
En passant à l’autre dimension une journée avant les Grammys, Whitney Houston y occupera ce dimanche une place insoupçonnée: Jennifer Hudson lui rendra hommage, et pour cause.
« Ken Erhlich et son équipe modifient le plan de la cérémonie en urgence : “la nouvelle est encore fraîche dans nos esprits pour que nous puissions faire beaucoup, mais ce serait une marque de négligence de ne pas reconnaître la contribution remarquable de Whitney Houston aux fans de musique en général, et particulièrement ses liens avec l’émission des Grammy Awards.”» peut-on lire sur le site français Staragora.
Chroniqueur de variétés au milieu des années 80, j’avais préparé la recherche d’une invitation de Céline Dion pour une semaine à l’émission de l’animatrice Chantal Jolis (L’Oreille musclée). À peine sortie de l’adolescence, la Québécoise avait alors pour modèle Whitney Houston, superstar de l’heure. On pouvait la comprendre: la chanteuse afro-américaine avait tout pour elle: la beauté, la voix, le producteur Clive Davis, alors fondateur du label Arista. Succès nord-américain, succès mondial.
Whitney Houston fut reine de la soul pop pendant quelques années, sans bouleverser quoi que ce soit dans le genre sauf les quelques réformettes de ses producteurs afin de mieux conquérir le monde. Elle fut ni plus ni moins l’artiste populaire d’un Occident assumant mieux son caractère multiracial dans les années 80.
Bénie des dieux pour son physique exceptionnel et la puissance indiscutable de son organe vocal, «The Voice» a récolté 26 American Music Awards et six trophées Grammys, ses albums se sont vendus à 170 millions d’exemplaires. Elle fut la première artiste de tous les temps à conquérir sept fois d’affilée le top 50 des singles sur les palmarès américains.
Sa contribution artistique, en fait, me semble beaucoup plus ténue que son impact dans le marché entre 1983 et le début de la décennie suivante. Mais bon, elle a le mérite d’avoir été parmi ces premières chanteuses black ayant conquis tous les marchés, bien au-delà de l’auditoire soul / R&B. Elle a ainsi précédé les Mariah Carey, Mary J Blige, Lauryn Hill, Alicia Keys et autres Rihanna. Celle qui lui correspond le plus aujourd’hui serait à mon sens Beyoncé – également magnifique, douée d’une voix très puissante et très pop, bien au-delà de la communauté R&B.
Le déclin de Whitney est connu… Mariage houleux, cycle infernal de l’intox-désintox, endettement, perte de crédibilité, retour laborieux à la profession, et voilà cette mort prématurée.
Lorsqu’il dévale ainsi les pentes de la gloire, l’autobus du showbusiness peut faire de funestes embardées.
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atchoum
12 février 2012
15h56
Bizarre. Grande voix posée sur une pop guimauvesque qui s’étire et qui s’étire pour s’attaquer aux nerfs… Mais, à une certaine époque, on avait l’impression qu’on la jouait simultanément partout et tout le temps. À en devenir la trame sonore, involontaire, d’une période de vie. Ça expliquerait peut-être le petit vague-à-l’âme?
Sans connaître les circonstances du décès une image me vient en tête tirée du film portant sur la vie de Brother Ray. C’est lui qui a initié sa maîtresse, muse et grand amour à la drogue. Quand il apprend sa mort par sa femme on le voit s’effondrer. No sé pour B.Brown, mais c’est l’image…
hugo1981
12 février 2012
16h20
La pop reste de la pop et elle n’a jamais prétendu à plus mais elle était la mesure comparative de toutes les jeunes chanteuses à voix de la seconde moitié des années 80 et bien des jeunes hommes blancs ( dont je suis) ont fantasmé pour elle et même Gainsbourg…
Comme vous dites elle avait tout pour elle, la voix et le physique. Si elle avait connu l’équilibre et de bonnes rencontres artistiques, elle aurait pu nous surprendre. Mais ça a pris un bad boy pour tout faire déraper.
Morale: Don’t fuck with the bad boy!
montrealaise
12 février 2012
16h28
C’est fou. C’est comme si je la découvrais aujourd’hui.
Je l’entends comme jamais je ne l’avais entendue auparavant.
L’hymne national au Super Bowl…
R.I.P. Whitney Houston.
Merci pour tous ces beaux moments que tu nous as donnés.
jon8
12 février 2012
17h41
Au risque de passer pour un Nexus 6, je trouve lassant ce pattern où un artiste atteint systématiquement un paroxysme de popularité… à sa mort. Comme si, tout à coup, sa valeur était multipliée par 10 lorsqu’il devient certain qu’il ne produira plus rien. Drôle de réflexe, humain à ne pas en douter, qu’un psy pourrait probablement nous expliquer en détails.
Enfin, à la limite je peux comprendre les vagues d’empathie pour un artiste qui disparaît au sommet de son art, mais les has-been ? Avancés en âge de surcroît ? uhmm
Il me semble que sans être cliniquement morts, certains sont ”artistiquement morts” depuis belle lurette. Et comme tout le monde finit par crever un jour, ce n’est qu’une question de temps avant d’officialiser la chose. Bon, je retourne me faire graisser les articulations.
pierrea
12 février 2012
17h47
Oh que ça va être triste ce soir.
Oui, elle était résolument conventionnelle, elle ne prétendait pas repousser les frontières, mais elle l’a fait à sa façon, en déployant son talent magistralement dans un milieu plus mixtes, alors qu’auparavant une chanteuse de sa stature aurait évolué dans un circuit plus noir. Elle a élé l’étape suivante, la meilleure voix et l’une des plus belles femmes du monde.
Elle ne sortait pas des sentiers battus, mais dans ces paramètres, quelle prestance et quelle force! Quand une chanson de Whitney jouait, personne ne demandait qui c’était. Elle avait une présence considérable et tout ce qu’elle touchait devenait “Whitney”.
Je suis loin d’être son plus grand fan, je lui reprochais son manque de Blackitude moi aussi, dans le temps. Mais il faut comprendre qu’elle était la suite logique du soul et du r n b. Aretha, avant de signer chez Atlantic, avait tenté d’être une chanteuse plus pop, et était revenu à ses racines. Whitney n’a pas eu à choisir, elle est tout de suite sortie du ghetto musical, jamais pour le pire et pas toujours pour le meilleur, mais elle l’a fait.
noirod
12 février 2012
18h45
@jon8
Votre commentaire trahit votre âge. On appelle ca le souvenir,l`histoire,le passé,de y`ou on vient pour savoir ou on va et qui on est. Un jour votre capacité d`analyse et de perspective s`ouvrira avec l`âge et vous permettra de considerer vos voisins autrement que comme des morts vivants.
Au risque de recevoir des tomates que j`assume d`ailleurs quitte à m`en faire un bon sandwich ou un succulent ketchup ,je crois que Whitney Houston aura à sa facon personnifié une diva dans tout le sens du terme et son destin fatal fait partie de cette page de son héritage.
Un peu comme les Judy Garland et les démons de l`alcool à une autre époque,Houston aura gouté au nectar de la célébrité grace à un don naturel qui malgré elle allait l`amener à être la releve de la soul et de toute une génération afro-américaine .On a qu`à lire les commentaires d`un paquet de jeunes chanteuses qui aujourd`hui se savent orphelines pour comprendre ce qu`elle a inspiré chez ses aspirantes…
(lancer ici les tomates) C`est probablement macabre de comparer les déces mais celui de Whitney place à sa juste perspective celui de Amy W. Cette derniere n`était qu`étoile filante qui n`aura probablement pas eu le temps de laisser une marque sur son art autrement que par son pathétique destin écrit dans le ciel.
Le deces de Houston laisse un grand vide sur ce qui aurait pu être , j`aurais aimé voir son potentiel pleinement exploité dans autres styles que la pop,,soit le blues,le jazz car avec son régistre vocal elle aurait pu certainement faire son chemin à d`autres nivaux que la performance populaire.
Mais comme le dit à juste titre hugo1981 des fois dis moi avec qui tu te tiens et je t`écrirai ta carte du ciel.
fuligule
12 février 2012
18h53
Encore une autre qui courait après sa mort ! Je n’ai pas beaucoup de compassion pour ces gens-là. Faut dire qu’elle avait toute une voix cependant !
columbo9999
12 février 2012
19h09
Fuligule………….commentaire facile de votre part….
Il est facile de faire des commentaires gratuits lorsqu’on ne connait pas le sujet. C’est désolant. Il faut fouiller un peu plus et prendre la peine d’analyser. Whitney Houston n’est pas venue au monde intoxiquée. Malgré son succes, elle a marié un 2 de pique qui l’a initiée a tous les problemes dont elle a souffert au cours des dernieres années. Elle est une victime et non une coupable. Ce trouduc de Bobby Brown devrait etre hué partout ou il va se produire. c’est lui le coupable.
jon8
12 février 2012
19h14
@ Noirod
”Un jour votre capacité d`analyse et de perspective s`ouvrira avec l`âge”
J’en salive déjà.
Est-ce que je vais aussi voir au travers des murs, ou je vais être pris à trimbaler des gadgets comme Batman ?
carnior
12 février 2012
20h04
Passera surement à l’histoire pour avoir interprété “I will always love you” et “How will I know”, deux des plus insupportables chansons de la musique populaire.
setzer
12 février 2012
20h36
Bon… il semble que les moralistes envahissent encore ce blog.
chavi
12 février 2012
20h40
@carnior….100% en accord…elle nous faisait subir des chansons insupportables ….tout le contraire de Tina Turner, par exemple….
hugo1981
12 février 2012
20h49
@noirod
le peu que l’on a pu entendre de Amy, 3cds et des vidéos sur Youtubes.
Pour moi, elle était l’interprète la plus singulière des 20 dernières années, pouvant passer du soul au jazz, chantait plus black qu’une black.
J’ai un énorme regret par rapport à cette interprète, sur tout ce qu’on aurait pu entendre et qu’on entendra jamais.
Même si j’écoute peu de pop, je ne peux qu’admirer des voix comme Whitney Houston ou Karen Carpenter. Dans leur cas, les qualités vocales sont trop évidentes.
jon8
12 février 2012
20h59
”Passera surement à l’histoire pour avoir interprété “I will always love you” et “How will I know”, deux des plus insupportables chansons de la musique populaire.”
Chaque fois que je pense à Whitney Houston je ne peux m’empêcher d’avoir le pénible souvenir où, dans ma jeunesse de plus en plus lointaine *soupir*, une voisine faisait tourner en loop la toune ”I will always love youuuu” un certain été de ‘93, toute fenêtre ouvertes. Quand je dis ”en loop”, c’est vraiment sur repeat pendant des heures de temps. À fond la caisse. La goutte d’eau chinoise, en pire. Mon chat, dieu ai son âme, est devenu un peu maboul par la suite. Je m’en suis sorti à peu près correct si ce n’est de ma prématurée perte de cheveux. Enfin bref, moi qui croyait avoir déjà subit le pire avec Everything I Do I Do It For You, de Bryan Adams! Maintenant je suis vacciné contre les Adèle de ce monde.
imoi
12 février 2012
21h00
“Est-ce que je vais aussi voir au travers des murs, ou je vais être pris à trimbaler des gadgets comme Batman ?”
Mieux, vous aurez la faculté d’apprécier la supériorité du vinyle. :)
jon8
12 février 2012
21h20
”Mieux, vous aurez la faculté d’apprécier la supériorité du vinyle. :)”
oh damn, le piège! Je ne verrai pas au travers des murs donc, je vais être aveuglé!
Illusions, tentations du démon et pilule bleue, VADE RETRO!
P.S. où est Scotch quand nous avons besoin d’elle ? WH, y a du potentiel à critiquer! ;-)
sultitan
13 février 2012
04h25
Je trouve que les médias exagèrent en affirmant que Whitney Houston avait ouvert la voie pour les femmes noires dans la pop. Que dire de Diana Ross, Donna Summer, les Pointer Sisters, Tina Turner, et j’en passe un grand nombre. Même avant Aretha Franklin il y avait plusieurs grandes femmes noires un musique pop, mas il se peut qu’Aretha fut la première femme noire a accéder, en solo, au chart pop “blanc” (pas juste celui des “noirs” RNB…je sais, c’est stupide de concevoir les choses comme çà, mais pour les américains il y avait un chart “blanc” et un chart “noir”). Évidemment, Aretha est une classe à part avec son type “soul”, mais Respect était très pop aussi.
Cela dit, Whitney est une des grandes divas de type Adult Contemporary, et un lien direct avec Celine Dion. Je n’ai aimé de sa musique que les rares hits les plus “dance”, mais je reconnais sa place dans l’histoire pop américaine.
hardy_canyon
13 février 2012
11h00
Je me souviendrai surtout de l’apologie qu’en fait Patrick Bateman, dans American Psycho.
scotch
13 février 2012
11h52
jon8
12 février 2012
20h59
”Passera surement à l’histoire pour avoir interprété “I will always love you” et “How will I know”, deux des plus insupportables chansons de la musique populaire.”
Chaque fois que je pense à Whitney Houston je ne peux m’empêcher d’avoir le pénible souvenir où, dans ma jeunesse de plus en plus lointaine *soupir*, une voisine faisait tourner en loop la toune ”I will always love youuuu” un certain été de ‘93, toute fenêtre ouvertes. Quand je dis ”en loop”, c’est vraiment sur repeat pendant des heures de temps. À fond la caisse. La goutte d’eau chinoise, en pire. Mon chat, dieu ai son âme, est devenu un peu maboul par la suite. Je m’en suis sorti à peu près correct si ce n’est de ma prématurée perte de cheveux. Enfin bref, moi qui croyait avoir déjà subit le pire avec Everything I Do I Do It For You, de Bryan Adams! Maintenant je suis vacciné contre les Adèle de ce monde
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Ah c’était moi. lol
Non moi la cassette que j’avais achetée était avec son hit: “Saving All My Love for You” dans les années 80. Je n’ai pas été une grande fan de Whitney parce que c’était mon époque Madonna, Michael Jackson, Duran Duran, The Police, Eurithmics, INXS, Bryan Ferry, The The mais c’est surtout tous les souvenirs qui reviennent de cette époque qui pour moi a été une très belle époque de ma vie. J’ai eu beaucoup de fun et j’étais très heureuse, alors cette chanson me rappelle un été lorsque j’habitais “lower Westmount” que je sortais beaucoup pour aller danser au centre-ville, que j’avais la naïveté et l’insouciance de ma jeune vingtaine comme Whitney à l’époque. Ça me rappelle que beaucoup de gens de cette génération cocaïne en sont restés accros ou ont piqué un gros down après.
_boulga
13 février 2012
12h02
Accoler ‘R&B’ à Houston est un tantinet un stretch. C’est hyper white pop.
Elles sont un rien plus vieilles, mais à l’époque, dans le genre, les Pointer Sisters étaient bien meilleures dans leur virage pop (I’m so excited) et surtout, plus groundées dans des vraies basse-line black. Chaka Khan aussi, même Paula Abdul.
Je lis partout une filiation avec Beyoncé, Rihanna et… Mariah Carey. Celle-là je la catche pas. Mariah Carey est-elle afro-américaine? Se considère-t-elle ainsi?
alainbrunet
13 février 2012
12h08
@boulga
Mariah Carey est en partie black. Et je vous suggère de visionner la vidéo de WH en duo (la 3e) avant d’affirmer que c’est «hyper white pop». Aussi black que Beyoncé et Rihanna, ETK. Moins qu’Aretha, on est d’accord.