Alain Brunet

Archive, juillet 2011

Dimanche 31 juillet 2011 | Mise en ligne à 22h58 | Commenter Commentaires (35)

Dimanche, Osheaga est redevenu… Osheaga

Flaming Lips Osheaga

Wayne Coyne des Flaming Lips dans sa bulle au parc Jean-Drapeau / photo fournie par Osheaga

Pas moins de 81 233 entrées y ont été recensées, comparativement à 53 500 en 2010, ce qui nous en dit long sur la croissance de ce festival montréalais qui ratisse de plus en plus large. Quelle est la largeur souhaitée, au juste ? Nous avons un an pour y réfléchir…

Dimanche, cependant, Osheaga avait retrouvé ses airs… d’Osheaga.

Programmation mieux harmonisée, avec un public plus considérable que la veille, foule mieux en mesure de vivre l’éclectisme suggéré par le programme dominical.

Cypress Hill, formation mythique de latino hop hop de Californie méridionale, y a sorti l’artillerie lourde avec percussions (Eric Bobo), sa fameuse paire de MCs (B-Real et Sen Dog) et son aussi célèbre DJ (Muggs) équipé jusqu’aux oreilles pour l’occasion. Belle ambiance d’après-midi de juillet, belle performance, à la hauteur de la légende. J’ai vu Cypress Hill à plusieurs reprises depuis les débuts du groupe, je me souviens de performances particulièrement enfumées au Métropolis – à l’époque où la cigarette blonde y était permise et la cigarette verte difficile à réprimer – surtout lors de happenings hip hop ! Sous un soleil radieux, les fumées résiduelles étaient de nouveau identifiables hier, concert de Cypess Hill oblige. Rien de plus banal mais, vous savez, la moindre odeur d’herbe en fusion peut évoquer un souvenir…

Cypress Hill Osheaga

Cypress Hill / Photo fournie par Osheaga

Malajube est ensuite monté sur scène, pour ainsi donner un concert à la hauteur de son pouvoir, prestation dont le contenu était essentiellement constitué de la matière tirée de La Caverne, son plus récent opus. Comme c’est le cas dans la plupart des concerts offerts dans de tels festivals, le vrai public de Malajube était ceinturé par un auditoire plus vaste qui semblait découvrir le band québécois. De nouveaux amis ? Probablement. Plus qu’honnête, donc.

Malajube était suivi de Beirut, jeune groupe américain qui nous a pondu trois albums fort intéressants, dont le récent The Rip Tide. Bel amalgame d’indie pop et d’influences européennes, surtout balkaniques. Les compléments de cuivres sont d’autant plus pertinents: trompettes, trombone et/ou tuba, tout ce qui tourne autour de Zach Condon me semble raffiné et circonspect.

Quant à l’enchaînement des groupes City and Colour, The Tragically Hip et Death Cab for Cutie sur les deux scènes principales, vraiment rien à redire. Voilà un beau travail d’harmonisation du côté de la programmation. Franchement, je ne croyais pas que les Hip seraient encore aussi frais et dispos, que Gordon Downie avait cet ascendant – après tout, n’est-il pas un des grands songwriters du Canada anglais, toutes époques confondues ?

Trêve de considération, un petit détour de 30 minutes à la scène Verte m’a permis de constater que Crystal Castles était en feu, pour employer un cliché.

Quant au concert des Flaming Lips en clôture, eh bien il fut pertinent pour qui n’avait jamais assisté à cet orgasme de sons indies-psychédéliques, avec canons à confettis et guirlandes, ces super projections, ces dizaines de figurants vêtus en personnages de The Wizard of Oz, et même un vrai mariage célébré en direct – pas de blagues, un couple local s’est dit oui-je-le-veux sur la scène des Lips !!! Mais bon… la balloune, je parle de celle qui roule sur la foule avec le chanteur Wayne Coyne à son bord, eh bien elle commence à se dégonfler un tantinet. Il faudra peut-être songer à renouveler le concept… et ne pas inviter les Flaming Lips un troisième dimanche d’Osheaga. Enfin… pas au cours des prochaines années, à moins d’un album génial.

Et voilà pour Osheaga 2011. Est venu le temps d’enfourcher ma bécane, me rendre au quai Alexandria afin d’y prendre le MegBoat pour trois heures de techno-croisière sur le St-Laurent. Héhé… les vacances sont imminentes.

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Dimanche 31 juillet 2011 | Mise en ligne à 13h22 | Commenter Commentaires (37)

Osheaga samedi soir: malaise au pied de la scène principale

Elvis Costello Osheaga

Samedi soir, il fait beau et chaud, toutes les conditions favorables sont réunies et… malaise au pied de la grande scène d’Osheaga. Les fans d’Elvis Costello (dont je suis) ont assisté à une scène franchement superflue. Au fur et à mesure que le show se déroulait, le public désertait, à tel point qu’il ne restait plus grand-monde à la fin. La performance était plus qu’honnête, pourtant: choix judicieux de répertoire, avec l’incontournable Alison en prime. Interprétation fervente. Mélange intégré de styles – rock, blues, country, jazz, etc. Assurément, Elvis ne s’y tournait pas les pouces. D’autant plus que son escale à Osheaga a été parmi les plus médiatisées.

Quel était le problème au juste ?

Declan MacManus est un auteur-compositeur-interprète crucial. Un des plus talentueux des trois dernières décennies, un des plus prolifiques. Mais… visiblement, il n’a pas encore acquis l’aura des vétérans qui imposent le respect auprès des jeunes branchés. Ça se produira peut-être plus tard, comme ça c’est produit pour d’autres. Prenez le cas de Johnny Cash. Pendant de longues années, il a été considéré comme un ringard et… lorsqu’il a fait des reprises de U2, il s’est mis sur la voie de la réhabilitation. Jusqu’à sa mort et encore aujourd’hui, Johnny Cash est estimé à sa juste valeur par un vaste public inter-générationnel, ceci incluant la mouvance hipster.

Visiblement, ce n’est pas le cas d’Elvis Costello. Il a beau installer sur les planches une cage pour danseuses à gogo, question de mettre un peu de piment à sa performance, le contact ne s’établit pas. Sur une scène plus modeste ? La scène verte ? Je n’en suis même pas certain, d’autant plus Elvis n’aurait peut-être pas accepté d’être ainsi relégué au second plan. Alors ? On doit conclure à une erreur d’évaluation… et de programmation.

Ratatat Osheaga

Attirés par la performance électrisante de Ratatat, une portion importante de hipsters (en majorité samedi contrairement à vendredi) a préféré ne pas retourner au pied des grosses scènes où l’on présentait les artistes les plus populaires au programme, enfin selon l’avis des programmateurs : Elvis Costello, précédé de Bright Eyes.

Le buzz pour Ratatat, tandem new-yorkais de musique instrumentale, était beaucoup plus considérable. À ce mélange de rock indie, rock dur, easy listening et moult variantes de musiques électroniques, à cette instrumentation incluant machines numériques et jeu en temps réel (basse et guitare), Ratatat ajoute une approche synergétique. Qui plus est, le tandem américain suggère un vrai spectacle avec éclairages dernier cri et projections franchement cool et qui ne manquent pas d’humour. À ce titre, je retiens cette rafale de poses kétaines de monde ordinaire qu’on a filmé pour la toile de fond. Pissant ! À l’évidence, Mike Stoud (le guitariste) et Evan Mast (le bassiste) ont absorbé toutes sortes de substances récréatives… sonores et visuelles. Le résultat de leur digestion n’est peut-être pas génial, mais il s’avère intelligent, joyeux, foisonnant et sans prétention. Idéal pour la scène Verte d’Osheaga ? Hmmm, si vous voulez mon avis, ça l’aurait fait sans problème sur une des deux plus grandes scènes.

Anna Calvi Osheaga

Quant au concert beaucoup trop court d’Anna Calvi, je retiens qu’elle doit absolument être de retour parmi nous. Cette jeune trentenaire du Royaume-Uni a tous les atouts nécessaires à une grande carrière: superbe voix dans le registre de l’alto (non sans rappeler Siouxsie Sioux), jeu probant à la Telecaster, riffs personnels et raffinés, espace sonore à la hauteur de ce raffinement. Elle aura interprété des titres de son album sans titre, avec en prime Surrender… d’Elvis Presley !!! Audacieux ? Malgré sa remarquable singularité, cette italo-brit ne dédaigne pas la tradition. Lyrique, sensuelle, sombre, cette très belle trentenaire s’inscrit dans le long sillon du rock de goût, on pense à Polly Jean Harvey, Nick Cave, Bowie…

Lupe Fiasco Osheaga

En toute fin d’après-midi, j’ai vu pour la première fois sur scène Lupe Fiasco, rapper, chanteur, un autre de ces frontmen de race noire qui ne se contente plus de témoigner exclusivement de la mouvance urban. Assez cool… et assez prévisible, si on se met dans le contexte de cette tendance qui ne fera que croître à l’avenir. Voilà de la bonne pop incluant hip hop, funk mais aussi rock indie.

Fucked Up Osheaga

En fin de parcours, je me suis rendu de nouveau à la scène des Arbres où Anna Calvi s’était produite. Hardcore de haute volée, gracieuseté de Fucked Up. Récipiendaire du prix Polaris en 2009 (que Karkwa a remporté l’an dernier contre toutes attentes canadian), l’excellent groupe hardcore torontois a donné une performance typique du groupe… tel qu’on le connaissait avant la sortie de David Comes to Life. Damian Abraham, le chanteur, était déchaîné comme à l’habitude, il nous a même présenté femme et enfant ! Serait-on en train d’assister à la naissance du hardcore familial ? Trêve de plaisanterie, j’aimerais maintenant entendre sur scène ce que j’ai entendu de brillant dans cet opéra punk qui fait saliver tant de chroniqueurs rock sur cette petite planète. Les réformes sonores qu’on y repère (surtout dans le mix des guitares) n’est pas encore perceptible sur scène. On est en droit d’espérer…. dans un avenir proche ?

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Samedi 30 juillet 2011 | Mise en ligne à 13h51 | Commenter Commentaires (55)

Eminem, Osheaga, le pouvoir attractif

Eminem

Depuis les débuts d’Osheaga, un festival ayant connu un décollage relativement lent et finalement atteint les hauteurs des gros festivals indie sur ce continent, Eminem a été jusqu’ici le plus attractif. La cause principale de ce score: 38 000 personnes venues vendredi au parc Jean-Drapeau.

On savait tous que le rapper du Michigan était immensément populaire mais… à ce point ?!! Malgré quelques ennuis techniques on ne peut plus évidents, la machine d’Eminem (avec groupe) est considérable. Son expression va droit au coeur de dizaines de milliers d’adolescents, jeunes adultes et trentenaires l’ayant connu depuis ses débuts. Qui plus il incarne le point de vue et la sensibilité de millions de visages pâles (et plus encore) férus de hip hop et dont l’art est respecté sur la planète hip hop, bien au-delà des considérations raciales ou communautaires.

Pour eux, Eminem représente exactement ce qu’ils espèrent d’un artiste hip hop : dire les «vraies affaires», dire sa rage s’il y a lieu de le faire, exprimer virilement ces affaires (pour employer un euphémisme), s’exprimer avec intensité maximum, avec rugosité maximum, péter quelques coups de gun à titre de feux d’artifice, balancer des beats et des riffs musclés, maintenir la tension à son max au sein d’une foule immense et compacte par une soirée chaude de juillet, offrir une performance fédératrice. Qu’on se le dise, Eminem c’est encore big. Très big.

On ne s’étonnera pas de l’impact du dernier album, relaté sur wiki:

« Il est l’album le plus vendu aux États-Unis en 2010 selon le Billboard et dans le monde la même année selon l’organisme officiel IFPI. Il est aussi l’album le plus vendu en téléchargement de toute l’histoire, faisant ainsi d’Eminem le premier artiste à vendre 1 million d’albums numériques aux États-Unis, selon Nielsen Soundscan.»

Ce pouvoir attractif d’Eminem a certes des conséquences sur Osheaga: vendredi, on observait une majorité écrasante de ses fans dont plusieurs ne correspondent pas tout à fait à l’idée qu’on se fait des osheagars et des osheafilles. Et que certains d’entre eux, certes minoritaires, auraient pu faire preuve de bienséance au lieu de gueuler pendant les concerts qui ne les concernaient pas ou traverser impunément les foules afin de mieux se positionner au show de leur préféré.

Tant mieux malgré tout ? Certainement, enfin selon plusieurs. Osheaga n’est pas (ou n’est plus) un festival alternatif par définition. Ses grosses affiches ratissent bien au-delà de l’indie: Elvis Costello ce samedi ? Complètement classique. «Normalement», Costello ou Janelle Monae devraient être de grosses prises au Festival international de jazz de MTL. Ils sont à Osheaga. Concours de circonstances ? Si c’est le cas, on les retrouvera bientôt dans les événements qui leur sont «naturels».

Ou encore… assistera-t-on à quelques aménagements dans la programmation d’Osheaga, dont la marque est désormais implantée dans le marché montréalais. Alors ? Il faut convenir qu’une foule d’Eminem n’est pas particulièrement disposée à se plonger dans le monde de Janelle Monae ou à communier avec le public de Bran Van 3000. Ce qui est tout à fait normal, d’ailleurs. Bien sûr, il s’en trouve plusieurs ayant trouvé leur compte avec un tel alignement, si ce n’est que pour avoir participé à une événement aussi considérable. Sachant qu’une tête d’affiche attire un public relativement facile à circonscrire, il faut donc que les concerts principaux présentés dans le cadre du même programme soient compatibles sans être absolument de même famille. Vendredi, en tout cas, il y avait lieu d’y songer.

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