Alain Brunet

Archive, décembre 2011

Jeudi 29 décembre 2011 | Mise en ligne à 21h30 | Commenter Commentaires (78)

Le temps des listes: électro 2011

Ce blogue a connu une certaine croissance au chapitre de sa couverture électro, si ce n’est l’intérêt en croissance de plusieurs de nos lecteurs et blogueurs. Et je m’inclus dans le peloton avec grand plaisir.

Personnellement, je ne prétends à rien de super connaisseur en la matière mais cette communauté ne cesse d’alimenter mon intérêt personnel pour l’électro, sans compter Mutek, Elektra, Akousma et autres festivals qui présentent de l’électro l’année durant.


Voici cette humble liste (qui comprend de la musique chantée), on attend la vôtre !

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Oneohtrix Point Never, Replica, Mexican Summer

Album concocté à Brooklyn. Tout un programme: effets de bourdon synthétique, minimalisme des «vrais» instruments impliqués dans le mix, épais sédiments de sons de synthèse et autres couches de sons filtrés, ponctuations rythmiques, dissections de progressions harmoniques, échantillons de voix humaine employés à différentes fonctions, micro-fragments de chansons. Le tout servi à l’horizontale, sauf exception.

Nicholas Jaar space-is-only-noise

Nicolas Jaar, Space Is Only Noise, Circus Company

Extraits d’enregistrements francophones et anglophones, brefs échantillons de Ray Charles, fragments de percussions, greffes de guitares et de violons, voix chantées, voix filtrées, voix exploitant le registre grave ou l’aigu, basses synthétiques extrêmement efficaces, grooves lents, accents soul et jazzy, sorte de house sous tranquillisants, post-trip-hop vachement psychotrope. Hypnotique, viral.

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FaltyDL, You Stand Uncertain, Planet MU

Le New-Yorkais Drew Lustman, alias FaltyDL réunit plusieurs styles dans son disque dur: drum’n’bass, house, garage, dubstep, UK Funky/nouveau garage. Judicieux mélange en ce qui me concerne.

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Africa Hitech, 93 Million Miles, Warp

Africa Hitech est le projet des Australiens Mark Pritchard et Steve Spacek ont été admis au sein du prestigieux label Warp. Initialement de facture ragga-dub, Africa Hitech a fait comme tout le monde en lorgnant le dubstep, bass music et autres UK funky tout en faisant les choses différemment.

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Byetone / Symeta, Raster-Noton

Je dois admettre que ce Symeta torche à souhait. Et qu’Olaf Bender alias Byetone, sait faire évoluer son langage. Recettes simples, pulsations de différentes vitesses, bains de friture, criquets de synthèse, continuums assourdissants, rythmes carrés pour ne pas dire tranchants, crescendos d’enfer, ambiances industrielles, distorsions numériques. Efficace.

Pinch & Shackleton

Pinch & Shackleton, Pinch & Shackleton, Honest Jon’s Records

Autre album prisé par les technoheads cette année, sorti en novembre: la collaboration des artistes britanniques DJ Pinch alias Rob Ellis, et Sam Shackleton dit Shackleton, considérés parmi les pionniers du dubstep qu’il tendent à transgresser d’aplomb. S’ajoutent à la pâte un bel assortiment d’échantillonages de différentes sources culturelles -indienne, moyen-orientale, africaine, etc.

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Andy Stott / Pass Me By et We Stay Together

Andy Stott est DJ et producteur de Manchester et la combinaison de ses deux récents EP n’a récolté que des éloges. Tempos moyens ou lents, le discours se démarque clairement des propositions électros de la période actuelle. Les basses sont bien rondes, elles se gonflent dans le beat comme un muscle cardiaque. Voix, claviers, sons texturaux et autres bruits industrielssurgissent sans qu’on s’y attende. Et ce au fil d’un continuum apparemment simple, pour ne pas dire linéaire.

James Blake, album sans titre

James Blake, James Blake, Atlas

Chanteur anglais féru de soul et de pop, James Blake est également issu de la mouvance post dubstep et autre minimal ambient, comme tous les chroniqueurs branchés le soulignent depuis quelques jours. À coup sûr, il a créé l’amalgame qui peut déborder largement le territoire des férus d’électro.

sbtrkt

SBTRKT, SBTRKT, Young Turks

SBTRKT, Aaron Jerome de son vrai nom, est DJ et musicien de Londres, n’hésite pas à inclure la voix humaine dans cette soul pop de synthèse, traversée par UK funky, dubstep, two-step, house, R&B. Ça fourmille dans les jambes, ça gargouille dans le bas-ventre.

Planningtorock_W
Planningtorock, W, DFA

Janine Rostron alias Planningtorock, est une artiste de l’électro, a concocté un album des plus efficaces. Voilà un album de chansons que certains préfèrent mettre dans la vaste catégorie anglo. Chose certaine, James Murphy a eu l’excellente idée de l’admettre sous son label, DFA.

Björk Biophilia

Björk, Biophilia, One Little Indian

Difficile encore d’intégrer Biophilia dans une quelconque catégorie, j’assume ce petit côté hors d’ordre. Chose certaine, sa partie sonore se fonde sur l’électronique à laquelle Björk greffe musiques contemporaines et chant choral. L’avenir nous dira si les détracteurs de ce projet multi-plateformes ont eu raison de décocher leurs flèches, je crois personnellement que non: ce projet fera son chemin.

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Mercredi 28 décembre 2011 | Mise en ligne à 14h42 | Commenter Commentaires (136)

Le temps des listes : anglo 2011

christmas animation 7

Nous y voilà enfin. Le temps des listes bat son plein !

Tant de listes ont été dressées au cours de décembre, à nous de jouer.

Quiconque désire jouer doit dresser sa liste de matériel anglo: chanson, rock, folk, hip hop, métal, punk, hardcore, enfin tout ce qui comprend des textes anglais. D’autres listes seront ensuite suggérées: franco, électro, jazz, sono mondiale. Alors? Ne confondez pas les genres dans vos listes qui pourraient être très utiles à notre lectorat.

PJ Harvey Let England Shake

PJ Harvey, Let England Shake, Island/Vagrant

La quintessence, une fois de plus. Le Mercury Prize, une fois de plus. L’avancée de l’imagination, l’avancée du raffinement, de la grande maîtrise, une fois de plus. Les instruments multiples au delà du rock, la recherche vocale, les expériences chorales, l’engagement d’une Anglaise, l’autre forme de clairvoyance.

Atlas Sound Parallax

Atlas Sound, Parallax, 4AD

En 2011, j’ai acquis la conviction que Bradford Cox était incontournable. Au top actuel des auteurs, compositeurs, arrangeurs, mélangeurs de genres (folk, pop, électro, etc.) , directeur artistique de premier plan. Briller simultanément sous le pseudo Atlas Sound et sous la bannière Deerhunter, réussir un album aussi fort dans un même élan, ça tient assurément de l’exploit.

tune-yards whokill

tUnE-yArDs, Whokill , 4AD

En peu d’années, Merrill Garbus a créé sa langue musicale. Irrésistibles grooves, voix inspirées d’Afrique et d’Amérique, vision très personnelle du chant, du son, de l’instrumentation. On y chevauche des rythmes très contagieux, d’inspirations funk, hip hop ou rock. Ces tUnE-yArDs ne ressemblent à rien.

Bon Iver 2011

Bon Iver, Bon Iver, Jagjaguwar

Bien sûr, Bon Iver était connu pour son spleen amoureux transformé en oeuvre chansonnière de haute volée. L’album suivant ? Rien qu’à voir on voit ben: je suis de ceux ayant apprécié l’effort de l’instrumentation, de l’arrangement, de l’expérience orchestrale. Sur scène, la force de frappe de Bon Iver m’a semblé encore plus considérable. Ça reste donc majeur.

Destroyer Kaputt

Destroyer, Kaputt, Merge

Ce qui m’a surtout accroché dans cet album de janvier 2011, ce fut la réalisation. Pour un neuvième album studio, Destroyer. Plusieurs emprunts au programme. Soul pop à l’anglaise, easy listening, soft rock, light jazz pour grandes surfaces, pop instrumentale d’époques antérieures à la nôtre, un certain kitsch. Mais le tout est accompli dans les règles de l’art (guitares, anches et cuivres d’une autre époque, vieux claviers, tout vieux de prime abord. Et pourtant, du neuf. Vraiment spécial que de rouler ces vieilleries dans la farine électro.

wilco-the-whole-love

Wilco, The Whole Love, dBpm

En toute subjectivité, mon préféré de Wilco depuis Yankee Hotel Foxtrot. De surcroît, excellent show cet automne. Au programme: folk, country-folk, folk-rock mais aussi post-rock, bruitiste, classique contemporain à l’européenne, prog, électro, j’en passe. On a pu contempler ces rimes et se dire que Jeff Tweedy avait acquis la maturité des meilleurs parolies de la période actuelle. On a pu admirer cet équilibre.

St.Vincent Strange Mercy

St.Vincent, Strange Mercy, 4AD

Jusqu’à cette année, l’appréciation d’Annie Clark /St.Vincent m’était assortie d’une certaine suspicion. Excès conceptuels ? Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? J’ai beaucoup aimé cette relance dans un format plus rock, avec une relecture sur scène tout en claviers, riffs de guit et batterie. Plus pelvien, plus sensuel, encore conceptuel. J’aime St.Vincent.

Kate Bush 50-Words-For-Snow

Kate Bush, 50 Words for Snow, EMI / Fish People

Vaste métaphore sur la neige et l’hiver, cette musique se déploie sur des longueurs inhabituelles , entre 6 minutes 49 secondes et 13 minutes 32 secondes. Quelque part entre chanson et musique de chambre ? Quelque part… et nul besoin d’essayer d’identifier. Libre et indépendante après tant d’années, elle a encore réussi à rafraîchir ses propositions, ce qui est loin d’être évident pour une artiste qui enregistre professionnellement depuis 1978.

Anna Calvi album

Anna Calvi, Anna Calvi, Domino Records

L’année 2011 a été marquée par une contribution accrue des femmes dans ce monde qu’explore cette liste. Substantielle, Anna Calvi. Goût, raffinement, élégance rock. Sens de la théâtralité, sens de l’ambiguïté, très belle voix, compétence instrumentale, jamais trop anguleux. L’excitation que génère cette impression d’être au début d’une histoire.

julianna-barwick the magic place

Julianna Barwick, The Magic Place, Asthmatic Kitty

Dans la famille élargie du label Asthmatic Kitty (Sufjan Stevens), Julianna Barwick a lancé cette offrande à la voix. Étoffe de voix aériennes et d’inspiration multiples – médiévales, minimalistes modernes, orientales. Julianna Barwick exploite les notions de brume ascendante, d’évanescence, de mantra, d’hypnose, de méditation, de recueillement.

Mentions spéciales:

The Roots, Undun, Def Jam

Metronomy, The English Riviera, Because Music

Lykke Li, Wounded Rhymes, 4AD

Kurt Vile, Smoke Ring For My Halo

The Weeknd, House of Balloons, XO

Paul Simon, So Beautiful Or So What

Adele, 21

Fucked Up, David Comes To Life, Matador

Panda Bear, Tomboy, Paw Tracks

Gang Gang Dance, Eye Contact, 4AD

Laura Marling, A Creature I Don’t Know

Thurston Moore, Demolished Thoughts

Florence and the Machine , Ceremonials

Gillian Welch, The Harrow and the Harvest, Acony

David Lynch , Crazy Clown Time, Sunday Best

Iceage , New Brigade, What’s Your Rupture?

Mention spéciale aux artistes et groupes anglos à Montréal. Encore en 2011, des albums des grosses ligues ont été concoctés dans cette île.

The Luyas, Too Beautiful to Work, Dead Oceans

Braids, Native Speaker, Kanine Records

Timber Timbre, Creep On Creepin’on, Arts & Crafts

Duchess Says, In A Fung Day T, Alien8

D’Eon/Grimes, Dark Bloom, Hippos in Tanks / Arbutus

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Mardi 27 décembre 2011 | Mise en ligne à 10h25 | Commenter Commentaires (10)

Sleigh Ride et autres airs de circonstance

Christmas sleigh ride

Lors d’une canicule de juillet 1946, le compositeur Leroy Anderson suait à grosses gouttes dans son domicile bostonnais. Afin de se mettre virtuellement au frais, il se mit à l’écriture d’une oeuvre hivernale et… en 1948, Sleigh Ride était créée. L’année suivante, le Boston Pops l’enregistrait sous la direction d’Arthur Fiedler. Inutile d’ajouter qu’un classique de Noël était né. Voilà le genre d’oeuvre rassurante dont on n’a pas la plus haute opinion mais qui finit immanquablement par faire son tour au salon.

Le comparaisons sont toujours douteuses mais je dirais que Leroy Anderson est un peu le Johann Strauss des Américains – et donc, le compositeur idéal pour les patinoires extérieures et les balades en traîneau. Et, il faut le dire, avec un retard esthétique considérable dans ses concepts orchestraux.

John Williams a dit de son aîné Anderson (1908-1975) qu’il était un des meilleurs comositeurs américains pour la «musique orchestrale légère». On n’en rajoutera pas, on vus suggère néanmoins cette réédition de Sleigh Ride & Other Holiday Favorite enregistré en 2007 par le BBC Concert Orchestra sous la direction de Leonard Slatkin.

Et… on se prépare aux listes des meilleurs albums 2011 !

Site Naxos, label de cet album

Écoute en continu sur ClassicsOnline

Sleigh Ride, BBC Concert Orchestra

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