Alain Brunet

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  • Alain Brunet

    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Lundi 27 septembre 2010 | Mise en ligne à 21h14 | Commenter Commentaires (133)

    Le Noise de Neil Young

    Neil Young Le Noise

     

    Le 34e album studio de Neil Young,  dont l’oeuvre monumentale en solo ne compte pas les participations aux groupes mythiques que furent CSN&Y et Buffalo Springfield à une multitude d’autres projets, était attendu.  En tout cas, attendu sur ce blogue.

    Le Noise a été créé de concert avec Daniel Lanois. Ce qui devait être un album acoustique au départ s’est transformé en une aventure électro-acoustique étoffée de brillantes lanoiseries, surimpressions, filtres, écho et autres judicieux traitements de nature texturale. La Gretsch stereo, un instrument que Neil Young possède depuis l’époque de Harvest, a été mise à contribution comme il le fait remarquer dans une interview accordée au Figaro. La guitare acoustique itou.

    Les mots y sont simples, directs, consonnants. Ils prennent souvent l’allure de bilans, réflexions ponctuée d’inquiétudes, espoirs,  réminiscence.  L’amour, la guerre, les mutations violentes de l’Amérique, la colère ambiante, le sort des Amérindiens durant la conquête de l’Ouest, le viol de l’environnement,  l’époque hippie de l’auteur où hasch rimait avec absence de cash… Les titres parlent d’eux-même: Love And War, Angry World, Walk With Me, Sign of Love, Peaceful Vally Boulevard, Hitchiker, Rumblin’, Someone’s Gonna Rescue You

    Mais c’est d’abord le son qui a retenu mon attention. Voilà un rendez-vous avec  la mélodie, la voix singulière du soliste, et de riches filons de distorsion. On sait la propension de Neil Young au folk-rock de garage, aux accords abrasifs dans un contexe normalement plus paisible,  mais là… ces flots de distorsion sont particulièrement remarquables. Voilà une autre pierre à cet édifice immense. L’édifice d’un homme qui n’a jamais ralenti la cadence, qui s’est certes planté en cours de route, qui a traversé de longs plateaux, et dont cet épisode sans band relance une fois de plus l’intérêt.

     

    Neil Young

    Neil Young et Daniel Lanois, photo AP

    Liens utiles:

    Le Figaro: interview Neil Young et Daniel Lanois

    Metacritic

    MySpace

    Site officiel


    • Neil Young, aussi fort et puissant que John Lennon, Bob Dylan ou Leonard Cohen. Rien de pareil, unique, original et tordu. J’adore. Encore, encore!

    • Yes sir!

      Le vieux fou à Neil…

      Ca tombera pas dans l’oreille d’un sourd ca, non monsieur!

    • Cet extrait que vous proposez est simplement magnifique. Moi, j’aime Neil Young. J’aime le son, j’aime ce qu’il dit, j’aime sa voix, que certains qualifient de voix d’eunuque…

      Après avoir lu deux critiques la semaine dernière. j’avais vu cette entrevue avec Daniel Lanois:

      http://www.youtube.com/watch?v=qrbp9Tv9tHw

      J’apprécie cette façon, à la fois instinctive et articulée, de décrire un projet de création; l’art de faire ressortir une autre dimension à un artiste s’étant déjà exprimé pendant plusieurs décennies. La Nois/ Le Noise…inside joke???

    • He! He! My! My!
      Old rock’n roll will never die.

    • Un extrait de l’album :

      http://www.youtube.com/watch?v=4uDwvJK0YdI

    • Une chance pour lui qu’il est considéré comme un monument à la musique. C’est tellement bon ce qu’il chante (Ouin, disons; overated for me les zamis).

      Parce que, bâtard, qu’il chante mal. Cette voix nasillarde vient gâcher le tout. On a des voix 10 fois meilleurs et plus agréables à entrendre ici même au Québec.

      Faut avoir rien d’autre à écouter que ce festival du nasillardement.

    • Alors qu’on le croit définitivement en perte d’inspiration (dixit ses deux derniers albums) Il fini toujours par revenir avec un album qui le remet sur la “track” bravo!! En passant, j’ai écouté en “streaming” le nouveau Deerhunter Halcyon Digest et ça me semble être vraiment solide comme album!!

    • Pour les fans, je ne saurais assez recommander la magnifique captation de Martin Scorcese du retour sur scène de Neil Young après son acv… Entouré de ses amis, il offre une performance très émotive et c’est filmé d’une façon exceptionnelle…

      The last Waltz

    • Enweilledon dit:

      ”On a des voix 10 fois meilleurs et plus agréables à entrendre ici même au Québec.”

      Ouf! Si tu t’arrêtes à la voix, c’est vrai que tu es mieux avec Sylvain Cossette chante les années 70!
      C’est pas comme ça qu’il faut écouter du Neil Young!

    • @charkie

      Bon exemple. Sylvain Cossette c’est du réchauffé. Young est un compositeur. Et il est porté sur très haut piedestal. C’est vrai que si on focus sur un/une chanteuse à voix, le vide peux-être pire que des voix enrouées ou nasillardes comme Dylan ou Young qui sont très créatifs et qui portent la musique vers de nouveaux horizons.

      Merci du conseil.

    • Ma parole, est-ce moi, mes hauts-parleurs de MAC ou il y a vraiment une hallucination auditive de type Smell like teen spirit de 0.20 à 0.35?

      Mais quel album d’automne prometteur!

    • @enweilledon
      “Faut avoir rien d’autre à écouter que ce festival du nasillardement.”

      Mon oreille est agressée par les voix formattées qui n’expriment rien. Pour moi, la voix nasillarde de Neil Young, c’est comme une caresse. Chacun ses goûts, quoi !

    • @cjulie

      une chanson ou deux de Neil. Mais tout un album, pas certain. Mais si cela est une caresse pour tout, tant mieux. Tu es heureuse et c’est cela qui compte.

      tu as raison pour le goût. Un peu adoré la musique classique et aller à des concerts symphoniques, tandis qu’une autre personne ne veut rien savoir de cette musique mais ”trippe” bien dur sur du techno et les rave parti toute la nuit.

      J’ai manqué de jugement dans mes propos mais c’est ok on discute.

    • @enweilledon

      Ce n’est pas grave de manquer de jugement dans ses propos, ça arrive à tout le monde… C’est sympathique de votre part de l’admettre, ça n’arrive pas souvent sur les blogues. :-)

    • Je ne suis pas du tout le fan #1 de Neil et n’eut été de la présence de Daniel Lanois (je pense que tu as vu juste à propos de l’inside Norvege!), je ne pense pas que j’aurais porté un grand intérêt à cet album.

      Lanois a toujours été Lanois, mais depuis qu’il a un look de motard à la Zack Wylde, il réussit à faire des trucs hors de l’ordinaire avec une guitare électrique et un assortiment de fuzz.

      Je me souviens il y a quelque temps, j’étais dans une boutique et j’entends un espèce de solo guitare/drum hautement insipiré et tripatif provenant de speakers d’ordi. Titillé, je demande illico au vendeur : mais c’est qui ça, c’est-dont-ben-bon ? Réponse: Daniel Lanois / Brian Blade sur scène… Ce n’est pas la première réponse à laquelle je m’attendais. Franchement j’ai hâte d’entendre ça.

    • Lanois est un grand réalisateur. Il avait réussi à”recréer” Dylan avec Oh merci…

    • Journée d’automne magnifique. L’air est frais mais le soleil tape. La chanson Love and war a presque fait couler mon rimmel sur ma blouse. Encore des coulisses ..Le retour à la maison était parfait.

    • @ M. Brunet : Vous affirmez souvent qu’après un certain âge, genre arrivé à la limite 45 -50 ans les créateurs de musique se “dégradent” , pour tant il me semble que Neil Young est une des exceptions qui confirment la règle, non ? Bien sûr, il n’a pas toujours créé des albums puissants mais le risque est un des éléments permettant de départager un artiste d’un “fabricateur”.
      Ceci dit, j’ai très hâte de prendre le temps de bien écouter cet album.

    • @Boogie
      “hautement insipiré et tripatif”

      J’ai deviné, tu es Languirand? ;-)

    • @monsieurproum

      La zone de confort atteinte occasionne le déclin créatif pour une majorité absolue d’êtres humains. Les artistes n’y font pas exception. Et Neil Young est une exception de taille !

    • @Alain

      C’est presque jamais le cas avec les grands écrivains et les grands cinéastes. Mais c’est vrai que c’est fréquent avec la musique. Peut-être parce que la musique est plus assujetti à la mode et à l’air du temps. Peut-être aussi que réussir de grands albums demandent plus d’énergie physique et mentale que réussir un roman et un film. Cinéastes et écrivains sont au “top of the game” pendant des décennies; les musiciens ça dure généralement 5 ans, des fois 10.

    • De Lanois, ne pas oublié le velvetien album-culte Cyborgs Revisited des Simply Saucer.

    • @ unholy_ghost et m. brunet : D’accord avec vous deux….Pour l’écriture , le cinéma et aussi la peinture. C’est vrai que M. Young-et il a sans doute un nom prédestiné! – est une exception de taille mais ça donne espoir je trouve !

    • «C’est presque jamais le cas avec (…) les grands cinéastes.»

      Martin Scorsese, Roman Polanski, Wim Wenders, Werner Herzog, Francis Ford Coppola, Woody Allen, Theo Angelopoulos, Marc-André Forcier, Denys Arcand…

    • Neil Young est génial. Mais quand en plus il décide de se prendre pour Kurt Cobain en poussant ses chansons folk-grunge, alors là il justifie carrément l’existence du Canada anglais. Évidemment, je dis ça mais apparemment c’est plutôt Young qui fut une influence pour Cobain.

      Note pour M. Brunet: je serais vraiment curieux de lire une discussion sur le nouvel album complètement bizarroïde de Philippe Katerine.

    • @ghost

      Observation pertinente, ça donne à réfléchir,mais… les artistes de la littérature ou du cinéma peuvent aussi traverser de longs plateaux sauf les plus grands. Je ne crois pas, en fait, qu’il s’agisse de dépense physique… On peut appliquer votre raisonnement au jazz et à la musique classique. Les plus grands interprètes et les plus grands compositeurs ne plafonnent pas non plus. Enfin, il faudrait creuser davantage…

    • @orangemécanique

      Bien sûr, on va en causer, mais laissez-moi d’abord traverser Pop Montréal. La semaine prochaine, donc.

    • Arcand c’est un changement politique depuis le référendum de 80. Forcier c’est la bouteille, pas l’âge (il est sobre depuis paraît-il). Je ne trouve pas que Polanski, Coppola, Allen sont moins bons. Moins spectaculaires peut-être, le cinéma d’aujourd’hui est moins libre que celui des années 70, donne moins de moyen à la démesure prométhéenne. Wenders, comme Campion et Kieslowski, c’est un cas d’école. Pas l’âge mais le souci de plaire au plus grand nombre, être plus consensuel, courir les festivals, faire la leçon comme un sage, etc.

      Il y a dans la musique rock une notion de dépense, au sens presque bataillien du terme. Un artiste rock ne s’économise pas, brûle tout sans lendemain. Et puis, une tournée rock c’est drainant, physiquement et mentalement.

      Et puis, un grand écrivain écrit toujours le même livre en peaufinant l’expression. Un artiste rock qui fait ça est presque toujours taxé de redite.

    • @Alain et ghost

      J’émets une hypothèse: il est possible que le milieu de la musique populaire fasse en sorte que les artistes sont plus rapidement et plus solidement ancrés dans un personnage fictif (persona, pour le terme savant) qui peut devenir étouffant jusqu’à noyer l’élan créatif. Les grands artistes de musique populaire qui durent savent se métamorphoser, en quelque sorte: Bob Dylan, John Lennon, Tom Waits, Pink Floyd, Radiohead, Rolling Stones, David Bowie, etc. (pour ne nommer que ces exemples connus).

      Ce phénomène me semble beaucoup moins prenant dans le cas d’un écrivain, d’un musicien jazz, classique, ou d’un cinéaste.

    • Arcand n’est pas un grand cinéaste. Angelopoulos je m’en fous.

    • Pour avoir une idée sur le plafonnement des cinéastes et des écrivains (moins nombreux que les artistes pop qui pullulent et qui sont rapidement éliminés par le marché et la jungle de l’industrie musicale, il ne faut pas l’oublier), il faudrait les recenser et voir combien de gros noms résistent au temps. Parlons aussi des réalisateurs de télé (fiction) tant qu’à y être.

    • Les écrivains pullulent aussi. Il se publie pratiquement autant de recueils de poésie au Québec que d’albums.

      Il y aussi le fait que le génie d’un artiste est souvent en fait le génie d’un groupe, la gestalt créée par les différents musiciens, et les groupes ne résistent pas souvent au temps pour des raisons de personnalités. Même quand le groupe existe encore: ça fait longtemps que les Rolling Stones ne sont plus un groupe.

    • J’ai regarder la liste des cinquante meilleurs cinéastes par les Cahiers du cinéma. Presqu’aucun n’est devenu moins bon en vieillissant. Plus économe, moins spectaculaire, peut-être, mais souvent en plus concentré, comme un sirop qui réduit.

    • Si “Alabama doesn’t need him around anyhow” moi je vais acheter ce disque c’est sur.

      @orangemecanique
      Je ne trouve pas que Pink Floyd se soit tant métamorphé si on fait abstraction du changement de personnel. Comme Genesis dans le fond. Ca allait de soi que le son change.

      Mais en jazz , Miles Davis, Pat Metheny et Herbie Hancock, ont beaucoup changé !!!

    • @gl000001

      Allons, si on fait exception du départ de Barrett après le premier disque et de Waters après le 11e, la formation est demeurée stable. Les changement dans le son durant cette longue période n’ont donc rien à voir avec le changement de membres.

    • À mon avis, ceux qui se sont le plus réinventés sont: Bowie, Gainsbourg, Miles Davis, Hancock.

    • Mick Harris, Bill Laswell.

    • Je piste Neil Young et Daniel Lanois depuis que la vie et le hasard me le permettent : Young depuis je ne sais plus quand, peut-être l’album triple Decade que nous écoutions dans la chambre du frère aîné d’un ami (je peux encore reproduire la plupart des solos de Cowgirl in the Sand… avec ma bouche, au grand désespoir de ma blonde); Lanois depuis Martha and the Muffins et, surtout, Apollo: Atmospheres and Soundtracks avec Brian et Roger Eno en 1983. J’ai vu Lanois sur scène plusieurs fois, la meilleure demeurant pour moi au Sprectrum en décembre 1989 (même si, dans son compte rendu, notre hôte avait écrit à juste titre que Lanois ne semblait pas complètement sorti de son studio). Et Neil Young + Crazy Horse au Forum en 1991, avec Social Distortion et Sonic Youth. Ce n’était ni proto-grunge, ni über-grunge, ni méso-grunge, ni méta-grunge, ni l’aboutissement du processus entamé avec Zuma en 1975 : c’était une soirée de février dans une grosse cabane à patins, sur une île d’Amérique du Nord, où Neil s’amusait avec ses amis, notamment Frank « Poncho » Sampedro. Je réécoute souvent l’album témoin Weld, ça me ramone les oreilles.

      Donc, Le Noise, je suis ravi d’entendre ça. C’est une conjonction inespérée.

      Boogie : Il y a le disque du projet Black Dub, que Lanois devait présenter au FIJM l’été dernier, avec Brian Blade, Trixie Whitley (la fille de feu Chris) et Daryl Johnson. Sortie prévue le 2 novembre.

      http://blackdub.net/

    • En fait, le plus impressionnant c’est Gainsbourg, il a passé de style en style avec bonheur: chansonnier, jazz vocal, girl group, rock garage, psychédélique, pop baroque, funk, reggae, disco, new wave. Il a même inventé l’un des riffs les plus repris du rap: requiem pour un con.

      Charlebois s’est beaucoup transformé aussi, même si la fin est moins heureuse.

    • Je ne savais pas que Eno avait un frère. D’ailleurs, Lanois aussi produisait au début avec son frère.

    • Pour ce qui est de l’âge et la création musicale, faut pas perdre de vue une chose fondamentale.

      Toutes les mathématiques telles que nous les connaissons aujourd’hui (et la physique) ont été découvertes par des hommes (et quelques femmes) de moins de 25 ans, 30 max. En maths, c’est connu, si t’as rien fait à 27, 28 ans, tu feras jamais rien.

      La musique n’est que mathématiques mises en sons. Elle procurent une émotion et bla,bla, mais ce n’est rigoureusement pas autre chose. Chaque composition est une équation mathématique, ‘ontologiquement’. Les Inrockiens après y ajoutent de l’aliénation sociale et y accolent un sens ou un autre, mais ça les maths elles sont bien au-dessus ce ça.

      Ce n’est pas vrai du cinéma, de la poésie.

      En musique, si t’as rien fait avant 30 ans, tu feras jamais rien. Ce n’est pas dire qu’on ne peut écrire de grandes choses un musique passé un certain âge, mais il faut obligatoirement avoir fait qq chose avant. C’est dans la nature même de la ‘bête’, qui ne fait pas appel aux mêmes parties du cerveau que les autres arts.

    • Très intéressant Mikhail. Alors Caribou et Vijay Iyer sont en tête de liste ?

    • @gl000001

      Il est vrai que les métamorphoses les plus brusques de Pink Floyd sont dues aux changements de personnel. Mais n’oublions pas que Roger Waters était là dès le début.

      Notons que le phénomène dont je parlais s’accentue encore davantage lorsqu’il s’agit d’un groupe, où le compositeur doit non seulement revêtir son personnage public, mais également son personnage de membre du groupe. D’où le fait que certaines métamorphoses passent par une carrière solo.

      Je citais l’exemple des Rolling Stones tantôt mais ces gars-là ont bien fini par devenir prisonniers de leur propre personnage (évidemment, le fait que les tournées soient des machines à pognon doit adoucir leur douleur existentielle).

    • @hardy_canyon

      TVous qui pistez Neil Young… J’avais un disque qui s’appelait American Stars and bars. Un côté qui était une plainte hallucinante pré désintoxe et une face country (qui n’avait rien à voir)…

      Je suis incapable de le retrouver… Ça vous dis quelque chose?

    • @Francis222

      Super bonne ton entrevue avec Alec Empire! J’me peux pu d’avoir hâte au show!

    • Pink Floyd a fait 10 albums après Barrett (Ummagumma était réellement 4 demi-albums), mais il y a eu beaucoup de tiraillement interne pendant ce temps là. Et leurs 2-3 premiers post-Barrett étaient encore très inspirés de lui. J’aurais du dire que le alpha du groupe a changé quelques fois.

      @unholy_ghost
      Ils ont une cousine aussi : Yoko Eno ;-)

    • Boulga, ta vision de la musique comme math appliquée me semble archi-réductrice. C’est une manière très cérébrale de voir la musique, assez en phase d’ailleurs avec ta musique où l’émotion est sublimée (au sens freudien du terme). Je ne crois pas me tromper en disant que la plupart des musiciens ont une vision très intuitive de la musique, au feeling, probablement plus celle de leur cerveau droit que le gauche, assez loin de la tienne (je ne hiérarchise pas, remarque, pour moi toutes démarche est intéressante a priori).

      Je ne crois pas me souvenir que les bols en sciences pures faisaient les meilleurs musiciens. Au contraire, si je me fis à des gens qui ont fait musique, ils jouent les notes mais en comprennent pas grands choses. Beaucoup de bons musiciens en musique populaires ne lisent pas les partitions, d’ailleurs, alors les maths purs, je ne suis pas certain.

    • @ghost
      En composition populaire, vous avez raison, la qualité ne surgit pas dans les structures rythmiques (généralement binaires) ou harmoniques (généralement limitées). Ça se passe autour – mélodies, expression vocale, textures, espace sonore, sédiments, etc. Cet album de Neil Young est un bon exemple de réussite artistique en ce sens. Toutefois, en composition de haut niveau, c’est-à-dire hors de la forme chanson , il y a un lien direct avec la mathématique de haut niveau… qui n’est pas une science mais bien un jeu de langage. Et dont l’avancement repose sur une grande créativité de la part de ses protagonistes. Cette «mathématique» des sons ne peut se résumer à quelque froideur ou quelque intellectualisation à outrance. Bien sûr, une composition complexe ratée devient forcément une forme d’intellectualisation. Lorsque l’émotion hante la structure, cependant, on est sur le territoire de la grande musique.

    • @hardy_canyon

      American Stars’n bars (1977) avec “like a hurricane” bien sûr (sampedro, billy Talbot et Ralph Molina).

    • Je parle bien sûr de rock, donc de chanson populaire. Mais je ne suis pas sûr que ce que vous appelez musique de “haut niveau” ait (toujours) quelque chose à voir avec les maths de “haut niveau”, qui doivent être rendu beaucoup plus loin. Bien sûr, il y aura toujours des geeks qui voudront mettre la relativité en musique… ;-)

    • Les ‘Arthur Villeneuve’ de la musique (fort nombreux) sont comme M. Jourdain qui fait de la prose sans le savoir.

      Quand un ‘naïf’ prend sa guitare et accote un la mineur avec un do majeur (sans savoir la relation intime qui les sous-tend, parce qu’il est illettré musical) parce que ‘c’est joli’ ou ‘ça fait triste’ etc., en fait il le sait pas qu’il fait des maths, mais le résultat final sera une équation quand même.

      Si ce même naïf décide de ‘enfreindre les règles’ et mettre un la majeur sur un do majeur, au ‘feeling’, parce que ‘ça sonne cool’, il n’en reste pas moins qu’il écrit qq chose qu’un autre pourra décrire grâce à une équation mathématique.

      Si ce même naïf décide de compenser sa corde de mi pour que ça sonne ‘plus blues’, il entre carrément de le champ de la physique ondulatoire, elle même sous-tendue par des logs et plein de machins très compliqués.

      Ce n’est pas le cas quand un poète décide de parler de jardins de givre, on est purement dans l’affect.

      Quel que soit le processus de création impliqué, cérébral ou ‘feeeeling’, toute pièce musicale, en tous temps et toutes époques, se réduit à une équation.

      Dès lors, il n’est pas étonnant qu’on observe une corrélation entre la capacité de le créer et l’âge, comme en maths.

    • @ab

      “Lorsque l’émotion hante la structure, cependant, on est sur le territoire de la grande musique.”

      Exactement. C’est exactement là que ça se joue.

    • De toute façon, prenez un top 100 de meilleurs albums de tous les temps, et tous ou presque ont été faits par des gars de moins de 25 ans.

    • “Dès lors, il n’est pas étonnant qu’on observe une corrélation entre la capacité de le créer et l’âge, comme en maths.”

      La démonstration est élégante mais ne me convainc pas, justement parce que, on l’a dit, le “vieillissement” est moins important en musique classique qu’en musique pop, alors que selon ton explication ça devrait être le contraire.

      Deuxièmement, tout phénomène peut être mis en maths, ça n’explique rien.

      Troisièmement, il n’empêche pas que les Arthur Villeneuve ou même des génies comme McCartney, qui ne lit pas les partitions, ne fait pas des maths quand il fait ses accords ou ses chromatismes.

    • “le “vieillissement” est moins important en musique classique qu’en musique pop, alors que selon ton explication ça devrait être le contraire”

      Affirmation parfaitement gratuite. L’immense majorité chefs d’oeuvre de répertoire ont été pondus par des hommes de moins de 30 ans. Les oeuvres de fin de vie de Beethoven (en encore, on parle de la quarantaine avancée !) sont l’immense exception. Y’a pas de différence.

      “Deuxièmement, tout phénomène peut être mis en maths,”

      ?! C’est quoi l’équation pour ‘ma vitre est un jardin de givre’ ?!? C’est pour ça qu’on appelle ça poésie.

      La musique dans son écriture et son rendu est un phénomène purement physique.

      Non, les naïfs de ‘font pas de maths’. C’est le résultat qui en est, nonobstant le ‘messager’ par lequel la musique est passée.

      Car les maths et la musique ont aussi ceci de commun : on ne les invente pas, on les découvre.

    • Toute phrase peut être mis en équation, demande à des sémiologues ou des lexicométristes (c’est juste que tu es illettré en ces domaines), un logiciel peut “imiter” le style d’un écrivain ou d’un musicien. Or, la musique et la poésie font appel à l’esprit de finesse, pas seulement à l’esprit de géométrie.

      Pour ce qui est de la musique classique, il est vrai que je n’en sais rien, je me fiais à ce qui était dit plus tôt, mais je ne crois pas que tu le sais itou. Ça me semble pas vrai à part Mozart. Ils ont peut-être révolutionné la musique avant trente ans, mais les morceaux de maturité de Bach, Messian, Beethoven sont aussi grands, c’est indéniable.

    • Et même Mozart, on peut rêver à ce qu’il aurait fait à maturité.

    • “La musique dans son écriture et son rendu est un phénomène purement physique.”

      Les maths ne sont pas un phénomènes purement physiques. Alors il faudrait que tu te branches: est-ce que la musique est un phénomène physique défini par des maths (choses abstraites) ou le contraire?

    • La mise en place des systèmes les plus complexes se fait au cours de la jeunesse, je suis d’accord avec Mikhail. Les 100 meilleurs albums pop ont été majoritairement créés par des jeunes, c’est aussi vrai… Normal, le marché a tôt fait de les encabaner dans leur mythe et très peu s’en sortent librement. En musique instrumentale ou musique électronique de haut niveau, cependant, pas d’accord avec Mikhail; si la mathématique des structures a été mise en place en bas âge, la maturité émotionnelle, le jeu des couleurs, le ménagement des effets, bref tout ce qui fait la différence entre un système et une oeuvre, eh bien ça évolue sur le long terme. Bach n’a pas fait les Variations Goldberg quand il était kid n’est-ce pas ?

    • “Si ce même naïf décide de compenser sa corde de mi pour que ça sonne ‘plus blues’, il entre carrément de le champ de la physique ondulatoire, elle même sous-tendue par des logs et plein de machins très compliqués.”

      Ce n’est pas le champ de la physique ondulatoire qui définit en quoi c’est plus beau ou plus triste. Tout cela est de l’ordre de l’affect et ce n’est pas plus stable que la poésie.

    • @Mikhail

      Cette modélisation de la musique par les mathématiques me semble complètement évaporer la notion d’expérience musicale. Ici, le rapport du compositeur et de l’auditeur à la musique est ignoré de manière à ne la considérer qu’en elle-même. Comme si la musique tirait sa réalité d’une source théorique, virtuelle; bref, comme s’il y avait une musique “en soi”.

      Mais la musique n’est jamais qu’expérience et elle implique alors nécessairement un sujet avec tout son monde d’affects.

      Cela n’empêche pas qu’il existe bien une théorie de la musique et que certains artistes s’y conforment davantage que d’autres, d’où l’aspect plus mathématique de leur travail. Mais la théorie, ce n’est pas la musique.

    • @Mikhail

      Ce que vous avez ontologisé, ce sont les conventions que vous avez apprises, me semble-t-il.

    • Vos commentaires me rappellent mes cours de musique dodécaphonique et sériel… Un délice pour l’intellect, une horreur pour l’oreille…

    • “Ce que vous avez ontologisé, ce sont les conventions que vous avez apprises, me semble-t-il.”

      Elle est bonne celle-là. Dire ça à un gars qui a mis au point (et appliqué) un système inédit de modulation par vitesse ! Que personne comprend anyway alors fuck au fond…

      Justement, remarquez que ledit système n’est pas assez ‘expérimental’ pour le GAMIQ, qui n’a même pas daigné me mettre en nomination d’album ‘expérimental’ où j’étais recensé… Ah la la. Reste les Marquises.

      Fondamentalement, vous mélangez tous les choses. Ce que ça fait au niveau de l’émotion, etc., et ce qui sous-tend la patente.

    • De toute façon, tout se modélise mathématiquement, même le chaos…

      Les mathématiciens sont des poètes…

    • Je vais laisser la métaphysique à certains d,entre vous… Pour ma part jouer du Neil Young sur ma vileille Hummingbird 63, c’est un pur délice.
      À ceux qui pensent que Neil Young emprunte à Cobain , je leur suggère son premier album solo avec Cinamon Girl,mais surtout avec les deux pièces majeures de l’album: Down by the river et Cowgirl in the sand. Des bijours de guitare.
      Je l’ai vu en … 68 à Yorkville à Toronto. il n’était pas tellemnet connu, mais était déjà incroyable avec sa veste à frange, que lui a emprunté David Crosby plus tard.

      Ciao

    • «ontologiser»… J’aime ce néologisme ! C’est vrai, l’explication de Mikhail donne l’impression d’évacuer l’expérience musicale mais il ne me semble pas faire dans les conventions pour autant. Il me semble ne viser consciemment qu’un angle de la création musicale, c’est-à-dire sa mathématique sans prévenir qu’il ne s’agit que de sa dimension structurelle. Ainsi, il prête flanc à cette accusation d’ontologisation(…) et même au préjugé classique sur le dodécaphonisme – «une horreur pour l’oreille». La surintellectualisation de la musique au cours du siècle précédent, le grand échec (provisoire), il me semble être survenu plus tard – années 40 et 50 plutôt que 10 ou 20.

    • @erno

      Trêve de «métaphysique», vous l’avez vu en 68 à Yorkville ?!!! Wow. On veut en savoir plus !

    • “ontologiser” n’est pas un néologisme, loin s’en faut.

      On comprend très bien ce que tu dis, Boulga, c’est juste qu’on trouve que tu réduis la musique à sa structure mathématique.

      Par ailleurs, te dire incompris (traduction: je donne des oerles aux cochons) est un topos bien commun de l’art.

    • Ontologiser n’est pas dans le dictionnaire, ETK. Et topo ne prend pas de s….

    • C’est ça, ontologisez, métaphysiquez tant que vous voudrez moi j’écoute Neil Young.

    • Les termes spécialisés de diverses professions ne sont pas dans le dictionnaire non plus. Ce ne sont pourtant pas des néologismes.

      Et “topos” prend bien un “S” (topoï est le pluriel) et n’est pas non plus dans le dictionnaire.

    • En journalisme, il existe un débat sur ces termes spécialisés qui sont perçus comme des néologismes même s’il font l’objet d’un usage courant dans le jargon professionnel. On pourrait discuter longtemps mais je vous donne raison. Pour topos, c’est moi qui suis dans le champ.

    • C’est comme Monsieur Jourdain…

    • Hmmm… pas exactement. Ce n’est pas l’expression d’un complexe mais plutôt d’un souci de se faire comprendre de tous.

    • Hey ! enweilledon Vas donc écouter Ceuline pis chri…nous donc la paix .!

    • On perd patience en fin de journée ? Mettons ça sur le compte de la fatigue…

    • J’aime beaucoup Neil Young. Ton parfois mélancolique. Guitare sale. Mais son répertoire prend une sacrée débarque quand on le compare à celui de Dylan. On dirait alors que les compositions de Young prennent la dimension de contes pour enfants alors que l’autre s’adresse aux adultes. Bizarre!

    • J’ai vu Neil Young alors qu’il jouait avec Rick James et les Mynah Birds. Je crois que c’était en 64 ou 65.

    • @norvege
      Faudra trouver une nouvelle étiquette pour ces disques. rock à coulisse?

      @ghost
      Maaais non, je ne suis pas Languirand pcque…
      1) je n’écoute pas de new age
      2) j’ai déjà essayé la mari mais je n’ai jamais inhalé.
      3) je ne suis pas assez brillant.

      Cet album de Young est, parmi les quelques que je connais, dans le top. Pas de hits à la Harvest mais à mes oreilles, ce déluge de fuzz (plus que de fuzz que de distorsion d’ailleurs, nuance) est un délice. On pourrait croire que tout ça est quelque chose de très cru et de très brut (genre 1, 2, 3 go on enregistre, on fait un mix/mastering rapide et on met sur les tablettes). Mais le travail de réalisation est considérable. Ce bzzzzzz qui bourdonnent dans les aigus et dans les basses, ces feedbacks, c’est du beau tone ça mon ami.

      Pas des zzz de dodo, plutôt un grondement contrôlé et un peu inquiètant qui rend les tounes puissantes au carré. Fuzz factory, Octafuzz, ce genre de trucs modernes qui répliquent du vintage mais sans le hiss, sont exploités avec une main de maître. J’adore ce mur de son et cette voix dans l’écho, ces loops juste comme il faut. Tout ça est effectivement une caresse.

      Les chansons accoustiques sont très biens, mais c’est quand la Gretsch remplie les caisses que le tout prend vraiment son envol. C’est une première écoute mais moi aussi je vieillis et je pense que je me trompe moins souvent qu’avant en portant un jugement.

    • Je vais écouter cet album c’est certain, merci ! J’aime bien tout ce qu’il fait.. autant Dead Man… que Harvest Moon ! Avec Lanois ça doit être DÉBILE !

    • Neil Young est un gars de l’Ontario. Helpless: There is a town in North Ontario ..

      Et, dans le temps, en 67 et 68, avec mon cousin on montait à Toronto , Yorkville, les fins de semaine. C’était le San Francisco canadien. Neil Young y venait souvent pour jammer ou jouer dans des clubs.
      Je ne me rappelle plus s’il était déjà avec Crazy Horse, plus très sur. Ce qu’on aimait, c’est qu’il jouait des solos assez longs du genre de ce qu’il a fait sur Down by the river et Cowgirl in the sand. Sa voix, assez unique, nous poignait aux tripes.

      Savez vous qui jouait du Neil Young tout à fait parfaitement à ses débuts: Gilles Valiquette, qui avait un band appelé Someone; son picking était superbe. Je lui en ai parlé à sa dernière tournée, il en avit presque les larmes aux yeux. Il en a inspiré plus d’un.

      Pour moi, Cowgirl in the sand, électrique sur son premier album ou acoustique sur Four way street avec CSN&Y, est la tune auquel je ne peux résister. Après 40 ans, elle a toujours une place spéciale.

      Au plaisir.

    • Boogie, tu donnes vraiment envie de l’écouter.

      Par ailleurs, je t’avais bien dit que Lady Gaga est warholienne, même Foglia le répète aujourd’hui: “Votre Lady Gaga, comme Madonna avant elle, est un Andy Warhol de banlieue”.

      Tu vois, venant du Alexandre Vialatte de banlieue c’est comme qui dirait une consécration.

    • @erno

      Merci !

      @f222

      En 64 ou 65 ? Avec Rick James, on dit que c’était en 66. Au drum, n’était-ce pas un certain Ignatius Reilly ? Il avait la réputation de taper fort….

    • Moi j’ai vu Neil Young en 1955 je crois, alors qu’il jouait avec sa cousine.

      Erno, sauf erreur, il a vécu surtout à Winnipeg.

    • Zoom: “Les mathématiciens sont des poètes…”

      Oui, et même que pas plus loin qu’à Québec City, un très sérieux concours a été organisé afin de voter pour l’expression mathématique la plus poétique.

      Ca a été couvert par le blogue de sciences de Cyberpresse: http://blogues.cyberpresse.ca/sciences/2010/03/01/les-mathematiciens-ces-poetes-bis/

    • Neil Young: naissance à Toronto en 1945, petite enfance à Winnipeg, 1952-1960 à Toronto, puis re-Winnipeg lorsque ses parents ont divorcé. Au milieu des années 60, il passait beaucoup de temps à Toronto entre les tournées, avant de migrer vers L.A.

    • Alain, ce serait bien si vous profitiez du blog pour mettre l’intégral de l’entrevue avec Van Dyke Parks (mon idole), comme un bonus pour vos lecteurs bloguesques.

      Sinon, vous avez vu le nouveau clip de Gil Scott-Heron par Chris Cunningham? Superbe!!!

    • En attendant de pouvoir écouter le Neil Young…
      Ouf. je viens d’écouter 2X le Age Of Adz de Sufjan Stevens, pris dans le trafic. Même ceux qui se sont délectés à l’écoute du EP (et j’en suis) vont en prendre plain la gueule. Matière sonore ultra-dense, rythmes martelant favorisés par le mixage (un peu à la Jonsi) et beaucoup beaucoup d’éléments électroniques: c’est dense, aventureux, 80 minutes de délire sonore (de l’autotune sur une cellule rythmique à la Philip Glass, ça j’avais jamais entendu). Il y a un peu de Kid A là-dedans. “Too Much” frise le chef d’oeuvre (la section isntrumentale m’a pris à la gorge en deux minutes)… et à presque 26 minutes, “Impossible Soul” est-il le Supper’s Ready d’une nouvelle génération? Va falloir que je replonge ce soir.
      Une question demeure: comment va-t-il faire pour reproduire ce magma sonore sur scène!

    • @ghost

      C’est l’intégrale qui est actuellement en ligne. La version papier sera plus courte. Pourquoi ajouter au blogue ce qui est en ligne ? Je m’efforcerai de préparer un post coïncidant avec le show.

    • fredhammersmith, vous me mettez l’eau à la bouche! Je suis justement en train de downloader/dézipper Age of Adz et All Delighted People…

    • Ah, OK. En général, les journalistes prennent le meilleur de l’entrevue pour la copie papier, souvent pour des raisons d’espace. C’est intéressant pour les mélomane d’avoir l’intégral sur le blogue.

    • Neil, j’ai 70 ans, tu as bercé mes ”trips” et encore aujourd’hui tu me fais pleurer.
      Merci man…tu fais partie de ma vie.

    • bt627, je suis encore en train de digérer ce que j’ai entendu. En tout cas, la raison de diviser les pièces en deux éditions apparaît claires: All Delighted People est à la guitare électrique ce que Age Of Adz est à l’électronique; une vision absolument originale par un créateur parti en roue libre.

      Décidemment, l’année 2010 est pas mauvaise!

    • @mikhail
      moi je le comprends le système inédit de modulation par vitesse.
      Comique quand même cette discussion sur Am/C et les maths “naifs”. J’écoute une deuxième fois Young et la balade Love and War est en plein dans ce registre, construite entièrement sur Am/E/ G, that’s it. C’est de l’arithmétique plus que calcul différentiel. Ça ne rend pas le produit moins bon, loin de là.
      @ ghost
      oui mais le boutte le plus mémorable avait quand même rapport avec un céleri et un potager, non? Combien de personnes ont ri en même temps à 7:33 ce matin?

    • @Mikhail

      “Fondamentalement, vous mélangez tous les choses. Ce que ça fait au niveau de l’émotion, etc., et ce qui sous-tend la patente.”

      Oui ?

      @Ghost

      Exact: “ontologiser” c’est du jargon philosophique. Ça fait toujours cute dans une conversation.

      Ma première écoute du nouveau Neil Young est très convaincante. Le meilleur depuis Sleeps With Angels peut-être ?

    • Ghost, je ne suis pas d’accord avec toi quant à la longévité des cinéastes, d’autant que tu laisses entendre qu’ils… se seraient même bonifiés avec le temps!

      Les cinéastes que je t’ai nommés ont tous livré leurs chefs-d’oeuvre dans les années 70-80. Tetro c’est bien (par charité chrétienne, je ne parle même pas de Youth Without Youth, de The Rainmaker ou de Jack…) mais on reste à des années-lumières d’Apocalypse Now, de The Conversation ou des Godfather. The Ghost Writer, c’est bien, mais qui osera le comparer avec Chinatown? Avec The Tenant? Avec Rosemary’s Baby? Et quand Woody Allen va mourir, se souviendra-t-on plus volontiers d’Annie Hall, de Manhattan, de Hannah and her Sisters, de Broadway Danny Rose ou de Vicky Cristina Barcelona, de Cassandra’s Dream, de Scoop, de Melinda and Melinda, d’Anything Else ou d’Hollywood Ending?

      La mauvaise foi est souvent gage de bonne discussion mais faut quand même pas charrier!

      Quand à Arcand, vrai que son cinéma (et lui-même?) est devenu obscène, n’empêche que ses films des années 70 ne sont pas sans intérêt.

      Sinon, j’ai écouté On the Beach ce soir et je pense que ça devrait me permettre d’attendre un peu pour Le Noise…

    • Ouf, je lis sur Gainsbourg dans un billet sur Neil Young. On est vraiment pas dans la même ligue. Gainsbourg est tellement surestimé. Mais bref.

      On parle d’Elvis comme le King du rock, James Brown, le Godfather of Soul. Moi, je parle de Neil Young comme le parrain du grunge. Ses solos, le son de guit. Bref, ça sonne toujours.

    • Une super chanson écrite par Neil Young et Rick James qui devait sortir sur Motown en ‘66 :

      http://www.youtube.com/watch?v=crm7gqK0OeY

    • je m’excuse d’en rajouter.
      j’ai très très hâte de lire alain brunet sur le sufjan et j’en profite pour ploguer mon billet à l’enthousiasme, j’en conviens, un peu délirant. http://lemurduson.info. Mais ça fait 3X que je l’écoute et je me peux plus.

    • C’était un vrai régal de lire le blogue en prenant mon café, ce matin.
      La première fois que j’ai mis de l’argent sur un album dans ma vie, c’était pour acheter Déjà vu. L’argent de poche était rare et j’en avais partagé les frais avec mes 3 grand frères…

    • Astyanax, arrête avec la mauvaise foi, ça devient lassant car je suis on ne peut plus sincère.

      Que tu trouves 4-5 cinéastes qui ont fait de moins bons films aujourd’hui, soit. Je peux aussi te sortir des cinéastes qui font de meilleurs films aujourd’hui (Spielberg, Brian de Palma, par exemple). Le cinéma est un art industriel et les cinéastes sont pris dans des conjonctures particulières; les années 70 étaient une époque bénie où les auteurs avaient tous les pouvoirs et les coudées franches. Donne 100 millions à Coppola, il va te faire un film hallucinant. Les cinéastes d’aujourd’hui font souvent 4 films commerciaux pour un films personnels, c’est la réalité d’aujourd’hui.

      Tu parles de mauvaise foi et tu ne cites que les petits films de Allen – il en faisait aussi dans les 70s et 80s – sans citer ses chef-d’oeuvre, mais je ne vois en quoi Deconstructing Harry, Match Point et Whatever Works seraient l’ouvrage d’un génie évanoui.

      Coppola est un peu un auteur maudit à Hollywood depuis 1980. Pourtant, je n’ai pas de fétichisme particulier pour ses films des années 70. Je préfère Rumble Fish, One from the heart, Le Parrain 3 et Dracula, à tout prendre. Teatro et Youth without Youth sont des films très originaux. Je n’ai aucun doute que Coppola reviendra en grâce d’ici quelques années.

      Même chose pour Chinatown. Je préfère ses récents.

      Et oui, la plupart des grands cinéastes se bonifient. Gertrud ou L’argent c’est mieux que Jeanne d’arc ou Le curé de campagne.

    • «Tu parles de mauvaise foi et tu ne cites que les petits films de Allen»

      J’ai bien précisé que la mauvaise foi engendrait souvent de bonnes discussions… N’empêche, je te parle quand même de 70% de sa production des huit dernières années!

      Pour Coppola, j’aime beaucoup les films que tu cites, mais le plus récent, Dracula, date de 1992, presque 20 ans! Et puis, ce n’est pas parce qu’Apocalypse Now ou les deux premiers Godfather sont unanimement considérés comme des chefs-d’oeuvre… qu’ils n’en sont pas en réalité!

      «Même chose pour Chinatown. Je préfère ses récents.»

      Tu veux parler de The Ninth Gate ou d’Oliver Twist?

      «Gertrud ou L’argent c’est mieux que Jeanne d’arc ou Le curé de campagne.»

      C’est vrai.

    • Pour les cinéastes, n’y aurait-il pas plutôt un parcours qui suit la loi normale (un U inversé pour ceux qui ont oublié leurs notions de stats). Ça commence généralement plus faible (le plus faible des meilleurs demeure évidemment meilleur que le meilleur des plus faibles), ça monte ça monte jusqu’à l’apogée. Certains réussissent à rester au sommet jusqu’à leur mort, la plupart perdent un peu de tempo et baissent en qualité. Évidemment, la vitesse à laquelle le sommet est atteint varie d’un à l’autre. Et certains arrivent à y demeurer.

      Kubrick par exemple. Qui va dire que EWShut et full metal jacket, deux bons films, sont supérieurs à 2001 et Clockwork Orange?

      Anyway établir un pattern universel, LA grande théorie, ça déjà été essayé en socio. Ça ne marche pas.

    • «Kubrick par exemple. Qui va dire que EWShut et full metal jacket, deux bons films, sont supérieurs à 2001 et Clockwork Orange?»

      Moi

    • Wow!

    • Neil Young. J’adore l’homme, je suis incapable de supporter sa musique. Avant qu’on m’envois écouter Céline Dion, je doit vous dire que j’ai essayé d’aimer Neil Young..rien n’a faire apres 2 minutes je clique avec rage pour arreter le vacarme.

      Sinon merci a unholy_ghost pour le tuyau. Des que j’ai vu le nom Gil Scott-Heron associé a celui de Chris Cunningham je me suis précipité sur youtube a la recherche du clip. Wow. Stupéfiant! J’ai regardé le clip en boucle 5 fois. Une musique anxiogene épaulé par des images délicieusement inquietantes. Une oeuvre d’art. Ce que j’aimerais voir un jour, la musique de Philip Glass ou de Beck sur les images de Cunningham. Ca, sa serait le boute du boute.

      Parlant de Beck, avez vous entendu sa version de Heroin (Velvet underground and Nico)?
      http://www.youtube.com/watch?v=wLWVvBegDDI

    • @boogie

      On aura compris que je ne fais en aucuns cas l’éloge de la complexité.

      Une de mes chansons préférées de tous les temps est 4+20 sur Déjà Vu de CSN&Y. C’est pas Neil Young qui chante, je sais, mais lui et Stills ont la même vibe pas mal.

      Helpless est une merveille à trois accords. On la faisait à Vancouver avec mon cover-band, avec Cinnamon Girl aussi, qui m’a inititié à ‘droper’ des D sur une guitare électrique, un truc qu’on associe plus au folk celtique. Quel riff !

      @tous

      Ouf, vous me mettez l’eau à la bouche avec le prochain Sufjan…

    • «Kubrick par exemple. Qui va dire que EWShut et full metal jacket, deux bons films, sont supérieurs à 2001 et Clockwork Orange?»

      Moi aussi.

    • RIEN n’est supérieur à 2001.

    • Mais rendu là, c’est juste une question de goût, parce qu’ils sont presque tous aussi bons les uns que les autres, ses films. C’est comme choisir UN film de Scorsese…ou alors UN album des Bidules.

    • ”RIEN n’est supérieur à 2001.”

      Barry Lyndon

    • “Tu veux parler de The Ninth Gate ou d’Oliver Twist?”

      Bien entendu, il y a des passages à vide, en l’occurence deux films commerciaux pour faire entrer le fric.

      Mais Le Pianiste et The Ghost Writer sont des chef-d’oeuvre qui valent bien Chinatown.

      Les vieux cinéastes font souvent des films plus modestes. Mais moins bons? Kubrick est l’exemple même du cinéaste qui s’est bonifié: le film suivant est toujours meilleur (sauf Orange mécanique, son moins bon film). Gens de Dublin, Fanny et Alexandre, Gertrud, F for Fake, The Man who Shoot Liberty Valence, Van Gogh, Ivan the terrible, Le Sacrifice, etc., sont les chef d’oeuvre de chacun des cinéastes, fait à des âges tardifs.

    • ”RIEN n’est supérieur à 2001.”

      Barry Lindon, Shining et Eyes wide shot certainement. Full Metal jacket ex-equo. Et 2001 est l’un de mes films fétiches.

    • ”Coppola est un peu un auteur maudit à Hollywood depuis 1980. Pourtant, je n’ai pas de fétichisme particulier pour ses films des années 70.”

      THE OUTSIDERS!!!!!!

    • Oui, le tryptique Once from the heart, The Outsiders et Rumble Fish est ce que je préfère de Coppola.

    • ”RIEN n’est supérieur à 2001.”
      Je parlais de TOUT ce qui a été fait en cinéma, pas juste de Kubrick.
      Shining meilleur de 2001? Svp, un peu de sérieux. Encore faut-il comprendre l’Odyssée.

      @sseb: Objectivement: Taxi Driver + Abbey Road. Raging bull bon deuxième. Mais je sens que certains p’tits comiques vont me dire sans rire que Bringing Out the Dead est le meilleur Scorsese.

    • @ghost

      Concernant la mise en ligne des versions intégrales des interviews. On garde le meilleur pour la version papier ? Bien au contraire, les amateurs peuvent compter sur une valeur ajoutée en ligne. La version papier se veut plus grand public, on en extrait les détails qui plaisent à un lectorat plus spécialisé.

    • «Les vieux cinéastes font souvent des films plus modestes. Mais moins bons? Kubrick est l’exemple même du cinéaste qui s’est bonifié: le film suivant est toujours meilleur (sauf Orange mécanique, son moins bon film). Gens de Dublin, Fanny et Alexandre, Gertrud, F for Fake, The Man who Shoot Liberty Valence, Van Gogh, Ivan the terrible, Le Sacrifice, etc., sont les chef d’oeuvre de chacun des cinéastes, fait à des âges tardifs.»

      Tu as tout vrai ici.

      Mais je persiste à croire qu’il fallait nuancer l’affirmation que tu as faite hier, à savoir que les grands cinéastes ne connaissaient presque «jamais» de baisse de régime. Ça arrive certes moins souvent que dans le rock, mais certains cinéastes importants perdent une touche et une pertinence qu’ils semblent avoir du mal à retrouver, Wenders étant le meilleur exemple de ce genre de situation. Et je continue de croire que la génération des Scorsese, Coppola, Polanski et consorts ont bel et bien connu une certaine baisse d’inspiration au cours des 20 dernières années. Je t’accorde toutefois que Spielberg et de Palma constituent nettement des exceptions.

    • ”RIEN n’est supérieur à 2001.”
      Je parlais de TOUT ce qui a été fait en cinéma, pas juste de Kubrick.
      Shining meilleur de 2001? Svp, un peu de sérieux”

      Barry Lyndon

    • Il était une fois en Amérique est le meilleur Leone. Monsieur Verdoux, le meilleur Chaplin. Mort à Venise, Visconti. Les trois derniers Ophuls sont les meilleurs. Le tigre du bangale et Moonfleet valent infiniment mieux que Metropolis. To be or not to be et Heaven Can Wait sont le pinacle de Lubitsch. Qui dira que The River ou Le Carosse d’or n’est pas l’oeuvre d’un génie sûr de ses moyens. Traffic et PLaytime sèment Monsieur Hulot. Les deux derniers Lynch sont de loin les meilleurs.

    • Les trois derniers Lynch, devrais-je dire.

    • ”RIEN n’est supérieur à 2001.”

      Si, le roman !

    • Baisse de régime, peut-être. Mais un vieux cinéaste peut, sans problème, faire un grand chef-d’oeuvre tardif au milieu de films paresseux. Un musicien pop, presque jamais. Dylan, Neil Young, Brian Wilson, Macca, Bowie, Lou Reed, Ray Davies, peuvent faire de bons disques mais jamais équivalent à leurs premiers opus.

    • “”RIEN n’est supérieur à 2001.”

      Si, le roman !”

      Jamais au grand jamais! Le film est infiniment supérieur à ce roman de gare.

    • Bon, bon, encore un truc pour les vieux.

    • “Shining meilleur de 2001? Svp, un peu de sérieux. Encore faut-il comprendre l’Odyssée.”

      C’est vrai, l’odyssée? J’aurais jamais deviné.

    • À lire: la biographie de Neil Young “Shakey”. Un être déroutant!!

    • Une petite dernière sur Neil Young.
      Les échanges de guitares entre lui et Stephen Stills sont encore aujourd’hui, du bonbon.
      Même si les deux ne pouvaient se tolérer longtemps, il faut écouter For what it’s Worth de Buffalo Springfield ou encore les duos sur Déjà Vu et Four Way Street dans le temps de CSN&Y. Long Time Gone de David Crosby avec Stills et Young aux guitares, écoeurant ! (Four Way Street).
      Merci Alain de nous avoir donné la chance de se remémorer son apport à la musique folk-rock.

    • Tout à fait d’accord avec votre critique, Love and War (mêm émotion que norvequebec) sera sans nul doute un classique, Neil Young vieillit très bien, son opus précédent “Chrome Dreams II” est également très bon.

      Cinéma:”Lorsque l’émotion hante la structure, cependant, on est sur le territoire de la grande musique.” peut sûrement s’appliquer à l’oeuvre de Theo Angelopoulos dont l’hermétisme peut dérouter plus d’un spectateur (Angelopoulos je m’en fous.).

      Mathématiques:intéressante cette discussion – lu récemment un bouquin (De la note au cerveau – Daniel J. Levitin) qui fait le point sur les plus récentes recherches de ce qui lient la musique et le cerveau, c’est bien vulgarisé et plein d’exemples se rapportant à la musique pop.En entrevue avec Christiane Charrette lors de la sortie du livre:

      http://www.radio-canada.ca/emissions/christiane_charette/2009-2010/chronique.asp?idChronique=105083&autoPlay=#commenter

    • @hardy_canyon

      Merci de me rappeler l’album Weld de Monsieur Young. Son “Crime in the city” sur cet album est meilleur que l’original.

    • @humhum

      Son hermétisme ne me déroute pas le moins du monde, j’ai vu pire. Hermétisme toc.

    • Acheter cet album est le loisir le moins dispendieux de la présente semaine. Je suis loin d’être l’expert connaisseur de Mr.Young mais pour l’amateur de rock ‘n roll que je suis, cet album est un dessert des plus sublime… L’apport de Lanois à la recette est indéniable, mais en bout de ligne, c’est bel et bien du Neil Young!!!

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