
Au Québec, les ventes de musique ont suivi le cours américain en 2011 : croissance de 4,7%. Enfin, la croissance est de retour, clame le showbiz, statistique de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCCQ) à l’appui.
Toujours en 2011, 7,8 millions d’albums physiques ont été vendus au Québec, comparativement à 8,2 millions l’année précédente.
Or, 1,4 million d’albums et 13,9 millions de singles ont été vendus légalement en ligne, ce qui représente une croissance de 50% par rapport à l’année précédente. Les ventes de produits dématérialisés représentent 24% des ventes totales.
« Selon le rapport Nielsen Soundscan du Canada, on sait déjà que les meilleurs vendeurs québécois de 2011 sont Ginette Reno (La musique en moi), Roch Voisine (Americana II), la bande de MixMania2, Arcade Fire (The Suburbs) et Richard Desjardins (L’existoire)», rapporte ma collègue Émilie Côté dans un article publié mercredi.
Que signifie cette croissance, au fait ?
« L’année 2011 n’aura pas été aussi lucrative que 2009 ou 2007 pour les ventes de disques au Québec, mais c’est mieux qu’en 2008 et nettement supérieur à 2010, où les ventes totales de musique tous supports confondus avaient fondu de 6% », souligne ma collègue Émilie Côté.
Et voilà.
Ainsi, on arrête de s’enfoncer et l’on observe qu’un nombre croissant de consommateurs achètent en ligne au lieu de se rendre au magasin. En résulte une croissance de 4,7% par rapport à l’année précédente, ceci dû à une proportion de 24% de produits achetés légalement en ligne.
Est-ce à dire que la vente de produits achetés en ligne finira par être un modèle dominant ? Peut-être bien : assez de consommateurs peu familiers avec le piratage daignent désormais acheter en ligne, cette croissance devrait se poursuivre et renverser la vapeur… dans ce qui reste de marché pour l’utilisateur-payeur.
Est-ce à dire qu’un éventuel modèle dominant de vente en ligne serait aussi lucratif que dans les années 90, soit avant la chute ? Peu probable. Ce marché de l’utilisateur-payeur poursuit son déclin, qu’on se pète les bretelles avec cette «croissance» n’y changera pas grand-chose.
Cela étant, le fric reviendra tôt ou tard mais autrement: s’ajouteront aux bénéfices récoltés par cette mini croissance les revenus de l’écoute en continu, ceux des redevances résultant de multiples ententes de licence. Et, surtout, le fric reviendra côté musique lorsque les États feront le choix politique d’imposer à tous les acteurs économiques un partage plus équitable de la cagnotte.
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