Alain Brunet

Archive du 31 janvier 2012

Mardi 31 janvier 2012 | Mise en ligne à 20h46 | Commenter Commentaires (58)

Julie Lamontagne: jazz + classique = Opusjazz

Julie Lamontagne OpusJazz-Cover

Pour vraiment faire carrière sur la planète jazz, Julie Lamontagne devait se départir de ses réflexes pop de directrice musicale et de claviériste vedette.

On a beau s’avérer jazzwoman de fort potentiel, difficile de voir son salaire fondre comme neige au soleil afin de faire valoir son plein potentiel. Généralement, c’est le contraire qui se produit dans la vie professionnelle, n’est-ce pas ? Et puisque le jazz ne traverse pas la meilleure des périodes de son histoire, puisque son marché n’est pas en expansion, le choix d’embrasser le genre est un pensez-y bien.

Julie y a songé, depuis la sortie son album précédent (Now What), c’est-à-dire il y a près de trois ans. « Dans ma tête, c’était clair mais j’avais souvent le réflexe d’accepter les contrats pop », m’a raconté la pianiste dans une interview bientôt publiée et mise en ligne.

Elle y songé, elle a choisi. Exit la «permanence» auprès de la charmante Isabelle Boulay, la pianiste n’accepte désormais que des embauches souples qui lui permettent de donner priorité à son objectif artistique: devenir une jazzwoman de renommée internationale.

La nouvelle étape est la suivante, c’est-à-dire la synthèse de son parcours décliné en 11 pièces: l’album Opusjazz vient d’être lancé sous étiquette Justin Time et sera mis en lumière à maintes reprises bientôt, notamment au festival Montréal en lumière – à l’Astral, les 23 et 24 février, soit en première partie du guitariste Al Di Meola.

Avant de passer aux choses sérieuses, c’est-à-dire une éducation supérieure qui lui ouvrirait la porte à une vie professionnelle, Julie Lamontagne était promise à une carrière de pianiste classique. Elle devint plutôt pianiste de jazz et gagna sa vie en tant que musicienne de variétés jusqu’à ce que le jazz ne soit ze priorité une fois pour toutes.

Au cours de la décennie précédente, elle a parfait sa formation avec le musicien idéal pour réconcilier la jazzwoman qu’elle est avec cette étape cruciale de son éducation pianistique: Fred Hersch.

Le New-Yorkais est une pointure, soit l’un des plus grands spécialistes de l’intégration du classique dans le jazz. On peut dire de lui qu’il a écrit le chapitre suivant celui de Bill Evans ! Soliste de qualité supérieure, accompagnateur chevronné ( Stan Getz, Joe Henderson, Lee Konitz, Jane Ira Bloom, etc.), pédagogue d’une rigueur et d’un raffinement absolus, Hersch fut entre autres le professeur de Brad Mehldau.

Julie Lamontagne lui doit beaucoup et l’on peut dire que cet album solo est directement lié à cette relation élève-prof. À sa manière, elle y relit Fauré, Brahms, Bach, Chopin, Mathieu, Rachmaninov, Handel, Debussy, Ravel. Les improvisations y sont sobres, la pianiste tente un équilibre entre les deux esthétiques en respectant une large part de l’esprit classique dans l’exécution.

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Site officiel

Montréal en lumière


(HD) Julie Lamontagne Trio – TVJazz.tv par Sortiesjazznights

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Malgré un déclin observé pour une neuvième année consécutive, le marché de l’Hexagone manifeste un certain optimisme après de nombreuses années sombres, constate-t-on à la lecture des médias français.

Comme c’est le cas chaque année au Marché international de la musique (MIDEM), le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP), soit le groupe de pression des majors en France et relié à l’International Federation of the Phonograhic Industry (IFPI), dévoilait lundi les statistiques qui suivent, question de dresser sommairement le portrait de l’industrie de la musique enregistrée chez les cousins:

* Déclin du chiffres d’affaires de 3,9% pour un total de 617,2 millions d’euros en 2011.

* Croissance de 25 % des ventes tirées du numérique pour un total de 110,6 millions d’euros. Le numérique représente ainsi 21 % des revenus de la musique en 2011, soit 5% de plus que l’année précédente. Les revenus du numérique se résument par la vente en ligne (croissance de 23,6 % pour les albums téléchargés légalement), les abonnements aux plateformes d’écoute en flux continu (internet et téléphonie mobile) ainsi que le partage des revenus publicitaires émanant de ces services.

* Les ventes physiques d’albums, singles et DVD, elles, représentent 79% des revenus du marché français, ce qui totalise 412,6 millions d’euros en 2011. On observe ainsi une baisse de 11,5% des ventes physiques par rapport à l’année précédente.

David El-Sayegh, directeur général du SNEP, résume la situation en parlant d’un« marché en convalescence, avec des promesses pour l’avenir », citation reprise par Le Monde.

Que penser de ces stats à notre tour ?

Comme on le constate aux USA ainsi que dans notre petit marché québécois, le numérique légal est en croissance. Douze ans après les débuts du déclin annoncé par la croissance exponentielle du piratage, les revenus du numérique représentent aujourd’hui le cinquième de la cagnotte française.

On sait que les mesures françaises pour contrer le piratage (HADOPI) sont les mieux actualisées au monde. Or, on observe dans l’Hexagone plus ou moins la même tendance à la croissance des revenus légaux du numérique dans des marchés où le cadre juridique est nettement moins répressif – le Canada est un bon exemple. La corrélation entre répression sur l’internet et augmentation des revenus semble donc toujours aussi difficile à établir directement.

La suite s’annonce intéressante…

Liens utiles

L’article du Monde

L’article du Figaro

Bilan 2011 du Syndicat national de l’édition phonographique

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