
Sylvain Luc / crédit photo: Spica
Puisque nous sommes bien partis dans la guitare depuis cette discussion musclée sur le legs d’Eddie Van Halen, voici un sujet d’actualité qui complète cette trilogie improvisée – franchement, je n’y avais pas songé à l’avance.
Issu d’une famille de musiciens, indique son profil Wiki, ce Basque de France a d’abord fait des études horizontales en musique: violon, violoncelle au conservatoire de Bayonne tout en étudiant aussi la guitare classique. Puis il est devenu accro de jazz tout en mettant au point un style assez hallucinant merci.
Et puisque Bayonne ne fait pas vivre son musicien «sérieux», Sylvain Luc a migré vers Paris où ses talents prodigieux ont été repérés par les artistes du jazz et de la musique populaire de qualité.
Ainsi, il a travaillé avec Al Jarreau, Catherine Lara, Michel Jonasz, Michel Legrand, Francis Lassus, Richard Bona, Steve Gadd, Biréli Lagrène, Elvin Jones, Wynton Marsalis, Stéphane Belmondo, Manu Katché, Michel Portal, Jacky Terrasson, André Ceccarelli, Jean Marc Jafet, Alain Caron, Didier Lockwood, John McLaughlin, Bernard Lubat, Lokua Kanza, Richard Galliano, Dee Dee Bridgewater, Steve Lukather, Billy Cobham, Victor Bailey, Larry Coryell, Al Di Meola, Marcus Miller…
Il y a deux ans, le festival Jazz en rafale l’a mis en relation avec le guitariste Sylvain Provost. Cet excellent guitariste québécois m’avait confié son admiration pour le collègue français. Il m’avait raconté l’avoir entendu en concert. Un ami guitariste présent à ses côtés en avait eu des sueurs de découragement, au point de quitter la salle haha !
Et pour cause. Pour reprendre l’expression de Sylvain Provost, Sylvain Luc est effectivement un extra-terrestre, guitariste d’un troisième type ! Combinant techniques de la guitare classique et de la guitare jazz, son approche constitue ni plus ni moins une contribution historique à cet instrument. Ce qui, d’ailleurs, lui a valu en France un DjangodOr dans la catégorie “musicien confirmé”, décerné en 2007. En janvier 2011, l’Académie du jazz en France lui remettait le prix Django Reinhardt. Qui plus est, Sylvain Luc est ambassadeur mondial des guitares Godin depuis 1993.

Aux côté du batteur André Ceccarelli et du bassiste/contrebassiste Jean-Marc Jafet, il a été membre du trio Sud, « Victoire de la musique Jazz » en 2003. Récemment, il lançait sous étiquette Dreyfus l’Organic Trio aux côtés d’André Ceccarelli et du claviériste (piano et Rhodes) Thierry Eliez.
Ce trio se produit au Gesù, jeudi soir. Et samedi à Québec, soit au Palais Montcalm. Avis au guitar heads, la tête va leur tourner s’ils s’y présentent. D’ici là, je vous suggère de visionner ce concert solo sur You Tube – deux heures, une minute, 29 secondes ! Vous aurez tôt fait de constater que ce supravirtuose de la guitare jazz ne fait pas que dans la passe spectaculaire et dans l’ostentation. Lorsque la grande technique sert la musique, nous sommes au paradis.
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