
Wayne Coyne des Flaming Lips dans sa bulle au parc Jean-Drapeau / photo fournie par Osheaga
Pas moins de 81 233 entrées y ont été recensées, comparativement à 53 500 en 2010, ce qui nous en dit long sur la croissance de ce festival montréalais qui ratisse de plus en plus large. Quelle est la largeur souhaitée, au juste ? Nous avons un an pour y réfléchir…
Dimanche, cependant, Osheaga avait retrouvé ses airs… d’Osheaga.
Programmation mieux harmonisée, avec un public plus considérable que la veille, foule mieux en mesure de vivre l’éclectisme suggéré par le programme dominical.
Cypress Hill, formation mythique de latino hop hop de Californie méridionale, y a sorti l’artillerie lourde avec percussions (Eric Bobo), sa fameuse paire de MCs (B-Real et Sen Dog) et son aussi célèbre DJ (Muggs) équipé jusqu’aux oreilles pour l’occasion. Belle ambiance d’après-midi de juillet, belle performance, à la hauteur de la légende. J’ai vu Cypress Hill à plusieurs reprises depuis les débuts du groupe, je me souviens de performances particulièrement enfumées au Métropolis – à l’époque où la cigarette blonde y était permise et la cigarette verte difficile à réprimer – surtout lors de happenings hip hop ! Sous un soleil radieux, les fumées résiduelles étaient de nouveau identifiables hier, concert de Cypess Hill oblige. Rien de plus banal mais, vous savez, la moindre odeur d’herbe en fusion peut évoquer un souvenir…

Cypress Hill / Photo fournie par Osheaga
Malajube est ensuite monté sur scène, pour ainsi donner un concert à la hauteur de son pouvoir, prestation dont le contenu était essentiellement constitué de la matière tirée de La Caverne, son plus récent opus. Comme c’est le cas dans la plupart des concerts offerts dans de tels festivals, le vrai public de Malajube était ceinturé par un auditoire plus vaste qui semblait découvrir le band québécois. De nouveaux amis ? Probablement. Plus qu’honnête, donc.
Malajube était suivi de Beirut, jeune groupe américain qui nous a pondu trois albums fort intéressants, dont le récent The Rip Tide. Bel amalgame d’indie pop et d’influences européennes, surtout balkaniques. Les compléments de cuivres sont d’autant plus pertinents: trompettes, trombone et/ou tuba, tout ce qui tourne autour de Zach Condon me semble raffiné et circonspect.
Quant à l’enchaînement des groupes City and Colour, The Tragically Hip et Death Cab for Cutie sur les deux scènes principales, vraiment rien à redire. Voilà un beau travail d’harmonisation du côté de la programmation. Franchement, je ne croyais pas que les Hip seraient encore aussi frais et dispos, que Gordon Downie avait cet ascendant – après tout, n’est-il pas un des grands songwriters du Canada anglais, toutes époques confondues ?
Trêve de considération, un petit détour de 30 minutes à la scène Verte m’a permis de constater que Crystal Castles était en feu, pour employer un cliché.
Quant au concert des Flaming Lips en clôture, eh bien il fut pertinent pour qui n’avait jamais assisté à cet orgasme de sons indies-psychédéliques, avec canons à confettis et guirlandes, ces super projections, ces dizaines de figurants vêtus en personnages de The Wizard of Oz, et même un vrai mariage célébré en direct – pas de blagues, un couple local s’est dit oui-je-le-veux sur la scène des Lips !!! Mais bon… la balloune, je parle de celle qui roule sur la foule avec le chanteur Wayne Coyne à son bord, eh bien elle commence à se dégonfler un tantinet. Il faudra peut-être songer à renouveler le concept… et ne pas inviter les Flaming Lips un troisième dimanche d’Osheaga. Enfin… pas au cours des prochaines années, à moins d’un album génial.
Et voilà pour Osheaga 2011. Est venu le temps d’enfourcher ma bécane, me rendre au quai Alexandria afin d’y prendre le MegBoat pour trois heures de techno-croisière sur le St-Laurent. Héhé… les vacances sont imminentes.
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