Alain Brunet

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  • Alain Brunet

    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Jeudi 26 janvier 2012 | Mise en ligne à 11h39 | Commenter Commentaires (15)

    Étoiles du métro

    musicien du métro accordeon

    Photo tirée du site du Regroupement des musiciens du métro de Montréal

    Très bientôt, les heureux élus du programme Les étoiles du métro pourront bénéficier d’une visibilité accrue dans les stations montréalaises. Très bonne chose en ce qui me concerne. Sauf exception, la musique vivante confère au transport collectif une meilleure qualité de vie à ses usagers.

    M’est également d’avis que la hausse du niveau des musiciens ne peut qu’être souhaitable. Incidemment, on constate aussi une compétition de plus en plus relevée au sein de cette gent musicale dont le gagne-pain (enfin… une partie congrue des revenus) est la contribution volontaire des passants. Il m’apparaît d’autant plus évident que le calibre des instrumentistes ne cesse d’augmenter au fil du temps. Tant de diplômés des profils musique-étude et des programmes collégiaux se cherchent du boulot, on comprendra qu’ils visent le marché du métro et délogent peu à peu les instrumentistes moins accomplis.

    Il n’est plus rare de voir de très bons musiciens jouer dans le métro montréalais. Bien sûr, cette émulation s’accompagne d’une possible bureaucratisation des normes d’accès au métro pour les artistes qui s’y produisent. Comme dans toutes les organisations de défense d’intérêts professionnels, le danger du corporatisme plane aussi au-dessus des musiciens du métro. À eux de rester vigilants et d’éviter qu’une clique ne s’installe au pouvoir de leur regroupement.

    Jusqu’à vendredi, les auditions des Étoiles du métro accueillent plusieurs dizaines de participants (70 selon le reportage de la SRC), dont les heureux élus pourront bénéficier de places de choix dans diverses stations et s’ajouteront à la communauté des musiciens du métro. Reste à espérer une population grandissante de musiciens qui puissent s’exprimer dans un plus grand nombre d’emplacements (52 aujourd’hui), bien au-delà des stations névralgiques du centre-ville. Reste aussi à espérer un réel soutien des usagers du métro. Les musiciens qui y jouent s’y bottent le derrière afin d’adoucir nos moeurs et… gagner leur croûte.

    Avis aux dépisteurs de talents ! Manu Chao n’a-t-il pas connu ses potes de la Mano Negra en jouant dans le métro parisien ?

    Liens utiles

    Regroupement des musiciens du métro de Montréal

    Communiqué de la STM

    Le reportage de la SRC


    • Mercredi soir, de la semaine dernière, le 18 janvier vers les 22 heures, sans que je m’y arrête énormément, à la station Sherbrooke, m’a semblé très bien jouer. Oui, j’avais un téléphone à faire aux téléphones publics à ce moment et on aurait pu croire que c’était un bel album de musique classique jouant de chez moi.

      Par contre, dans le passé à la station je crois Berri-UQAM, en direction du métro Longueuil, j’en ai entendu voulant sur et suramplifier leur son pour être certain qu’on les entende. Cela ne fait qu’être agressant dans ces conditions là !

    • Une des plus belles choses que j’ai entendues de ma vie (sans hyperbole aucune) était dans une station de métro du centre-ville. Un Africain, qui faisait une progression archi lente C-G-Am-F (de type ‘no woman no cry’ mais avec des fills hyper basic, du soul, une ligne vocale tellement sentie qu’à ce jour, parfois, j’essaie de prendre ma guitare pour faire pareil et j’y arrive pas.

      Toute une leçon de soul. Ça tient tellement à rien. J’y pense souvent, quand je me ‘perds’ à réussir une ronne chromatique ou un arpège ‘plus vite’ et ‘mieux’.

      Vive les musiciens de métro. Y’a tellement plus de talent là qu’à un gala de l’ADISQ…

      J’ai été musicien de rue pendant tout un été, aux études. C’était payant mine de rien !

    • Malgré une allergie face aux mendiants et autres squeegies agressifs, je me fais toujours un devoir de donner des sous (et acheter CD lorsque possible) aux musiciens de rue. En fait, j’ai même déjà fait un détour dans le métro pour aller faire une écoute… sans pour autant prendre le metro.

      J’ai déjà entendu des trucs incroyables: du Nirvana au Violoncelle, du Dij, des compositions originales au violon, etc… En fait, parfois y a des trucs meilleurs que dans certains show payants!

    • Près de chez nous, il y a un vieil homme un peu beaucoup magané, qui joue du violon dans le métro. Des fois, il joue la Chaconne de Bach, d’autres fois, il donne des coups avec son archet sur son instrument en marmonant. Il n’a pas l’air du genre à se présenter à une audition et à suivre un horaire fixe de présence sobre à un endroit précis du métro.

      Il est très aimé dans le quartier et mêm quand il ne fait que des bruits étranges avec son violon, on est tous contents de l’entendre.

      Que va-t-il lui arriver quand les semi-pro du métro auront réussi leurs auditions de métro-académie et qu’ils auront priorité sur les poqués de la vie pour venir “performer” dans les stations?

      D’un point de vue musical, je suis d’accord que des auditions vont augmenter la qualité des musiciens, mais est-ce que le métro est vraiment un lieu qui doit être structuré autour d’un concept basé sur la performance?

      Pas en ce qui me concerne.

    • Vous avez raison, kurtz. De tels exemples doivent être pris en considération. La musique, c’est beaucoup plus que de la technique et j’ose croire que, comme vous, plusieurs protégeront un musicien dont l’expression est supérieure à celle de tant de techniciens de meilleur niveau.

    • De temps à autre, apparaît un clochard dans mon quartier. Il se poste sur la Plaza St-Hubert, se met à chanter à gorge déployée. Pas à peu près ! C’est souvent erratique, faux, mais… c’est aussi très beau de voir cet homme si esquinté faire cet effort. Oui, il vaut vraiment la peine d’être encouragé.

    • J’adore les musiciens de métro. Ils sont les seuls à qui je donne de l’argent, je n’en donne pas aux gens qui ne font que quêter. Je ne suis pas sûre d’aimer l’idée d’un quelconque encadrement des musiciens de métro. Pourquoi faut-il qu’à chaque fois qu’il y a quelque chose de cool dans la vie, quelqu’un décide à moment donné qu’il est temps de “gérer” cette chose? Ça gâche la spontanéité je trouve. Par ailleurs mes préférés sont ceux qui jouent un peu tout croche, de préférence aux semi-pro. Il y en avait un à Jean-Talon qui chantait (ou plutôt gueulait) juste le début de “My Heart Will Go On” et recommençait sans cesse, sans doute parce qu’il n’avait pas appris le reste. Mon préféré. Un métro ce n’est pas une salle de concert. J’aime le fait qu’ils soient libres et décident spontanément de jouer en public sans qu’un quelconque critère de performance s’en mêle. Ça fait que la musique est démocratique: tout le monde peut en faire et si on n’aime pas ça, on a juste à ne pas donner d’argent. Il y a toujours eu des musiciens ambulants, depuis des siècles, qui jouaient dans les rues, et on ne se mêlait pas de leur créer des programmes sur mesure. Aujourd’hui on veut tout encadrer, tout organiser, je trouve ça plutôt déprimant.

    • C’est peut-être du même chanteur qu’on parle…

    • Métro Jarry, il y a quelques années, je croisais souvent un bonhomme qui jouait de flûtes dans les deux narines en même temps, si mes souvenirs sont bons. Je ne le vois plus. Est-il plus dans votre coin?
      .
      Métro Côte des Neiges, il me semble y avoir entendu de la musique arabo-andalouse sur du oud. À Berri, de la guitare (avec un look usé…) flamenco. D’autres fois, une soprano (ou je ne sais quoi) qui chantait juste et haut.
      .
      Quand on a le temps le métro peut nous offrir de belles expériences.

    • Je suis surpris que personne encore n’est pris le temps de rassembler ces musiciens et de faire un CD avec. Il y aurait moyen aussi de faire un CD ou un artiste connu joue avec un musicien du metro. Il y a moyen de faire quetchose avec ça je pense. J’achèterais n’importe quand un CD avec le gars qui joue de la flute avec son nez sur le cover.

    • dcdoc :

      C’est l’idée qui sous-tend la fondation « Playing for Change » : conjuguer le jeu de musiciens de la rue dégottés partout dans le monde, y joindre parfois des musiciens plus établis, présenter les pièces en synchro – le chanteur est à la Nouvelle-Orléans, le percussionniste à Salvador de Bahia, le guitariste à Livourne, etc. –, puis faire des disques et des spectacles
      pour financer des écoles de musique et tout le truc. Ça existe depuis 2005. Alain en avait
      parlé il y a quelques années.

      http://playingforchange.com/

    • Aujourd’hui j’ai passé l’audition, mais même si je suis content de l’expérience et souhaiterais avoir la fierté d’être sélectionné, je ne suis pas sur si au bout du compte ce système ne deviendra pas un carcan qui brimera plus ma liberté que de m’apporter une réelle amélioration dans ma situation. On nous a fait signer un contrat d’entente avec la STM et le RMMM avec des clauses comme quoi il faudrait, par exemple, garantir une disponibilité d’au moins 12 heures semaines. On nous demande des garanties, mais rien n’assure le succès de nos prestations et dans mon cas l’été ça marche tellement mieux à Ottawa, beaucoup plus agréable et payant, et rien n’oblige à un taux d’assiduité même après avoir obtenu un permis. Pour le métro, la carte du RMMM n’est pas obligatoire sauf pour ceux qui seront retenus parmi les “étoiles”. Donc on se retrouve en compétition avec toutes sortes de monde dans la plupart des spots, et maintenant ça va commencer par 5 spots contrôlés par ce système puis ensuite le noeud coulant va t’il se resserrer? Je ne sait que penser car le métro c’est un bon moyen pour s’en sortir l’hiver surtout, mais que ça devienne un devoir en plein été… je ne crois pas que ça soit une bonne idée, pour ma part! Pourquoi sédentariser les troubadours? Maintenant si chaque ville même chaque quartier demande un permis ça commence à être dur de faire la tournée!

    • Au sujet du musicien sur la photo; cet asiatique est excellent à l’accordéon et au son on croirait un italien. Mais il s’exprime mal en anglais et encore moins en français, j’ai quand même causé avec lui et il dit ne rien ne vouloir à faire avec les cartes de membres… Il perdra son emplacement favori car ça sera un emplacement réservé au “étoiles”. Et au sujet du violonistes “phoqué” du métro Joliette, je le connais il était virtuose mais est sombré dans l’enfer de la cocaïne alors c,est mieux de lui payer un sandwich qu’autre chose!

    • dcdoc il y a déjà eu un vinyl dans les années 80 produit par Manuel Brault avec les musiciens du métro de cette époque.

    • Beaucoup de réflexion par rapport à ce sujet depuis que j’ai passé l’audition… je commence à me demander si je préférerais simplement être rejeté! depuis mes débuts en 1983 j’ai toujours fait de la musique dans le métro de façon intermittente, parfois très régulièrement mais souvent un voyage, une pause pour jouer ailleurs et surtout à l’extérieur et dans des endroits et en région, aussi à l’occasion des festivals et des évènements divers. De se ressourcer en jouant pour différents publics et endroits assainissant et salutaire pour revenir en force avec énergie et passion. Juste jouer dans le métro devient une routine pénible ça demande beaucoup d’énergie constamment renouvelée pour aller chercher l’attention des passagers souterrains éclairés au néon et avec des hauts parleurs qui interrompent sans cesse nos mélodies, les courants d’airs, les mendiants et des travaux mécaniques aussi ruinent souvent nos efforts. D’être obligé d’y être au moins 12 heures semaine été comme hiver par le règlement stipulé par la STM et le RMMM empêche les artistes de s’absenter de Montréal et franchement j’ai eu beaucoup plu la s de succès l’été dernier à Ottawa et si de dois faire la navette juste pour jouer dans le métro il faudra que ça rapporte beaucoup plus financièrement et en reconnaissance du public… Peut-être l’engouement créé par “les étoiles du métro” fera que ça devienne mieux rémunéré et moins démoralisant, sinon je serai probablement un des premiers à rendre la bannière au regroupement et surement que d’autres vont suivre. Plusieurs ont passé l’audition et seront sélectionnés ne se doutent probablement pas combien ça devient lourd à la longue, jouer dans le métro!

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