Alain Brunet

Archive, septembre 2010

Mercredi 29 septembre 2010 | Mise en ligne à 10h41 | Commenter Commentaires (200)

Marnie Stern, guitare héroïne

  marnie stern 2

 

Marnie Stern

 

 

Marnie Stern 3

 

Pop Montréal commence aujourd’hui. On va se gaver  ! 

J’amorce ce marathon avec le sujet de la «guitare héroïne» de l’heure: Marnie Stern, qui s’amène samedi  au Cabaret du Musée Juste pour Rire.

Loin d’être une rock star, cette new-yorkaise de naissance  élevée à Manhattan, résidante de  Brooklyn comme tous les artistes expulsés du centre pour cause de gentrification jouit actuellement d’un succès d’estime sans cesse grandissant.

Samedi (et vendredi soir en ligne), La Presse/Cyberpresse publiera mon interview de cette guitariste hors pair, une des rares filles à avoir atteint un tel niveau.

Marnie Stern n’a rien à envier aux descendants mâles de Steve Vai qu’on trouve entre autres sur le label Favored Nations – propriété de Steve Vai et dont les jeunes protégés ont souvent l’allure de clones de leur flamboyant producteur.  Les compositions de cette trentenaire relèvent de l’esthétique rock,  me semblent néanmoins révéler une personnalité propre. À la technique de tapping  qu’elle maîtrise de toute évidence, à la guitare rock classique qu’elle ne dédaigne pas non plus, Marnie Stern ajoute des variables noise qui lui confèrent une originalité certaine. Ses interventions vocales, la subtilité rythmique de ses phrases, ce côté féminin qui finit immanquablement par émerger.

Vu la complexité relative de son discours dans un contexte rock, je ne sais si Marnie Stern pourra attirer d’autres publics qu’un public spécialisé… et masculin.Deviendra-t-elle un modèle pour les filles guitaristes ? Hmmm… pas sûr.  De manière générale, le sexe féminin  n’a rien à cirer du rock complexe (les shows de prog songé ou de guitare «Formule Un» attirent une fille pour dix gars, c’est du moins ce que j’ai observé au cours des trois dernières décennies), d’autant plus qu’une portion majoritaire d’amateurs de rock voient dans les sparages virtuoses des formes avancées du rock… une perte de temps, vains exercices de style, séances de masturbation. Mon manche crache plus vite et  plus loin que le tien…

Cela étant, Marnie Stern me semble avoir quelque chose à dire malgré tout dans cette arène du rock virtuose. En tout cas, elle a le mérite d’être parmi les pionnières de la guitare rock à avoir atteint un tel niveau.  Soit dit en passant, son troisième album sera lancé le 5 octobre prochain

À votre tour de vous prononcer.

Au fait, quelles sont vos guitaristes préférées ? Lâchez-vous !

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Wikipedia

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Étiquette Kill Rock Stars

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Lundi 27 septembre 2010 | Mise en ligne à 21h14 | Commenter Commentaires (133)

Le Noise de Neil Young

Neil Young Le Noise

 

Le 34e album studio de Neil Young,  dont l’oeuvre monumentale en solo ne compte pas les participations aux groupes mythiques que furent CSN&Y et Buffalo Springfield à une multitude d’autres projets, était attendu.  En tout cas, attendu sur ce blogue.

Le Noise a été créé de concert avec Daniel Lanois. Ce qui devait être un album acoustique au départ s’est transformé en une aventure électro-acoustique étoffée de brillantes lanoiseries, surimpressions, filtres, écho et autres judicieux traitements de nature texturale. La Gretsch stereo, un instrument que Neil Young possède depuis l’époque de Harvest, a été mise à contribution comme il le fait remarquer dans une interview accordée au Figaro. La guitare acoustique itou.

Les mots y sont simples, directs, consonnants. Ils prennent souvent l’allure de bilans, réflexions ponctuée d’inquiétudes, espoirs,  réminiscence.  L’amour, la guerre, les mutations violentes de l’Amérique, la colère ambiante, le sort des Amérindiens durant la conquête de l’Ouest, le viol de l’environnement,  l’époque hippie de l’auteur où hasch rimait avec absence de cash… Les titres parlent d’eux-même: Love And War, Angry World, Walk With Me, Sign of Love, Peaceful Vally Boulevard, Hitchiker, Rumblin’, Someone’s Gonna Rescue You

Mais c’est d’abord le son qui a retenu mon attention. Voilà un rendez-vous avec  la mélodie, la voix singulière du soliste, et de riches filons de distorsion. On sait la propension de Neil Young au folk-rock de garage, aux accords abrasifs dans un contexe normalement plus paisible,  mais là… ces flots de distorsion sont particulièrement remarquables. Voilà une autre pierre à cet édifice immense. L’édifice d’un homme qui n’a jamais ralenti la cadence, qui s’est certes planté en cours de route, qui a traversé de longs plateaux, et dont cet épisode sans band relance une fois de plus l’intérêt.

 

Neil Young

Neil Young et Daniel Lanois, photo AP

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Le Figaro: interview Neil Young et Daniel Lanois

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Lundi 27 septembre 2010 | Mise en ligne à 10h50 | Commenter Commentaires (40)

«Kebrikana» dans le Placard

Placard photo du band 2010Placard (album 2010)

Madame Lou, Margo, Arianne, Annie, Lisa, Henriette, Julie, la Grande Kim, Jeannine, la Prieuse.  Une chanteuse rock, une vraie dérangée, une vieille pute, une déprimée, une généreuse malheureuse, une mystique, on en passe et des meilleures. Voilà autant de portraits de femmes méticuleusement dressés sur les toiles« kebrikanas» de Dany Placard, artiste francophone de… l’americana vous l’avez deviné.

Comme les Frères Goyette qui ont suscité diverses réactions sur la pertinence d’une tendande chansonnière en 2010, Dany Placard fait dans la québécitude régionale et assumée. Cette fois, c’est un Bleuet de Laterrière (et Montréalais depuis une mèche) qui s’exprime à travers ces dix chansons officiellement lancées le 28 septembre sous étiquette Indica.

Plywood 3/4 , le groupe qui m’a fait découvrir Dany Placard il y a quelques années, m’avait vraiment séduit pour son mélange inédit de folk-rock et ponctions avant-gardistes – le seule album auquel j’ai attribué une cote de 3 étoiles et … 3/4 ! Dany Placard a,  depuis, proposé son travail en solo  – dont les fans de Vincent Vallières ont eu un aperçu lors de sa dernière tournée, du moins à Montréal.

Voilà un autre artiste qui fait dans le joual signifiant,  voilà une des deux sorties automnales s’inscrivant dans le sillon des artistes de qualité qui cultivent le même champ, soit un folk-rock régional et d’autant plus signifiant. Rassurez-vous, on est loin loin de Kaïn.

Musicalement, Dany Placard est un artisan précis, rigoureux, intelligent, qui ne fait pas dans la dentelle. Son rock de pick-up ne lésine pas sur les riffs bien gras, sur les motifs guitaristiques parfaitement intégrés par les amateurs du genre, sur les charges rythmiques bien baraquées. Pour honorer son expression, des musiciens de calibre ont été recrutés pour cet opus:  le batteur Jean-François Mineau (un parent des Mineau de Malajube), le bassiste Michel-Olivier Gasse (un régulier de Vincent Vallières), les guitaristes Guillaume Bourque et Francis «Toots» Macbeth. Et non, Olivier Langevin n’est pas de la partie ! Scuzez là…

Inutile d’ajouter que ces musiciens sont de respectables pros, tous férus d’americana, tous au service d’un auteur-compositeur-interprète parfaitement assumé… et qui préconise désormais des musiques plus convenues, c’est-à-dire moins audacieuses qu’il nous en a déjà suggérées. Personnellement, je préfère les ornements plus bizarroïdes au folk-rock alterno de l’ami Placard mais bon, j’imagine qu’il a fait le choix (conscient ou non) de joindre un public plus vaste (dans un marché minuscule comme le nôtre, il faut manger n’est-ce pas ?) que la toute petite frange de population québécoise déjà conquise.

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Profil de Placard (site de Preste, son diffuseur)

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