
J’aime le personnage St.Vincent. J’aime ses trois albums: Marry Me, Actor, Stange Mercy. Oui, c’est vrai, on peut lui reprocher parfois cette attitude « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? » Oui, Annie Clark peut faire ampoulé, tarabiscoté, surchargé. Oui, certaines de ses structures sont trop touffues.
Bien sûr, un créateur de chansons doit toujours garder en tête cet équilibre est très délicat entre la mélodie, le texte et la structure compositionnelle dans son ensemble.
So what ?
M’est d’avis que la créativité, la voix et l’ascendant de cette jeune femme l’emportent largement sur les poils qui dépassent et cette propension à en faire trop. Car cette Annie Clark a une vraie facture musicale à nous soumettre. À mon sens, une facture plus spéciale que Lykke Li ou Anna Calvi pour citer ces exemples émergents – des artistes que j’apprécie beaucoup, soit dit en passant.
M’est d’avis que la facture d’Annie Clark qui finira par s’imposer. Que dis-je. C’est déjà fait !
Samedi soir au Théâtre Corona, elle me semble avoir atteint un certain équilibre entre ses ambitions orchestrales et le minimum de simplicité essentiel à une bonne performance rock. La lecture de son répertoire était simplifiée : deux claviéristes, un batteur et Miss Annie à la guitare et voix. Aux ornements orchestraux, elle a préféré à ses intrigantes orchestrations d’épaisses couches de claviers et une forte pulsion rock pour s’exprimer et jou-jouer de la guitare. La finale hyper noise, irruption tonitruante d’improvisation libre, fut assez éloquente merci !
Lorsque Strange Mercy fut rendu public, j’ai loué le travail de St.Vincent, j’ai publié mes louanges. Quelques jours plus tard je suis tombé sur des commentaires assez négatifs à son sujet, pour ne pas dire vindicatifs. Et puis j’ai repéré d’autres détracteurs, ce qui est parfaitement normal. On en avait principalement sur son incapacité à faire de bonnes chansons en plus de nous emmerder avec ses fausses prétentions de compositrice.
Samedi soir, devant je me suis rappelé ces lectures et me suis répété ce que je m’étais dit alors: humeurs fondées sur… n’importe quoi.
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