
Nous sommes à l’ère du mashup. Pour certains, cette pratique encore jeune se résume en la superposition de deux chansons, sorte d’extension de cette notion de remix déjà ancrée depuis belle lurette dans la culture musicale populaire.
Si vous voyez les choses ainsi, c’est que vous effleurez le phénomène.
L’intégration volontaire de fragments d’oeuvres préenregistrées peut aussi mener à la création d’oeuvres inédites et autonomes. La citation devient alors un matériau pour créer autre chose, ça n’a rien à voir avec toute forme de plagiat, dont la pratique consiste à piquer l’idée d’un autre sans que cet autre soit reconnu dans le processus.
Philippe B, lui, a parfaitement saisi le potentiel de la citation dans un contexte de création à l’ère numérique. Déjà, dans les albums précédents à ses brillantes Variations fantômes (sans titre en 2005 et Taxidermie en 2008), le trentenaire avait commencé à intégrer des éléments de musique classique à la confection de chansons originales dont le résultat n’a franchement plus grand-chose à voir avec les filons de musique classique dans lesquels il a puisé. Poulenc, Satie, Strauss, Ravel et autres Schubert y sont certes mis en relief mais ne dominent pas ses chansons. On sait leur présence, et on y voit un gage de singularité plutôt qu’un banal emprunt.
Vendredi soir au Conservatoire de Musique de Montréal, cette intégration de musique préenregistrées dans l’album se transformait en musique vivante, interprétée par 14 musiciens de divers horizons – classiques et populaires.
Bien au-delà du mashup !
Les deux représentations à guichets fermés ont été un succès complet. Qui plus est, on les a filmées et enregistrées pour le plus grand plaisir des fans. Souhaitons que l’expérience puisse se reproduire, ce qui n’est pas pas évident vu les coûts de production et le rayonnement commercial très relatif de Philippe B et ses Variations fantômes.
Liens utiles










benoitdg
19 février 2012
18h52
Monsieur Brunet,
Pensez-vous qu’une version réduite, seulement avec le quatuor, pourrait alors lieu à Québec ?
Je ne peux que l’espérer.
Merci.
timag
19 février 2012
23h19
M. Brunet Philippe B,. est un artiste qui m’intéresse et vais m’y mettre pretty soon for sur mais j’aimerais savoir si avez jeter un coup d’œil au “Chimes of Freedom: Songs of Bob Dylan Honoring 50 Years of Amnesty International”? Vous y avez vous la meute la-dedans? Tom Morino, Mark Knopfler, Charlie Winston, Rise agains the machine, Diana Krall, Pattie Smith, Elvis Costello, Avett Brothers, Billy Bragg, Angelique Kidjo, Adele, Jackson Brown, Joan Baez, Bryan Ferry, Fisfull of Mercy, Lucinda Williams, Marianne Faithfull, Seal & Jeff Beck, K’Naan, Lenny Kravitz, Steve Earle & Lucia Micarelli, Queen of Stone Ages, My Morning Jackett, Raphael Sadiq, Sting, Pete Townsend, Jak’s Mannequin, Ke$ha.
J’arrête là, je n’ai pas vu pareille brochette depuis Woodstock. Bob est rassembleur. Vous y attarderez-vous?
sultitan
20 février 2012
06h33
Guichets fermés pour un artiste dont je n’ai jamais entendu parlé. Coudonc! En tout cas si c’était dans le programme Montreal En Lumière je me méfie. C’est la bourgeoisie, ce festival. Et je ne parle pas du fait d’avoir de l’argent. Je parle de goûts et de culture.
charkie
20 février 2012
10h42
@sultitan
Une fois de plus, il suffit d’écouter un album pour éviter de faire des jugements hâtifs et sans fondements. Philippe B a pondu le meilleur disque québécois de 2011. Si tu n’en as jamais entendu parler, tu devrais l’écouter! Ton argument habituel étant que si la masse l’écoute, c’est forcément de la cochonnerie ne tient tout simplement plus.
denisclambert@
20 février 2012
10h44
J’ai vu le spectacle . C’est impressionnant, différent de ce qui nous est offert présentement . Il devrait des suites intéressantes , selon moi , à ce projet . La pop. peut être aussi cérébrale .Très intéressant et intelligent . Ça fait saprement du bien.
armkreuz
20 février 2012
12h30
J’ai assisté à la 2e représentation. Tout simplement magique. Un seul bémol tout de même, il est dommage de perdre la richesse des instruments classique dans les haut-parleur, surtout quand c’est joué dans une salle conçu pour un orchestre. Tout de même, un événement unique et fantastique.
sultitan
20 février 2012
12h33
Mon argument était que les goûts de masse sont souvent en retard sur la nouveauté stylistique, pas que tout groupe plaisant à la masse est automatiquement mauvais ni même complaisant.
alainbrunet
20 février 2012
12h38
@benoitdg
Comme il le disait en interview la semaine dernière, Philippe B devrait donner des concerts seul avec le Quatuor Molinari et ses échantillonnages. Mais, il est permis d’espérer que des diffuseurs achètent aussi la version de luxe.
alainbrunet
20 février 2012
12h44
Admettez, sultitan, que vous avez la gachette rapide sur l’émission de vos paramètres du bon goût et de l’innovation. Vous devriez parfois y songer avant de dégainer… D’autant plus que Philippe B n’est ni un «produit de masse» ni un microphénomène comme vous les aimez tant.
hardy_canyon
20 février 2012
14h12
J’aurais aimé voir et entendre ça. La livraison des nouvelles chansons était déjà convaincante en guitare-voix l’été dernier aux Francos, en première partie de Jérôme Minière. Reprise aux prochaines Francos, peut-être?
sultitan
20 février 2012
16h38
Exact, Alain. J’étais moi-même surpris de l’expression de “masse” qui n’est pas la mienne pour décrire Philippe B, mais voyez-vous je ne suis pas au courant si cet artiste joue à la radio au Québec ou non. Cela dit, vous trouvez pas que de mettre du Satie dans sa musique est une façon facile de se faire aimer d’un grand public? Je “cringe” chaque fois que j’entends l’une des gymnopédies dans un film.
alainbrunet
20 février 2012
16h40
Écoutez les Variations fantômes, sultitan. On n’est vraiment pas dans la facilité.
sultitan
20 février 2012
16h44
Les Initiales BB c’était un bon mashup.
unholy_ghost
20 février 2012
17h53
Et bien moi, j’ai acheté ces variations fantômes (enfin un collègue…) et le concept est p-e intéressant, mais je me suis ennuyé comme la gale. Goût personnel, cela dit.