Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Mardi 29 novembre 2011 | Mise en ligne à 23h30 | Commenter Commentaires (3)

    Vijay Iyer : jazz contemporain, américain, indien

    Vijay Iyer Tirtha

    Pour compléter ce mini cycle indien mâtiné de flamenco et d’électro, passons au jazz de Vijay Iyer. Le dessert !

    À l’intar du saxophoniste Rudresh Mahanthappa, le pianiste Vijay Iyer a grandi aux USA, ce qui ne l’a pas empêché d’effectuer plusieurs retour aux sources indiennes dont il est issu. Musicien extrêmement brillant, fort d’une éducation scientifique universitaire de troisième cycle, Vijay Iyer est un instrumentiste dont les concepts et l’inspiration déterminent le jeu. On doit d’abord considérer cet excellent pianiste comme un concepteur du piano, certes l’un des plus novateurs de la période actuelle.

    Paru au printemps sous étiquette Act, l’album Tirtha met Vijay Iyer en relief aux côtés de collègues d’origine indienne: le guitariste et compositeur R. Prasanna et le tablaïste Nitin Mitta. Ce groupe a été formé en 2007 à l’occasion d’un concert dont l’objet était de commémorer le 60e anniversaire de l’indépendance de l’Inde.

    Cet album se veut un croisement du jazz nouveau, musique classique européenne et de la musique classique indienne – en sanskrit, tirtha signifie traversée.

    Originaire de la région de Chennai (Madras), R. Prasanna a reçu une éducation complète en musique carnatique, c’est-à-dire la musique classique de l’Inde méridionale – d’abord avec les maîtres Dr C.G.Shanmugaraj Phd(Raj Echo Orchestra) et Samuel Thangadurai. Fan de jazz moderne, le musicien indien a entrepris d’adapter ce patrimoine historique à la guitare électrique et d’ainsi l’ouvrir au jazz moderne. Ainsi, il arrive à recréer les intervalles de la gamme carnatique sur un instrument occidental. Fascinant que d’écouter cette guitare qui rappelle parfois le sitar.

    Quant au tablaïste Nitin Mitta, il est natif de Hyderabad, d’où il a d’abord appris avec le maître G. Satyanarayana. Autre enfant prodige, il a donné son premier récital de tabla à l’âge de dix ans. Après quoi il a acquis une grande maîtrise avec un maître de Mumbai, Arvind Mulgaonkar, un des plus respectés de l’Inde. Comme ses collègues, Nitin Mitta n’en reste pas à la seule reproduction de la grande musique carnatique. Son jeu se fond parfaitement dans une esthétique jazzistique.

    De toute évidence, Vijay Iyer ne s’est pas entouré de deux de pique pour créer ce croisement magnifique. À mon sens l’un des meilleurs albums de jazz en 2011.

    Liens utiles

    Vijay Iyer, profil wiki

    R.Prasanna, profil Wiki

    Nitin Mitta, bio site officiel

    Écoute en continu sur MySpace


    • Mais…mais..mais..C’est bien Anish Kapoor en couverture! Une autre de mes idoles!

    • bonjour

      oui, bon album ! Je l’ai trouvé meilleur que Samdhi (Act, 2011) de Rudresh Mahanthappa qui est un peu dans le même style quoi plus fusion.

      Dans un autre jazz “métissé” je recommande l’excellent Inana d’Emir ElSaffar chez Pi Recordings, de toute beauté !

    • Quel bonheur cet album! J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié cette série jazz-électro-indo-classico. Je me régale à écouter ces mélanges orientaux et occidentaux.

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