
Superbement réalisé par Björn Yttling (de la formation indie pop Peter, Björn & John), cet album de Lykke Le n’exhale pourtant rien ou si peu qui puisse évoquer clairement la période actuelle.
Originaire de Suède, née de parents hippies routards et baroudeurs, férue de contre-culture américaine, la chanteuse de 24 ans aurait créé ce Wounded Rhymes en s’imprégnant de la contre-culture californienne proéminente fin 60 début 70. Sur Wikipedia, on raconte même que Lykke Li a visionné à répétition le film culte du cinéaste mexicain Alejandro Jodorowsky, La Montagne Sacrée. Très en vogue au milieu des seventies, ce film initiatique garni de symboles mystico-pétés ressurgit dans de jeunes caboches ! De quoi fumer la moquette…
Dans une interview accordée à Pitchfork (18 novembre dernier), Lykke Li dit s’être terrée dans le quartier Echo Park de Los Angeles afin d’y pondre ces Wounded Rhymes. Elle se serait inspirée de cette Californie mythique où convergeaient les archi-bonzes hippies. Elle aurait aussi été séduite par la cohabitation du bien et du mal dans cette banlieue éternelle qu’est aujourd’hui LA.
Ainsi, elle nous a pondu une pop musclée, certes fédératrice, rigoureusement construite dans les règles de l’art, néanmoins muséologique malgré les minuscules réformes que propose la réalisation. Mélodies contagieuses au programme, accroches à profusion, excellente prise de son, excellent mix, guitares post rock’a'billy, ambiances claviers à la Jefferson Airplane, prises de son inversées, quelques évocations post punk à l’anglaise (les sources les plus récentes de son inspiration?!!), et cette voix qui perce les murs.
Difficile d’imaginer plus référentiel. Très habité, pourtant, d’autant plus efficace. Lykke Li sera de retour le 21 mai prochain au Métropolis, annonce-t-on sur son site officiel.
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