
Alexander Schubert
<img
Martin Bédard

Mathew Adkins

Nicolas Bernier et Simon Trottier
Cet envoi s’adresse d’abord à celles et ceux qui ont adoré le dernier opus de Flying Lotus (Cosmogramma, l’album électro de l’année ?). Qui ont trippé fort au concert de Four Tet et Jon Hopkins en octobre, ce jeudi soir où je m’emmerdais royalement au show de Phoenix… Qui s’intéressent à la sortie du prochain album de Brian Eno. Ceux-là qui ont noté qu’Aphex Twin prétendait avoir finalisé la matière de six nouveaux albums. Ceux qui vénèrent Boards of Canada. Ceux qui passent invariablement un week-end de juin à Mutek. Et, finalement, tous ces mélomanes pour qui les catégories musicales importent peu. J’en suis, vous vous en doutez bien.
Tout ce beau monde s’intéresse-t-il à la tendance électroacoustique ? Celle à l’origine de toutes les musiques électroniques ? Ceux-là se sont-ils pointés ce week-end au modeste festival Akousma ?
Quelques-uns, tout au plus.
De mercredi à samedi, la tendance plus sérieuse, la plus institutionnelle de la musique électronique s’est déployée au Studio Hydro-Québec du Monument National, une salle parfaite pour ce genre d’événement. Je m’y suis rendu jeudi et samedi, ce fut nourrissant au max. On me rapporte d’ailleurs que tous les soirs ont affiché presque complet – dans une petite salle, ça se comprend mais bon, c’est déjà ça !
Le Québécois Martin Bédard, le Britannique Mathew Adkins,le Québécois Nicolas Bernier assisté du guitariste Simon Trottier (membre de l’excellente formation Timbre Timbre), l’Allemand Alexander Schubert alias Sinebag, qui se produisait samedi avec le percussionniste Michel F Côté et le saxophoniste/clarinettiste Philippe Lauzier. Vraiment solide ce Schubert, soit dit en passant. Ses amalgames sonores m’ont semblé riches et singuliers, tant sur le plan des sources que sur celui des traitements et filtres utilisés.
Voilà une jolie cohorte de chercheurs, découvreurs dont les travaux peuvent alimenter les tendances plus branchées dela mouvance électronique. Vraiment différents de ceux qu’on découvre à Mutek ? Dans certains cas, un peu plus austères de prime abord. Mais généralement… pas si différents qu’on ne le croit d’entrée de jeu.
Encore une fois… je me désole que les mélomanes avisés, c’est-à-dire les moins perméables aux tendances commerciales et redondantes de la pop culture, évitent (consciemment ou non) ce genre d’expérience.
Ça fait pourtant 35 ans que j’observe cette compartimentation et je n’arrive toujours pas à m’y habituer. La gang du jazz. La gang du jazz contemporain. La gang de la musique classique. La gang de la musique contemporaine instrumentale. La gang de la chanson d’auteur. La gang de l’électro branchée. La gang de l’électroacoustique. La gang du métal songé. La gang du punk. La gang du rock indie. La gang des musiques africaines et antillaises. La gang des musiques classiques orientales. La gang des musiques indiennes et plus encore.
La musique pourrait-elle être un jour perçue comme un tout ? Peu probable, j’en ai bien peur. Tellement de champs à couvrir, impossible d’y arriver lorsqu’on est un amateur normal, avec emploi, famille et autres obligations. Soyons zen et continuons d’essayer de construire des ponts, aussi fragiles soient-ils…
Liens utiles pour découvrir quelques artistes d’Akousma
Alexander Schubert, site officiel
Page MySpace de Réseaux, l’organisme qui produit Akousma
Lire les commentaires (35) | Commenter cet article

L'utilisation de Facebook sert uniquement à simplifier votre inscription. 






