Alain Brunet

Archive du 20 décembre 2011

coffret discovery

Voilà la perspective d’un rituel initiatique pour quiconque désire absorber un pan essentiel de la culture rock : écouter et réécouter les 14 albums studio de Pink Floyd.

Écouter The Piper Gates of Dawn, puis a Saucerful of Secrets, puis la bande originale de em>More, film hippie de Barbet Schroeder, puis Ummagumma.

On réalise alors que le rock anglais avait traversé une période riche en expérimentations, fondée entre autres sur l’improvisation libre et la musique dite concrète à l’époque. Des approches aussi aléatoires seraient aujourd’hui confinés à des publics confidentiels, et rejetées par la majorité absolue des fans… de Pink Floyd !

Cela dit, il faut relativiser. À un vocabulaire restreint dans l’improvisation libre, à peu de connaissances techniques, à des formations d’autodidactes, la contagion de Floyd est néanmoins justifiée car ses membres compensaient par le culot, l’ouverture d’esprit. Imagination débordante à une époque propice à l’audace et l’élévation formelles.

Je crois personnellement que la maturité du langage floydien fut atteinte avec les albums Atom Heart Mother, Meddle et Obscured By Clouds, b.o. du film La Vallée, autre film culte de Barbet Schroeder. Les albums suivants, plus efficaces et peut-être moins imaginatifs ont connu le plus grand impact : The Dark Side of the Moon (qui fait aussi l’objet d’un coffret des plus fastes), Wish You Were Here, Animals et The Wall, monument de Roger Waters (revu et corrigé encore récemment par le concepteur démissionnaire) qui précéda The Final Cut, son point final au sein de Pink Floyd.

Le déclin était déjà amorcé, inévitable gestion de patrimoine que poursuit Pink Floyd sans Waters – en témoignent les albums A Momentary Lapse of Reason et The Division Bell. Les concerts de stade qui s’ensuivirent n’étaient plus les grands rituels immersifs des années 7. On était déjà à l’ère du méga planétarium avec sons et lumières. Divertissement familial garanti.

Informations utiles

Pink Floyd, Discovery Box , EMI Records
Comprend les 14 albums studio de Pink Floyd, l’enregistrement public d‘Ummagumma, ainsi qu’un livret de 60 pages au sujet des efforts graphiques dans l’imagerie floydienne, intitulé Graphic Tales.

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