
Pour vraiment faire carrière sur la planète jazz, Julie Lamontagne devait se départir de ses réflexes pop de directrice musicale et de claviériste vedette.
On a beau s’avérer jazzwoman de fort potentiel, difficile de voir son salaire fondre comme neige au soleil afin de faire valoir son plein potentiel. Généralement, c’est le contraire qui se produit dans la vie professionnelle, n’est-ce pas ? Et puisque le jazz ne traverse pas la meilleure des périodes de son histoire, puisque son marché n’est pas en expansion, le choix d’embrasser le genre est un pensez-y bien.
Julie y a songé, depuis la sortie son album précédent (Now What), c’est-à-dire il y a près de trois ans. « Dans ma tête, c’était clair mais j’avais souvent le réflexe d’accepter les contrats pop », m’a raconté la pianiste dans une interview bientôt publiée et mise en ligne.
Elle y songé, elle a choisi. Exit la «permanence» auprès de la charmante Isabelle Boulay, la pianiste n’accepte désormais que des embauches souples qui lui permettent de donner priorité à son objectif artistique: devenir une jazzwoman de renommée internationale.
La nouvelle étape est la suivante, c’est-à-dire la synthèse de son parcours décliné en 11 pièces: l’album Opusjazz vient d’être lancé sous étiquette Justin Time et sera mis en lumière à maintes reprises bientôt, notamment au festival Montréal en lumière – à l’Astral, les 23 et 24 février, soit en première partie du guitariste Al Di Meola.
Avant de passer aux choses sérieuses, c’est-à-dire une éducation supérieure qui lui ouvrirait la porte à une vie professionnelle, Julie Lamontagne était promise à une carrière de pianiste classique. Elle devint plutôt pianiste de jazz et gagna sa vie en tant que musicienne de variétés jusqu’à ce que le jazz ne soit ze priorité une fois pour toutes.
Au cours de la décennie précédente, elle a parfait sa formation avec le musicien idéal pour réconcilier la jazzwoman qu’elle est avec cette étape cruciale de son éducation pianistique: Fred Hersch.
Le New-Yorkais est une pointure, soit l’un des plus grands spécialistes de l’intégration du classique dans le jazz. On peut dire de lui qu’il a écrit le chapitre suivant celui de Bill Evans ! Soliste de qualité supérieure, accompagnateur chevronné ( Stan Getz, Joe Henderson, Lee Konitz, Jane Ira Bloom, etc.), pédagogue d’une rigueur et d’un raffinement absolus, Hersch fut entre autres le professeur de Brad Mehldau.
Julie Lamontagne lui doit beaucoup et l’on peut dire que cet album solo est directement lié à cette relation élève-prof. À sa manière, elle y relit Fauré, Brahms, Bach, Chopin, Mathieu, Rachmaninov, Handel, Debussy, Ravel. Les improvisations y sont sobres, la pianiste tente un équilibre entre les deux esthétiques en respectant une large part de l’esprit classique dans l’exécution.
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(HD) Julie Lamontagne Trio – TVJazz.tv par Sortiesjazznights
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