Alain Brunet

Archive, octobre 2010

Dimanche 31 octobre 2010 | Mise en ligne à 14h26 | Commenter Commentaires (35)

Électroacoustique et divers compartiments…

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Alexander Schubert

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Martin Bédard

mathew adkins

Mathew Adkins

Nicolas Bernier et Simon Trottier

Nicolas Bernier et Simon Trottier

Cet envoi s’adresse d’abord à celles et ceux qui ont adoré le dernier opus de Flying Lotus (Cosmogramma, l’album électro de l’année ?). Qui ont trippé fort au concert de Four Tet et Jon Hopkins en octobre, ce jeudi soir où je m’emmerdais royalement au show de Phoenix… Qui s’intéressent à la sortie du prochain album de Brian Eno. Ceux-là qui ont noté qu’Aphex Twin prétendait avoir finalisé la matière de six nouveaux albums. Ceux qui vénèrent Boards of Canada. Ceux qui passent invariablement un week-end de juin à Mutek. Et, finalement, tous ces mélomanes pour qui les catégories musicales importent peu. J’en suis, vous vous en doutez bien.

Tout ce beau monde s’intéresse-t-il à la tendance électroacoustique ? Celle à l’origine de toutes les musiques électroniques ? Ceux-là se sont-ils pointés ce week-end au modeste festival Akousma ?

Quelques-uns, tout au plus.

De mercredi à samedi, la tendance plus sérieuse, la plus institutionnelle de la musique électronique s’est déployée au Studio Hydro-Québec du Monument National, une salle parfaite pour ce genre d’événement. Je m’y suis rendu jeudi et samedi, ce fut nourrissant au max. On me rapporte d’ailleurs que tous les soirs ont affiché presque complet – dans une petite salle, ça se comprend mais bon, c’est déjà ça !

Le Québécois Martin Bédard, le Britannique Mathew Adkins,le Québécois Nicolas Bernier assisté du guitariste Simon Trottier (membre de l’excellente formation Timbre Timbre), l’Allemand Alexander Schubert alias Sinebag, qui se produisait samedi avec le percussionniste Michel F Côté et le saxophoniste/clarinettiste Philippe Lauzier. Vraiment solide ce Schubert, soit dit en passant. Ses amalgames sonores m’ont semblé riches et singuliers, tant sur le plan des sources que sur celui des traitements et filtres utilisés.

Voilà une jolie cohorte de chercheurs, découvreurs dont les travaux peuvent alimenter les tendances plus branchées dela mouvance électronique. Vraiment différents de ceux qu’on découvre à Mutek ? Dans certains cas, un peu plus austères de prime abord. Mais généralement… pas si différents qu’on ne le croit d’entrée de jeu.

Encore une fois… je me désole que les mélomanes avisés, c’est-à-dire les moins perméables aux tendances commerciales et redondantes de la pop culture, évitent (consciemment ou non) ce genre d’expérience.

Ça fait pourtant 35 ans que j’observe cette compartimentation et je n’arrive toujours pas à m’y habituer. La gang du jazz. La gang du jazz contemporain. La gang de la musique classique. La gang de la musique contemporaine instrumentale. La gang de la chanson d’auteur. La gang de l’électro branchée. La gang de l’électroacoustique. La gang du métal songé. La gang du punk. La gang du rock indie. La gang des musiques africaines et antillaises. La gang des musiques classiques orientales. La gang des musiques indiennes et plus encore.

La musique pourrait-elle être un jour perçue comme un tout ? Peu probable, j’en ai bien peur. Tellement de champs à couvrir, impossible d’y arriver lorsqu’on est un amateur normal, avec emploi, famille et autres obligations. Soyons zen et continuons d’essayer de construire des ponts, aussi fragiles soient-ils…

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Vendredi 29 octobre 2010 | Mise en ligne à 17h41 | Commenter Commentaires (23)

Alexandre Désilets tient sa Garde haute

Alexandre Désilets

On a aimé le précédent, son premier. Fort de l’album Escalader l’ivresse, Alexandre Désilets fut choisi parmi les révélations de Radio-Canada, a remporté le prix Félix-Leclerc sans compter le prix André «Dédé» Fortin ce mois-ci, remis par la Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec. Beau succès d’estime, indeed.

Le vent dans les voiles, quoi.

Comme ce fut le cas pour Escalader l’ivresse, le réalisateur Jean Massicotte (Pierre Lapointe, Arthur H, etc.) s’est impliqué à fond dans la création de La Garde, nouvel album du chanteur lancé officiellement jeudi. Je viens de l’écouter trois fois d’affilée, voici mes premières impressions:

Réalisation on ne peut mieux soignée. Références pop indé, bel équilibre entre numérique et analogique, très bons grooves dans les ponts, mixage de haute tenue, belle tension entre l’abrasif et le soyeux. Mélodies un peu grises, instrospectives, qui s’impriment lentement dans le cortex. Toujours cette voix de ténor haut perchée, aux limites du contre-ténor. Il faut aimer cette voix très typée, d’ailleurs, sinon on risque de se lasser. Il faut aussi apprécier ces musiques qui se rapprochent davantage des ambiances sonores réussies que des chansons qui se fredonnent aisément sous la douche.

Signés Alexandre Désilets et Mathieu Leclerc, les textes sont interprétés en français normatif, ce qui pourrait favoriser l’exportation.; tout francophone n’aura aucun mal à saisir. Alexandre Désilets ne fait vraiment pas dans la québécitude, on lui souhaite bonne chance dans l’hexagone car s’y trouve une bonne part de son salut à long terme.

Quoi qu’on pense de son deuxième album (personnellement j’en pense de plus en plus de bien), Désilets est l’exemple parfait d’un chanteur raffiné dont la pop de niveau international n’aura de réel succès commercial que si elle conquiert plusieurs marchés relativement nichés. Méchant contrat ! De ce côté de la flaque, considérant la période très discutable que traverse le Québec en matière de musique francophone de pointe, considérant l’atmosphère ambiante pas particulièrement propice au risque, je prévois quelques milliers d’exemplaires vendus. À moins d’un déclic dont la nature m’échappe pour l’instant.

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Jeudi 28 octobre 2010 | Mise en ligne à 19h31 | Commenter Commentaires (24)

Djmawi Africa: cool ou pas cool ?

djmawi africa 3

Hindi Zahra, qui a grandi dans le Sud du Maroc au sein d’une famille berbère et qui fait un tabac en Occident depuis que son premier album a été lancé sur un label européen, c’est déjà considéré comme très cool. On l’a constaté au National, en juillet dernier. La place était pleine de monde, un public hétérogène qui n’était pas le public habituel des musiques du monde.

Pourquoi alors Djmawi Africa, un jeune band d’Alger qui se démarque du raï et du chaabi en offrant un métissage très dynamique de rock, reggae, musique gnawa et autres folklores maghrébins, suscite moins d’intérêt d’emblée ? Pourquoi serait-ce moins cool de prime abord ?

Parce que seul le Festival du Monde Arabe, qui présente ce groupe en ouverture de sa onzième édition, en a fait la promotion. Pas d’autre machine qu’un festival local, pas de label, pas de buzz chez les chroniqueurs spécialisés des médias occidentaux. Parce que le jeune groupe est basé à Alger plutôt qu’à Paris, Londres ou Berlin. Parce qu’il vien d’un pays diposant de moyens très modestes sur le plan culturel ne peut lancer aisément un groupe sur la scène internationale. Parce que la dimension occidentale est moins présente dans la musique de Djmawi Africa que dans celle de Miss Zahra, néanmoins irrésistible sur scène, de surcroît très allumée. Parce que cette musique s’avère plus artisanale sur disque.

Bien sûr, il ne s’agit pas de comparer directement la chanteuse marocaine au groupe algérien, de fait beaucoup plus proche d’une démarche à la Naas El Ghiwan, fameux groupe marocain des années 70 ayant intégré la musique gnawa dans une pop plus moderne quoique profondément nord-africaine. Il s’agit de comparer deux progressions différentes: une à partir de Paris, l’autre d’Alger.

Alors ? La réalisation studio s’en ressent sur Mama, un album qui fait quand même son petit bout de chemin au Maghreb. Pourtant… Avec plus de fric, un réalisateur de niveau international, quelques actualisations dans les arrangements, un meilleur mix, un peu plus de punch, cette nouvelle musique populaire d’Algérie pourrait s’exporter aisément, bien au-delà des marché communautaires.

Vendredi à l’Astral, Djmawi Africa se produira devant les invités du Festival du Monde Arabe, devant quelques douzaines d’Algériens de Montréal s’étant passé le mot et… devant une toute petite poignée de curieux « de souche», qui n’ont rien à voir avec la défense de la culture de quelque culture communautaire. La vie est ainsi faite…

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Mon interview avec Abdou, guitariste de Djmawi Africa

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