Alain Brunet

Alain Brunet - Auteur
  • Alain Brunet

    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
  • Lire la suite »

    Partage

    Dimanche 29 janvier 2012 | Mise en ligne à 15h28 | Commenter Commentaires (33)

    Igloofest 2012, suite et fin

    MIGLEGO_MIGUEL_LEGAULT_IGLOOFEST-2012-01-28_6366

    Photo fournie par L’Igloofest / crédit: Miguel Legault

    Si le ciel ne nous tombe pas sur la tête, le prochain rendez-vous est fixé l’an prochain.

    D’ici là, comment l’Igloofest pourra-t-il envisager son développement ?

    Le festival extérieur devra faire face à un problème de surface. Comment accueillir encore plus de monde sur la même aire ? L’emplacement actuel ne laisse plus beaucoup de marge de manœuvre pour dépasser les 70 000 spactateurs recensés cette année – 10 000 de plus qu’en 2011… Faudra-t-il négocier quelques lopins supplémentaires sur les Quais du Vieux-Port ? Ce ne sera pas chose facile… Derrière la scène principale, le Cirque du Soleil dispose d’infrastructures permanentes et l’on ne peut empiéter sur ce terrain. En direction opposée? Ne reste plus grand espace…

    L’Igloofest devra peut-être aussi songer à la diversification de sa clientèle. Au-delà de sa portion 18-25 ans, l’auditoire de musique électronique présent à l’Igloofest constitue une minorité visible. L’électro est un phénomène multi-générationnel, plusieurs DJ présents sur la grande scène de l’Igloofest sont quadragénaires ou affichent la fin de trentaine… et la perspective de se retrouver dans un vaste happening dans le froid rebute généralement les adultes ayant dépassé le quart de siècle – quoique la température augmente de 10 degrés Celsius lorsqu’on se retrouve dans la masse des danseurs.

    Soyons réalistes, les DJ set présentés à l’extérieur au cœur de l’hiver ne s’adressent essentiellement qu’aux (très) jeunes adultes. Toutefois, les éléments plus pointus pourraient se retrouver dans un lieu beaucoup plus vaste que ne l’est le petit dôme (Igloo Virgin Mobile) actuellement utilisé. Pourquoi ne pas ériger un immense Igloo, tant qu’à exploiter cette image ? Et ainsi y présenter le nec plus ultra de la culture technoïde pendant que les kids s’esbaudissent devant la scène principale, affublés de leurs combinaisons (une pièce), de leurs lunettes de ski et autres fringues hivernales aussi exubérantes les unes que les autres ? Bien sûr, cela n’empêcherait en rien la présentation de contenus plus substantiels sur la grande scène.

    Dettmann et Klock

    Marcel Dettmann et Ben Klock à l’Igloofest / Crédit photo: Miguel Legault

    Ainsi, ce week-end on a eu droit au très attendu tandem que forment Marcel Dettmann et Ben Klock, que l’on peut considérer dans le nec plus ultra de la techno allemande. Difficile d’imaginer plus carré, plus industriel, plus droit que cette musique élaborée par ces DJ de renom, célèbres en Europe et respectés par les connaisseurs nord-américains. Ensemble, Dettmann et Klock ont mixé pendant quatre heures samedi soir. À travers ce flot continu de groove germanique, on a certes perçu quelques ornements visionnaires mais, grosso modo, l’exigence de la danse pour grand public réduisait un tant soit peu l’éventail des propositions esthétiques, ce qui est tout à fait normal dans le contexte.

    Vendredi soir, la jeune Anglaise Maya Jane Coles devait aussi composer avec les mêmes paramètres : devant des milliers de fans dont l’objet essentiel est de s’éclater, le groove proposé fut forcément moins substantiel que ce que le suggèrent ses enregistrements. Les insertions de soul / R&B/ hip hop dans sa house/dubstep m’ont semblé plus substantiels durant la première moitié de son set, alors que la deuxième m’est apparue plutôt redondante. L’arrivée de Green Velvet, vétéran de la house/techno from Chicago eut d’ailleurs l’effet d’un électrochoc. Au bout de 45minutes, cependant, cette suite de spirales ascendantes de sons acidulés n’avait d’autre utilité que de stimuler les pieds et le bas-ventre des festivaliers.

    Ce fut néanmoins plus réjouissant que le set de Diplo, jeudi soir. L’ex-acolyte de M.I.A., à qui l’on doit plusieurs fondements de la facture sonore, m’a franchement déçu. À ses sons, et ses zigonnages ad nauseam de friture technoïde (non sans rappeler le sabre-laser de Luke Skywalker), Diplo nous a balancé des éléments mélodiques qui frôlaient la ritournelle et le mauvais goût. Racolage ou panne d’inspiration ?

    Prochaines observations électro-hivernales? À l’Igloofest 2013.


    • peut -être bien que le site des festivals de l,ile ste hélène ferait bien l,affaire(osheaga ,heavy mtl …etc)y attirent je crois plus de monde.La capacité de ce site est plutôt énorme je crois mais peut-être me gourre je ?lolllou me gourou enfin!

    • peut-être pourraient t-ils de servir de la biosphère auusi ce serait génial de réinvestir pour y reposer du plexyglass.Au moins pour une partie du show….

    • Désolé pour mes erreurs de frappe(in vino veritas ,mais in vino un gars se casse….).

    • Diversifier la clientèle? Le froid rebute les adultes ayant dépassé le quart de siècle?

      C’est bien dommage pour eux. Moi je dis, ils ont qu’à s’adapter. Il y a de nets avantages à un événement comme l’Igloofest. On doit s’habiller chaudement donc pas de trips de monsieur muscle et de méga pitounes comme au Bal en blanc ou Black and Blue. Les sessions sont plus courtes aussi ce qui n’encourage pas les trips de drogues excessifs comme on peut en voir dans les événements plus longs. On est tous là solidaires de notre combat contre le froid. Les participants étaient de bonne humeur, tous serrés les uns contre les autres, bien enveloppés dans nos vêtements d’hiver, on se foutait pas mal de recevoir des coups de coude ou de genou.

      Je vais avoir 50 ans cette année. Je suis beaucoup amusé samedi soir à l’Igloofest. Vrai qu’il n’y avait pas beaucoup de monde de mon âge dans la foule. Tant pis pour eux. J’ai déjà hâte d’y retourner l’année prochaine.

    • Cool ! Et dire que je ne vous avais même pas remarqué …

    • Grosse soirée Teutonne samedi soir!! (mon seul igloofest de 2012).

      Ostrich, au début début était pas mal bon (à la fin un peu moins), Dettmann et Klock ont fait du bon techno par la suite …

      A part le manque de savoir vivre de certaines personnes (genre, on “rentre” dans le tas pour aller vers l’avant sans même un contact visuel, un sourire, … ), la gestion de la foule était bonne.

      En tout cas, à 40+ ans, j’avais l’air gériatrique!!!

      Maximilien.

    • “Soyons réalistes, les DJ set présentés à l’extérieur au cœur de l’hiver ne s’adressent essentiellement qu’aux (très) jeunes adultes. ”

      Tellement faux, c’est souvent tout le contraire, l’équipe de l’igloofest invite souvent des dj peu connu ici, ils essaient de couvrir un peu tout les styles… La clientèle qui se déplace pour la musique est souvent plus âgée que la tranche 18-25 décrite dans votre article… par contre les 18-25 se déplacent beaucoup pour l’événement, le party qu’est l’igloofest…

      Si la clientèle visée était réellement 18-25 il y aurait beaucoup moins d’emphase sur le côté musical… j’ai 36, j’ai jamais senti être vieux vs la foule présente, même qu’une bonne partie de la foule est plus âgée que moi, le seul reproche que j’ai à faire pour cet événement c’est justement que certains soirs je préférerais danser que de rester debout à écouter la musique…

      La musique “plus recherchée” c’est souvent intéressant mais souvent ce n’est pas réellement approprié pour danser…

      si vous êtes sceptique, faites un test l’année prochaine, demandez aux jeunes présents qui est le DJ et posez la même question aux 30-45 vous verrez qui se déplace pour les dj et qui vient pour le party

    • Vous en demandiez beaucoup de Diplo. C’était la star commerciale du Igloofest 2012, il n’allait certainement pas balancer des mélodies cérébrales ou des rythmes carrés. Son set était pop et c’était ce à quoi les festivaliers s’attendaient. On s’est déplacé pour entendre du Major Lazer et ça aurait été décevant de ne pas en entendre. On ne se casse pas la tête avec Diplo, tout comme avec Girl Talk.

    • @ever75

      Désolé, mais cette information de la majorité écrasante 18-25 est corroborée par la direction artistique de l’Igloofest. Nous en avons causé maintes fois au cours des trois week-ends. Les «tests» dont vous parlez ont été faits… Que des trentenaires, quadras ou quinquas (dont je suis) y prennent leur pied de bon gré ne change pas les faits: les technoheads de plus de 25 ans constituent une petite minorité à l’Igloofest. Faut pas prendre ses désirs pour des réalités… Flyé, d’ailleurs, que vous lanciez votre argumentaire par «tellement faux»…

    • Finalement Johanne Marcotte a-t-elle fait son show ?

    • Si on veut pouvoir danser et bouger à sa guise, il leur faudra baisser la limite d’entrée s’il ne trouve pas d’espace supplémentaire. Le samedi avec Sébastien Léger, j’ai abdiqué à 22h30 après les ruades incessantes vers la scène et les coudes sur le nez.
      Il n’y a pas d’âge pour apprécier un happening mais j’avoue que je suis seul dans ma gang à m’y rendre le plus souvent possible.
      J’ai seulement 57 ans et encore un plaisir fou à danser avec les adeptes de bonne groove et de beat d’enfer. Sur place, on finit par se regrouper et les vendredis étaient parfaits pour ce que j’attendais de ce type d’événement.

    • Well benzen, il n’y a pas que la densité. Les accrochages nombreux chez les danseurs ont quelque chose de… générationnel. Sur le party (avec tout ce que ça comporte) et pleins d’énergie, les kids n’ont que faire des doléances des plus âgés à ce titre. À mon sens, la seule manière d’y remédier réside dans la diversification de la clientèle.

    • ”À mon sens, la seule manière d’y remédier réside dans la diversification de la clientèle.”

      Dans ce cas, il faudra penser à faire tourner des tounes de mariage; Bee gees, ABBA, Cyndi Lauper, Van McCoy, Village People, KC & the Sunshine Band… Tu vas attirer tellement de matantes qu’il faudra installer des tables pour le thé dans l’igloo.

      Blague à part, je n’ai réussi à convaincre personne de mon entourage à y aller, et finalement à lire les commentaires je n’en suis pas trop triste.

    • jon8, une deuxième scène sous un amphithéâtre vaste et chauffé, avec programmation plus pointue à offrir en guise d’alternative au show extérieur, c’est selon moi la seule solution. Sinon, ça va rester ce que c’est : un beau party de kids avec quelques «vieux» qui s’y risquent avec plaisir… sans «convaincre personne de leur entourage». Vous n’y êtes pas allé, finalement ?

    • ^^

      Je retire ce que je viens de dire plus haut.

      Désolé pour les dames que j’ai pu choquer, Cyndi Lauper c’est vraiment trop hardcore (gageons qu’elle a les lèvres refaites! ouh la vilaine), sachons vivre et remplaçons par ‘Louie Louie’ de The Kingsmen.

    • ”Vous n’y êtes pas allé, finalement ?”

      Non. Et je viens de recevoir ce matin en courrier recommandé ma certification de Mononcle. Je pense sortir en ville ce soir m’acheter un six-pack de O’Keefe.

    • ETK, si la formule ne change pas, elle aura quand même le mérite d’éveiller les jeunes danseurs à une programmation comportant des DJ de qualité même s’ils ne représentent pas toujours le cutting edge.

    • Pour ma part, le facteur évènementiel (plein air hivernal) passe devant le facteur musical dans ce cas. J’veux dire: c’est ça l’attrait principal, c’est ça le ”buzz”.

      Avec des soirées sold out, je ne crois pas qu’ils seront tentés d’y modifier quoi que ce soit! Ceci dit, une programmation musicale plus upscale serait bienvenue.

    • Bien sûr que c’est ça l’idée: de l’électro en plein hiver. Sauf que… passer une ou deux heures sur quatre ou cinq à l’intérieur ne ferait de tort à personne.

    • ”une deuxième scène sous un amphithéâtre vaste et chauffé, avec programmation plus pointue à offrir en guise d’alternative au show extérieur”

      Mais, quid de l’isolation acoustique de l’autre show ? Pour bien faire il faudrait distancer les deux au point où ça diviserait ”le crowd” complètement ?

    • Well, c’est faisable. Le petit dôme permet déjà ça. Lorsqu’on y entre, on n’entend rien de ce qui se passe sur la grande scène.

    • Oui pour une plus grosse tente et diversifier. Le soir du collectif “j’aime le dubstep”, c’était la file et j’ai pris dix minutes pour écouter mais je ne voulais pas rater Tiefschwarz. Ça sonnait l’enfer et je me promets bien de les rattraper.
      Bien sincèrement, je ne me sens pas décalé par le fait d’être avec la crowd de mon fils. C’est aussi plate d’avoir des poteaux qui capotent parce qu’on les frôlent que le manque de respect typique des foules de foires et de carnavals.
      Je n’ai pas vu beaucoup de protestations quand on peut trouver un spot pour bouger. Ça nous permets d’apprécier plusieurs DJ, autrement que sur CD ou mp3, à une heure raisonnable et quand le dernier est bien secondé, on a 4 heures de bonne musique pour se défouler. Je me fais un plaisir de le rappeler à mon entourage.

    • J’aime pas les foules, alors en partant quand le but d’un événement c’est d’amener le plus de monde possible…… Je préfère découvrir un artiste “avant” qu’il ne se rendre dans un gros événement de ce type là. Peut-être que l’art du “concert”, c’est fait pour les jeunes. C’est souvent programmé tard le soir, il y a pas de place pour s’asseoir, et la boisson servie est mauvaise (bière? ouache!).

    • Les organisateurs du Igloofest ont réussi à créer un gros “happening” avec le fest. La majorité des gens que je connais et qui sont allés au fest ne connaissent pas les artistes présents. et pourtant ils adorent le fest. Peu importe la programmation, ça sera plein. Comme vous l’avez mentionné, il y aura un problème d’espace.

    • Corrigez-moi si je me trompe mais Diplo est américain et non britannique.

    • Oui c’est vrai, il est d’origine américaine.

    • « La majorité des gens que je connais et qui sont allés au fest ne connaissent pas les artistes présents. »

      On ne peut plus vrai.

    • Coudonc, cet événement là a surement trouvé un truc marketing du diable pour attirer tant de monde pour des artistes qu’ils ne connaissent pas. Çà foit être annoncé sur la bonne page Facebook.

    • Sultitan, oui ça s’appelle trouver la bonne affaire à faire (party plein air en hiver) au bon endroit (vieux-mtl, accessible). La musique est secondaire ici, comme je disais.

    • Il arrive souvent que l’événement l’emporte sur son contenu. Les gens achètent une marque, une expérience, sans trop savoir ce qu’il y a vraiment dedans- enfin, je parle d’une vaste portion de l’auditoire.

    • En réalité, dans ce cas, le fait de danser dehors au frette devient le contenu. C’est ça mon point. Je n’irais pas jusqu’à dire que n’importe quelle programmation musicale dancefloor ferait l’affaire mais disons qu’il faudrait que ce soit vraiment mauvais pour faire fuir la foule, IMO

    • Oui c’est vrai. C’est le noeud de l’affaire…Mais on finirait par se rendre compte du contenu au fil du temps.

    • C’est tout de même regrettable que Block et Dettman, qui sont des monuments à la techno berlinoise et qui peuvent être crédités d’avoir préserver le genre dans sa version la plus pure, ont donné quatre heures de leur vie à des étudiants pan-canadiens qui n’avaient jamais entendu parler d’eux auparavant et qui gigotaient parce qu’ils avaient froid et qu’ils pouvaient déceler un rythme répétitif. C’est une musique assez dure, sombre et angulaire qui ne se prête pas vraiment aux habits fluorescents et aux sourires béats d’adolescents. Allez plutôt les voir au Berghain si vous en avez l’occasion.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    août 2014
    L Ma Me J V S D
    « juil   sept »
     123
    45678910
    11121314151617
    18192021222324
    25262728293031
  • Archives

  • publicité