
En 1962, le thème mélodique de James Bond avait été écrit par Monty Norman mais… John Barry en créa l’arrangement à la demande des producteurs. Au terme d’une querelle juridique, on reconnut néanmoins la paternité du thème à Norman alors que d’aucuns croient que l’emballage de cette ligne mélodique, c’est-à-dire sa structure harmonique et ses arrangements, en assura la pérennité.
Et que le son James Bond est d’abord attribuable à feu John Barry.
Et que John Barry fut un grand musicien, point barre.
Décédé dimanche, le compositeur anglais est effectivement le responsable de plusieurs trames sonores au service de l’agent 007. Dès la production de Dr No en 1962, John Barry fut impliqué dans la création (partielle ou intégrale) jusqu’en 1987, année de la sortie de The Living Daylights.
Ces cuivres puissants qui vous glaçaient le cortex lorsque le 007 contemplait les installations du méchant Goldfinger, c’était le génie de John Barry.
Mélodiste inspiré, féru de jazz et de blues, néanmoins pop jusqu’au bout de la baguette. John Barry est de ces créateurs mainstream n’ayant pas renié la musique classique de souche européenne et ses révolutions modernes sur le plan harmonique. À ses musiques pour grand orchestre dont il savait exploiter toutes les sections, il sut intégrer les musiques populaires de son temps – jazz, blues, R&B, rock, etc. Ses fameuses mixtions de trombones, trompettes, cor et saxophones figurent parmi ses plus beaux accomplissements.
John Barry a créé un son faste, captivant, à haute tension dramatique, toujours accessible malgré son indéniable raffinement. Les fans de musique de ma génération ne l’ont vraiment réalisé que lorsque de jeunes compositeurs des années 90 en on déterré les trésors et s’en sont réclamés. Comme ils l’ont fait d’ailleurs avec Lalo Schifrin, Ennio Morricone et autres Bernard Hermann.
Ses musiques de films se sont démarquées de l’inoxydable son hollywoodien (sauf exception), conférant au cinéma mainstream une modernité typique des années soixante et soixante-dix plutôt que d’édulcorer ad nauseam la musique romantique du siècle précédent. Est-il besoin d’ajouter que ses collaborations en Amérique furent heureuses – Midnight Cowboy ou Dances With Wolves pour citer ces exemples célèbres.
On rappellera qu’il fut (aussi) le compagnon de Jane Birkin avec qui il eut une fille – Kate, 43 ans, un de ses quatre enfants. Dimanche, le compositeur est décédé hier d’une crise cardiaque. Il avait 77 ans.
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