Alain Brunet

Archive, février 2012

Mercredi 29 février 2012 | Mise en ligne à 9h18 | Commenter Commentaires (67)

Plants and Animals : The End of That

Plants and Animals The End of That

Usant d’arrangements raffinés et de créativité en studio, Plants and Animals est passé progressivement à l’épuration et la quête de l’émotion brute. Le chemin inverse que prennent les musiciens populaires pour leurs trois premiers albums – Parc Avenue en 2008, La La Land en 2010 et The End of That, lancé cette semaine.

On écoute, on réécoute, on est au coeur de la période 65-75, dans ce territoire de la musique américaine sortie du folk, convertie au rock et au psychédélisme. J’ai beau peser et sous-peserThe End of That, je n’y observe que des répliques du passé. La maîtrise d’un patrimoine. Sorte de classicisme folk rock certes maîtrisé et senti, mais sans valeur ajoutée si ce n’est qu’un mince vernis indie. Nord-américain, psych rock, psych folk si vous y tenez.

Pour qu’un riff de guitare, une mélodie, un groove, un tone de guitare se démarquent des dizaines de milliers déjà enregistrées depuis 40 ans, il faut plus que de la sincérité, plus qu’un talent de mélodiste, plus qu’une très bonne connaissance americana.

Je ne veux pas prêter d’intentions aux Montréalais Warren C. Spicer, Nicolas Basque et Matthew Woodley, j’imagine qu’ils font cet acte de foi: une bonne chanson brute est une bonne chanson, quelle que soit son instrumentation et son emballage. Je ne partage pas cette valeur. À mon sens, de bonnes chansons méritent davantage. Je suis de ceux qui croient en ce principe: pour transcender les modes et s’inscrire dans l’histoire, une oeuvre doit être ancrée dans le présent… sans renier le passé.

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Metacritic: moyenne de 61% fondée sur 6 textes

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Plants and Animals, profil wiki

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Mardi 28 février 2012 | Mise en ligne à 7h54 | Commenter Commentaires (124)

Ariane Moffatt

Ariane Moffatt Ma

Ma, titre du nouvel album d’Ariane Moffatt, est un concept japonais.

« Ma désigne la distance qui sépare deux entités, celle qui en assure la spécificité, la distinction, l’intervalle. Ma peut être traduit par fossé, espace, pause entre deux parties structurelles. On peut aussi faire l’expérience de ce concept de spatialité entre des intervalles. Ma désigne aussi la conscience de cet espace chez l’observateur, mais encore la conscience simultanée de la forme et de la déformation résultant d’une intensification de la vision», peut-on lire sur le profil wiki du concept.

Ainsi, Ma a été un principe moteur pour la création de cet album bilingue. Composé, écrit, joué, arrangé, réalisé par Ariane Moffatt, un processus amorcé à l’automne 2010 et rendu public cette semaine. Le quatuor à cordes Mummies on the Run (arrangé par la violoniste Mélanie Bélair), une section de cuivres (arrangée par le tromboniste Jean-Nicolas Trottier) et Jeanphi Goncalves ont été invités pour certaines sessions.

Ariane Moffatt ne se prend pas pour acquise. Les éléments de musique électronique, les arrangements parfois audacieux (je pense notamment à la finale de Mon corps), le florilège d’échantillons sonores réinjectés, l’excellente prise de son de Pierre Girard, voilà autant d’éléments qui concourent à cette conclusion: ce très bon album témoigne d’une réelle évolution, d’une réelle ouverture, d’une réelle curiosité. Toutefois, il m’arrive d’avoir l’impression d’un excellent travail de synthèse des dernières années de pop culture mondiale (électro, dance punk, indie rock etc.) que d’une signature de haute volée. Bien sûr, ses fans les plus fervents et les observateurs exclusivement tournés vers la nouvelle chanson francophone d’Amérique n’y verront que du feu.

Quoi qu’il en soit, elle se rapproche ce ce gros album qui marquera son oeuvre. Y parviendra-t-elle ?

Quoi qu’il en soit, Ariane demeure une naturelle de la pop de création, elle met le temps pour élever sa musique, elle est en bonne voie de trouver encore mieux.

Le choix de l’anglais (six titres sur onze au programme) l’a peut-être conduite à faire encore plus, compte tenu de ses espoirs d’exportation. Aucune idée si ce bilinguisme aura pour effet d’accroître le rayonnement de cette douée Montréalaise. Bientôt rouvert à Austin, le bar à poutine de SXSW lui sera-t-il avantageux ? On le lui souhaite…

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Interview d’Émilie Côté

Ma, le concept japonais (selon wiki)

Site Audiogram

Écoute intégrale de Ma en flux continu, Audiogram

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Lundi 27 février 2012 | Mise en ligne à 11h31 | Commenter Commentaires (68)

Chantal Jolis

chantaljolis_8

Je n’ai pas l’habitude de la chronique nécrologique, je ne suis pas de ceux qui cultivent la nostalgie de quelque bon vieux temps. Permettez-moi cette exception: atteinte de la maladie de Parkinson, l’animatrice Chantal Jolis est décédée la nuit dernière aux Îles-de-la-Madeleine où elle s’était retirée pour l’ultime fondu de sortie.

Depuis qu’elle a quitté l’animation à la Société Radio-Canada pour des raisons de santé, je l’ai croisée quelques fois et puis… je ne l’ai plus revue par la suite. Retenu à l’extérieur de la ville, j’ai malheureusement loupé une soirée organisée en son honneur il y a plusieurs mois déjà.

Je dois souligner avoir beaucoup appris auprès de Chantal Jolis, soit au milieu des années 80 alors qu’elle était une star des ondes et que j’étais tout petit chroniqueur. J’avais alors passé une année à ses côtés -ex de CIBL, j’avais démarré à la SRC en tant que chroniqueur pour l’émission Sept Heures Bonhomme, après quoi je fus recruté par Chantal à titre de recherchiste et chroniqueur à son émission L’Oreille musclée. Une saison passée à ses côtés, et mes interventions au micro avaient pris du mieux. Moins crispées, moins froides, moins ethnomusicologiques. Chantal m’avait indiqué qu’il fallait parfois sacrifier en ondes une partie du contenu pour laisser place à l’émotion et la fantaisie. Je me suis toujours efforcé de retenir cette leçon.

Notre plus beau souvenir commun est le suivant : lorsque je lui avais proposé d’organiser une entière semaine africaine pour son émission (à l’hiver 1986), semaine qui avait culminé au Balattou pour une série de performances en direct, Chantal avait sauté pieds joints dans le projet. Succès total, n’est-ce pas Touré ?

L’année suivante, Chantal avait migré vers le nouveau réseau Quatre Saisons avec l’objectif de joindre un plus grand public que le radio-canadien. Elle avait alors frappé le mur du crossover québécois pour finalement retourner à son public «naturel». Je ne l’ai plus côtoyée professionnellement par la suite mais je l’ai croisée très souvent lors des concerts auxquels j’étais affecté, surtout ceux consacrés aux musiques africaines, antillaises ou arabes qu’elle adorait.

Je me souviendrai toujours de cette vivacité d’esprit, cette intelligence, cet instinct, cette exubérance. Qui plus est, ce talent exceptionnel pour le direct, pour la radio publique de grande qualité.

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