
Sans me rouler dans la motivation et l’enthousiasme, je finis toujours par visionner la retransmission en direct des Grammys. Après tout, ça fait partie du métier… et nous sommes toujours en Amérique du Nord à ce que je sache. Vous aussi ? Je vous suggère alors de lire en direct les gazouillis de La Presse mis en ligne…Simultanément, je concocterai un billet qui ne cessera de se transformer au cours de la soirée.
* Bruce Springsteen et l’E-Street Band with strings: We Take Care of Our Own. Énergique et… c’est tout.
* Et puis voilà la prière de LL Cool J pour feue Whitney Houston, suivi d’un film d’archive de la défunte. Première d’une longue série d’allusions.
* De jaune vêtu, Bruno Mars et sa bande se paient un décalque de James Brown…
* En duo, guitare et claviers, Bonnie Raitt et Alicia Keys interprètent une autre disparue: Etta James
* Adele remporte son deuxième Grammy du week-end, premier en ondes.
* On se demande par la suite si Chris Brown a usé de lipsynch intégral ou non… Il danse en ta, cependant.
* Le Grammy de la meilleure performance rap: Otis de Jay Z et Kanye West… absents ce soir.
* Et puis Kelly Clarkson (American Idol) et collègues country… qu’on découvre ce soir ! Enfin, c’est vrai, ils sont connus partout à l’intérieur des terres.
* Les Foo Fighters se produisent en direct hors de l’amphithéâtre des Grammys. Quasiment du corporate rock… quel ennui!
* Rihanna avec chorégraphie techno disco: We Found Love, qu’elle dit. C’est vrai ? Il lui vaut mieux joindre Chris Martin avant que Coldplay ne se déploie au complet. L’art de toujours refaire la même toune… Nous ne sommes vraiment pas au … Paradise !
* Et puis le grand retour annoncé des Beach Boys, précédé de Maroon 5 et Foster the People. Good good vibrations en direct ? Pas sûr du tout. Personnellement, j’ai ressenti la crispation collective digne d’une répétition au début d’un processus de reconstruction. On était loin de la performance enlevante à laquelle on était en droit de s’attendre.
* Wow les G-Men Victor Cruz et Mario Manningham viennent présenter le Grammy de la performance rock que remportent les Foo Fighters.
* Chris Brown gagne un Grammy, Stevie Wonder présente Paul McCartney qui chante My Valentine pour Diana Krall, guimauve et orchestre de cordes. Une des rares inédites de son nouvel album que certains qualifient de jazz…
* Taylor Swift se produit au village d’antan… On n’en demandait pas tant.
* Nous sommes sans mots pour le numéro de Katie Perry aux cheveux bleus qui fait exploser une cage de verre et incendie les lieux….
* Adele en gagne encore un autre pour Rolling in the Deep, chanson de l’année.
* Avec déjà quatre Grammys en poche, Adele monte sur scène pour entonner We Could Have Had It All (Rolling in the Deep). Alors ? De loin le meilleur numéro de la soirée.
* De retour au village d’antan pour un hommage bien senti à Glen Campbell, icône country pop du dernier demi-siècle…
* Carrie Underwood et Tony Bennett présentent le Grammy du Best New Artist, et chantent d’abord It Had To Be You… Et le gagnant: Bon Iver succède à Esperanza Spalding ! « C’est difficile d’accepter ce prix. Il y a beaucoup de talent ici, mais aussi beaucoup de talent qui n’est pas là», déclare-t-il entre autres, un peu mal à l’aise. Comme prévu, une pléthore de téléspectateurs étaleront leur ignorance sur Twitter.
* La liste des disparus de l’année se termine par l’hommage de Jennifer Hudson à Whitney Houston. Pas facile… et réussi.
* Ben pour dire, Questlove présente David Guetta, Chris Brown, Lil’Wayne, les Foo Fighters et Deadmau5. Pas mal du tout ces fondus enchaînés !
* Drake présente Nicki Minaj: elle apparaît au confessionnal pour une reconstitution rocambolesque de l’Exorcisme. Assez divertissant, somme toute ! Qu’en dira l’extrême-droite chrétienne des USA ? Rick Santorum, exprimez-vous !
* «Thank you so much this is ridiculous !» dixit Adele, 5e Grammy en main: enregistrement de l’année.
* Pour coiffer le tout, la chanteuse anglaise en remporte un 6e : album de l’année présenté par Diana Ross. À n’en point douter, les 54e Grammys auront été ceux d’Adele.
* En clôture, Paul McCartney s’avère nettement meilleur dans son interprétation de Carry That Weight…Des pointures se joignent à Sir Paul pour le jam final… Bruuuce, Grohl, etc. On peut aller dormir avec les mêmes impressions annuelles…
En somme:
Beaucoup de géronto pop-rock au menu : Beach Boys pas mal rouillés, Glen Campbell («hommagé» justement, il faut dire, surtout dans le contexte où on le sait atteint d’alzheimer), Sir Paul qui se prend pour Tony Bennett, Springsteen égal à lui-même… Le choix de Bon Iver fut l’une des rares séquences d’audace pour une académie dont l’imagination rock se résume aux Foo Fighters. N’importe quoi ! Les grandes voix au programme furent celle de l’impériale Adele (à elle seule responsable de la relance des ventes d’albums) et… feue The Voice, incarnée cette fois par une Jennifer Hudson surnageant dans l’émotion. La scène country amerloque occupe toujours cette place importante et qui laisse indifférents les médias des grandes villes. Nicki Minaj a remporté la palme d’une pop culture plus délurée que la moyenne grammyesque, son numéro fut le seul véritable moment d’irrévérence de la 54e soirée des Grammys.
Et voilà… passons à un autre appel.
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