Au tour des jazzophiles de s’exprimer sur leur année 2011, à commencer par cette liste de départ. La somme de vos choix qui suivront devrait, on l’espère, donner une idée de l’énorme production jazzistique au cours des douze derniers mois. Production hélas impossible à suivre intégralement lorsqu’on fait dans le multi-genres.
Qu’à cela ne tienne, vous avez ici de quoi bouffer jazz à satiété !

Craig Taborn / Avenging Angel / ECM
Compositeur extrêmement doué, le pianiste Craig Taborn est certes l’un des plus brillants concepteurs du jazz contemporain. Cet album solo est clairement un acte d’élévation pour ce musicien américain comme il l’est pour son public.

Gretchen Parlato / The Lost And Found / Obliqsound
L’approche extrêmement personnelle de cette New-Yorkaise rejaillit dans cet album réalisé par le surdoué Robert Glasper: très inspiré par le jazz des années 60 (grosse empreinte de Wayne Shorter), empreint de soul, hip-hop et musique brésilienne, ce son laisse émerger une voix unique.

François Bourassa Quartet / Idiosyncrasie / Effendi
Le pianiste montréalais a acquis une telle maturité dans l’écriture, ici consacrée à la musique contemporaine de souche européenne, qu’on peut qualifier cet album d’accomplissement unique sur l’entière planète jazz.

David Binney / Graylen Epicenter / Mythology Records
David Binney, saxes alto et soprano, voix; Gretchen Parlato, voixl; Ambrose Akinmusire, trompette; Chris Potter, saxophone ténor; Craig Taborn, piano; Wayne Krantz, guitare; Eivind Opsvik, contrebasse; Brian Blade, batterie; Kenny Wollesen: percussions et vibraphone; Rogerio Boccato, percussion. Voilà un des meilleurs aréopages 2011, de surcroît au service d’un compositeur majeur.

Marianne Trudel / Espoir et autres pouvoirs / Effendi
Au rythme où vont les choses, Marianne Trudel ne cesse de s’apporhcer du peloton de tête de la composition jazzistique. Ce septuor, un ensemble de jazz très moderne qui s’apparente aussi à la nouvelle musique de chambre, laisse aussi fleurir la voix à titre d’instrument à part entière.

John Escreet / The Age We Live In / Criss Cross
Cet album mène John Escreet sur des zones de jazz électrique que Don’t Fight The Inevitable n’avaient pas explorées. Les prémisses de l’album précédent sont toujours là, mais… elle est bien là l’intention de crever l’abcès de cet immobilisme présumé côté jazz électrique.

Vijay Iyer, Prassanna, Nitin Mitta, Tirtha, The Act
Paru au printemps sous étiquette Act, l’album Tirtha met en relief la conversation du très brillant Vijay Iyer avec des collègues d’origine indienne mais qui n’ont pas été éduqués aux USA comme lui: le guitariste et compositeur R. Prasanna et le tablaïste Nitin Mitta. Très jazz, très indien.

Stefon Harris, David Sanchez Christian Scott, Ninety Miles, Concord Picante
Trois musiciens vivant aux USA ont fait leur trip cubain, chose encore trop rare pour les raisons qu’on sait. Stefon Harris, vibraphone, Christian Scott, trompette, David Sanchez, saxophones (et originaire de Puerto Rico) ont travaillée avec les ensembles cubains des pianistes Rember Duharte et Harold Lopez-Nussa. Très très bon.

John Zorn, A Dreamers Christmas, Tzadik
Depuis des lustres, on n’avait pas entendu meilleur album de jazz pour le temps des Fêtes. Toutes les références sont là, du Noël de Vince Guaraldi à celui de Bill Evans en passant par celui de George Shearing, avec l’imprimatur de John Zorn et ses Dreamers, formation idéale pour une telle entreprise.

James Farm, James Farm, Nonesuch
Voilà le groupe qui résulte d’une rencontre de 2009 au FIJM. Aaron Parks, piano, Matt Pennman, contrebasse, Eric Harland, batterie. James Farm est devenu un groupe, et cet album a clairement poussé plus loin les propositions initiales. Groupe d’avenir ? Chose certaine, la somme des individualités (et pas les moindres) est supérieure à ses parties.

Atomic, Here Comes Everybody, Jazzland
Nec plus ultra au domaine de ces escouades de choc sans instruments harmoniques, Atomic a lancé sept pistes de jazz contemporain, tributaire des factions radicales de l’impro européenne mais aussi propices à de très belles démonstration de cohésion et d’organisation – piano, saxophones, clarinette, trompette, contrebasse et ce puissant influx du batteur norvégien Paal Nilssen Love.
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