Alain Brunet

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  • Alain Brunet

    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Dimanche 28 novembre 2010 | Mise en ligne à 18h34 | Commenter Commentaires (24)

    Bujo

    bujo5

    Parmi les Monogrenade, Alex Nevski et cie, un certain David Bujo essaie de tailler une place sur la scène émergente. J’ai reçu sa musique l’autre jour, parce que je connais ses jeunes musiciens, tous très bons – Caroline Cameron, basse, Miles Dupire-Gagnon, batterie, etc. Depuis des mois, on me parle du mec sur FaceBook, tant et si bien qu’il est entré en contact avec moi, au point de me livrer son CD à domicile.

    Ce Bujo a le sens de la pop, il y exoloite des angles intéressants.

    Et qu’y trouve-t-on ?

    De la techno, du rock, du prog-rock, de la pop, de la chanson française.

    Des refrains accrocheurs, des ponts solides, des arrangements circonspects.

    Des machines, des guitares électriques ou acoustiques, de la basse, de la batterie.

    De belles mélodies, de solides constructions harmoniques

    Le gars sait chanter, composer, frayer dans un studio. Il est d’ores et déjà un fort bon réalisateur.

    Quant aux rimes, c’est plus faible. Comme c’est le cas de tant de paroliers québécois tributaires d’un enseignement déficient du français, le gars n’a pas été encadré, édité, coaché. Il y a bien pire, remarquez.

    D’où sort Bujo ? De Montréal. Sa bio en ligne nous apprend que le papa de Bujo serait chansonnier. Fiston a étudié le jazz au cégep Saint-Laurent, après quoi il est parti rouler sa bosse de par le monde. Le voyage l’aurait mené à écrire ses premières chansons. À la suite d’une participation au Festival international de la Chanson de Granby, il s’est familiarisé à l’électronica. En 2008, il a remporté cinq des dix prix au Festival en Chanson de Petite-Vallée, dont ceux de «meilleure performance» et «présence et charisme». En 2009, il s’est pointé une première fois aux Francofolies de Montréal.
    Il vient de faire 14 dates en France, il a lancé son premier album (sans titre) le 24 novembre 2010.

    Ce Bujo mérite notre attention. Vraiment.

    Liens utiles

    Site officiel

    MySpace

    Clip du lancement:

    À Belle et Bum il y a deux ans.


    • L’album de BUJO, on l’écoute en boucle, et son lancement, mercredi dernier, du solide ! À découvrir.

    • À Bujo : fais-toi ’signer’. L’auto-prod au Québec, même avec des belles critiques dans les journaux, à la télé et à la radio, ça mène à pas grand-chose.

      L’attention au Québec ça ne se ‘mérite’ pas, contrairement à ce que Alain semble suggérer. Ça se gagne, et pas tout seul.

    • @mikhail tu as malheureusement totalement raison pour les maisons de disque… Monopole du crime de l’embourgeoisement artistique au QC. Comme c’est triste. Juste pour spinner sur les radios satellites et meme FM, pour vendre des CD sur Amazon ou dans des grandes chaines… si tu n’es pas avec un Major Label y’a presqu’aucune discussion possible car tu n’es rien dans le marché. Je le vis souvent de mon côté avec mes productions.
      Bonne Chance BUJO.

    • En fait, en ‘auto-prod’, y’a moyen de se rendre sur les ondes FM et satellite (quoi que ça, ils peuvent se les garder), et même jusqu’aux tablettes des Archambault en poste d’écoute t’es assez fûté et que ton stock est assez bon.

      C’est pas ça le problème.

      Le hic, c’est que si t’as pas de posters dans la vitrine et de gros battage publicitaire et d’affaires publiques, tu ne vendras que 300 CD max… Et c’est là qu’il faut des professionnels du marketing. Je vois pas de ‘crime’ là-dedans…

    • Bref, un jeune artiste prometteur devrait consacrer au moins 50% de ses énergies à se faire signer…

      Parole d’un édenté !

    • Bons points…
      50 % de son temps à se faire signer ou +75 % à se défoncer pour faire vendre le truc, le faire spinner et se trouver des moyens commerciaux différents qui permettraient tout juste de rentabiliser la patente… Parlez-en aux gars de RAP au Qc.
      C’est peut-être pas un crime en effet mais cé frustant en bout de ligne même si ca fait partie de la Game.

    • Plusieurs artisans de la scène locale qui ne sont pas signés ne font pas nécessairement de la musique pour faire de l’argent…Plusieurs d’entre eux ont des jobs qui n’ont pas rapport avec la musique et continuent de jouer par intérêt et passion plus que pour les billets verts.

    • Je suis sur son MySpace… J’ai commencé par Qu est ce t en dis et je poursuis mais la première a tout je dirais pour tourner en boucle sur CKOI… On n’a beau dire qu’il faut pas compter sur les radios commerciales… Les deux suivantes cela semble moins évident mais la première…

      C’est un hit potentiel avec un bon gérant et une maison de disques… Et la critique semble apprécier sa texture sonore… La radio commerciale, elle, cherche l’efficacité d’abord, que ce soit accrocheur et rentre dans votre tête, riche ou non au niveau sonore, bonnes rimes ou déficientes…

    • Le répondeur… Une autre toune qui pourrait faire un hit… Il faut faire tourner cela dans les clubs et à la radio dix fois par jour… Quand tu as le potentiel commercial… Même que tu fais pas de la musique pour faire de l’argent… Tu veux quand même rejoindre le plus de monde possible…

      C’est sûr que je les écoute presque plus pour ma part mais à l’époque je crois qu’ils auraient pu embarquer…

      Je me demande ce que Scotch en dit de ces deux pièces… C’est dansant en diable… On a beau dire que c’est un Kétaine dans certains milieux… Un MARIO LIRETTE aurait fait jouer cela… Et même il pourrait encore… Il devrait faire une petite entrevue avec lui au 105,7 car ces deux tounes là sont des hits potentiels mais je peux me tromper…

    • @mikhail_boulgakov

      Corrigez moi si je me trompe, mais j’ai l’impression qu’il est impossible pour un artiste franco de se faire signer en dehors des concours. Même Leloup a fait Granby.
      Je sais que les Brits fonctionnent encore beaucoup avec le hype qui attire les dépisteurs des maisons de disques.
      Les maisons de disque franco font elles encore l’effort de se déplacer en dehors du contexte concours. Si la réponse est non.
      Est-ce de la paresse ?

      Ceci dit je sais que Bujo a fait les Francouvertes cette année.

      Je lui souhaite également bonne chance.

      @alain brunet

      A t’on des chiffres sur la moyenne des disques vendus par un artiste franco au Québec ces temps ci ?
      Je sais qu’il y en a trois ou quatre en dehors de Star Ac qui vendent encore relativement beaucoup.
      Mais les Martin Léon, Yann Perreau ou Stefie Shock, est-ce qu’ils ont une carrière sous respirateur artificiel ou ça marche vraiment pas pire ?

    • @charkie

      C’est vrai et je veux bien, mais faut toujours bien pas en perdre ! Et c’est encore pire aujourd’hui qu’il y a à peine 5 ans.

      @vieuxcon

      Franchement, j’en sais rien. J’ai toujours cru que les concours étaient une perte de temps totale, mais j’ai peut-être eu tort depuis 20 ans… Trop vu de ‘chanteuses’ y perdre toutes les énergies en vain.

      Les maisons de disques francos sont un peu cliquardes, m’est l’impression. Qu’importe leur recrutement de toutes façons; si elles décident de faire du pompiste une star qui vend, il sera une star qui vend. C’est cynique, mais c’est ça pareil…

    • Premièrement : Merci Alain!!!

      Deuxièmement : Belle discussion… je suis pas mal d’accord avec ce que vous dites à propos de l’importance d’être signé. Le fait est que selon moi, entrer en affaires avec une maison de disque est une relation à 2 sens. On s’attend à ce qu’elle mette du jus dans le projet mais il faut lui montrer aussi qu’on est capable de pédaler et qu’on sait où on s’en va. C’est ce que je fais en étant indépendant pour le moment, plus par contrainte que par conviction, je fais de mon mieux pour me faire connaître et offrir un produit “pro” sans attendre un contrat pour me bouger les fesses. Bien que j’aimerais mieux travailler en équipe, je ne veux pas tout faire pour me faire signer, il faut que je sente qu’il y a un intérêt. Plusieurs maisons de disque savent chu qui mais dans le paysage musical actuel, ils en ont des offres et ils restent très prudents avant de se lancer avec un artiste.

      Je veux bien être signé mais pour cet album là, il a fallu que je me rende à l’évidence de l’autoprod. On verra pour le deuxième… à suivre!

    • Peut-être qu’ils font des stars d’une manière mais pas sûr qu’ils les poussent à leur maximum de potentiel autant commercial qu’artistique…

      Trop de Star Académie ou de revues à potins… C’est pas mon talent certain mais des bons promoteurs cela doit exister toujours et il y en a qui conviennent pour des artistes et moins pour d’autres… Bâtir une star, cela me dérange pas en autant que ce soit pas de la musique complètement ringarde… Ou si vous avez cet objectif, une musique excellente mais qui a pas vraiment de chance de percer parce que pas assez accrocheuse… Ou bien il vous faudrait dans ce cas, absolument avoir un budget pour percer le marché mondial et avoir des contacts partout sur la planète… Pour bien faire dans des marchés de niches…

    • @bujo

      Bonne attitude tant qu’à moi.

      Effectivement, les maisons de disque ne signent plus sur des ‘démos’, vaut mieux avoir prouvé pendant un ‘vrai’ disque ou deux qu’on est capable d’accomplir des choses.

      Faut pas signer n’importe quoi non plus, genre de ‘contrat’ qui demande 100% du publishing, ou autres délires en canne…

      Bonne chance !

    • Je viens d’écouter les chansons proposées sur myspace. Pas mal du tout. Saltimbanco et Le répondeur sont mes préférées. En tout cas, saluons ces sonorités étoffées. Le texte? ça ne fait pas dire wow, on vient de trouver un poète mais ma foi…il se dépatouille bien

    • oups…je viens de voir qu’on avait de la visite!

    • @mikhail_boulgakov

      En effet le pompiste n’a pas gagné de concours. Je n’ai pas réussi à savoir si il en avait fait.

      @bujo

      Bonjour

      Je serais curieux de connaitre votre opinion quant au système des concours. Votre participation aux francouvertes à t’elle eu un impact positif sur votre lancée ?
      Je me questionne sur cet aspect car je trouve étrange de décider l’excellence d’un artiste dans un environnement aussi spécifique.

    • @vieuxcon

      Avez-vous un exemple précis à l’esprit ? Moi je disais ‘pompiste’ comme ça, pour faire une image (du reste pas très gentille pour les pompistes) inspirée d’un ‘quip’ de Jonny Cash.

      Cash disait à tous les aspirants chanteurs country : en arrivant à Nashville, faites le plein et demandez au pompiste de chanter une toune. S’il chante mieux que vous, faites demi-tour.

    • @mikhail_boulgakov

      Je pensais que vous parliez d’Éric Lapointe. J’ai lu quelque part qu’il travaillais dans un garage avant d’être connu.
      J’ai un bon vibrato. J’aurais continué mon chemin.

    • Les neuf pièces de l’album sont sur bandcamp :

      http://bujo.bandcamp.com/

      Le répondeur est plus sur le EP…

      http://www.espace-emergence.com/bujo-bujo.html

      J’ai peut-être des pensées capitalistes mais je trouve que cette toune là dans l’extrait ” j’ai besoin de toi, j’ai besoin de ton amour” cela ferait une bonne sonnerie à vendre sur des cellulaires… Ou à mettre sur une boîte vocale en attendant le message de votre blonde ou chum…

    • Lecture très intéressante, surtout quand l’artiste précise de manière aussi claire, merci à vous deux. Suis d’accord avec votre perception, Alain, quant aux textes, qui semblent parfois être un talon d’Achille dans la chanson québécoise. Pourtant, des ressources de formation chansonnière existent, tant en librairie que sur le web.

      Je relève que personne ici n’a réagit à ce sujet…

    • Très belle photo en passant, très inventive, bravo!

    • @ Bujo

      Bravo. Conçis et clair. Merci!

    • Je suis d’avis qu’une synergie «bon album auto-produit/bonnes perfomances live qui font jaser/couverture médiatique» peut permettre a un artiste d’intéresser une compagnie de disque. Mais le problème en ce moment est que même les artistes «établis» avec de grosse boîtes vendent plus ou moins de disques… Les compagnies ne rentabilisent pas leurs investissements. La relève francophone est à présent dans un cul de sac en terme de développement de carrière de type classique « album-radio -tournée-galas»… L’album n’est plus qu’un article promotionnel sur lequel on «place» des chansons afin de se faire connaître… Avec un peu de chance, on espère créer un buzz et jouer à la radio… Et là, peut-être que des diffuseurs prendront le risque de vous inviter mais c’est pas gagné car parfois, les diffuseurs en région ne font même pas salle comble avec des artistes de marque!

      À quand le retour vers le single? Le compte à rebour est déjà commencé…

      Et bien sûr, il y a les contre-exemples récents : Lost Fingers, Coeur de Pirate (qui a été recruté par la Grosse boîte suite un buzz somme toute assez restreint), Bernard Adamus (Également recruté par Grosse Boîte après qu’il se soit auto-produit et que le buzz était déjà en marche avec salle comble à Montréal et intérêt en région) ou Amélye (parfaitement inconnue mais qui a décroché un contrat avec Audiogram sur présentation de démo)

      Ensuite pourquoi un Alex Nevsky serait signé et pas un Bujo, ça je ne sais pas… La chance et les personnes qu’on connaît jouent toujours un peu…

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