Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Dimanche 31 juillet 2011 | Mise en ligne à 13h22 | Commenter Commentaires (37)

    Osheaga samedi soir: malaise au pied de la scène principale

    Elvis Costello Osheaga

    Samedi soir, il fait beau et chaud, toutes les conditions favorables sont réunies et… malaise au pied de la grande scène d’Osheaga. Les fans d’Elvis Costello (dont je suis) ont assisté à une scène franchement superflue. Au fur et à mesure que le show se déroulait, le public désertait, à tel point qu’il ne restait plus grand-monde à la fin. La performance était plus qu’honnête, pourtant: choix judicieux de répertoire, avec l’incontournable Alison en prime. Interprétation fervente. Mélange intégré de styles – rock, blues, country, jazz, etc. Assurément, Elvis ne s’y tournait pas les pouces. D’autant plus que son escale à Osheaga a été parmi les plus médiatisées.

    Quel était le problème au juste ?

    Declan MacManus est un auteur-compositeur-interprète crucial. Un des plus talentueux des trois dernières décennies, un des plus prolifiques. Mais… visiblement, il n’a pas encore acquis l’aura des vétérans qui imposent le respect auprès des jeunes branchés. Ça se produira peut-être plus tard, comme ça c’est produit pour d’autres. Prenez le cas de Johnny Cash. Pendant de longues années, il a été considéré comme un ringard et… lorsqu’il a fait des reprises de U2, il s’est mis sur la voie de la réhabilitation. Jusqu’à sa mort et encore aujourd’hui, Johnny Cash est estimé à sa juste valeur par un vaste public inter-générationnel, ceci incluant la mouvance hipster.

    Visiblement, ce n’est pas le cas d’Elvis Costello. Il a beau installer sur les planches une cage pour danseuses à gogo, question de mettre un peu de piment à sa performance, le contact ne s’établit pas. Sur une scène plus modeste ? La scène verte ? Je n’en suis même pas certain, d’autant plus Elvis n’aurait peut-être pas accepté d’être ainsi relégué au second plan. Alors ? On doit conclure à une erreur d’évaluation… et de programmation.

    Ratatat Osheaga

    Attirés par la performance électrisante de Ratatat, une portion importante de hipsters (en majorité samedi contrairement à vendredi) a préféré ne pas retourner au pied des grosses scènes où l’on présentait les artistes les plus populaires au programme, enfin selon l’avis des programmateurs : Elvis Costello, précédé de Bright Eyes.

    Le buzz pour Ratatat, tandem new-yorkais de musique instrumentale, était beaucoup plus considérable. À ce mélange de rock indie, rock dur, easy listening et moult variantes de musiques électroniques, à cette instrumentation incluant machines numériques et jeu en temps réel (basse et guitare), Ratatat ajoute une approche synergétique. Qui plus est, le tandem américain suggère un vrai spectacle avec éclairages dernier cri et projections franchement cool et qui ne manquent pas d’humour. À ce titre, je retiens cette rafale de poses kétaines de monde ordinaire qu’on a filmé pour la toile de fond. Pissant ! À l’évidence, Mike Stoud (le guitariste) et Evan Mast (le bassiste) ont absorbé toutes sortes de substances récréatives… sonores et visuelles. Le résultat de leur digestion n’est peut-être pas génial, mais il s’avère intelligent, joyeux, foisonnant et sans prétention. Idéal pour la scène Verte d’Osheaga ? Hmmm, si vous voulez mon avis, ça l’aurait fait sans problème sur une des deux plus grandes scènes.

    Anna Calvi Osheaga

    Quant au concert beaucoup trop court d’Anna Calvi, je retiens qu’elle doit absolument être de retour parmi nous. Cette jeune trentenaire du Royaume-Uni a tous les atouts nécessaires à une grande carrière: superbe voix dans le registre de l’alto (non sans rappeler Siouxsie Sioux), jeu probant à la Telecaster, riffs personnels et raffinés, espace sonore à la hauteur de ce raffinement. Elle aura interprété des titres de son album sans titre, avec en prime Surrender… d’Elvis Presley !!! Audacieux ? Malgré sa remarquable singularité, cette italo-brit ne dédaigne pas la tradition. Lyrique, sensuelle, sombre, cette très belle trentenaire s’inscrit dans le long sillon du rock de goût, on pense à Polly Jean Harvey, Nick Cave, Bowie…

    Lupe Fiasco Osheaga

    En toute fin d’après-midi, j’ai vu pour la première fois sur scène Lupe Fiasco, rapper, chanteur, un autre de ces frontmen de race noire qui ne se contente plus de témoigner exclusivement de la mouvance urban. Assez cool… et assez prévisible, si on se met dans le contexte de cette tendance qui ne fera que croître à l’avenir. Voilà de la bonne pop incluant hip hop, funk mais aussi rock indie.

    Fucked Up Osheaga

    En fin de parcours, je me suis rendu de nouveau à la scène des Arbres où Anna Calvi s’était produite. Hardcore de haute volée, gracieuseté de Fucked Up. Récipiendaire du prix Polaris en 2009 (que Karkwa a remporté l’an dernier contre toutes attentes canadian), l’excellent groupe hardcore torontois a donné une performance typique du groupe… tel qu’on le connaissait avant la sortie de David Comes to Life. Damian Abraham, le chanteur, était déchaîné comme à l’habitude, il nous a même présenté femme et enfant ! Serait-on en train d’assister à la naissance du hardcore familial ? Trêve de plaisanterie, j’aimerais maintenant entendre sur scène ce que j’ai entendu de brillant dans cet opéra punk qui fait saliver tant de chroniqueurs rock sur cette petite planète. Les réformes sonores qu’on y repère (surtout dans le mix des guitares) n’est pas encore perceptible sur scène. On est en droit d’espérer…. dans un avenir proche ?


    • “Declan MacManus est un auteur-compositeur-interprète crucial. Un des plus talentueux des trois dernières décennies, un des plus prolifiques.”

      Ha bon! Je ne connais et n’apprécie que Pump it up. Je ne connais personne qui peut me nommer deux chansons de lui, je devrais peut-être agrandir mon cercle d’amis… Il est plus reconnu comme le mari de Diana Krall que comme grand compositeur, oserais-je même avancer. En tout cas, je comprend le public d’Osheaga d’avoir été voir voir ailleurs s’ils y étaient durant la prestation d’Elvis. Au fait, les hipsters, c’est des buveux de quoi? :)

    • Je suis une grande fan d’Elvis Costello (imoi – je peux vous en nommer des chansons : Mystery Dance, Oliver’s Army, Watching the Detectives, High Fidelity, Shipbuilding… je m’arrête! Ha!), mais j’ai été franchement étonnée de le voir comme tête d’affiche d’Osheaga… surtout aux côtés d’Eminem (!!) Je crois qu’il aurait davantage été à sa place au Festival de jazz.

    • foxrox, si jamais je me cherche des amis, je vous met en haut de ma liste. :)

    • Écouter Fucked up juste avant d’aller vous coucher, c’est carrément aller dans le contre-emploi… Ils ont plutôt une fonction deux doigts dans la prise de 220 et cheveux dressés sur le crâne…
      Intéressant libretto :Amour, mission, mort et rédemption. My God, on nage en plein drame wagnérien…
      Perso, je trouve le chanteur un peu turn off, au plan du sex appeal.

    • Effectivement, Elvis Costello comme tête d’affiche du samedi était un choix discutable. Tant qu’a ca ils auraient du mettre Tragically Hip.

      Ils ont accordés trop d’importance a certains artistes pas assez a d’autres.

      Exemple, Flaming Lips ca été cool pendant un bout de temps mais tête d’affiche le dimande c’est trop. Tant qu’a ca ils auraient du mettre Janelle Monae. C’est le genre de decisions qui peut changer la dynamique du festival. Donne le gros show du dimanche a Jannelle Monae et elle va te donner un spectacle memorable. Beaucoup mieux qu’un spectacle quelconque des Flaming Lips.

      Ils avaient également des artistes comme The pain of being pure at heart autour de qui ils n’ont pas assez mis l’emphase. Si Osheaga veut garder sa credibilité ils devront arrêter de mettre trop d’emphase sur les artistes has been.

      L’an passé ils ont fait un peu la meme erreur. Ils avaient les Black Keys mais ils les ont fait jouer le dimanche après-midi dans un show de 40 minutes.

    • Je ne sais pas si je suis le seul à penser cela, mais je trouve que cette année, les têtes d’affiche sont d’une pauvreté inouïe. En arrière-plan, il y a quelques bons noms, mais sur la principale scène….. Flaming lips, Tragically Hip, Elvis Costello et Death Cab… rien pour écrire à sa mère. Eminem, pour la rareté de sa présence, mérite d’être souligné. Mais Costello… sans rien lui enlever, devait plutôt être au Festival de Jazz et non dans un festival en plein-air où la musique indie est reine.

    • Je peux rajouter aussi que The Strokes, même si leur dernier opus est décevant, aurait réussi à enflammer une la clientèle-cible de ce genre de festival. Très à l’aise dans ce genre de concert plein-air ( T in the park, Loolapalooza), les cinq gars de NY avaient peut-être mieux à faire.

    • Qui est le plus has been ? Costello ou le public québécois? Costello, c’est la même qualité musicale que McCartney mais il n’a pas un band mythique derrière lui pour impressionner votre nostalgie…Costello, ce n’est pas du jazz…Et c’est crissement meilleur que du B52’s mou que vous êtes 100,000 à avoir vu….On n’a plus la qualité de public pour encourager la vraie bonne musique, qu’elle soit d’aujourd’hui ou d’hier (si on l’a déjà eue….) Encore moins la classe pour écouter et avoir du respect. On est de plus en plus pognés avec des péteux de broue…

    • C’est grâce à CHOM-FM de Montréal que j’ai connu Elvis Costello. Le “Classic Rock” du 97,7 et du 106,9 “The Bear” à Ottawa a longtemps été inaccessible dans la région de Québec en raison des licences anglophones de nos amis du CRTC.

      Vraiment surpris et déçu qu’à Montréal, sa prestation fût désertée ( de façon arbitraire plutôt que circonstancielle ??? ).

      On achève bien les rockers mais pas les crooners … ( aka l’aphone Rod Stewart … ).

      Costello n’a jamais eu la quote à Montréal , Monsieur Brunet ?

      @dherapeute

      Small is damned beautiful.

    • Entre 1977 et 1982, Elvis Costello nous a offert 6 solides albums
      allant du New Wave au Punk Rock … Soul …et … Pop!!

      J’ai pas mal perdu sa trace à la fin des années 80
      mais ses premiers albums font partie de ceux que j’écoute encore régulièrement.

      Plus le récent album avec Allen Toussaint … “The River In Reverse”.

    • Costello était au mauvais endroit, il aurait mieux été placé au fijm, même si ce qu’il fait ne colle pas au jazz, les spectateurs du fijm auraient mieux “dealer” avec sa musique moins commercial…
      Les spectateurs qui étaient présent ne cherchais pas le même trip musicale….
      L’oeuvre de Costello est complexe et demande d’être apprivoisé (elle ne fais pas dans le facile)

    • @norvegequebec

      On s’en fout du sex appeal. Damian est pas là pour être cute. C’est un excellent frontman avec un charisme pas croyable. Selon moi, Fucked Up est le meilleur groupe canadien et de très, très, très loin!

    • Je reviens du 3eme soir.
      Bel après-midi mais soirée pas terrible à mon gout.
      City and Colour-Tragically Hip et death cab (que j’adore sur cd) ne m’ont pas fais lever…surtout les groupe tellement canadian (vive chom97.7)

      Death cab pas mauvais mas vraiment meilleur sur cd.
      J’ai bien aimé Jimmy Hunt , ensuite Smith Western pop bonbon mais qui sonne quand même bien.
      Après Cypress Hill …je me suis senti rajeunier de 15 ans (j’ai 29 ans) ..j’ai bien aimé ….c’était très plein et très vert….Malajube qui ont donné un bon show comme toujours et Beirut que j’ai bien aimé mais que j’aimerais voir dans une salle.

      Pas décu quand même d’avoir payé 80$ pour la journée.
      Y fais beau et chaud et c’est relax comme journée.
      j’ai manqué The sounds qui semblaient vraiment en grande forme et White Lies .

    • J’ai jamais vraiment compris qui était le public cible du festival Osheaga… Les artistes invités sont vraiment trop pêle-mêle, beaucoup trop de genre différent, et avec le prix élevé des billets, à moins d’être un fan fini d’un artiste présent, je vois vraiment pas quel est l’intérêt d’assister à un festival comme celui-là.

      C’est qui est arrivé à Elvis Costello n’est vraiment pas surprenant à mon avis. Avec les disparités qu’ils y avaient entre les styles musicaux de la journée du samedi et celui de Costello, les chances qu’un fan de Costello soit également fan d’un autre groupe était assez mince. Résultat, personne est prêt à payer le plein prix pour voir un seul artiste, à moins biensur qu’on parle d’artiste de classe à part, comme par exemple Eminem, ou l’an dernier, Coldplay. Voilà sur quoi repose, selon moi, le festival Osheaga. Heureusement des très gros noms, mais pour le reste on repassera.

      J’étais pas au festival aujourd’hui non plus, mais je suis pas mal certain que le malaise a dû se répété une fois de plus avec The Flaming Lips en finale…

    • Costello a livré hier soir une leçon de Punk 101 enflammée et dans le tapis, mais les hipsters ont trouvé plus cool de bouder leur plaisir et de regarder ailleurs; tant pis pour eux, mais c’est typique des jeunes branchés, j’en ai assez connu dans le temps… Moi j’en ai eu pour mon argent pis ma caméra! Dans la même semaine, j’ai vu McCartney et Costello, et il reste Daltrey et son “Tommy” à venir en septembre…

      Revoir la performance de Costello ici, si je peux me permettre: http://www.youtube.com/user/JolicoeurAdp?feature=mhsn#p/u

    • @ charkie
      Je n’ai jamais vu Fucked up sur scène. Je me suis intéressée à leur dernier album parce qu’il a eu des critiques très élogieuses dans les journaux norvégiens que je lis ( qui ont fait une critique de David comes to life bien avant La Presse, d’ailleurs.)
      J’ai été attirée par leur concept d’opéra punk- hard-core.
      Dans le genre, c’est effectivement un album concept costaud, à la fois rude et raffiné.
      Subtilité enveloppée dans des rythmes massue.

      Je suis allée voir certaines prestations sur youtube et de là mon commentaire…( probablement en raison de cette grosse bedaine qu’il insiste à nous balancer en pleine face pour notre bon plaisir ( sic))
      Il est certainement très convaincant sur scène. D’accord aussi pour dire que le groupe est dans le peloton de tête.. Je maintiens qu’ au plan sex appeal…mais passons c’est pas grave et comme tu dis, cela n’a pas vraiment d’intérêt…

      Tu as tout à fait raison., le chanteur n’est pas là pour faire cute. J’abuse moi-même régulièrement de cette phrase de Paul Gauguin: ” Le laid peut être beau mais le joli, jamais.”
      Ben non, je ne dis pas qu’il est laid. Boutade philosophique….

    • Très désolant de voir un gros calibre comme ça être boudé mais ca ne me surprend pas outre mesure, Osheaga est un évènement sociale ou les gens aiment être vus et non pas un festival de musique basé sur la musique. Oui, certains groupes sont très bons. Mais la majorité de la foule ne connait pas le 3/4 des bands. J’ai encore un souvenir de discussions avec des petites ados qui allaient là et qui ne connaissaient aucun band. Mais bon, c’est du INDÉ et quoi de plus valorisé que d’être hipster.

      Je ne suis pas allé cette année parce que j’ai vu le genre de foule semblable au show de Kurt Vile. Du monde de cégep qui textent et qui boivent en se pensant cool d’aller à la Sala pour la 3ème fois de leur vie… Vraiment dommage pour Elvis, c’est pas comme si le gars faisait des trucs dépassés et fades!

    • M. Brunet, vous ne semblez pas avoir assisté au spectacle le plus rassembleur de la journée de samedi qui à lui seul a comblé une grande partie de l’auditoire : Death From Above 1979 a brassé la cage et a fait dansé l’assistance avec son dance-punk des plus endiablés. Et ensuite nous avons eu droit à Bright Eyes avec un Conan Oberst qui a su accroché la foule grâce à son intensité et à ses chansons indie rock très accrocheuses.

      J’étais moi aussi désolé de voir Elvis Costello attiré si peu de gens. Toutefois, peu importe ce que diront les fans de M. Costello, il faut reconnaître que ce dernier n’a jamais eu de gros hits qui attirent les foules. J’étais prêt à me laisser séduire par M. Costello mais la magie n’a pas opéré. Après une forte entrée en la matière avec une toune très rock, la suite fut moins intéressante et l’attrait pour un band comme Fucked Up m’a fait déserté la grande scène principale comme tant d’autres avant moi. Erreur de programmation selon moi comme il en arrive souvent à Osheaga depuis leur début.

      Autres petits bémols : pourquoi les spectacles sur la scène des arbres et la scène verte avaient souvent lieu en même temps ? Finalement, cela créait des trous dans l’horaire et nous empêchait de voir un grand nombre de performances. Vers les 14h40 un seul et unique groupe jouait sur l’ensemble du site et c’était le groupe fort ordinaire Hey Rosetta qui jouait sur la grande scène… Si les organisateurs veulent continuer l’expérience des trois jours de spectacles, j’espère qu’ils vont éviter comme cette année de diluer le produit. Sur deux jours, ce festival aurait été vraiment incroyable.

      Autre bémol pour

    • Fallait s’y attendre pour le “flop” de Costello. Le bruit qui courait sur le site c’était : “Costello, le chum de Diana Krall là?” Les jeunes (dont je fais partie, je pense) ne semblent pas connaître Pump it up. Pour ma part, je dois admettre que c’est la seule de son répertoire avec laquelle je suis familier.

      Je suis resté un deux minutes à Costello… Ça avait l’air bien, mais j’avais vraiment envie de vivre l’expérience Fucked Up. Et je ne le regrette pas.

    • @ Julien Sirois

      “J’étais pas au festival aujourd’hui non plus, mais je suis pas mal certain que le malaise a dû se répété une fois de plus avec The Flaming Lips en finale…”

      Pas vraiment d’accord, à mon avis les Flaming Lips étaient une valeur sûre et pas mal plus intéressants que Costello, malgré que ça ne soit pas leur première participation à Osheaga. Tu les connais un peu?

      Aussi, tu sembles ne pas comprendre pourquoi le festival marche alors qu’il n’y a pas de “très gros noms”?? C’est justement la beauté de ce genre d’événement. La meilleure musique ne vient pas des gros noms, diantre!

    • Sérieusement, je connais bien la musique, mais quand j’ai vu Elvis Costello en grosses lettres sur l’affiche de Osheeaga, je me suis “de kessé?”. On aurait pu (et du) mettre Cypress Hill au lieu d’Elvis Costello. Malheureusement pour vous, pour lui et pour les organisateurs d’Osheeaga, Elvis Costello n’a pas d’aura particulier qui ensorcelle notre génération…

    • Malaise, dites-vous? Je ne connaissais pas Elvis Costello et je suis resté jusqu’à la toute fin. Une belle leçon de rock et une performance généreuse d’une légende que j’ai adoré laisser me conquérir. Il s’est gagné un nouveau fan samedi. J’ai même acheté le tshirt, que j’ai porté fièrement le lendemain, un peu comme un statement.

    • @Interzone
      Le but d’un festival comme Osheaga et de justement découvrir le 3/4 des groupes que tu ne connais pas ou dont tu as entendus parler,mais tu as manqué pendant l’année.

      @Julien Sirois
      le public cible :les hipters et les mélomanes
      Plusieurs personnes aiment plusieurs styles musicaux différents. Rien n’empêche d’aimer Elvis Costello et DFA1979. Rien n’empêche d’aimer Jimmy Hunt et Crystal Castles. Cypress Hill et Malajube. etc.

    • Maxime_G : Malheureusement je ne pense pas que tu découvres des groupes en textant, en te prenant en photos avec tes amies, en buvant ta bière à 7 piasses et en jasant comme le font la majorité des hipsters…

    • Concernant Fucked Up. Je suis ce groupe depuis environ 2004, bien avant leur passage chez Matador. Certains de leurs premiers singles peuvent sans nul doute être classés parmi les grands classiques canadiens du genre avec ceux de D.O.A., Genetic Control, Neos, Sons of Ishmael, etc. Fucked Up étaient alors un des nombreux représentant de cette tendance lourde du hardcore des années 2000 qui consiste à plagier sans trop de gène l’héritage du hardcore de l’ère classique (grosso-modo, celui de 1981 à 1983). Au sein de cette tendance, Fucked Up étaient parmi les premiers de classe.

      Puis, il y a eu le passage chez Jade Three (avant celui chez Matador) et ce que j’appellerais les «délires de grandeur». Oh! L’idée de départ n’était pas bête : miser non pas sur le caractère brutal du riff hardcore, mais sur ses possibilités hypnotiques en le répétant pendant 10 minutes et en donnant à tout ça une production digne de Smashing Pumpkins (ces 48 tracks de guitare superposées). Tout ça enrobé dans un pseudo-occultisme sans but ou réelle signification. Puis, le groupe a fini par soupoudrer des instruments «non-traditionels». Idée louable que cette volonté de sortir le hardcore du cul de sac rétro dans lequel il s’est souvent enfermé dans les années 2000.

      Or, j’ai fini par lâcher le groupe juste avant David Comes to Life. Cette idée louable n’est pour moi qu’une gimmick, un truc qui m’apparait lassant à la longue. Ce que le groupe gagne en «intelligence» et en production, il l’a définitivement perdu en instinct, et le bon hardcore, c’est avant tout instinctif et spontané. Je ne crois pas que Black Flag a passé 3 mois en studio pour enregistrer Nervous Breakdown ou que Discharge ont réfléchi beaucoup à leur son avant de mettre Realities of War sur bobines.

      Par ailleurs la voix du chanteur m’apparait comme totalement générique et surtout inappropriée pour leur son actuel.

      Pour ce qui est des concerts, j’ai vu le groupe deux fois et suis sortis très déçu à chaque fois. Je ne veux pas paraitre nostalgique ou trop «j’étais là dans le temps»,. mais il faut avoir vu des shows hardcore dans les années ’80 pour se rendre compte combien on est loin de l’esprit. En passant, un énorme festival extérieur n’est PAS un endroit propice au hardcore.

      Je terminerai par une recommandation. Le seul truc qui, dans les dernières années, m’est apparu à la fois nouveau tout en conservant la spontanéité, la tension et le côté viscéral propre au hardcore, c’est Iceage. Des petit culs danois d’à peine 18 ans qui brasse un son brouillon mais mélodique, comme si la no wave rencontrait Husker Du et Jesus and Mary Chain dans un tourbillon hardcore. Et pour une des rares fois, la critique hipsters pitchforkienne rejoint celle des hardcore kids beaucoup plus undeground : il se passe quelque chose là. À la Casa del Popolo le 16 août.

    • Concernant Fucked up….j’ai été étonnée de lire qu’ils n’ont pas joué les chansons de David comes to life parce qu’ils ne les savaient pas encore par coeur…Ils ont enregistré les tracks chacun de leur côté, sans jamais être tous ensemble pour jouer les morceaux. Une couche de guitare par-ci, une couche de guitare par là…Un genre de pièces détachées ou de meuble IKEA…C’est étonnant que l’abum se tienne aussi bien!

    • 99% des albums pop et rock sont enregistrés en pièces détachées, comme ça.

    • @effet…je me suis mal fait comprendre.. Bien sûr, je sais que chacun va enregistrer ses tracks un à un, mais leur façon de procéder m’a semblé une coche au-delà de ça. Ce qu’il a raconté au type de bande à part c’est:

      “On va pas jouer tout l’album, on le connaît même pas au complet encore. C’est à cause de la façon dont on enregistre maintenant : on va au studio chacun notre tour. On fait tous les instruments, ensuite je vais faire des voix, j’écris des paroles basées sur la musique, Mike ajoute plus de guitares, écrit des paroles que je vais chanter. Pendant l’enregistrement de David comes to life, c’est jamais arrivé que tout le groupe soit dans le studio en même temps. On aime encore enregistrer live pour la batterie et la guitare, mais si on se ramasse tous là en même temps on va s’obstiner, ça rend la chose difficile pour tout le monde, donc on a déterminé que ça serait probablement plus facile si on prenait notre temps et qu’on procédait par sections. ”
      Comme si chacun jammait chacun de son bord, sans répondant, sans dénominateur commun. Les musiciens ne connaissent pas assez les tounes pour les jouer ? ça m’épate un peu. C’est pour ça que je dis que c’est étonnant que l’album ait autant d’unité. Par ailleurs, jouer dans un gros festival après avoir pondu un album majeur et ne pas jouer cet album,je trouve ça décevant et même un peu baveux..

    • Je crois que l’enregistrement ”par section” se fait de plus en plus. D’abord, les logiciels d’enregistrement sont conçus pour fonctionner de cette façon. Nul besoin d’enregistrer le couplet et le refrain d’un coup. Il suffit d’enregistrer l’un, puis l’autre et ensuite de réunir les blocs en ”copiant-collant”. Pour être ingénieur du son en 2011, il est avantageux d’avoir joué au Lego ou aux réglettes dans sa jeunesse.
      Par ailleurs, Internet rend facile une certaine coordination sans la nécessité de se réunir physiquement, en groupe.

      Finalement, le groupe aimera surement que tu trouves que c’est ”baveux” de ne pas jouer les tounes de leu nouvel album. En ce qui me concerne, je ne vois que le résultat de ce que j’ai nommé plus haut leur ”délire de grandeur”. Quelque chose qui ressemble à ne plus avoir le moyen de ses ambitions.

    • “Quelque chose qui ressemble à ne plus avoir le moyen de ses ambitions.”
      Bon…c’était laborieux mon affaire mais je pense que c’est là où je voulais en venir…

    • Ne t’en fais pas, je te suis : )

      J’avais compris qu’il y avait aussi cette hypothèse dans ce que tu disais.

    • Personnellement, je n’ai pas de problème avec le fait qu’un artiste produise un album trop ambitieux pour être reproduit en concert. À mon sens, le travail de studio est un art en soi, bien différent de celui de la performance live. Ceci dit, je doute que le groupe n’ait pas été en mesure d’en réarranger quelques pièces pour les jouer en concert. Dans l’entrevue de BAP, il dit qu’ils ne joueront pas l’album au complet, ce qui veut dire qu’ils en ont joué un bout, non?

      Si le groupe a complètement omis son nouvel album lors du concert, j’hésiterais à parler de « baveux ». Je dirais plutôt « paresseux »!

    • Blackened,
      Je n’ai vraiment aucun problème avec ça en général. Mais à mon sens, ce groupe a fini par se perdre son instinct de tueur dans sa démesure, et qu’ils aient de la difficulté à trouver le temps, l’énergie ou les capacités de monter certaines pièces pour le live ne fait que mettre ça en relief.

    • @Interzone
      Je crois que vous saisissez mal le concept de ”festival”.

    • Pour ma part, j’ai bien aimé mon samedi, surtout en soirée pour Anna Calvi (trop court, en effet), Bright Eyes (à contre-courant pour aller les voir) et Elvis Costello (malgré les nombreuses défections). Bon, je ne dois pas être le public-cible…

      Au FEQ, c’est DFA1979 qui avait causé de nombreuses défections. Jamais au bon endroit, faut croire.

      Je n’ai pas participé à la soirée du vendredi, surtout parce que j’ai vu Joseph Arthur, Broken Social Scene et Timber Timbre ces derniers mois et que Janelle Monae n’était pas la tête d’affiche. En espérant la revoir bientôt (parce que au moins, je l’ai vu dans l’après-midi au Musée des Beaux-Arts).

    • Honnêtement, pour avoir vu DFA a Québec, c’est pas mal un des meilleurs bands qui jouent live présentement. Quel groupe solide.

    • Merci d’avoir souligné la présence d’Anna Calvi. Une virtuose de guitare avec une voix grave et chaude. Le premier album n’est pas tout à fait abouti, mais ça reste une artiste à découvrir.

      Je trouve qu’elle est encore très près de Nick Cave pour les ambiances, mais ça a au moins le mérite de sortir des sentiers battus. Pretez-y oreille, ça en vaut la peine.

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