Alain Brunet

Archive, janvier 2011

Lundi 31 janvier 2011 | Mise en ligne à 15h16 | Commenter Commentaires (19)

John Barry / 1933-2011

JohnBarry

En 1962, le thème mélodique de James Bond avait été écrit par Monty Norman mais… John Barry en créa l’arrangement à la demande des producteurs. Au terme d’une querelle juridique, on reconnut néanmoins la paternité du thème à Norman alors que d’aucuns croient que l’emballage de cette ligne mélodique, c’est-à-dire sa structure harmonique et ses arrangements, en assura la pérennité.

Et que le son James Bond est d’abord attribuable à feu John Barry.

Et que John Barry fut un grand musicien, point barre.

Décédé dimanche, le compositeur anglais est effectivement le responsable de plusieurs trames sonores au service de l’agent 007. Dès la production de Dr No en 1962,  John Barry fut impliqué dans la création (partielle ou intégrale) jusqu’en 1987, année de la sortie de The Living Daylights.

Ces cuivres puissants qui vous glaçaient le cortex lorsque le 007 contemplait les installations du méchant Goldfinger, c’était le génie de John Barry.

Mélodiste inspiré, féru de jazz et de blues, néanmoins pop jusqu’au bout de la baguette.  John Barry est de ces créateurs mainstream n’ayant pas renié la musique classique de souche européenne et ses révolutions modernes sur le plan harmonique. À ses musiques pour grand orchestre dont il savait exploiter toutes les sections, il sut intégrer les musiques populaires de son temps – jazz, blues, R&B, rock, etc. Ses fameuses mixtions de trombones, trompettes, cor et saxophones figurent parmi ses plus beaux accomplissements.

John Barry a créé un son faste, captivant, à haute tension dramatique, toujours accessible malgré son indéniable raffinement. Les fans de musique de ma génération ne l’ont vraiment réalisé que lorsque de jeunes compositeurs des années 90 en on déterré les trésors et s’en sont réclamés. Comme ils l’ont fait d’ailleurs avec Lalo Schifrin, Ennio Morricone et autres Bernard Hermann.

Ses musiques de films se sont démarquées de l’inoxydable son hollywoodien (sauf exception), conférant au cinéma mainstream une modernité typique des années soixante et soixante-dix plutôt que d’édulcorer ad nauseam la musique romantique du siècle précédent. Est-il besoin d’ajouter que ses collaborations en Amérique furent heureuses – Midnight Cowboy ou Dances With Wolves pour citer ces exemples célèbres.

On rappellera qu’il fut (aussi) le compagnon de Jane Birkin avec qui il eut une fille – Kate, 43 ans, un de ses quatre enfants. Dimanche, le compositeur est décédé hier d’une crise cardiaque. Il avait 77 ans.

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Textes du Guardian

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Samedi 29 janvier 2011 | Mise en ligne à 12h58 | Commenter Commentaires (22)

Iron and Wine, en voie de fortification…

Iron And Wine Kiss Each Other Clean
 

Le quatrième album studio d’Iron and Wine était ambitieux et attendu. Au terme de quelques écoutes entreprises au début de la semaine, voici ce que je pense de Kiss Each Other Clean, lancé mardi dernier sur étiquette 4AD.

Sam Beam a voulu fortifier ce vin dont la teneur en fer était déjà élevée à souhait. Il a entrepris de reprendre de vieux sons, d’étoffer son instrumentation. Les chansons ont été bien construites, les arrangements étoffées, les ambiances assez variées, l’instrumentation variée. Folk appalachien, country, afrobeat, funk orchestral façon seventies, blue eyed soul, soft rock. La voix du soliste est limpide, aérienne, étoffée par des compléments choraux. On ne doute aucunement qu’il a pas mal bossé pour ficeler tout ça. 

Plusieurs applaudissent l’effort, d’ailleurs. Qu’ils ne boudent pas leur plaisir mais… Franchement, j’ai eu du mal à acrocher. Je conviens qu’il s’agit d’un bon album. Oui, les chansons sont bien construites mais…
Trop propre. Trop bon étudiant. Trop hippie bien mis. Trop Loggins & Messina, trop Blood, Sweat & Tears, trop Crosby, Stills & Nash sans Young. Pas assez de poils qui dépassent – sauf ceux de la barbe, bien entendu. Trop proche du travail de synthèse, aussi rigoureux soit-il. Je ne sens pas la touche finale de l’artiste, la signature ne m’apparaît pas assez évidente. Lorsque les références ne contribuent pas à autre chose qu’un collage efficace plutôt qu’à une mixtion qui se passe de comparaisons, une impression de passéisme s’installe entre les oreilles.

Lorsqu’un compositeur de chansons se lasse de la simplicité émanant de ses propositions antérieures, il doit aller de l’avant afin d’étoffer son langage sans que les nouvelles références lui soient extérieures malgré leur compréhension. Alors ? Sam Beam a bien fait d’aller de l’avant. Dans le cas qui nous occupe, l’intégration et l’appropriation nécessitent des efforts supplémentaires. Je conclus à un album de transition… vers quoi ?

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Vendredi 28 janvier 2011 | Mise en ligne à 14h05 | Commenter Commentaires (88)

Destroyer… magnifique Kaputt

destroyer-foam_hands

Destroyer a-t-il lancé l’album indie de la semaine ? Je me range du bord de ceux qui l’affirment.

Lorsque je me le suis procuré mardi, je l’ai tout de suite aimé. Ça fait cinq fois, ça n’a pas décliné. J’aime cette sincérité dans la voix de Daniel Bejar, j’aime ce ton de la confidence, j’aime ce timbre nasillard et graveleux, j’aime la fragilité de l’organe vocal.

J’aime les mélodies. J’aime ce lyrisme discret qui se répand sur les hémisphères. Cet aigre-doux.

J’aime l’imaginaire poétique de Destroyer, from Vancouver. J’aime ces sourires timides qu’on peut percevoir à travers les brumes de la désillusion et de l’incertitude.  Je kiffe vraiment ce Kaputt, Destroyer n’ayant jamais fait partie de mes priorités jusqu’à ce jour – je connaissais surtout Bejar à travers The New Pornographers. C’est d’ailleurs la première fois que j’en rédige une chronique.

Ce qui m’accroche encore davantage, c’est la réalisation de ce neuvième album studio de Destroyer. La variété des formes dans lesquelles puise le groupe n’a rien de particulèrement impressionnant. Plusieurs emprunts au programme. Soul pop à l’anglaise, easy listening, soft rock, light jazz pour grandes surfaces, pop instrumentale destinée trames sonores de feelgood movies entre 1975 et 1985, un certain kitsch à la limite. Riffs de guitares archi-connus, beats archi-connus, anches et cuivres d’une autre époque, vieux claviers en surimpression, tout vieux à priori. Et pourtant, du neuf. Vraiment personnel. Vraiment spécial que de rouler ces vieilleries dans la farine électro, de les mixer avec autant de singularité.

Bejar est un artiste de talent,  il sait verser ces références sur leur palette, créer de superbes toiles avec ces fluides étrangement conservés.

Destroyer Kaputt

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