
Puisque tous les médias sérieux chez les cousins en ont causé ce jeudi, ce blogue lorgne la France… là où le piratage fera l’objet de la plus importante répression en 2011.
Ill s’agit certes de la plus vaste opération anti-piratage depuis que les USA se sont calmés, c’est-à-dire depuis que la Recording Industry Association of America (RIAA) a presque baissé pavillon au terme de plus de 60 000 poursuites judiciaires – surtout entre 2003 et 2009.
Ainsi donc, passe à l’action l’Hadopi, soit la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet.
De quelle manière ? En trois avertissements, dont le dernier mène à la suspension de l’accès internet. Pour l’instant, nous en sommes aux premiers et aux deuxièmes avertissements.
En résulte l’envoi quotidien de 10,000 courriels d’avertissements pour les premiers six mois de 2011, rapportent entre autres Le Monde, La Tribune et Les Échos. Cette guerre aux pirates français était censée partir en grande l’automne dernier, l’offensive fut plutôt timide jusqu’à ce jour; depuis octobre, 70 000 internautes ont été enjoints de cesser leur pratique illicite. À la fin juin, donc, on friserait 1,8 million d’avertissements servis aux internautes qui téléchargent les fichiers non autorisés par les titulaires du droit d’auteur. Ce n’est pas rien !!!
« Pour la fin de l’année, nous n’aurons plus de limites », a indiqué Mireille Imbert-Quaretta, présidente de sa Commission pour la protection des droits, citée jeudi par Les Échos.
D’ici quelques jours, annoncent les plus importants périodiques français, l’HADOPI lancera une deuxième vague de courriels destinés aux internautes qui auront fait fi du premier avertissment. Cette deuxième salve de courriels sera accompagnée d’une lettre recommandée.
« L’envoi de la deuxième recommandation est le début de la phase pénale. Ce sera important pour nous de voir les réactions des abonnés quand ils auront cette deuxième recommandation », a précisé Mireille Imbert-Quaretta aux Échos.
Selon le périodique économique La Tribune, moins de 10 % des internautes auraient répondu aux 70 000 premiers avertissements. «Dans les trois quarts des cas, ils ont voulu savoir quel était le titre de la chanson ou du film piraté. »
Dans Le Monde de jeudi, on rapporte que l’HADOPI n’a pas l’intention de s’éterniser sur cette stratégie : « Selon Mireille Imbert-Quaretta, la Commission de la protection des droits n’a pas vocation à durer. “Soit la pédagogie marche, et le piratage baisse au profit de l’offre légale, et alors notre rôle est terminé, soit la pédagogie ne marche pas, et on passe à autre chose.”»
« Mais avant de procéder à un bilan de l’Hadopi, il faudra attendre au moins 18 mois d’activité à plein régime, “pour voir l’impact de la pédagogie sur la deuxième et troisième recommandation”. Soit d’ici à l’élection présidentielle. »
Les défenseurs de l’HADOPI peuvent-ils donc se montrer optimistes ?
Le 5 janvier dernier , Le Monde faisait état de nouvelles parades employées par les internautes pour déjouer les nouvelles mesures contraignantes de l’État français :
« La menace Hadopi a commencé de produire ses premiers effets. La mise en action, en octobre 2010, de la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet, la fameuse Hadopi, puis l’envoi des premiers mails aux internautes a eu pour conséquence… une forte augmentation des téléchargements illégaux. Car nombre d’internautes ont déjà trouvé une parade. En témoigne le boom de Megaupload. En novembre, ce site de téléchargement direct de films et de séries télévisées a reçu la visite de 7,4 millions d’internautes, selon les mesures du cabinet Comscore, cité le 30 décembre par Lefigaro.fr. En un an, la fréquentation de Megaupload a progressé de 35 %.»
Ce jeudi, Le Monde rapportait que l’HADOPI tentait de banaliser cette migration des internautes dits déviants:
« La Haute Autorité s’est également montrée sceptique sur les rapports alertant de l’augmentation importante du trafic sur les sites de streaming ou de “direct download”, qui ne sont pas surveillés par TMG. “Pour les ayants droit, la migration du piratage vers le “direct download” n’est pas si massive que ce que l’on peut lire. TMG n’a aucun problème pour trouver 70 000 IP par jour.” L’Hadopi va néanmoins lancer un dispositif d’observation anonymisée pour étudier les trafic, légaux et illégaux, sur les réseaux peer-to-peer, les plateformes de streaming et les sites de “direct download”, qui passera par la Cnil et dont les résultats seront rendus publics. »
Une histoire à suivre en France et… partout sur la planète.
À ce titre, le portail Clubic vient de résumer une vaste étude de la firme MarkMonitor sur l’état actuel du piratage:
« Spécialisée dans la protection des grandes marques, MarkMonitor a basé son étude sur 22 grandes sociétés et, au travers d’un algorithme, découvert 10 000 sites Internet enfreignant d’une manière ou d’une autre la propriété intellectuelle de ces dernières. Les experts ont entrepris de distinguer les plateformes de contrefaçon, proposant d’acheter des biens physiques, des sites de téléchargements illégaux de chansons, films, séries télévisées ou logiciels. Pour ce faire ils ont manuellement vérifié le contenu de 600 sites, puis retenu une centaine d’entre eux pour établir leur étude.
« Concernant les sites de téléchargement illégaux, MarkMonitor explique que les noms de domaine associés à des pratiques de piratage enregistrant le plus de trafic sont rapidshare.com, megavideo.com et megaupload.com. Ces derniers comptabiliseraient 21 milliards de visites par an. Rapidshare afficherait 11,8 milliards de visites par an contre 4,9 milliards pour MegaUpload et presqu’autant pour MegaVideo. Ces répertoires invitent les internautes à mettre en ligne leurs fichiers et, à moins qu’un ayant-droits n’indique un contenu protégé par des droits d’auteur, les fichiers sont accessibles en libre téléchargement. »
Et on croit chez les cousins qu’on pourra freiner tout ça en 18 mois dans l’Hexagone !
Douce France…
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