
Pour faire lever un enregistrement de rock infusé aux racines du blues et autres tubercules indigènes d’Amérique, il faut une surdose d’imagination dans l’emballage et l’expression. À ce titre, on avons ici tout un plat mijoté au menu: Blues Funeral, enregistré sous étiquette 4AD.
Né au nord-ouest chez les voisins d’en bas, le petit mythe de Mark Lanegan remonte à The Jury, tandem bluesy qu’il formait avec Kurt Cobain à la fin des années 80 (en hommage à Leadbelly), suivi de Screaming Trees, Mad Season, Queens of the Stone Age, The Gutter Twins et autres apparitions pas toujours divines.
Mark Lanegan jouit d’un culte dont la progression est lente et sûre. Il se dirige doucement vers la notoriété des grandes icônes. Cet opus ne fait pas l’unanimité, force est d’observer sur Metacritic. M’est d’avis qu’il s’agit pourtant d’un album top niveau, certes admissible au grands crus 2012.
Le mec a lancé Blues Funeral à l’enseigne de son band qui n’avait pas enregistré depuis 2004- Bubblegum, sous Beggars Banquet. On écoute, on a le plexus en feu, on est nourri de cette superbe réalisation signée Alain Johannes. Les sédiments de distorsion, les vols de bourdons, gravats, résidus, poussières, saletés, exposition sans pudeur de l’usure et de la corrosion, emprunts stylistiques audacieux jusqu’à la dance music (Ode to Sad Disco), enfin tous ces menus détails qui font la différence entre un bon album et un grand album. Et par-dessus tout, la bénédiction de cette voix ensablée dont les mélodies simples et solides propositions chansonnières sont magnifiées par la luxuriance de cette réalisation.
Blues Funeral, donc. Il risque d’y avoir du monde à l’enterrement !
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