Alain Brunet

Archive, avril 2011

Samedi 30 avril 2011 | Mise en ligne à 13h30 | Commenter Commentaires (42)

32e FIJM en salle : à l’extrême-centre de l’enveloppe

robert-plant

Non, je ne cultive pas la nostalgie des grandes années jazz… du Festival international de jazz de Montréal. Vraiment pas. Je peux désormais trouver mon compte ailleurs lorsqu’il est question de découvrir, nourrir, élever ma propre «mélomanie». Aussi, je comprends parfaitement qu’un festival qui compte sur un budget de 30 millions $ par an puisse se limiter à 3,5 % des amateurs de musique, c’est-à-dire les fans de jazz.

Or, lorsque le directeur artistique du festival soutient publiquement que l’événement repousse ses limites «aux quatre coins de l’enveloppe» en s’inspirant de l’expression anglaise push the envelope, je m’étonne. Aux quatre coins ??? Vraiment???? J’ai plutôt l’impression que le FIJM continue à s’enraciner à l’extrême-centre de l’enveloppe. Plus que jamais.

Est-il besoin d’ajouter que le festival doit adopter cette facture «familiale» avec un ratio déclinant de découvertes importantes au domaine des musiques créatives, et ce bien au-delà du jazz. En ce sens, on observe que même les têtes d’affiche de la pop dite de qualité se trouvent de plus en plus ailleurs.
Que Janelle Monae, par exemple, se retrouve à Osheaga au lieu du FIJM est un signe des temps.
Que Peter Frampton, sans intérêt à l’époque de ses deux ou trois hits glorieux, soit mis de l’avant comme s’il s’agissait d’un grand retour, est un autre signe des temps…

Que Robert Plant et son Band of Joy soit produit par le FIJM me semble désormais normal et je le vois même d’un bon œil. Que le Black Dub de Daniel Lanois y soit présenté, rien contre. Youssou N’Dour non plus. Et le reste… Sade , Men Without Hats, Madeleine Peyroux, Steel Pulse, Youssou N’Dour, Keren Ann, Wanda Jackson, Pink Martini, Colin James, Milton Nascimento, Marianne Faithfull, Random Recipe, Buck 65, The Roots, The Dears, Afrodizz, Don McLean, America, Southside Johnny, John Day, The Jolly Boys, Sophie Hunger, America, Florence K, Ana Moura, Clara Furey, Eliza Doolittle, Emilie Clepper, le projet gitano-roumain GRUBB, Trombone Shorty, Bootsy Collins et autres Ron Sexmith.

Quelle ligne, au fait, peut-on tracer à travers cette nomenclature ? Plus vieux que jeune. Plus nostalgie que découverte. Plus centriste et conservateur qu’audacieux.

Bon, passons au jazz.

Nous voilà au rayon des pointures que préconise la programmation d’un événement majeur qui porte toujours cette étiquette rassurante : le jazz. À cette enseigne, plusieurs habitués sont de retour. Brad Mehldau en solo ou duo avec Joshua Redman (on aurait préféré le projet Highway Rider, n’est-ce pas?), Diana Krall en solo (elle aura intérêt à chanter!), Dianne Reeves en trio de chanteuse aux côtés de Lizz Wright et Angélique Kidjo (semi jazz?), Gonzalo Rubalcaba et Richard Galliano en tandem, Paco de Lucia en septuor renouvelé. Et puis Belà Fleck, Oliver Jones, Erik Truffaz, Kenny Garrett en hommage à son beau-père, Dee Dee Bridgewater, John Surman, Emily Claire Barlow, Alain Caron, Return to Forever sous la gouverne de Chick Corea, Tony Bennett, Dave Brubeck, battle of the bands (Glenn Miller vs Artie Shaw…), Nikki Yanovsky avec l’Orchestre métropolitain, Esperanza Spalding et sa Chamber Music Society.
Voilà une nomenclature s’adressant au jazzophile débutant, novice ou intermédiaire. Rien de plus normal qu’un grand festival officiellement consacré au genre y présente une telle brochette.

Quant au reste des propositions, on parle d’une nomenclature pour jazzophiles intermédiaires ou connaisseurs. Sa qualité fait la différence entre un festival de jazz moyen, bon ou très bon.

À ce troisième rayon se trouvent les jazzmen émergents sur la planète jazz, les artistes ou groupes attendus des mélomanes, les rarissimes avant-gardistes ainsi que les musiciens valeureux qui dynamisent notre scène locale.
Alors? Voici venir la formation norvégienne Jaga Jazzist, la chanteuse new-yorkaise Gretchen Parlato, le big band de Darcy James Argue, le quartette de David Binney, le pianiste Harold Lopez-Nussa, les trois soirées du guitariste Marc Ribot, les trois soirées de l’oudiste tunisien Anouar Brahem, le prodige arménien Tigran Hamasyan (cette fois avec son quintette), la soirée Bunky Green-Rudresh Mahantappa, le trompettiste français Stéphane Belmondo, la saxophoniste Grace Kelly avec l’aîné Phil Woods, la chanteuse Holly Cole, le clarinettiste Don Byron, le guitariste Eivind Aarset et son Sonic Codex, le groupe scandinave In The Country, la violoniste Regina Carter, le saxophoniste Mark Turner, le pianiste et chanteur Steve Amirault, le Jazzlab d’Alain Bédard, le groupe Lifetime de la pianiste Geri Allen, la chanteuse Anne Bisson, la guitariste flamenca Caroline Planté, le pianiste cubain Harold Lopez-Nussa, le pianiste et violoniste français Thomas Enhco, la chanteuse China Moses, le Tremblement du fer du saxophoniste et compositeur montréalais Pierre Labbé, le saxophoniste Jean-Pierre Zanella, récipiendaire du Prix Oscar-Peterson cette année.

Franchement? Cela ne suffit pas à faire du FIJM un grand festival de jazz cette année. Sa grille a beau prévoir 180 concerts en salle, sa proposition jazzistique s’y avère très moyenne, du moins sur papier. Non, le festival de Montréal ne témoignera pas de ce qui se passe globalement dans le jazz d’aujourd’hui, que ce soit à New York, Paris, LA, Londres, Stockholm, Chicago, Boston, Oslo, San Francisco, Berlin, Rome, Sao Paulo, La Havane, Rio, Buenos Aires, Barcelone, Toronto, Vancouver, Madrid ou MTL.

Au quatre coins de l’enveloppe ? Hmmmm…. nenni.

Liens utiles

Dévoilement de la programmation en salle, mon reportage

Mes dix choix

Site officiel du FIJM

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Vendredi 29 avril 2011 | Mise en ligne à 13h56 | Commenter Commentaires (48)

La super aubaine de Québec

logo Festival d'été de Québec

« Dans le froid et sous la pluie, des milliers de personnes ont fait la file, jeudi matin, pour acheter, en pré-vente, un laissez-passer du Festival d’été de Québec (FEQ). Les 60 000 bracelets se sont envolés en à peine quelques heures dans les épiceries Métro » peut-on lire dans Le Soleil et sur Cyberpresse.ca.

Ainsi, le super méga deal du Festival d’été Québec est de nouveau offert à tous.

Les gens de la grande région de Québec et leurs invités de juillet jouissent du meilleur rapport qualité-prix imaginable sur Terre pour assister à une somme possible de concerts qui, dans les conditions actuelles du marché, leur en coûteraient dix fois le prix… ou même davantage !

Bien sûr, votre place aux Plaines d’Abraham pourrait se situer à un km de la scène et vous pourriez vous rabattre sur un écran géant… N’empêche que ça reste une super aubaine. Ce bracelet vaut au moins dix fois son prix.

Daniel Gélinas, le patron du FEQ, martèle que cette aubaine est financée par le le volume des ventes de laissez-passer (que permet la surface des Plaines) ainsi que des produits dérivés. Les subventions de l’État, si l’on sen tient aux dires des organisateurs, ne financeraient pas cette aubaine. Bon bon, on peut faire parler les chiffres comme on veut, n’en demeure pas moins que le montage financier du Festival d’été semble crédible et efficace.

Et que dites-vous des correctifs ?

Quoique peu inventive, la programmation des Plaines s’avère plus francophone :

Marie-Mai et un plateau de relève rock le 12 juillet.
Pag et Éric Lapointe le 13 juillet.
JP Ferland et les Charbonniers de l’enfer le 15.

On ne peut parler de concepts singuliers ces concepts sont néanmoins défendables dans la perspective des Plaines. On en aurait aimé au moins un plus flyé mais bon… l’effort est appréciable.

Pour le reste ? Voyons voir.

Ben Harper le 8 juillet : vraiment assez populaire pour remplir les Plaines? Me semble que Malajube, Galaxie, Gatineau et Champion attireraient davantage!

Elton John le 9 juillet : évidemment, ça en prend un gros comme ça… À la place du FEQ, je ferais pareil.

Soirée punk-pop avec Dropkick Murphys et Simple Plan en tête d’affiche le 11 juillet: mmouais… OK mais je crois que le public est mûr pour un événement punk de masse un peu plus… viril, mettons.

Plateau Cage The Elephant-Girl Talk- The Black Keys, le 10 juillet : rien à redire sur cette très bonne idée,certes la plus cool pour les Plaines cette année.

Dance Laury Dance – Joe Satriani – Metallica le 16 juillet : même fonction hard/métal qu’a rempli Iron Maiden l’an dernier, rien à redire non plus.

John Fogerty le 17 juillet : hmm… vraiment ? CCR n’a jamais été aussi hot pour occuper une telle affiche. Enfin… peut-être qu’à Québec on voit les choses autrement, vu l’affluence touristique de quadras et quinquas pendant le festival. Encore là, j’aurais risqué à la place le plateau Galaxie, Malajube et cie.

Pour les autres scènes extérieures et l’Impérial, voici quelques suggestions à vue de nez, on y reviendra certainement`.

Le 8 juillet : Cut Copy
Le 9 juillet : Novalima
Le 10 juillet: Wanda Jackson – sans Jack White, soyez avertis.
Le 11 juillet : Jimmy Hunt et Afrodizz
Le 12 juillet : Gaëtan Roussel, Afrocubism et Marianne Faithfull
Le 13 juillet : Gatineau, Champion, Random Recipe, re-Gaëtan Roussel
Le 14 juillet : Karkwa et Buddy Guy
Le 15 juillet : Manu Dibango, Manu Militari, Buck 65
Le 17 juillet : Death From Above 1979, Malajube, Galaxie, Karim Ouellet et Thomas Fersen

À votre tour de commenter la programmation du FEQ et/ou de formuler vos suggestions.

Liens utiles

Reportage du Soleil sur la prévente des laissez-passer

Au sujet du contenu francophone au FEQ, reportage du Soleil


Site officiel du Festival d’été de Québec

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Jeudi 28 avril 2011 | Mise en ligne à 19h47 | Commenter Commentaires (4)

MMM, pour célébrer toutes les souches de Montréal

festival MMM

Musique Multi-Montréal a été fondé en 1990 par Liette Gauthier, compositrice et tête chercheuse, aujourd’hui agent culturel à la Maison de la Cultre Ahuntsic. Jusqu’à une période récente, Liette et l’équipe de MMM ont rapproché et entremis toutes les souches de la diversité culturelle montréalaise. Ça fait 21 ans que ça se passe ainsi. Liette a passé le flambeau à Jean-Marc Ravatel, autre vieux routier des cultures alternatives qui s’applique à donner un nouvel élan au festival… commencé depuis mercredi.

Ce jeudi, à compter de 20h, MMM accueille les artistes du programme Noir comme l’ébène

« Un concert où l’âme africaine, par ses chants, ses musiques, ses rythmes et ses danses, fera vibrer le public réuni au Théâtre Plaza. Un concert où guitares acoustiques et électriques, voix et percussions interpelleront les spectateurs.

Gagnant du Syli d’Or 2009, ABOULAYE KONÉ est dépositaire de la tradition mandingue, de ses trajectoires mélodiques, de ses polyrythmes, enfin du grand patrimoine musical d’Afrique de l’Ouest. Qui plus est Koné collabore à l’ensemble du pianiste jazz François Bourassa et du joueur de kora Zal Idrissa Sissokho, sans compter les formations Salamm, Syncop, La Chango Family ou la Famille Zon.

Aboulaye accueillera sur scène OUMOU SOUMARÉ afin qu’elle entone des chants de paix, d’amour et de condition féminine inspirés du patrimoine culturel malien.

Les nuitards pourront ensuite se rendre aux Bobards pour le concert-lancement du nouvel album de ZEKUHL, un groupe en marche depuis des lustres sur la scène world de Montréal.

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Site officiel de MMM

Interview de Jean-Christophe Laurence sur Cyberpresse

Communiqué lancement de Zekuhl, ce jeudi, 22 h aux Bobards

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