog de Pfeiffer.

      C’est plus cela qui m’attire. Le pourquoi. Plus que le comment. L’inspiration et la façon de faire passer l’oeuvre, les sentiments, le message.

    • @Sultitan

      Je ne le sais pas finalement. C’est trop dispendieux pour moi. Je vais à d’autres un peu plus abordables.

      Tiens, pour un simple lecteur_curieux, le Café du Nouveau Monde, cela peut faire absolument l’affaire ! Et être beaucoup mieux que beaucoup d’autres.

      Chacun ses critères en musique comme en restauration. Je peux avoir des critères qui n’ont rien à voir avec la qualité, mais de raisons pratiques comme pour les concerts. La facilité à se procurer des billets, par exemple. La même pour la réservation obligatoire au restaurant… Bien, alors c’est moins pour moi.

    • @ghost et lecteur

      Un compositeur n’a absolument pas besoin d’être virtuose sur aucun instrument. Même pour composer des passages virtuoses. Il doit cependant très bien connaître les possibilités de tous les instruments qu’il veut utiliser. Si on regarde le répertoire classique, il y a peut-être quelques exceptions à cette règle. Ainsi, une grande partie du répertoire d’orgue a été écrit par… des organistes. Pour la guitare, les compositeurs classiques se font souvent réviser par… des guitaristes.

    • J’adore cela.De la guitare qui sonne guitare.

    • Et le plus drôle, c’est que si un dieu de la guitare se pointait quelque part et faisait l’unanimité pour trois jours, le quatrième il se trouverait quelqu’un pour dire “oui, mais…”, et la semaine suivante, un autre pour ajouter qu’il est surestimé.

    • Vous connaissez la blague? Combien faut-il de guitaristes pour visser une ampoule? Au moins 11. Un pour visser l’ampoule et les 10 autres pour le regarder faire et dire qu’ils auraient pu faire mieux.

    • En effet, la virtuosité n’a rien à voir avec la composition, même si elle peut évidemment aider un peu beaucoup! Le rock est rempli d’exemples. Le jazz, moins, forcément, à cause de ses racines dans l’improvisation et la souplesse technique. Quant au classique, la très grande majorité des compositeurs ont été des claviéristes accomplis, que ce soit l’orgue, le clavecin ou le piano — et bon nombre avaient des rudiments de violon, surtout avant le 19e siècle. Ça ne veut pas dire qu’ils ne pouvaient écrire que pour un instrument bien maîtrisé.

      Parmi les grands de la pop, du rock et du soul/funk/rnb/hip hop, on retrouve surtout des “virtuoses” dans les groupes rock et encore là c’est vrai qu’ils ont été relativement peu nombreux à impressioner surtout pour leur virtuosité. Ce qui compte, c’est la pertinence et l’expressivité, la maîtrise de l’idiome musical et la capacité d’aller au-delà ou de rester crédible et communicatif.

      Un bel exemple: Sly Stone, qui jouait de plusieurs instruments depuis son enfance et adolescence. C’était un prodige, il était excellent, mais je ne dirais pas qu’il était virtuose. Son grand talent, c’était sa capacité de synthèse de ces instruments et des tendances musicales de son époque. Accoucher de Dance to the Music, pour moi c’est ça le génie de la composition dans le contexte d’une musique de masse. Comme de raison, Sly Stone n’a pas pu continuer très longtemps, on sait tous ce qui lui est arrivé. Malgré cela, je ne crois pas que l’âge d’or de cet idiome aurait duré encore bien longtemps. Question de possibilités musicales ou du rapport de la musique avec son époque? Je ne sais pas, mais au final l’influence de Sly Stone est presque aussi importante que son oeuvre à elle seule, comme s’il avait composer des chansons et une ou deux sensibilités, qui font encore leur chemin en dessous de tous ces beats programmés.

    • Gilles, vous aimez une guitare qui sonne ? Voici la bête en personne: Tommy Emmanuel:

      http://www.youtube.com/watch?v=S33tWZqXhnk&feature=related

    • ”C’est pas si bon que çà, le Toqué.”

      en rapport avec le prix demandé, en effet. Quoique ça fait un bail que j’ai pas revérifié.

    • J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre entrevue avec Sylvain Luc. “De la voltige, y en a toujours, mais je préfère aller vers le domaine de l’épure. Ce qui me touche le plus en musique est ce qui va vers l’émotion plutôt que la démonstration”.
      C’est exactement ce qu’y me touche en écoutant Organic, le trio est inspiré , le jeu est raffiné et sensuel. Il faut certainement avoir une technique totalement maitrisée pour s’élever avec autant de liberté au-dessus d’elle. Pas d’étalage. Atmosphère d’intimité remarquable pour un trio qui n’a pas l’habitude de jouer ensemble. Cette musique respire la vie.
      Sur son site, j’ai lu qu’il sera au festival des guitares du monde, en mai, à Rouyn Noranda. Festival des musiques émergentes, festival des guitares…Coudonc, Rouyn Noranda est après devenir ze centre de la culture au Québec!

    • Parlant de virtuoses de la guitare, j’ai vu le spectacle d’Al Di Meola à l’Assomption, hier soir…

      Génial, avez-vous vu ce spectacle? Je sais qu’il jouera à Montréal ce soir…

    • Ben non… Sylvain Luc joue en même temps comme l’indique le texte au-dessus…

    • Dites
      J’ai entendu Afro Blue tiré du tout dernier de Robert Glasper. Si le reste joue dans les mêmes eaux, on aura droit à quelque chose qui ressemble à un excellent disque. Cela dit, pour avoir lu votre entrevue avec le bonhomme il me semble être un gars qui a, euphémisme, particulièrement confiance en lui… M’enfin. Tant qu’il se contente de jouer sur ses albums!

    • En un mot ce fut ludique avec un spécial Québec pour clore la prestation. Finalement les craintes qu’il n’y aurait pas foule étaient prématurées, le Gesu était bien garni.

    • “Pour reprendre l’expression de Sylvain Provost, Sylvain Luc est effectivement un extra-terrestre, guitariste d’un troisième type !”
      Un extra-terrestre qui est fan d’un autre extra-terrestre, on se demande comment prendre ça!

      En ce qui me concerne, les grandes innovations ou du moins ce qui me fait le plus tripper en ce moment, ce sont des guitaristes comme Rez Abbasi et Prasanna qui combinent musique indienne et jazz. Virtuose et jouissif.

      Si c’est pas trop kétaine et convenu pour ton bon goût hautement distinctif, essaye ça mon cher sultitan!

    • @boogie Je viens d’écouter Prasanna (l’album classical sorti en 2011). Merci pour ça.

    • On a parlé de Prasanna sur le post de Vijay Iyer l’automne dernier: http://blogues.cyberpresse.ca/brunet/2011/11/29/vijay-iyer-jazz-contemporain-americain-indien/

    • Je vois, j’avais pourtant écouté l’album quelques fois. Je n’absorbe pas les noms faut croire…
      Cette fois, je pense que c’est gravé dans le coco.

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