
Quelques jours (ou semaines) après avoir changé le monde, un émissaire de Jean-Fortier a mis cet album dans ma boîte aux lettres. C’était alors la tempête automnale des contenus, cet album s’est dissimulé sous une pile et je n’ai pas écouté attentivement jusqu’à ce jour. Vieux motard que jamais… Je comprends néanmoins que le pseudo de notre homme (devinez lequel !) ne soit plus actif sur ce blogue depuis la livraison sans feed-back.
Ce nouvel opus de Fortier est un album de chansons.
Chansons bien faites, écriture consonante, mature. Thème de la nuit, pendant laquelle on peut apercevoir la vérité se dérober devant nos yeux. Thème de l’habitude, habitude de tout, hiver, soleil, amour, malheur, supplices, journées sans nuages. Thème de la mort qui «nous met dans le cul de nos démons». Thème de la durée, du cycle amoureux. La vie mon vieux, comme dirait PF, dans le collimateur de l’auteur.
Musicalement, c’est assez varié, joué efficacement, avec maîtrise et sans virtuosité – JF Fortier, guitares, Vincent Tardrew, claviers, Ben Inabocks, piano, Leonardo de Luca, guitare etc. Jazz, bossa lounge, rock’a'billy, pop beatlesque (Macca, surtout), folk ou blues accompagnent ces rimes dans une réalisation dont les moyens dépassent à peine l’artisanat fervent et dont la belle variété stylistique pourrait transcender davantage la synthèse des influences intégrées.
Avec une telle matière, plus de temps et de fric auraient fait une vraie différence mais bon… On fait avec ce qu’on a.
Découvert il y a une mèche au sein du groupe Moutons Noirs (années 90), Fortier semble mener de front plusieurs activités professionnelles, dont celle de guitariste et d’auteur-compositeur-interprète. Je me souviens avoir dit du bien de son album précédent, Variations sur le vide, paru en 2005 et créé avec l’appui d’Éric Goulet.
Six ans plus tard, l’homme lance un nouveau cycle de chansons et dédie cet album à son père disparu en 2009 : dix chansons et une instrumentale, avec ces seuls mots publiés à l’intérieur de la pochette:
Le coeur entier a avalé la tête / Anéanti tous les mots, tous les noms / Assassiné le cerveau des opérations / Arraché les heures à l’horizon.
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