
Nous y voilà enfin. Le temps des listes bat son plein !
Tant de listes ont été dressées au cours de décembre, à nous de jouer.
Quiconque désire jouer doit dresser sa liste de matériel anglo: chanson, rock, folk, hip hop, métal, punk, hardcore, enfin tout ce qui comprend des textes anglais. D’autres listes seront ensuite suggérées: franco, électro, jazz, sono mondiale. Alors? Ne confondez pas les genres dans vos listes qui pourraient être très utiles à notre lectorat.

PJ Harvey, Let England Shake, Island/Vagrant
La quintessence, une fois de plus. Le Mercury Prize, une fois de plus. L’avancée de l’imagination, l’avancée du raffinement, de la grande maîtrise, une fois de plus. Les instruments multiples au delà du rock, la recherche vocale, les expériences chorales, l’engagement d’une Anglaise, l’autre forme de clairvoyance.

Atlas Sound, Parallax, 4AD
En 2011, j’ai acquis la conviction que Bradford Cox était incontournable. Au top actuel des auteurs, compositeurs, arrangeurs, mélangeurs de genres (folk, pop, électro, etc.) , directeur artistique de premier plan. Briller simultanément sous le pseudo Atlas Sound et sous la bannière Deerhunter, réussir un album aussi fort dans un même élan, ça tient assurément de l’exploit.

tUnE-yArDs, Whokill , 4AD
En peu d’années, Merrill Garbus a créé sa langue musicale. Irrésistibles grooves, voix inspirées d’Afrique et d’Amérique, vision très personnelle du chant, du son, de l’instrumentation. On y chevauche des rythmes très contagieux, d’inspirations funk, hip hop ou rock. Ces tUnE-yArDs ne ressemblent à rien.

Bon Iver, Bon Iver, Jagjaguwar
Bien sûr, Bon Iver était connu pour son spleen amoureux transformé en oeuvre chansonnière de haute volée. L’album suivant ? Rien qu’à voir on voit ben: je suis de ceux ayant apprécié l’effort de l’instrumentation, de l’arrangement, de l’expérience orchestrale. Sur scène, la force de frappe de Bon Iver m’a semblé encore plus considérable. Ça reste donc majeur.

Destroyer, Kaputt, Merge
Ce qui m’a surtout accroché dans cet album de janvier 2011, ce fut la réalisation. Pour un neuvième album studio, Destroyer. Plusieurs emprunts au programme. Soul pop à l’anglaise, easy listening, soft rock, light jazz pour grandes surfaces, pop instrumentale d’époques antérieures à la nôtre, un certain kitsch. Mais le tout est accompli dans les règles de l’art (guitares, anches et cuivres d’une autre époque, vieux claviers, tout vieux de prime abord. Et pourtant, du neuf. Vraiment spécial que de rouler ces vieilleries dans la farine électro.

Wilco, The Whole Love, dBpm
En toute subjectivité, mon préféré de Wilco depuis Yankee Hotel Foxtrot. De surcroît, excellent show cet automne. Au programme: folk, country-folk, folk-rock mais aussi post-rock, bruitiste, classique contemporain à l’européenne, prog, électro, j’en passe. On a pu contempler ces rimes et se dire que Jeff Tweedy avait acquis la maturité des meilleurs parolies de la période actuelle. On a pu admirer cet équilibre.

St.Vincent, Strange Mercy, 4AD
Jusqu’à cette année, l’appréciation d’Annie Clark /St.Vincent m’était assortie d’une certaine suspicion. Excès conceptuels ? Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? J’ai beaucoup aimé cette relance dans un format plus rock, avec une relecture sur scène tout en claviers, riffs de guit et batterie. Plus pelvien, plus sensuel, encore conceptuel. J’aime St.Vincent.

Kate Bush, 50 Words for Snow, EMI / Fish People
Vaste métaphore sur la neige et l’hiver, cette musique se déploie sur des longueurs inhabituelles , entre 6 minutes 49 secondes et 13 minutes 32 secondes. Quelque part entre chanson et musique de chambre ? Quelque part… et nul besoin d’essayer d’identifier. Libre et indépendante après tant d’années, elle a encore réussi à rafraîchir ses propositions, ce qui est loin d’être évident pour une artiste qui enregistre professionnellement depuis 1978.

Anna Calvi, Anna Calvi, Domino Records
L’année 2011 a été marquée par une contribution accrue des femmes dans ce monde qu’explore cette liste. Substantielle, Anna Calvi. Goût, raffinement, élégance rock. Sens de la théâtralité, sens de l’ambiguïté, très belle voix, compétence instrumentale, jamais trop anguleux. L’excitation que génère cette impression d’être au début d’une histoire.

Julianna Barwick, The Magic Place, Asthmatic Kitty
Dans la famille élargie du label Asthmatic Kitty (Sufjan Stevens), Julianna Barwick a lancé cette offrande à la voix. Étoffe de voix aériennes et d’inspiration multiples – médiévales, minimalistes modernes, orientales. Julianna Barwick exploite les notions de brume ascendante, d’évanescence, de mantra, d’hypnose, de méditation, de recueillement.
Mentions spéciales:
The Roots, Undun, Def Jam
Metronomy, The English Riviera, Because Music
Lykke Li, Wounded Rhymes, 4AD
Kurt Vile, Smoke Ring For My Halo
The Weeknd, House of Balloons, XO
Paul Simon, So Beautiful Or So What
Adele, 21
Fucked Up, David Comes To Life, Matador
Panda Bear, Tomboy, Paw Tracks
Gang Gang Dance, Eye Contact, 4AD
Laura Marling, A Creature I Don’t Know
Thurston Moore, Demolished Thoughts
Florence and the Machine , Ceremonials
Gillian Welch, The Harrow and the Harvest, Acony
David Lynch , Crazy Clown Time, Sunday Best
Iceage , New Brigade, What’s Your Rupture?
Mention spéciale aux artistes et groupes anglos à Montréal. Encore en 2011, des albums des grosses ligues ont été concoctés dans cette île.
The Luyas, Too Beautiful to Work, Dead Oceans
Braids, Native Speaker, Kanine Records
Timber Timbre, Creep On Creepin’on, Arts & Crafts
Duchess Says, In A Fung Day T, Alien8
D’Eon/Grimes, Dark Bloom, Hippos in Tanks / Arbutus
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